‹ Géologie et paléontologieChapitre 33 sur 190 · Journal de Physique, vol. XIII, p · texte numérisé non relu

Journal de Physique, vol. XIII, p

DEUXIEME PERIODE

L’ordre qu’il a suivi dans l’étude de ce sujet est en rapport avec l’ancienneté relative supposée de ces époques, et il commence par la plus récente, celle dont les caractères des roches sont le moins altérés, et dont par conséquent on peut le mieux apprécier les causes et les efl'ets.

La première époque comprend les produits des volcans enflammés ou les plus récemment éteints , caractérisés par les formes arrondies des montagnes, tronquées au sommet où se trouve un cratère plus ou moins large et profond. L’intérieur de ce dernier et ses pentes extérieures sont recouvertes de scories fraîches, spongieuses, de courants de laves sorties des flancs de la montagne et s’étendant à sa base et dans la plaine. Ces courants sont composés de lave, compacte au centre, spongieuse et boursouflée à la surface, accompagnés et enveloppés, dans toute leur étendue, de scories et de ponces semblables à celles du cratère. Ils suivent toutes les inégalités du sol, sont continus et comme formés d’un seul jet, depuis leur point de départ ou le centre du volcan jusqu’à leur extrémité la plus éloignée.

Les volcans de la seconde époque se distinguent par des altérations plus profondes de tous leurs caractères extérieurs : les bords des cratères démantelés, l'absence de scories par suite de leur décomposition , le relief des courants et des vallons, interverti par le creusement de ceux-ci, et les coupures et les interruptions de ceux-là. Quand ces résultats, dus aux agents atmosphériques, ont été très -prononcés, on ne retrouve plus le point de départ des courants ou les cratères, et ces mêmes courants s’étaient étendus sur les plaines hautes avant le creusement des vallées dans le massif de ces dernières, sans quoi ils eussent certainement comblé les vides qui les bordent aujourd’hui. En outre ils ont recouvert, surtout à leur extrémité inférieure, les massifs de granité comme les couches sédimentaires horizontales les plus élevées; ils sont ainsi plus récents que ces dernières, et leur âge se trouve par cela même relativement déterminé.

FRANCE CENTRALE

Les produits de la troisième époque se montrent au-dessous de ces mêmes couches horizontales ou alternent avec elles ; celles-ci sont des marnes argileuses ou des calcaires, nullement altérés par le feu ou les matières volcanisées (tufas) que les eaux ont déposées en bancs intercalés au milieu d’elles. Des lits épais de cailloux roulés, provenant de laves diverses, s’y montrent également. Cette époque, la première dans l’ordre d’ancienneté, se partage elle-même en deux parties : l’une, pendant laquelle se sont épanchés les produits volcaniques antérieurs aux couches de sédiment , l’autre , qui a suivi et pendant laquelle il y a eu alternance et enchevêtrement de roches ignées et sédimentaires par suite de l’intervention de l’eau, pour les stratifier.

Desmarest attribue tous ces dépôts à la présence de la mer, et cite des débris de coquilles qui ont rempli les cavités des laves celluleuses et des scories de la surface des courants. Un peu plus d’attention lui eût fait reconnaître que tous les débris organiques de ces calcaires , de ces marues, de ces argiles et de ces tufs étaient d’origine terrestre ou d’eau douce, et que nulle part il n’existait de preuve de l’envahissement de cette région par les eaux de la mer. Les géologues italiens de son temps n’auraient pas commis cette méprise. Néanmoins, on doit reconnaître dans ce premier essai de classification des volcans du centre de la France un germe qui devait être fécondé plus tard ; et à cet égard comme à plusieurs autres, tels que l’origine ignée des basaltes, l’origine de certaines vallées d’érosion , etc., Desmarest a été plus loin que Guettard. Ce ne fut d'ailleurs que huit ans après sa mort, en 1823, que fut publiée sa Carte topographique et minéralogique d'une partie du département du Puy-de-Dôme, où sont déterminées la marche et les limites des matières fondues et rejetées par les volcans , ainsi que les courants anciens et modernes carte dont le titre explique suffisamment l’ob-

1. En six feuilles et une carie générale ou lablcau d’assemblage.

DEUXIÈME PÉRIODE

jet , mais dont les signes employés à caractériser les roches sont loin d’avoir toute la clarté désirable et ne lui donne pas encore les avantages d'une carte géologique.

Monnet, Legrand d’Auiay. — Les voyages de Monnet, le collaborateur de Guettard pour X Atlas minéralogique de la France , et la Dissertation de son frère, l’abbé Monnet *, distinguant quatre sortes de roches dans les débris des volcans d'Auvergne, et adoptant l’origine ignée des basaltes, contrairement à l’idée de Guettard, qui attribuait leur formation à l’eau*, ont peu contribué à la connaissance de ces phénomènes. L’ouvrage de Legrand d’Aussy1 2 3 4 aurait pu les faire mieux apprécier s’il eût été moins superficiel et plus exact dans les descriptions.

De Montiorier. — Dans son Essai sur la théorie des volcans d’Auvergne *, de Montlosier les divisa en volcans anciens et volcans modernes, les premiers .rentrant dans la seconde et la troisième classe de Desinarest, les autres dans la première. 11 décrit d’abord les caractères généraux des nouveaux volcans de la chaîne des Monts-Dômes, formant une série, de 60 à 70 montagnes ignées, dirigées du S. au .N., du Puy de Monteynard à celui du Thiolet, offrant pour la plupart à leur sommet un cratère et quelquefois plusieurs. Celui de Pariou est le plus étendu et le mieux dessiné de ces anciens orifices.

La composition du plus grand nombre de ces montagnes est sensiblement la même, comme leur forme en cône tronqué. Presque toutes ne sont que des masses terreuses de détritus, de pouzzolanes, de scories, de fragments de laves de diverses sortes, revêtues d’une végétation herbacée qui les enveloppe plus ou moins complètement. Leur origine est certainement

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