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Voyage en Auvergne, vol. I et IJ, 1788, vol. III

4. 1788 ; 2" éd., 1892, faite sans le consentement de l’auteur et contre laquelle Il a protesté.

FRANCE CENTRALE

volcanique, et avant les éruptions leur base présentait une plaine unie. Ces produits ont pu être d’ailleurs précédés par d’autres plus anciens ; mais, quelle que soit la cause des volcans, le lilon des matières propres à cet embrasement suivait la direction qu’ils ail'ectent aujourd’hui, et c’est dans cette môme direction qu’ont dû se faire les différentes éruptions qui ont donné naissance à ces montagnes.

Mais le Puy-de-Dôme, qui n’offre ni courants de lave ni cratères, est-il donc aussi une composition volcanique , dit de Montlosier? Telle est la question qu’il essaye de résoudre. Desmarets, qui le premier avait étudié cette montagne avec soin, reconnut qu’elle avait subi l’action du feu ; c’était pour lui un granité chauffé en place, sans bouleversement ni déplacement. D’autres naturalistes l’ont regardée comme d’une nature argileuse, également échauffée: de Saussure, qui l’observa en 177(> avec Mossier, compare sa roche à un porphyre feldspathique terreux des environs de Valorsine, qu'il suppose aussi avoir été chauffé en place et légèrement calciné.

De Montlosier reconnaît d’ailleurs l’analogie de cette pierre avec celle des puys voisins des deux Cliersou et de Sarcoui, reconnaissables aussi à leur forme en dôme, et il étudie leurs caractères ainsi que ceux du Puv de Chopine, du Puy-des-Gouttes et de celui de Manson, où l’on n’observé ni courants ni scories, mais qui semblent résulter de la fusion ou de réchauffement de matières non épanchées et différant aujourd’hui d’aspect par suite de leurs divers degrés de fusibilité ou de l’intensité de la chaleur à laquelle elles ont été soumises.

Quant aux volcans anciens de l’auteur, ce sont ceux qu’avait déjà décrits Desmarest, et il leur assigne les mêmes caractères. 11 insiste ensuite sur les actions des eaux pluviales, auxquelles il attribue, comme on le faisait alors, une influence exagérée, en méconnaissant les effets dus aux phénomènes dynamiques. 11 pense d’ailleurs qu’il n’y a point eu de séparation absolue entre les volcans anciens et les volcans nou-

DEUXIÈME PÉRIODE

veaux, chronologiquement parlant, et qu’il en est de même de leurs caractères minéralogiques.

Quant à l’origine des pics isolés recouverts de laves , il combat l’idée de Desmarest, que ces masses basaltiques se sont épanchées sous les eaux de la mer, et que le noyau des collines puisse constituer un massif de lave enveloppée de couches calcaires, argileuses, etc. , hypothèse qu’avait adoptée Legrand d’Âussy. 11 admet néanmoins que c’est la mer qui a déposé toutes les couches de la Limagne, et pour lui les pics isolés dont on vient de parler seraient, comme les grands plateaux, les restes de laves anciennes dégradées et dénudées.

Dans son Essai sur lit théorie du Mont-Dore, de Montlosier, comprenant tous les volcans de la France centrale, s’efforce d’établir, entre la prétendue extension de la mer sur tout le pays, le retrait de ses eaux et la série des phénomènes ignés, une solidarité ou des relations qui semblent tout à fait imaginaires. La seule idée vraie et que Desmarest avait mieux comprise est la succession chronologique de certains de ces phénomènes mal connus et mal exposés.

De Doiomieu, L. de Buch. — Dolomieu 1 fit aussi sur la région qui nous occupe des recherches de peu d’intérêt, mais les Lettres sur les volcans d'Auvergne , écrites au commencement de ce siècle par L. de Buch*, sont des esquisses rapides des Monts-Dômes et du Mont-Dore, très-instructives et qui font voir combien leur auteur avait été frappé de l’importance et de la variété des phénomènes qu’ils présentent, ainsi que de l’avantage de leur étude qu'il recommande en ces termes : « Voulez -vous voir des volcans? dit -il, choisissez « Clermont de préférence au Vésuve et à l’Etna. Dans ces deux « dernières montagnes, une éruption subséquente couvre les

1. Journ. des Mines, ann. 5 et 0. — Joum. de Pharm., vol. I, p. 127. — Soc. Philom., ann. 0. — Journ. de Phys., vol. XLVI, p. 406-418, 1708.

2. Minerai. Driefe aus Auvergne ( Geognost . Beobacht., vol. 11, 1809). Traduit de l'allemand par MM de Kleinsclirnd (dnn. scient, et littér. de l’Auvergne, vol. XIV, p. 108, 1841). — Journ. des Mmes, vol. XIII.

FRANCE CENTRALE

a produits de celle qui l’a précédée ; mais à Clermont les laves, a ces courants énormes, sont à découvert depuis leur sortie a des lianes de la montagne jusque dans la plaine où ils se « sont arrêtés. On en découvre tous les détails, et leur origine « n’est pas douteuse. » Malgré la belle conservation de cer- « tains cratères et de certaines coulées de laves des volcans éteints de l’Auvergne, la proposition de l’illustre géologue prussien n’est qu’un brillant paradoxe, et la lecture de ses itinéraires descriptifs, clairs, vifs, souvent même élégants, suffit pour le démontrer, caria partie physique et chimique de ces phénomènes est complètement absente, comme la partie minéralogique l’était dans l’ouvrage de Montlosier.

Les roches des Puys-de-Dême et de Sarcouy fixent surtout son attention au point de vue de leurs caractères pétrographiques et de leur origidt. Ce sont des porphyres à certains égards: mais, considérées par rapport à leur manière d’être ou à leur gisement, elles sont tout à fait particulières, non définies jusqu’à présent, et il propose de les désigner provisoirement sous le nom de domites. Ces montagnes doinitiques résulteraient, suivant lui, d’une sorte de boursouflement du granité modifié par l’action de vapeurs aqueuses ou acides dont la force expansive aurait en môme temps soulevé les masses, tandis que les puys à cratères environnants, formés de scories incohérentes, sont dus à des éruptions successives ayant leur source au-dessous du granité. La forme en dôme ou en coupole des unes et la présc'nce de cratère au sommet des autres justifieraient la différence de leur origine, indépendamment de la nature de leurs roches et de leur disposition si dissemblables.

L’examen du puy de la Nugère et des laves de Volvic, en rappelant à L. de Buch que la domite ne serait qu’un granité modifié, lui suggère la pensée que la lave pourrait provenir à son tour de la domite, et qu’ ainsi le granité, transformé en lave par une série d’opérations, devient en réalité le berceau des volcans.

DEUXIÈME PhiUODE.

La comparaison qu'il fait ensuite des montagnes iguivomes, indépendantes, alignées suivant une même direction comme la chaîne des puys, avec celles qui constituent des cônes isolés, comme le Vésuve et l’Etna, sur les flancs desquels surgissent <;à et là de véritables satellites ou cônes secondaires, est fort juste, ainsi que les différences signalées dans leur élévation et l’arrangement ou les relations de leurs parties constituantes.

Après avoir étudié les basaltes sur certains points aux environs de Clermont, de Buch parcourut aussi le Mont-Dore dont il reconnut d’abord les roches pour être analogues à celles des Monts-Dômes, puis les basaltes pour être semblables à ceux des localités précédentes. Quant à leur origine, à leur mode de formation et à leur âge dont il cherche à se rendre compte en les conijArant à ceux de certains districts de l'Allemagne, ce géologue ne pouvait arriver à aucune combinaison acceptable, car la clef du problème était dans les relations de ces roches ignées, non pas seulement entre elles, mais avec les roches sédiinentaires de la Limagne dont il ne s’était nullement préoccupé. Aussi ses Observations , qui avaient commencé par des descriptions intéressantes et des aperçus d’une netteté remarquable, se terminent-elles dans un vague et une incertitude qu’on n'est pas habitué à trouver chez leur auteur.

O Aubui»on. — Les travaux de d’Aubuisson, chargé par l’ Infetitut d’étudier les volcans de l’Auvergne, méritent aussi notre attention. Elève de Werner, le savant ingénieur, avant d’avoir étudié sur place les phénomènes ignés de la France centrale , avait adopté les idées du maître sur l’origine aqueuse des basaltes en général, comme on le voit dans son mémoire sur ceux de la Saxe, mais il ne tarda pas à les abandonner, et dans son premier travail sur l’Auvergne1 il se prononce en faveur de l’opinion contraire. Le Mémoire

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