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Page 341 de l'édition de 1841, par Cap

FRANCE

peut manquer d’être frappé quiconque étudie le développement comparatif de l’esprit humain dans ses applications aux sciences, chez divers peuples, à un moment donné de la civilisation générale.

Deicartei. — Nous avons cependant à rappeler, mais dans un ordre d’idée théorique fort élevé, que Descartes admettait l'unité de composition originaire de tous les corps planétaires. La matière à l'état igné le plus subtil, emportée dans divers tourbillons, constitua d’abord les astres dont la surface se couvrit peu à peu d’ une croûte solide, opaque, en concentrant le feu à l’intérieur. Ainsi se formèrent les planètes, ainsi se forma la terre elle-même, dont la chaleur interne, réagissant sur son enveloppe, produisit ces inégalités qui constituent les montagnes. Ainsi rentra dans le domaine de la science moderne l’hypothèse du feu central que professait l’école de Pythagore; mais Descartes, craignant d'être inquiété comme l’avait été Galilée, se garda bien de publier toutes les conséquences qu’il' avait déduites de ses hautes spéculations cosmogoniques*.

Couion. — C’est aussi vers le milieu du xvii' siècle que Coulon publia un livre intitulé les II i vitres de France , ou deseriplion géographique et historique. des cours et des débordements des rivières, avec une carte hydrographique qui semble marquer la séparation, à la surface du pays, des roches granitiques et des terrains stratifiés, mais qui n’eut et ne pouvait avoir, en réalité, aucune influence sur la science.

De Réeumur, A. de Juuieu. — Malgré quelques mémoires sur les fossiles de certaines localités, tels que ceux de Morin qui, dès 1666, signalait des restes de Tortues dans les plàtrières de Paris, de J. Tissot, sur la découverte d’ossements du prétendu géant Teutobocus, près du château de Langon, au nord de Romans, en Dauphiné, en 1613, et d’autres que nous avons rappelés *, ce ne fut, en réalité, que la notice de

1. OEuvres de Pescartes, traduites par V. Cousin, vol. III, p. 210, 2t>0, 265, .108. — De Humboldt, Cosmos, vol. III, p. 21.

2. Voy. Introduction à l'étude de ta paléontologie, vol. I, p. 253.

PREM1KKE PÉRIODE.

Réaumur sur les coquilles marines «le la Touraine, publiée dans le recueil de l’Académie des sciences pour 1720, qui ouvrit en France la voie de ces études depuis si longtemps fermée. Ces amas de coquilles brisées ou entières, que l’on exploite pour l’amendement des terres, à une faible profondeur, et désignés sous le nom de f aluns, ont été attribués par l’auteur à leur véritable origine, c’est-à-dire au séjour de la mer dans cette partie du bassin de la Loire. Deux ans auparavant, A. de Jussieu étudiait les empreintes de plantes trouvées dans les schistes liouillers de Saint-Cbamont, entre Saint-Étienne et Rive-de-Gior. 11 remarquait la disposition de ces empreintes olïrant toujours la même face eu creux d'un côté et en relief de l’autre. 11 faisait observer, en outre, que tous ces restes do végétaux n’avaient leurs analogues ni aux environs, ni même en France, et qu’il fallait, pour les trouver aujourd’hui, aller jusqu’aux Indes ou dans l’Amérique équinoxiale. Les mêmes remarques avaient été faites par Leibnitz, dit alors Fontenelle, pour des empreintes de plantes fossiles de l’Allemagne. De Jussieu attribuait la présence de ces végétaux à un Ilot de la mer des Indes ou du Nouveau - Monde , poussé par quelque révolution de la surface du globe, et qui les aurait apportés sur ce point.

Le même savant 'publia aussi un mémoire sur les cornes d’Ammon, qu’il regardait comme des espèces analogues au Nautile des Indes ( /V. Pompiliut), et qui ont dû se pétrifier dans la roche. Il dit qu’on peut déjà en distinguer plus de 100 espèce», sans compter les variétés, et, en effet, nous avons vu précisément, vers le même temps, Scheuchzer en caractériser 140.

Boulanger, l’abbé Sauvage, Rouelle, ete. — Vers 1/A5, boulanger, qui avait observé, surtout au point de vue de l’ingénieur, le cours de la Marne et son bassin hydrographique, prenait les oolithes, si fréquentes dans les calcaires jurassiques de ce pays, pour des œufs ou des germes de coquillage, et confondait, avec ces concrétions, de véritables rhizopodes,

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