‹ Géologie et paléontologieChapitre 5 sur 190 · ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

ANTIQUITÉ

Suivant les uns, le glube aurait été d’abord à l'état de vapeur, suivant d'autres, tels que les Égyptiens, à l'état de fluidité aqueuse, toutes les substances qui entrent dans sa composition ayant été dissoutes dans l’eau ; enfin les mages lui attribuaient une origine ignée. Tous s’accordaient néanmoins pour admettre que les eaux avaient autrefois recouvert sa surface entière, et cette croyance était répandue chez les Indous, chez les Égyptiens aussi bien que chez les Phéniciens.

La théorie de la terre que nous professons aujourd’hui ne serait donc en quelque sorte que la combinaison chronologique, conformément aux lois de la physique et à l’étude directe des faits, de ces trois hypothèses de l’antiquité.

Pour limiter ces recherches rétrospectives à ce qu’il y a de plus essentiel, nous rappellerons d’abord sommairement ce que Ton trouve dans les auteurs grecs et latins, dont les écrits nous sont parvenus soit directement, soit par l’intermédiaire des commentateurs, des lexicographes et des scholiastes '. Ces recherches ne sont pas, comme on pourrait le. croire, chose futile ou de pure curiosité historique et scientifique; pour quiconque veut y regarder de près, elles acquièrent un véritable intérêt philosophique dans l’étude du développement comparatif ou de la marche de l’esprit humain à des époques différentes, chez les nations les plus éclairées.

Elles font voir comment, chez celles où quelques-unes des plus hautes facultés de l'intelligence avaient atteint leur apogée, d'autres sommeillaient encore ou ne se manifestaient que par un sentiment vague des vérités générales. Ces dernières étaient le fruit d'observations incomplètes, de quelques vues intuitives dont certaines natures privilégiées sont parfois frappées, et souvent encore se trouvaient obscurcies par des préjugés, des rêveries imaginaires que l'époque de la Renais-

1. Nous nous abstiendrons, ou In conçoit, do toute allusion aux données cosmogonique* de la Genèse. Les naturalistes qui entrent dans cette voie nous paraissent sortir complètement do leur domaine. C’est aux théologiens, aux hébraisauts, aux exégétistes qu'il appartient de traiter ces questions.

sauce a vues se reproduire. Nous y trouverons, en outre, rapportés bien des laits propres à éclaircir des questions non résolues de nos jours, et souvent le germe de théories regardées comme nouvelles par nos contemporains.

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