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DU REFROIDISSEMENT DE LA TERRE

mitive, elle était sans doute très-considérable, en raison de la température élevée, qui devait produire des effets météorologiques analogues, mais incomparablement plus prononcés que ceux des régions tropicales de nos jours.

Enveloppe liquide. — On a remarqué que dans la distribution actuelle des principales substances minérales, le sodium existait à la fois en grande quantité dans les roches cristallines et dans les eaux de la mer. Dans les premières , il est uni à l’oxjgène, dans les secondes, au chlore. La presque totalité du chlore que nous connaissons appartient à cette combinaison dissoute dans les eaux de l’Océan. Nous y comprenons naturellement celui qui entre dans la composition des sels gemmes, en bancs subordonnés à des dépôts de sédiment réguliers, et attribués à une origine marine.

On peut donc, sans trop d’invraisemblance, et pour compléter ce que nous avons déjà dit de la composition de l’atmosphère, supposer, au commencement, que le chlore était, dans ces eaux, combiné avec l’hydrogène et le sodium, comme l’hydrogène avec l'oxygène, constituant le fonds commun, si l’on peut s’exprimer ainsi, de la masse océanique actuelle, avec les muriates de chaux, de magnésie, le sulfate de soude et quelques autres substances. On a vu quel avait été le rôle de l’azote et de l'acide carbonique. Ce dernier devait être aussi dissous en certaine quantité dans les mêmes eaux.

L’abaissement de température , en condensant les vapeurs composées de ces éléments, dès que la surface de la terre permit quelles s’y maintinssent à l’état liquide, détermina la formation d’un Océan sans bornes, peu profond, mais parsemé d’innombrables ilôts représentant les aspérités de la première croûte oxydée de la terre, et enveloppé d’une atmosphère épaisse, dense, laissant pénétrer à peine une partie de la lumière solaire.

Tant que dura cet état de choses, on conçoit qu’il ne pouvait y avoir d’eaux douces permanentes; car, en supposant que l’atmosphère fut déjà assez refroidie et purifiée des

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substances élran gères tenues en suspension, soit à l’état de gaz, soit à l’état de vapeurs, l'eau résultant de la condensation retombait toujours dans la mer ou sur les Ilots primitifs, ne trouvant encore aucun récipient suffisant pour s'y conserver. S’il y en avait, leur faible étendue, leur peu de profondeur, l’élévation de la température du ftnid comme celle de l’air ne permettaient pas à l’eau d'y séjourner; de sorte que ces étangs et ces lacs des premiers âges de la terre étaient purement temporaires.

Si nous en jugeons par les êtres organisés les plus anciens que nous connaissions, il dut s’écouler jun temps énorme avant que les eaux douces persistantes fussent assez étendues pour nourrir les formes animales qui leur sont propres. Pendant une grande partie des dépôts que nous appellerons de transition, il n’y eut que des animaux «pie toutes leurs analogies nous font regarder comme marins. Les plus anciennes traces de végétaux qu’on y rencontre sont aussi d'origine aquatique marine.

La première condition, pour la permanence des eaux douces, était donc ^existence de surfaces émergées, assez étendues et assez élevées pour que celles qui provenaient de la condensation des vapeurs aqueuses de l’atmosphère pussent s'y conserver dans des dépressions sans communication avec l’Océan, et la seconde une température assez basse pour qu'il ne s’y produisit plus de vaporisation complète. Ces conditions paraissent d’ailleurs ne s’être réalisées qu’ assez tard dans l’hfstoire de la terre, car, si une végétation terrestre apparaît pendant la période dévonienne, ce n’est que dans la suivante, celle des dépôts carbonifères, que nous en observons les effets avec certitude et sur une grande échelle. Les témoignages authentiques que nous offrent alors les formes animales et végétales, comme les caractères particuliers des dépôts, leur étendue et leur épaisseur, nous prouvent l’importance du rôle des eaux douces à la surface du globe. S’il a été longtemps nul, puis très-faible, il s’est accru proportionnellement

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