CONSÉQUENCES DE LA CHALEUR CENTRALE
(§277), qui en présente encore les indices» comme à Tîie Faxo en Danemark, et après laquelle ils se sont brusquement retirés entre les parallèles actuels; cela nous montre encore que le climat européen est devenu successivement de plus en plus froid.
g 140. Came prétiiiiiiée de eetto éléTation de lempératare*
— On conçoit facilement qu'avant le moment où la terre est arrivée au degré de refroidissement qu'elle présente aujourd'hui les sources thermales devaient être infiniment plus nombreuses. Lorsqu'au lieu de ^ de. degré par mètre (g 7), la température croissaity par exemple, de | de degré, c'est-à-dire 10 fois plus rapidement qu'à l'époque actuelle, et que dès lors, à 300 mètres de profondeur, se trouvait le point d'ébullition de l'eau, il est clair qu'un très-grand nombre de sources étaient à 100 degrés, et que les ftimaroiles (§ 136), maintenant assez rares, pouvaient être alors fort communes. De là il devait résulter des circonstances atmosphériques fort différentes de celles où nous nous trouvons; d'épais brouillards devaient se répandre à la surface des terres en l'absence du soleil, et dès lors le rayonnement vers les espaces célestes, cause si importante de refroidissement aujourd'hui, devenait tout à fait nul. Les hivers étaient par conséquent. peu rigoureux, et cela nous explique encore comment tant de plantes et d'animaux, qui ne peuvent aujourd'hui supporter nos cÛmats hyperborés, pouvaient y vivre alors comme entre les tropiques, et précisément comme les plantes du Midi vivent sur les côtes et dans les îles du Nord constamment entourées de brumes épaisses (g 27). Toute la terre tempérée par ces vapeurs abondantes pouvait partout supporter les mêmes êtres organisés; et voilà pourquoi les couches minérales anciennes présentent beaucoup moins de différence dans les débris organiques qu'elles renferment, en quelque lieu qu'elles se trouvent, qu'il n'en existe aujourd'hui parmi les êtres des différentes zones.
g 141. Autres c«a«e« de l'aneienne ▼ésétaiien Nous devons ajouter encore ici qu'après le refroidissement complet de notre planète, au point où nous en sommes maintenant arrivés, il fut probablement un temps où les continents du nord ne formaient pas de grandes masses comme aujourd'hui, et où sans doute comme nous le montrerons plus loin (g 552 à 572), il y avait à leur place divers groupes d'tles éparses au milieu d'un vaste océan, ainsi qu'il s'en trouve dans les mers du Sud. Dès lors, les lignes thermales (g 25) devaient être dirigées tout autrement qu'elles ne le sont de nos jours; par conséquent les climats maritimes pouvaient être bien plus développés dans cette partie du monde qu'ils ne le sont maintenant. Il a dû en résulter que les plantes et les animaux
ifô GÉOLOGIE.
se rapprochaient de ceux que nous ne voyons plus aujonid'hni» sur les continents, qu'entre les tropiques.
DÉPÔTS ANCIEMS ATTRIBUABLES A DES siDIMBlITS.
g 142. Comparaison cénéraie. — Nous avons TU les caîllonx
roulés, les sables, les limons se former par Faction des eaux courantes et des vagues; nous avons reconnu que, transportés, poussés par ces eaux, ils s'accumulaient dans les lacs^ dans les mers» à Tembouchure des fleuves et sur les côtes. Toutes les fois donc qu^à Fintérieur des continents nous retrouvons des minéraux sons ces formes et accumulés en dépôts plus ou moins considérables, nous sommes en droit de conclure qu'il a existé quelque part, près ou loin, des cours d'eau qui les ont charriés, des eaux animées de mouvements ondulatoires qui les ont accumulés sur leurs rivages, et souvent des lacs et des mers qui les ont reçus. D'après le plus ou moins d'abondance et la grosseur des cailloux, nous pouvons juger de la masse et de la force des eaux qui les ont transportés; et leur nature, leurs tratnées diverses, doivent nous conduire jusqu'au point de départ, si aucune circonstance n'a détruit les traces que les courants ont laissées sur leur passage.
D'un autre côté, puisque c'est dans les lacs et dans les mers que nous voyons aujourd'hui se former des dépôts coquilliers, nous pouvons conclure que les nombreuses couches du même genre que nous trouvons à toutes les hauteurs sur nos continents, et jusqu'au sommet des plus hautes montagnes, se sont également for^ mées sous les eaux. La nature des débris organiques nous fera distinguer si elles ont été déposées sous les eaux douces ou sous les eaux marines, sur les côtes ou au milieu des mers; leur mélange, leur alternance, nous indiqueront des embouchures de rivières, des alternatives d'eau douce et d'eau salée, etc.
g 143. Dépéta d'eau douée. — Les dépôts formés par les eaux douces se reconnaissent facilement à ce que les débris organiques qu'ils renferment sont comparables à ceux des différents animaux des rivières et des lacs actuels (g 118). Ce sont surtout des débris» des empreintes ou des moules de coquilles des genres limnée et planorbe^ comme fig. 67 et 68. Ces coquilles sont minces comme celles de nos jours; la première à spire saillante dont le dernier tour est plus ou moins ventru, à ouverture plus longue que large, dont le bord droit, qui est tranchant, remonte sur la columelle en formant un pli très-oblique; là seconde a ses tours de spire roulés
DÉPÔTS AMClEBS ATTRIBUAËLES A DES SÉDMESTS. 111 ■01 le même plan. Les mËmes dépôts présentent souvent aussi des coquilles comparahles au: paludinéi (fig. 69); aux mélanies (fig.lO),
Pliuiorbïi iTBB^hataa.
PaladiBB lenli . Uttiaii.
et souvent A des coquilles terresUes du genre hélice. Les paludines sont des coquilles turbin iformes, à spire assez courte, dont les tours sont convexes, et par cela même séparés netlemeut les uns des auires; l'ouverture est anguleuse au sommet. Les mélanies sont a spire allongée on, suivant le terme reçu.'turriculée, tantôt à côtes, tantôt à tjibercules pinson moins saillanta; l'ouverture est évasée à labase. Uansces deux genres une opercule sert à fermer l'ouverture. Lee coquilles bivalves, plus rares que les précédentes, sont comparables aux muietta (uoio), aux anodonta, aux q/ciaiks et aux égrènes. Les premières (fig. 71} sont ordinairement épaisses, et pré-
Fig. 71.
Kg. IS.
Fig. B.
Fig. 74.
' sentent une dent allongée sur chaque valve, plus une dent courte eti forte sur la valve droite, et une double dent, comprimée et striée,! sur la valve gauche. Les secondes (Rg. 72) sont <les coquilles min-
. es et sans dents dont on connaît plusieurs espèces; enfin les cyclades
t les'cyrènes, généralement plus arrondies, quelquefois assez
épaisses (fig. 73 et 74), présentent sur chaque valve deux dents Ikté-
rales allongées, comprenant entre elles une ou plusieurs petitesdents.
L'absence complète de toute espèce de polypiers, d'encriniles (fig. 75 à 76), d'échinides (fig. 77 à 79), quoique offrant un caractère négatif, doit encore être notée comme très-importante pour la distinction des dépôts d'eau douce.
Les dépôts qui renferment des coquilles analogues â celles dont nous venons d'indiquer les caractères sont fort communs à la surface du globe. 11 s'en forme journellement au fond de nos amas d'eau actuels (g 111, 118), et nous en trouvons dans un grand nombre de lieux qui sont évidemment des fonds d'anciens lacs. Les tufs calcaires, ou travertins, de Tivoli, dans la campagne de Rome, sont dans ce cas; les calcaires de la Limagne d'Auvergne nous en offrent un autre exemple évident. 11 en existe de nombreux lambeaux, dont on parvient quelquefois à rattacher quelques-uns aux autres, dans toutes les parties de là France, en Angleterre, en Allemagne, etc. Ces dépôts sont fort communs aux environs de Paris, où ils constituent la plupart des plateaux, soit â l'état siliceux (les meulières coquillières), soit à l'état calcaire (tout le plateau de l'Orléanais); on les trouve même à divers étages, où ils annoncent soit des retours successif d'eaux douces et d'eaux marines, soit des embouchures de rivières dans les anciennes mers qui ont produit la masse de nos calcaires grossiers. Les bords du Rhin, la Suisse, le bas de la vallée du Rhône, le grand golfe qui s'étend de Marseille à Montpellier, enfin toutes les partie^ du monde nous en offrent de nombreux exemples.
g 144. Dépôts marin*. — Geux-ci se distinguent généralement par l'analogie que présentent leurs débris organiques avec les dépouilles des animaux qui vivent dans les mers. Les plus éminemment caractéristiques sont les polypiers plus ou moins analogues â ceux des rescifs (g 123, fig. 59 à 64); différentes espèces d'encrinitesy genre particulier de rayonnes, ou les débris de leurs diverses articulations (fig. 75 à 78); enfin un grand nombre d'e^ chinides (fig. 79 à 81), etc. Aucun de ces corps organiques ne s'est /amais trouvé dans les eaux douces, et ce caractère, quoique négatif, est aussi extrêmement important.
Parmi les coquilles univalves, il s'en trouve quelques-unes de plus ou moins analogues à celles que nous avons indiquées cidessus dans les eaux douces, quoiqu'elles soient généralement plus épaisses et plus fréquemment couvertes de tubercules, comme, par
DÉPOTS ANCIENS ATIRIBUABLES A DES SÉOrMENTS. li:i
Pig. :S. Fig. 7H, Fig- T..
Famnilpii laoniliformiii.
■iniles Vif. 79. CWurJijCi
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GftOLOGIE.
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TVrta CDiUrlu. C«rJJAiaM fw(aiil«. Hvu alrtvlalm. TtlUfllileta.
peut-être conserver quelque incertitude, nous en trouvons beaucoup d'autres qui sont asseï caractérisés pour lever tous les doutes. D'abord, parmi les coquilles univalves, il s'en trouve un grand nombre dont l'ouverture se termine par un canal plus ou moins allongé, ou par une échancrure. et qui appartiennent soit aux diverses espèces du genre c^nVAe [fig. S3), dont un très-petit nombre ^vivent dans les eaux douces, soit au genre murex ou rocher (fig. 84), dontleaespècessonttrès-variées; au genre woiate(fig. 85), etc., qui ■ont tous marins, et qu'on trouve très-abondamment dans les dé> p6ts calcaires, si répandus à la surface du globe.
Quant aux coquilles bivalves, la plupart diffèrent généralement beaucoup plus encore de celiesqu'on trouve dans tes eaux douces; il en est qui rappellent plus ou moins nos huîtres ordinaires, ou même qui leur ressemblent au point de les croire exactement de mfime espèce au premier abord ; un grand nombre sont garnies de c6tes, de stries, de rugosités (fig. 86, 87], et présentent, en un mot, une foule de caraclèresentiërement différents de ceux qu'on trouve dans les genres qui appartiennent aux eaux douces, dans lesquels ta surface est ordinairement lisse, et l'épaisseur assez faible.
Ajoutons que c'est dans les mers seulement qu'on rencontre let coqnilies chambrées, comme celles du genre nautile (fig. 88), dont on trouve des espèces depuis les dépAts les plus anciens jusqu'aux
DÉPÔTS ANCIENS ATTBIBUABLES A D£S SÉDIMENTS. HS plnsmodernes. CesOQtleiseiilscarp§anxqiielsonpniB8e comparer les nombreuses esptees i'ammcmUs ( fig. 89 ), dont il n'existe pu d'analogues actnrikmeut rivuites , et dont 1» «cuohes terrettrea sont rerafiioa.
Fig. «6, tif-ti. 14. m.
renerietrâU'iÉarhtUa.
§ 145. Tous ces dépôts ont dû, en général, se former lentement, par l'accumulation des débris des êtres qui périssaient successive-
mentt et non par des catastrophes subites qui les auraient tous ensevelis vivants. En effet, on trouve fréquemment dans Tintérieur même des coquilles des restes d'animaux parasites (fig.90),qui n'auraient pu s'y fixer si les mollusques dont elles proviennent n'avaient été préalablement détruits. Souvent même la dépouille du parasite est remplie par d'autres, ce qui indique encore un long séjour au fond des mers. Les deux pièces des coquilles bivalves sont aussi fréquemment séparées, ce qui fait voir que l'animal était mort avant qu'elles fussent enfouies. Enfin ces débris organiques sont percés par des lithophages, aussi bien que les cailloux calcaires qui les accompagnent, ce qui conduit aux mêmes conséquences.
Il faut admettre aussi que ces dépôts sont sur la place même où les animaux ont vécu, car ils renferment un grand nombre de coquilles intactes dont les appendices les plus délicats sont d'une conservation parfaite. Cette circonstance ne peut s'accorder avec l'idée d'un transport par des courants, qui, en les entraînant, auraient naturellement tout brisé.
Au moyen des débris que nous venons d'indiquer, on reconnaîtra toujours les dépôts marins, si abondants à la surface du globe, et qu'on trouve si fréquemment en France. Tous les environs de Paris, la Normandie, l'Artois, la Picardie, la Franche-Comté, la Bourgogne, les Cévenues, leDauphiné, la Provence, etc., nous en offrent de tous les âges et de tous les genres.
§ 146. Dépôts de foramiiiirères. — Indépendamm&nt des mollusques, des échinides, des polypiers, etc., il y a beaucoup d'autres débris organiques qui ont concouru très-puissamment encore â la formation de certains dépôts géologiques : tels sont, d'un cô^, les foraminifères(gll9), et, de l'autre, les infusoires eux-mêmes, qui sont devenus très-importants depuis les belles découvertes qu'on doit à M. Ehrenberg.
Les foraminifères sont des coquilles essentiellement marines,dont la plupart restent beaucoup au-dessous de 1 millimètre, et dont les plus grandes ^e dépassent guère 2 ou 3. Malgré leur petitesse, ces coquilles offrent plusieurs loges, ce gui a conduit jadis à les rapprocher des coquilles chambrées (fig. 88 et 89), et par suite à regarder les animaux qui les produisent comme des céphalopodes ; mais on sait aujourd'hui qu'ils appartiennent â des êtres infiniment moins élevés. Les petites loges dont se composent les foraminifères sont groupées de différentes manières, ce qui conduit à plusieurs divisions, où Ton distingue ensuite un grand nombre de genres, dont nous représentons quelques-uns extrêmement grossis (fig. 91 à 107) pour en donner une idée.
DÉPOTS ANCIENS ATfRIBUABLES A DES SÉDIME.NTS. H7
Fig, 9i. Fig. 92. Fig. 93.
a b abc
Fig. 94. Fig. 95. i Fig. 96. Fig. 97.
Fig. 98.
Fig. 99.
Fig. 100.
Fig. 101.
^S@f ferm
Fig. 102.
Fig. 103.
Fig. lOi.
Fig. 103. Fig. 106. Fig. 107.
Logea ewpHées sur vn seul axe.
Fig. 91. a. Nodosaria limbata.
b. Disposition intérieure des loges.
Fig. 92. Denlalina sulcata.
Fig. 95. a. Marginulina trilobata.
b. Vue en dessus de la dernière loge.
e. Disposition intérieure des loffes.
Fig. 94. a. Flabellaria rugosa. '
b. Vue dans l'autre sens pour montrer l'aplatissement.
Loges alternes sur un axe»
Fig. 95. a, Teitularia turris.
b. Disposition intérieure des lojçes alternes.
Fig. 96. Sagrina rugosa.
Fig. 97. Pyi-ulinaacuminata.
Loges disposées en spirale.
Fig. 98. Bulimina brevis.
Fig. 99. Bulimina Murchisonii.
Fig. 100. a. Globigerina cretacea.
b. Vue de profll.
Fig. 101. Rotalina Yoltzii.
Fig. 102. a. Cristellaria rotula.
b. Vue d&ns Tautre sens.
Loges réunies parallèlement à un axe.
Fig. 103. a. Biloculina buUoides.
b. Vue par le sommet.
Fig. 104. a. Triloculina trigonula.
b. Vue par le sommet.
Fig. 105. a. Quinqueloculina saxorunu
b. Vue par le sommet. .
Loges divisées par des cloisons ou des tubes.
Fig. 106. Orbiculina numismalis, Fig. 107. AWeolina Boscii.
Ces petites coquilles, dont on connaît 700 à 800 espèces fossiles, se trouvent accumulées en nombre immense dans les couches 1er-
restres, et constituent à elles seules des dépôts calcaires très^-considérables, dont la craie ^ g 2J7 ) et les terrains tertiaires ( 8 284 ) nous offrent des exemples dans toutes les parties du monde.
g 147. DépAtod'intaMlvM. — Les infusoires qu'on trouve dans les eaux douces et dans les mers (g ild), plus petits encore que les foraminifères, ne sont yisibles qu'avec les forts grossissements du microscope. Malgré cette ténuité, il en est un grand nombre qui sont munis d'une carapace siliceuse, et qui peuvent, en conséquence, s'accumuler au -fond de l'eau avec les débris des plantes microscopiques qui y vivent en même temps. Or, quoiqu'il faille plus de 2 millions de ces corpuscules pour faire i millimètre cube, M. Ëhrenberg a montré que leur accumulation a produit encore des dépôts très-étendus, de plusieurs mètres d'épaisseur, et a concouru puissamment à la formation de beaucoup d'autres. Ils constituent, en effet, en presque totalité, les matières terreuses formées de silice très-ûne qu'on désigne sous les noms de terre ou schiste à polir et tripolif farine fossile , limon siliceux , ou gouhr siliceux ; ils se trouvent souvent en abondance dans les silex, les opales, et surtout dans les matières terreuses qui en enveloppent les parties translucides; ils existent en très-grande quantité dans la plupart des marnes , surtout celles des dépôts lacustres , dans les calcaires solides de même formation , dans la craie , etc. Ils forment la totalité des limons qui remplissent les golfes et les anses des côtes de l'Océan et de la Méditerranée, et se retrouvent dans tous les dépôts terreux soulevés du sein des eaux aux époques anciennes et modernes. Ce ne sont plus seulement aujourd'hui les tripolis de Billin , les gouhr siliceux de Franzenbad , etc., qu'on peut citer comme exemples, il en existe partout, et, quand on rencontre un dépôt terreux fin, une marne, même de la limonite des marais, on est presque certain de le trouver rempli de ces petits êtres. Il en existe des dépôts de 20 mètres d'épaisseur dans les plaines basses de l'Allemagne occidentale, a plus ou moins de profondeur sous les sables de ces contrées. Une circonstance remarquable, c'est que, sous la ville de Berlin, une de ces couches est formée d'infusoires qui vivent et se propagent encore, entretenus sans doute par les eaux de la Sprée, qui se trouvent plus élevées.
M. Ëhrenbcrg à déjà décrit beaucoup d'infusoires fossiles de toutes les parties du monde et de terrains différents, qui constituent un grand nombre de genres dont nous représentons quelques-unSf sous de très-grandes dimensions, dans les figures suivantes.
ttPÙIS ANCIENS ATTBIBVAni.R5 A DES. S
a. DMDildium apiculoiui t. Enastniin Temicotum e. Xulliidimn riiDMuai i. Puiilininm piropbon «. Gmnpbomeoa unceola /. Bauntbidinm uo».
tFiniiiilitia dictjliu.
Niviculi lirïdii.
icliDocjelni «aoHliKi PixidulaprlMa.
GnUionella diitaoï.
t SiDednnlm.
m. Bacilintt lulgirii.
n. Spiculu d'ipongra.
F!«. IM. A^tefim fauila.
S 148. méfétm thmrh*mtmn. — 11 est incontêsUble que les dépôts charbonneux qui se trouvent dans le sein de la terre ont été produits par des végétaux accumulés; ce qui le prouve, ce sont d'un côté les débris que le microscope y fait découvrir aussi clairement que dans la tourbe (glS4); de l'autre, les tiges et les feuilles nombreuses qu'op rencontre dans les matières terreuses associées. Tout le monde est d'accord i cet égard ; mais il n'en est plus de même relativement au mode d'accumulation. Quelques géologues pensent iiue ces dépMs résultent de l'enfouissement de grands radeauTL de plantes , transportés par les fleuves on les courants maritimes , en tupposantqueces courants emtaientalors.etécbouésen différents lieux; les autres croient, au contraire, que la plupart se sont formés â la manière des tourbières, dans les dépressions marécageuses d'un sol découvert, où les ruisseaux pouvaient apporter aussi les débris de la végétation environnante.
La première idée a contre elle l'énorme épaisseur qu'il faut supposer aux radeaux pour obtenir des couches combustibles telles que nous les connaissons. En effet, en prenant en cousidérstion le poids q>écifique des bois, leur contenu de carbone, relativement à ce que présentent à cet égard lesdépàts charbonneux, on trouve que ceuxci ne peuvent Être que les ^, ou même les ,-lj,Bnivant les plantes, dn volume primitifdes matériaux qui leur ont donné naissance. De plus, en évaluant les vides nombreux que produit rentassement ii> régulier de ces débris dans ua radeau, on reconnaît que la houille, par exemple, qui est formée par les plantes spécifiquement les plus l^res, comme les équisétacées, les fougères, etc., ne peut guère avoir dans ses couches que les y^Jj de l'épaisseur du radeau qui les aurait formées. Il en résulte que les couches de hauilledel,3,... 50 mètres, comme nous en connaissons, auraient nécessité des radeaux de 38, 57,... 897 mètres d'é^isseur, ce qui dépasse évi-
f20 GÉOLOGIE.
demment les limites de la vraisemblance ; de tels radeaux ne pourraient même ni flotter dans nos rivières, ni dans la plus grande partie de nos mers : par exemple dans la Manche, sur la côte orientale de TAmérique du Sud, etc.
L'idée de formation analogue à celle des tourbières ne présente pas les mêmes difficultés, et n'exige que du temps pour Taccumulation des matériaux organiques nécessaires. A la vérité, dans Tétat actuel des choses, ce temps pourrait être très-considérable; car, suivant le calcul de M. de Beaumont sur la quantité de carbone que produisent annuellement nos forêts actuelles, il ne pourrait guère se former sur retendue des dépôts charbonneux connus que 16 millimètres de ce combustible en un siècle. Mais tout porte à croire qu'à la température moyenne de 2\*, lorsque Tatroosphère était remplie de vapeurs (g 140) et avec les genres de plantes qui croissaient alors dans nos contrées^la végétation était infiniment plus vigoureuse qu'aujourd'hui ; on est même conduit à penser qu'à l'époque de ces formations, où la terre n'était pas encore au degré de refroidissement qu'elle présente actuellement, il se dégageait de son sein beaucoup d'acide carbonique (g 77) et que la fixation du carbone par les plantes se faisait dès lors plus rapidement. Au reste, ce ne sont pas seulement les dépôts de houille qui réclament un si long espace de temps ; il en est de même pour tous les sédiments, et des dépôts calcaires,uniquement formés de coquilles, qui acquièrent des épaisseurs bien plus considérables encore, ont certainement exigé bien des siècles pour arriver à ce point.
g 149. L'hypothèse qui assimile les dépôts de houille aux tourbières se trouve encore fortifiée par les différents caractères qu'ils présentent^: tels sont d'un côté les nombreux débris de cryptogames cellulairesque l'examen microscopique fait découvrir dans ces combustibles comme dans la tourbe, les arbres debout avec leurs racines qu'on trouve au milieu des dépôts, et la conservation remarquable des feuilles dans les schistes; de l'autre, la disposition en bassins plus ou moins étendus, isolés les uns des autres ( g 237 à 246), encaissés par des roches antérieures ; toutes circonstances qui semblent indiquer des flaques d'eau, des lieux marécageux formés dans les dépressions d'un sol découvert, et qui écartent encore l'idée des radeaux, qui n'auraient pu arriver dans de telles dépressions. Fréquemment aussi on reconnaît qu'un certain nombre de petits dépôts indépendants font partie d'un bassin plus étendu, d'une espèce de lac rempli de matières arénacées contemporaines, à la surface desquelles il se serait formé autant d'amas particuliers de combustible ; il en est même qui sont comme renfermés dans des espèces de vaU
DÉPÔTS ANCIENS ATTRIBUABLES A DES SÉDIMENTS. 15i
lées anciennes, sur la longueur desquelles ils sont çâet là dispersés. Toutes ces circonstances se présentent dans les dépôts du centre et du midi de la France (§ 555), depuis la Bourgogne jusqu'au fond du Languedoc, ainsi que dans tous ceux des Vosges. Cependant les départements du Nord, la Belgique, l'Angleterre, FÉcosse, nous présentent les choses tout autrement ; là les couches de combustible, nettement prononcées, paraissent s'étendre sur de grands espaces, et Tensemble des faits, aussi bien que la superposition immédiate é des calcaires marins, qu'on trouve dans toutes ces contrées, conduit à penser que ces dépôts, aujourd'hui disloqués, séparés par les mers, ont jadis fait partie d'un même tout. Ce n'est plus dans des flaques d'eau, dans des lacs resserrés qu'ils paraissent s'être formés ; c'est dans une vaste mer, qui, d'abord en partie comblée par des calcaires, est devenue sans doute une sorte de marécage, où se développaient des plantes marines , et où se rendaient en outre tous les débris d'une immense végétation établie sur ses bords et dans ses îles. Les mouvements ondulatoires ont peut- être alors stratifié les matières charbonneuses comme tous les autres dépôts de sédiment (g 116).
Certains dépôts de lignite ont été évidemment formés de la même manière; mais il en est d'autres qui offrent des amas de bois jetés pêle-mêle, plus ou moins bituminisés, conservant leur tissu, enfouis au hasard au milieu des dépôts sédimentaires, et rappelant ceux qui sont charriés par les grands fleuves, qui se déposent dans les lacs, ou qui sont même transportés au milieu des mers (§110).
g 150. Les débris de coquilles sont rares dans les dépôts de houille proprement dits. Il n'y en a de traces dans aucun des dépôts du centre de la France, et ce n'est que dans la grande formation qui comprend les départements du Nord, la Belgique, l'Angleterre, qu'on en a quelques exemples. On cite des coquilles marines dans les houillères de Liège et de Namur, dans celles d'Angleterre, et surtout dans celles des environs d'Edimbourg ; mais il pourrait bien se faire que ces coquilles appartinssent aux dépôts sous-jacents. Il y a aussi quelques coquilles d'eau douce analogues aux mulettes et aux anodontes, qui annoncent au moins des affluents d'eau continentale. Dans la plupart des dépôts de lignite, où la structure du bois a généralement disparu, on trouve au contraire un grand nombre de coquilles qui sont d'origine fluviatile, ce qui prouve que la formation de ces matières a eu lieu dans des lacs d'eau douce.
g 151. Dépéto adventita divers.— On remarque souvent, au milieu des terrains stratifiés, des matières diverses qui semblent s'être intercalées au milieu de celles qui ont été formées par la sédimentation générale. Certains dépôts se trouvent pénétrés çà et lé
in GÉOLOGIE.
de matières étrangères, tantôt disposées en concrétions plus on moins volumineuses et en veines qui semblent avoir rempli des fissures, tantôt réparties uniformément dans toute la masse. Ailleurs, entre deux couches distinctes, se trouvent, par place, des dépôts différents limités dans tous les sens, en formant de grandes lentilles ou des amas plus ou moins volumineux. Ces circonstances indiquent nécessairement des précipitations locales, accidentelles, indépendantes de la sédimentation générale, et ne peuvent manquer de rappeler les effets des sources qui amènent tant de matières de rintérieur du globe, et produisent des dépôts plus ou moins étendus à sa surface.
11 est probable que c'est à des sources silicifères analogues â celles de Tlslande et de Saint-Michel (§82, 115), qu'est due la pénétration de certains sédiments par la silice, qui tantôt a consolidé quelques parties de leur étendue, comme dans les grès divers(g 21 2), tantôt y a formé des rognons plus ou moins volumineux, comme dans la craie (§ 277), des veines plus ou moins nombreuses, quelquefois des amas considérables, comme la meulière du calcaire siliceux (g 286) ou celle des dépôts supérieurs (g 290). On est également conduit à penser que certains dépôts de gypse, comme ceux qui se trouvent aussi dans le calcaire siliceux, ont été de même produits surplace par des «sources, qui sans doute amenaient en même temps toutes les matières argileuses et marneuses qui les accompagnent. Il en doit être de même pour les gypses de plusieurs autres terrains, quoique, dans certains cas, cette substance ait pu ' être produite aussi par une transformation sur place des calcaires existants (g 199, 206, 212, 517).
Beaucoup de dépôts salifères, au milieu de leurs argiles et accompagnés de gypse, ne peuvent manquer de rappeler le phénomène des salzes(g 81), ou, en général, celui des sources qui amènent à la fois des matières en suspension et des matières dissoutes, dont les eaux peuvent déboucher dans des lacs aussi bien qu'à la surface du sol desséché, et pénélrer par la force d ascension dans toutes les fissures du terrain à travers lequel elles se dégagent. Nous verrons d'ailleurs que, dans certaines localités, les dépôts de sel et de ^pse sont en relation intime avec des phénomènes ignés accompagnés sans doute d'émanations diverses (glS9,517). C'est ce qui a lieu tout le long de la chaîne des Pyrénées, où l'on trouve entre autres les salines d'Anana, en fiiscaye, au milieu d'un cratère de soulèvement dont le centre est occupé par l'ophite : une source salée considérable et très^riche sort verticalement d'un puisard pratiqué dans cette roche.
DÉPÔTS ANQENS ATTRIBUABLES A DES SÉDIMENTS. i25
, Les dépôts de soufre des terrains calcaires, qui sont d'ailleurs accompagnés de gypse et d'argile, et souvent dans le voisinage des dépôts saliféres, doivent encore avoir une origine analogue. Il en est de même des matières bitumineuses qui ont imprégné des sables et des calcaires, et aussi d'un assez grand nombre de dépôts de limonite des terrains calcaires, quoique ces matières aient pu être ensuite entraînées par les eaux courantes pour entrer dans la sédimentation générale. Enfin, il y a beaucoup de circonstances où les dépôts ne peuvent s'expliquer que par des sources qui les ont formés autour d'elles, et en ont imprégné les roches préexistantes on contemporaines.
Les filons sont aussi des dépôts adventifs ; mais ils sont produits par des injections de matières fondues (voyez g 184, 198 à 208).
EFFETS ANCiEHS ATTRIBUABLES A DES SOULÈVEMENTS OU A DES