DU REFROIDISSEMENT DE I.A TERRE
dans ce qui suit, à examiner quel a pu è!re l’état et la composition des trois enveloppes extérieures de la terre après leur séparation ou leur isolemerit de la masse primitive commune, par suite des actions chimiques et physiques résultant du refroidissement.
Sans doute , ces trois enveloppes sont disposées dans l’ordre de leur densité respective comme par rapport à la densité de la masse interne, mais ce fait général ne peut entrer que comme un élément dans la question principale, et il y a toujours une lacune considérable dans nos connaissances directes comme dans nos théories spéculatives. D'un autre côté, les découvertes spectrales, en nous faisant connaître, en partie du moins, la composition de l’atmosphère solaire entourant son noyau liquide incandescent, peuvent faire naître quelques idées sur les résultats de l’oxydation des métaux, bases des terres et des alcalis, dont ces vapeurs nous révèlent l'existence, et sur ceux de leur condensation ou de leur précipitation par le refroidissement de la masse, laissant les gaz non réduits se dégager, ainsi que l'oxvgène resté en excès. Il est probable que ce sera plutôt dans cette direction que dans celles où l’on s'est engagé jusqu’à présent que se trouvera l’explication cherchée.
Enveloppe gaxetue atmosphérique. — Après la formation des enveloppes solide et liquide , la composition de la masse des gaz et des vapeurs constituant l’atmosphère terrestre ne devait pas différer sensiblement de ce qu’elle est actuellement quant à ses éléments. Ainsi, l’azote, que nous ne connaissons qu’à l'état de gaz , et qui plus tard entra dans les combinaisons organiques, pouvait s’y trouver en excès, et l’on ne voit pas que la proportion d’oxvgènc restée libre, après les oxydations si énergiques des premiers temps, ait dû changer sensiblement non plus jusqu’au moment où commencèrent les évolutions de la matière entraînée dans le courant des phénomènes de la vie. Son extrême affinité pour le carbone, les métaux oxydables et l'hydrogène, tout en influant
PREMIERS EFFETS
sur sa proportion dans l’atmosphère, devait être balancée par quelque circonstance qui aura contribué à la maintenir telle qu'elle était nécessaire pour le développement îles êtres organisés. L’action de ces derniers aurait pu, par la suite, modifier ces proportions, ainsi que celle de l’hydrogène fixé par les plantes, qui l’empruntaient à l'eau; mais la destruction successive de ces organismes, animaux et végétaux, rendait à l'atmosphère tout ce qu'ils lui avaient temporairement emprunté; de sorte qu'il y a eu, si l'on peut s’exprimer ainsi, une sorte de fonds de roulement de ces éléments employés pour subvenir aux besoins des forces vitales, entrant dans les combinaisons infiniment \ariées qu’elles déterminaient, pour retourner ensuite à la masse commune.
Il ne dut pas en être de même du carbone contenu dans l’atmosphère sous forme d’acide carbonique, il y était probablement plus abondant que de nos jours, car tout ce qui est contenu dans l’anthracite, la houille, les lignites, les bitumes, la tourbe, la terre végétale, dans les roches solides sous forme de matière organique accidentelle, dans les animaux et les végétaux vivants, aussi bien que dans l’acide carbonique des calcaires sédimentaires, tout ce carbone, disons-nous, fixé ainsi dans la suite par l’action des forces vitales, a dû être enlevé à l’atmosphère primitive, pour n'y plus retourner. Aujourd’hui l’acide carbonique est encore apporté de l'intérieur et versé au dehors par les orifices des volcans, les émanations particulières, les sources thermales et d’autres circonstances qui concourent à son remplacement, mais qui ont dû être bien plus efficaces alors que les communications entre l'intérieur et l’extérieur de la croûte oxydée étaient plus fréquentes qu'elles ne le sont de nos jours. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet, et nous nous bornerons à rappeler ici que la proportion d’acide carbonique de l’atmosphère, évaluée généralement aujourd'hui h fi dix-millièmes, a pu être de 5 à 8 centièmes pendant la période houillère.
Quant à la vapeur d’eau contenue dans l'atmosphère pri-
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