Beilrdge zur Kenntniss A 'orweyens
4. Reist durch Norwegen und Ixippland. In-8", Berlin, 1808. — Traduction fVançalHe par J.-B, Eyriès, 2 vol. in-8“, Paris, 1816.
SC.ANDIN A\ IG.
« trouvée. » Cependant plus d’un demi-siècle s’est écoulé et l’espérance de L. de Buch n’est pas encore réalisée, car le phénomène erratique du Nord est le moins expliqué de tous ceux de l’époque à laquelle il appartient.
L’étude fort intéressante des environs de Christiania lui donne ensuite, comme résultat, la disposition suivante des roches, rangées d’après leur ancienneté, en allant de haut en bas.
1° Syénite zirconienne. qui est la plus récente et qui s'élève à 500 mètres-à la montagne de Veringkull :
2° Granité entouré par [la syénite, prés de Sannesoe , au-dessus de Christiania ;
3“ Porphyre qui atteint 4S6 mètres d'altitude au Gyrihouge ;
4° Grès sous la montagne de Krogskov ;
5* Schiste siliceux ;
6° Schiste argileux compacte;
7* Schiste argileux ordinaire el calcaire à Orthocératites, constituant toutes les montagnes de l'intérieur, les bords et les lias du golfe de Christiania à Drocback, el ne s'élevant pas au-dessus de 273 mètres;
8" Granité qui atteint 700 mètres ;
9» Schistes argileux et calcaires devant, dans l’opinion de l'auteur, se montrer de nouveau ici. Toute la série précédente, qui appartiendrait au terrain de transition, repose sur le
t0° Gneiss, roche fondamentale du pays et qui domino ensuite partout vers le nord.
Les roches de l’époque de transition seraient ici cristallines, comme si la nature, dit l’auteur, eût fait un retour vers le mode de formation des roches primitives, dans ce pays où manquent tous les sédiments secondaires, si ce n’est dans la Scanie, à l'extrémité sud de la presqu’île.
Sur la route de Christiania à Drontheim, L. de Buch mentionne successivement les schistes argileux , les schistes micacés, la grauwacke, le gneiss, puis il rappelle que la Sneehaetta, la cime la plus élevée de la chaîne du Dovreiield (2475 mètres d'altitude , suivant H. Esmark), est formée de schiste micacé, fréquemment entouré par le gneiss, comme
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en Tvrol (Airolo), ce qui lui fait dire que partout la nature est la même, depuis les Alpes jusqu’au pôle arctique.
Au nord de Drontheim, sous le «A' degré, il trouve de puissantes couches d'argiles marneuses bleues , remplies de coquilles brisées et reposant sur le gneiss, à 120 et 150 mètres au-dessus de la mer. Ce phénomène, qui se représente sur une infinité de points du littoral de la Norwége, mérite, dit-il, un examen attentif. On l’observe, en ell'et, au sud à Hafslund, sur le Glomme, au-dessus de Sarpenfoch où les Huîtres sont très-répandues; près de Frédéricshall , fes coquilles sont en telle quantité que la couche est exploitée pour la fabrication de la chaux, et on la voit encore, sur les deux rives du Drammen, jusqu’au delà d’Eger. Les coquilles sont des espèces * qui vivent sur la côte; elles s'étendent aune certaine distance de celle-ci, à l’intérieur des baies, et toujours reposant sur le gneiss. De Buch regarde ce fait comme résultant de l’abaissement de la mer, si clairement prouvé, dit-il, dans le nord; mais nous le verrons plus tard adopter une opinion plus conforme aux lois générales de la nature.
Peu après il quitte la route de terre et suit les côtes avec un petit bâtiment, au milieu des innombrables îles qui les bordent, jusqu’à celle de Magerôe, que termine le cap Nord, partout observant, partout recueillant des données sur la composition des roches cristallines qui les constituent et sur la structure générale de leurs masses. Ainsi, vers le 68* degré, le long des îles LoiToden , il remarque que les strates des grandes îles extérieures ou des parties extrêmes du continent inclinent constamment vers celui-ci ou vers les hautes montagnes. Au delà de Loedingen règne toujours le gneiss, et à Caossness cette roche, plongeant à l’E. , est remplie d’une prodigieuse quantité de grenats de toutes les grosseurs; des bancs calcaires y sont subordonnés, ainsi qu’au schiste micacé: ils sont accompagnés de trémolite et surmontés d’une couche de grenats.
La ville de Tromsoe est assise sur un banc coquillier
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semblable à ceux de Luroe, de Bodoe, de Senjen, près de Gebostad, et d'une épaisseur de 3 à k mètres; on n’en trouve point de semblable actuellement, ni sur Je bord de la mer, ni à 6 ou 7 mètres au-dessous de son niveau. On l’observe des deux côtés du Tromsund et il indique , suivant l'auteur, « que le changement relatif de niveau est postérieur à tous « les grands événements géologiques. Peut-être le niveau a de la mer s’est-il abaissé? Peut-être, et ceci parait plus « exact, la terre s’est-elle élevée? »
Les environs d’Alteid sont remarquables par les roches variées <ju’ ou y rencontre, telles que le staurolithe, les calcaires blancs à grain fin, le schiste micacé, des roches de quartz, d'amphibole et de feldspath, des roches de grenat et de diallage. Bu continuant à s’avancer vers le nord, L. de Buch décrit les gneiss grenatifèresd’Hammerfest, les dépôt* coquil- Jiers récents de Maasoë et les gneiss partout plongeant à l’O. Dans File de Mageroe la roche à l'ouest de Kielvig est le schiste argileux maclifère avec des lits de quartz brun plongeant au N.-O. Dans l’isthme est un granité à petit grain se changeant en un gneiss grenaiifère, et supérieur au schiste. Plus A l’ouest le granité passe au griinstein et la diaüage alwiide. Jusqu'aux masses les plus élevées de l’ile règne un griinstein à gros grain. Tout ce qui est à l’ouest, comme le cap Nord lui -même, est formé de gneiss,
« De la montagne située à l’est de Kielvig, et élevée de 336 mètres, j’aperçus, dit de Buch, le cap Nord à trois milles environ de distance. La chaîne qui se prolonge entre les baies profondes et parallèles ;Y la langue de terre où j’étais placé s’abaissant, je pus voir distinctement que les rochers coupés à pic dont le cap forme l’extrémité étaient encore couverts de neige (31 juillet); ils ont peut-être hOO mètres d'élévation et l’on aperçoit, à leur base, une suite de pointes pyramidales telles qu’on s’attend à en trouver auprès d’un promontoire qui brave la fureur de l’Océan. Des rochers énormes entourent la baie que j’ai à mes pieds; quelle solitude! quelle tristesse sur
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tes montagnes de l’intérieur I tout y est mort ou n’y oll're que 1e premier germe de la vie; dans les parties basses on voit encore de grands espaces couverts de neige. Les éminences ne consistent qu’en énormes amas de pierres; pas la moindre trace de végétation, à l’exception de quelques lichens blanchâtres. C’est comme une terre sortie tout récemment des eaux du déluge. La nature reste éternellement engourdie dans ces déserts affreux que l’homme s’empresse de fuir. »
Après être redescendu vers Alteii et Boscop, de Buch reprend la route de terre pour traverser la Péninsule en se rendant directement à Tornéo, au fond du golfe de Finlande. Dans ce trajet difficile il signale, à Kaengis, tes granités rouges, à gros grains de feldspath, et les montagnes de fer des environs, déjà décrites par le baron d’Hermelin1. Le métal à l’état d’oxyde magnétique constitue des lits de 5 à fi mètres d'épaisseur. Ia masse a une texture cristalline grenue, tandis qu’à Dannemora la roche est à grain très-fin. La mine de Kirunavara a fait connaître la roche de fer jusqu’à 550 mètres de profondeur. A Pello et aux environs le granité rouge, ou rapakivi, règne partout au-dessous du gneiss. A Tornéo se montrent les schistes argileux et les calcaires noirs, dernières traces de ceux du sud dans cette direction.
De Tornéo à Stockholm, L. de Buch reconnaît partout les preuves de l’éloignement récent de la mer et du soulèvement des côtes comme de Frédéricshall à Obo; tous les témoignages des habitants viennent confirmer les vues de Celsius et de Linné à ce sujet, de même que Tout fait les observations ultérieures. Ur célèbre voyageur, atteignant de nouveau Christiania, étui^ les bords du Drammen, où il constate encore les relations des roches observées précédemment. Le porphyre semble passer à un vrai basalte à cristaux de pyroxène, devenant celluleux et prenant l’aspect d’un conglomérat. Le tout repose sur le grès micacé argileux que suppor-
I . Essai sur l'histoire minéralogique de la Isipontr et de la Vestrobotie, tSOt.
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lent les calcaires nuira, et la syénite zirconienne succède, vers le haut, au porphyre, à la limite des comtés de Sarlsberg et de Laurvig. Enfin les environs d’Arendal et de Christiansand sont les dernières localités décrites dans ce livre, qui laisse loin derrière lui ceux qui l'avaient précédé sur ces mêmes régions et qui sera toujours lu avec un vif intérêt.
Suide. — Wendiui, Swedenborg, Bromell, Linné. — En Suède,
Wendius, vers 1711, et Swedenborg en 1721, ont écrit sur les pierres figurées, et Bromell signale, entre autres fossiles, le petit genre de trilobite désigné plus tard sous le nom d 'Agnostus, avec ces corps toujours énigmatiques appelés Graptolithe s. Linné admettait, comme les anciens, la liquidité originaire du globe, mais le reste de sa cosmogonie n'était pas digne d’un esprit aussi éminent, peu porté d'ailleurs aux spéculations théoriques. 11 ne connut qu’un très-petit nombre de fossiles, parla des trilobites sous le nom d’ Entomolithus par ado. ms, signala d’autres débris organiques observés dans ses voyages, mais sans en faire l’objet d’une étude spéciale.
Walleriua, Fougbt, Brünnich, et*. J. -G. Wallei'iuS, Vers le
milieu du xvnr siècle, a donné une dissertation sur les traces du déluge universel, traité de l'origine du monde et de la terre, et publié ses observations minéralogiques sur les côtes occidentales du golfe de Bothnie, ainsi que sur les coquilles récentes de la côte d’Lddevalla, déjà mentionnées par Linné. Fought a fait connaître les polypiers du terrain de transition de Gothland; Brünnich s’est occupé des trilobites, et J.-A.Gyllenhal, en 1772, des formes de radiaires qui constituent aujourd’hui le groupe des cystidées, et que Tilas (17A0j, Walerius et Cronstedt plaçaient dans le règne minéral en les appelant pommes de cristal. Les ossements gigantesques trouvés en 1733 à Falkenberg, dans la province d'Halland, et décrits par J. Dæblen, provenaient sans doute d’un Éléphant.
G. Wahieoberg. — G. Walileuberg a traité plus tard, mais d’une manière beaucoup plus spéciale, des trilobites de ce pays, qu’il désigne encore sous le nom d’ Enlomoslracites ,
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puis des autres fossiles de transition de l’ile de Gothland, de la Westrogothie, de ceux de la craie de Scanie, etc. En même temps l'auteur décrit les divers systèmes de couches qui composent les dépôts sédimentaires anciens de la Suède. Ce sont, de bas en haut : 1° des schistes alumineux et calcarifères, caractérisés par certaines formes de trilobites; 2° des calcaires puissants remplis de fossiles et surtout d’Orthocératites et de trilobites de grandes dimensions; 3° des schistes argileux différents de ceux de la base, dépourvus de calcaire et de crustacés. Wahleuberg pense que les principales formes de trilobites affectent chacune un gisement particulier, et quelles représentent ainsi des époques différentes.
§ 6. RUSSIE
Si , nous portant un instant vers l’est, nous considérons le principal résultat des recherches faites dans l'Europe orientale et dans le nord de l’Asie, nous verrons que c’est le caractère paléontologique offert par ces immenses surfaces, caractère qui leur a donné une véritable célébrité et qui , depuis un siècle et demi, fixe l’attention des naturalistes. On y remarque, en effet, sur une multitude de points, des débris de grands mammifères pachydermes, particulièrement d’ Éléphants et de Rhinocéros, enfouis dans les dépôts superficiels des vallées.
Auteun diven. — Dès 1(59(5, H.-VV. Ludlof mentionnait l’Éléphant mammouth, de Sibérie; Tatischew, Breyn, Carthuser, Laxmann, s’en occupèrent également. De Strahlenberg lit voir comment ces os étaient mis à découvert lors des inondations*. Suivant Rilling, certaines îles de la mer glaciale, entre l’embouchure de la Lena et celle de l’Indighirska, étaient composées de sable, de glace et d’une multitude prodigieuse d’ossements, de dents, de. défenses, etc., entassés pêle-mêle.
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J.-G. Gtnelin, qui fut attaché, en 1733, à l'expédition de üehring, lit connaître le gisement <le ces grands mammifères le long des rives et à l'embouchure de la Lena et de ses affluents. Il n'hésita point à rapporter une partie de ces ossements à l'Eléphant et l’autre à un animal moins grand, qu’il supposa voisin du Bœuf. Il pensait que ces animaux, pour éviter quelque danger, avaient dû fuir vers le N., où ils étaient morts de faim et de froid, et que d'autres avaient été noyés par des inondations qui les auraient transportés là où on les trouve aujourd'hui. Nous ne sommes pas, à oet égard, beaucoup plus avancés qu'on ne l’était du temps de Gmelin, dont les nombreux manuscrits ont été utilisés par ses successeurs et surtout par Pallas.
Pniu*. — Ce dernier, à qui ses travaux sur la Russie et la Sibérie ont fait un grand renom, a signalé, avec un soin scrupuleux, toutes les localités où il avait observé des fossiles en place. Ce sont surtout les restes d'Éléphants et de Rhinocéros, appartenant à la dernière période de l’histoire de la terre, qui ont été l’objet de ses préoccupations constantes. Il les mentionne dans la plupart des vallées du versant oriental de l'Oural, dont les cours d’eau se réunissent an Tobol, l'un des principaux affluents de l’irtysch, et dans ceux de l’Ob, plus au nord.
Rien plus loin encore vers l’E. on découvrit eu 1771, sous le méridien Iakoutsk, par <5A"lat. N., sur les bords du Viloui, l’un des affluents de la Lena, un cadavre entier de Rhinocéros avec sa chair, sa peau et ses poils. Il était enveloppé dans un sable mélangé de gravier. On sait que sous cette latitude, le sol ne dégèle que jusqu’à quelques pieds de la surface pendant les trois mois de l'été, sans quoi les parties molles n’auraient pu être conservées ainsi depuis le phénomène qui, venant sans doute dftsud ou des pentes de l’Altaï, a <1 ri entraîner ces animaux dans les parties basses des plaines de la Sibérie et jusqu’au bord de la mer Glaciale.
|je nord de l’ Asie, dit ailleurs Pallas, renferme une si pro-
nossiE.
digieuse quantité de grands mammifères que, depuis le Tanaïs jusqu’à la pointe du continent la plus voisine de l’Amérique, il n’v a pas, dans cet espace immense, un fleuve sur les bords ou dans le lit duquel on n’ait trouvé et où l’on ne trouve encore fréquemment des os d’Éléphants et de plusieurs autres animaux qui n’appartiennent pas à ces climats. Remarquons encore que dans toute cette étendue et sous les diverses latitudes, depuis l'Oulal à l’ouest, l’Altaï au sud et jusqu’aux plages de la mer (îlaciale, toute la Sibérie est en quelque sorte jonchée de ces débris. De la présence des poils trèsabondants, surtout aux pieds et à la tête, l’allas conclut que ces animaux pouvaient habiter sous un climat moins chaud que les Rhinocéros de nos jours, et la découverte d’Éléphants fossiles offrant aussi des particularités analogues est venue plus tard appuyer cette idée.
Quant aux débris organiques des roches plus anciennes, soit calcaires, arénacées ou argileuses, le savant voyageur les mentionne aussi partout avec soin, aux environs de Moscou, de Vladimir, sur las bords de l’Oka, autour de Simbirsk, etc., mais sans que l’idée de la non-contemporanéité de ces diverses couches en soit déduite.
Par un examen attentif de ses Observations sur la formation des montagnes et les changements arrivés an globe . particuliérement à 1 égard de l’empire de Rassie, mémoire lu le 23 juin 1777 à l’académie de Saint-Pétersbourg, nous avons cherché à nous rendre compte de l’importance attribuée quelquefois aux idées théoriques de Pallas, et il est résulté de cette étude* que la valeur de ces vues est certainement moindre que plusieurs de celles de ses contemporains et même de ses prédécesseurs dans d’autres pays. Ses montagnes primitives, secondaires et tertiaires , que nous appellerions terrains, ne sont nullement limitées par de véritables caractères
I. Voy. Introduction à l'étude de la paléontologie straligrapliique, pr»mièn> parti*, p. 151, 1862.
Rl'SSIfc’.
stratigraphiques, d'àge ou de superposition , observés directement. Quant au rôle qu’il fait jouer ensuite aux volcans et aux eaux de la nier, il est fort exagéré pour les uns comme pour les autres; seulement, loin de soulever la mer jusqu'au sommet des montagnes, comme le faisaient alors tant de géologues de cabinet, il préfère élever le sol des montagnes ellesmêmes, par suite de commotions dues à des décompositions souterraines, et admettre que l’Océan n’a jamais été à plus de 200 mètres au-dessus de son niveau actuel.
L'opinion de Tournefort sur l’ancienne séparation, par une barrière montagneuse, de la Méditerranée au sud d’avec le grand bassin, qui au nord recevait les eaux du Danube, du Dniester, du Dnieper, du Donetz et du Kouban. a été adoptée par l'allas , qui regardait cet immense lac comme plus élevé que la Méditerranée. « La digue s’étant rompue, dit-il, soit par « l’action insensible des eaux, soit par suite d’un tremblement « de terre, les eaux du lac s’écoulèrent dans la Méditerranée, « prirent son niveau, et c’est à leur première apparition au « delà de la rupture qu’on pourrait attribuer les inondations « pu déluges dont les traditions de la Grèce ancienne ont trans- « mis le souvenir. » La continuité ou la communication des bassins actuels de la mer Noire, de la Caspienne et de l’Aral, soupçonnée aussi par le botaniste français, est également admise par le voyageur russe.
Au point de vue géologique, ce dernier a été plus heureux dans son Tableau physique et topographique de lu Tauride, que dans ses travaux précédents. Les caractères stratigraphiques du pays sont à la vérité si faciles à saisir qu’il a pu y distinguer aisément les systèmes de couches dé son premier ordre de montagnes qui correspond pour nous à la période jurassique, son seeond ordre qui comprend les dépôts crétacés et tertiaires inférieurs, et en troisième lieu des eouehes de dépôts postérieurs cpii représentent le calcaire aralo-easpien ou des steppes; néanmoins il ne faudrait pas croire que ces divisions correspondissent, dans le temps, à ce qu'il avait
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appelé montagnes primitives , secondaires et tertiaires dans le mémoire précédent. Ses remarques sur les fossiles de ces derniers sédiments comparés à ceux des autres plus anciens sont d'ailleurs fort justes.
Macquart. — Un Français qui avait résidé quelque temps à Moscou, Macquart, fit plus que Pallas pour la constitution géologique des environs de cette ville, car il y distingua trois couches de nature différente, renfermant des fossiles, également différents : le calcaire, la roche noire de koroshovo et un sable désagrégé, divisions qui correspondent aujourd’hui au calcaire carbonifère, aux* marnes argileuses jurassiques et aux dépôts quaternaires. 11 remarqua aussi que les fossiles des deux premières couches se trouvaient dans la troisième, ce qui est une conséquence naturelle de son origine.
Georgi, Fcrber, Patrin, Strangwa j«. — Depuis lors , J. -G. Georgi a donné une description géograghique , physique et d'histoire naturelle de l’empire russe; Ferber a publié des observations sur la géographie physique de la Courtaude, et Patrin, la Relation de son voyage aux monts d’Altaï en Sibérie, où se trouvent quelques renseignements pétrographiques. Vers le même* temps Fischer de Waldheim commençait la série de ses nombreux mémoires qui, pendant un demisiècle, ont appelé si vivement l’attention sur les diverses parties de la paléontologie de son pays. Enfin, en 181 fl, un Anglais, M. W. T. Fox Strangways, dans deux mémoires consécutifs accompagnés de cartes géologiques, a été beaucoup plus loin que tous ceux qui l’avaient précédé, en appliquant d’abord aux environs de Saint-Pétersbourg, puis à une grande partie de la Russie d'Europe, la méthode d’observation déjà usitée en Angleterre, et au moyen de laquelle il put poser la base d’une géologie stratigraphique générale de cette vaste région.
Malgré les nombreux travaux de lithologie descriptive que nous avons énumérés, et beaucoup d’autres, moins importants, que nous avons dû omettre, malgré les représentations ou iconographies de fossiles provenant des pays compris entre les Alpes et la Laponie, entre le Rhin et le Volga ou les pentes de l’Oural, on ne peut pas dire encore qu’au commencement de ce siècle ces recherches aient placé la théorie de la terre dans une voie définitivement arrêtée, pas plus au point de vue de l’origine du globe que sous celui de la chronologie des phénomènes qui se sont succédé depuis.
Lehmann, Fuchsel et VVerner, qui n’avaient point voyagé comme l'allas, de Saussure et de Luc, mais qui avaient, plus que ces derniers, le sentiment de la vraie méthode d’observation en géologie, et nous pouvons ajouter aussi leurs élèves, laissaient entrevoir qu’il manquait quelque chose à l’application qu'ils en faisaient. L’illustre professeur de Frevberg, par un enseignement solide, raisonné et profond, imprima autour de lui une vive et salutaire impulsion ; il était dans le vrai à beaucoup d’égards, mais il ne profita peut-être point autant (pi'il aurait pu le faire des travaux de ses devanciers et de ses contemporains.
En effet, les nombreuses recherches de détail continuées dans cette même partie de l’Allemagne, pendant les quinze ou vingt premières années du xi\* siècle, sont toutes empreintes du même caractère d’incertitude et du manque de vues générales, méthodiques, appliquées à la pratique de la géologie. Sans entrer dans des détails qui ne peuvent trouver place ici, nous rappellerons que ce résultat frappa singulièrement SI. A. Roué 1 lorsqu'il parcourut ce pays pour la première fois,
I. Mem. of the Wemerian nul. Inst, society, vol. IV, p. 91, 1824.
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ereyànt, d'après la multitude des travaux publiés, qu’il n’y avait plus rien à faire qu'à constater et à reconnaître partout l’exactitude des observations. 11 ressort également de l’examen d’un livre remarquable qui paru» en France en
(Ju’on lise, par exemple, ce que dit Héron de Villefosse des classifications de Werner, de Karsten et de Friesleben, relativement aux schistes cuivreux du Mansfeld, sujet le plus fréquemment traité par tous les géologues de ce temps-là, et l’on se convaincra que rien n’était encore plus mal compris. La partie graphique, si soignée, de ce magnifique ouvrage, nous en fournit encore des preuves. Ainsi, la carte des montagnes du Harz (pl. Il de l’atlas) présentant l ensemble des circonstances relatives aux mines et aux usines, surchargé® de signes et de lettres, au lieu de diverses teintes pour désigner les roches, n’offre pas encore le tracé superficiel des limites continues de celles-ci. H y a un travail prodigieux dans la combinaison de toutes ces indications, et néanmoins le lecteur n’en peut déduire aucune conclusion théorique ou systématique.
La légende, sous la désignation de terrains primitif , de transition, secondaire et d 'allurion, reproduit la première classification de Werner ; le terrain boitiller est placé dans le terrain secondaire, les schistes cuivreux et le zechstein sous le calcaire alpin, le calcaire du Jura sous le grès bigarré, puis au-dessus l’oolithe, le grès, quadersandstein, muschelktdk et marnes. Ou n’était donc pas en réalité plus avancé alors qu’au temps de Lehmann? Ces réflexions peuvent s’appliquer aussi bien à la carte des montagnes métallifères qui séparent la Saxe de la Bohème, l’Erzgebirge (pl. 111); elle rappelle tout à fait les cartes minéralogiques de Guettard, quoiqu’elle soit intitulée carte géognostique.
On peut encore se convaincre de cet état de choses par la lecture de Y Aperça géognostique des terrains de 11. de Bon-
1. De la Richesse minérale, 3 vol. in-4° avoc atlas in-folM 1819.
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nard1. Le savant ingénieur, qui avait étudié à l’école de Freyberg, publia en 1810 un Aperçu du terrain houiller du nord de la France , en 1816 un Fusai gèognostique sur l'Erzgebirge, et qui, plus tard, donna de bons travaux descriptifs sur la géologie de la Bourgogne, y trace un tableau fort détaillé d'une classification presque exclusivement minéralogique et de ses applications. Quelques notions stratigraphiques indiquées r.à et là y sont comme noyées dans une multitude de faits locaux, sans liaison entre eux, d’où résultent partout, pour l’auteur lui-même, l’incertitude, la confusion ou l’absence de rapports chronologiques et synchroniques. Nulle part on n’y aperçoit encore le germe d’une classification basée sur la connaissance des fossiles.
Les six classes de terrains primordiaux , intermédiaires , secondaires, tertiaires, d'alluvion et pyrogénes, qui se divisent chacun en séries minéralogiques, et celles-ci, à leur tour, en terrains encore caractérisés pélrographiqucment ou minéralogiquement, constituent l’échafaudage le plus compliqué qu’il soit possible d’imaginer, et qui devait être beaucoup plus inintelligible alors qu’il ne l’est aujourd’hui, où nous pouvons, à la simple lecture, remettre la plupart de ses éléments à leur véritable place. On est d’autant plus frappé de cet état de choses sur le continent , qu’il suffisait de passer le détroit pour trouver la lumière? et la science déjà assise sur ses véritables bases. W. Smith avait publié tous les résultats de l’application de sa méthode; la carte géologique d’Angleterre paraissait cette même année par les soins de Greenough, et depuis trente ans l’école d’Edimbourg jetait le plus vif éclat.
t. I n-8", 18111. Article du \ouveau iliclionnnirt d'hiitoire n aturrlle, tirage A part.