‹ GéologieChapitre 24 sur 77 · L06IE · texte numérisé non relu

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dépôt coqulllier d'Uddevalla, i 70 mètres an-dessus de la mer, où Ton reconnaît encore ]es débris organiques de la Baltique, et où M. Brongniart a trouvé des balanes fixées aux rochers, comme sur la côte actuelle, est également un résultat de soulèvement. Nous devons en dire autant des dépôts analogues qu'on trouve sur les côtes de Norwége jusqu'en Laponie, et de beaucoup d'autres qu'on rencontre sur les côtes d'Anglelerre, dans les lies du grand Océan, etc. Mais voici d'autres faits :

g 155. Sur la côte de Pouzzoles, on voit, à 7 mètres au-dessus de la mer, des dépôts de coquilles semblables à celles qui vivent encoie dans la Méditerranée, avec lesquelles se trouvent de&débris de poteries et des fragments de sculptures. Or nous savons que le niveau de celte mer n'a pas changé depuis les Phéniciens; par conséquent, c'est un soulèvement effectué depuis l'apparition de l'homme quia mis ces collines au jour. En Sardaigne, il exi^e des dépôts semblables, mais plus élevés, où M. de la Marmora a trouvé des traces d'une industrie naissante, et qui renferment en outre des coquilles fluvialiles et terrestres^ Enfin, on observe des faits analogues dans une multitude de localités. Or il se trouve dans les mêmes contrées des collines qui atteignent jusqu'à 700 mètres» où l'on ne voit plus, à la vérité, de débris de Tindustrie humaine, mais où l'on rencontre encore les mêmes coquilles méditerranéennes que dans les premières, et quelquefois même avec leur couleur. Ce fait conduit forcément à admettre encore que ces dépôts ont été soulevés du sein des eaux tout aussi bien que les autres, et seulement à une époque antérieure à l'homme dans la contrée. Il faut attribuer la même origine à beaucoup d'autres dépôts analogues qu'on trouve sur les côtes de Sicile, de Sardaigne, des États Romains, de la Toscane, de Nice, de France et d'Espagne. La même conséquence s'applique à ce qu'on observe sur les côtes de l'Océan, en France, en Angleterre, aux Antilles, à Timor, à la Nouvelle-Hollande et dans plusieurs lies de la mer du Sud. On y reconnaît des plages de sable à diverses hauteurs, des dépôts calcarifères, remplis de coquilles marines semblables à celles qui vivent dans les mers voisines, des huîtres et des balanes fixées aux rochers, enfin des bancs de polypiers (§ 125), identiques avec ceux de nos jours, et le tout élevé plus ou moins au-dessus du niveau des mers.

g 156. Lorsqu'à l'intérieur des terres on trouve, sur le flanc des montagnes et sur les escarpements, des sillons allongés, des creux^i des excavations qui forment des lignes horizontales, il est évident que ce sont d'anciens rivages sur lesquels la mer venait battre, en exerçant ses dégradations comme aujourd'hui (g 98 à 100), et qui

AHCIBNS EFFETS Dl SOriÈVEM^TS OU D'AFFAISSEMBMTS. )27

ont été ioulevés i la hauteur où dous les voyons. C'est ce qa'attesientencore les débris roulés detouteespÈce.minéraiiK, ossements d'animaux, ooqnilles, madrépores, qu'on trouve quelquefois alors au pied des escarpements, aussi bien que les trous pins ou moins iiombrensTenfermantencorelescoquillesdes mollusques saiicaves qui les ont formés. On trouve assez fréquemment ces divers indices sur les montagnes calcaires de la Bourgogne méridionale, de la Franche-Comté, du Bas-Dauphiné, de la Provence, etc.

g 157.'iwnple de sérapia. — C'est A des événements du même genre que se rapporte le phénomène du temple de Sérapis, sur la côte de Ponzzoles qui a donné lieu  tant de controverses parmi les gécdogues. Il ne reste de cet antique monument que trois colonnes de marbre, debout sur un sol qui est à peu prés au niveau de la mer (fig. 1 09). Or, d'une part, il n'estguÈrevrai- semblablequecelemple, d'ail- " leurs construit avec un grand luxe d'architecture, ait été placé de manière que le sol en fût constamment couvert d'eau, pas plus qu'il n'estprobablequeJavoieanliquedeBaja, les édifices élevésparAgrippa.plusieurs autres antiquités qui se trouvent aujourd'hui en tout ou en partie sous les eaux, aient été construitsdans cette position. D'un autrecAté, les trois colonnes qui restent debout présentent, à partir de 3 mètres au-dessus du pavé.

Fie. m. TmfUd. Sér^pi. ^» ^'^'" ""^ l^auteur de 2 mè-

tres, une zone perforée par des coquilleslithophages.cequi n'a puavoir lieu que sous les mers. Ainsi ce temple, certainement construit sur un endroit constamment i see.B quelque hauteur que ce soit, s'est trouvé plus tard sous les eaux jusqu'à 5 mètres, et de nouveau a été remis au niveau de la mer. Or, puisque la Méditerranée n'a pas changé de niveau, c'est aux oscillations du sol qu'on peut uniquement rapporter ce phénomène. Il est probable que le terrain s'est trouvé d'abord â nnecertaine hantear au-dessus de la mer, et que c'est alors que toutes les

antiquités dont nons voyons les restes ont été constniites; qae plus tard il s'est fait un affaissement dont nous ignorons la valeur, et qu'enfin un soulèvement de 5 mètres , qui a été jusqu'à 7 en quelques points, a remis le temple à sec en laissant les autres édifices en partie submergés, ce qui prouve que l'affaissement avait été plus fort et plus étendu que le dernier soulèvement.

g 158. Coneiiuiion des faito. -~ En reconnaissant ainsi que des dépôts très-étendus, formés de coquilles qui vivent actuellement dans nos mers, ont été évidemment soulevés à des hauteurs plus ou moins considérables, ne devient-il pas infiniment probable qu'il en a été de même de tous les autres? Pourquoi, en effet n'en serait-il pas ainsi des terrains des environs de Londres et de Paris, de ceux des plaines de la Gascogne, de l'Autriche, de la Hongrie, de la Pologne, etc.? A la vérité, les coquilles qu'on y trouve ne sont pas toutes analogues à celles qui vivent dans nos mers; mais il y en existe encore en quantité notable (§284 à 295), et leur conservation est à peu près la même. Et, s'y l'on admet le soulèvement de ces dépôts, pourra-t-on refuser d'étendre l'hypothèse aux terrains crétacés qui les enveloppent de toutes parts (g 270 à 282), puis aux calcaires jurassiques qui les avaient précédés et qui constituent la plus grande partie des montagnes calcaires de la France ( g 255 à 269 ), enfin à tous les dépôts coquilliers dont les débris organiques attestent l'origine sousr-marine ? En preuve de cette extension du phénomène, nous allons bientôt citer toutes les dislocations qui en sont nécessairement la suite.

g 159. AttedmmemeniM de divers dépôts aneiens. — S'il est clairement établi que, de nos jours, il s'est fait à la surface du globe des affaissements aussi bien que des soulèvements (g 52 à 36), Tobservation montre évidemment qu'il s'en est fait également à toutes les époques dans les dépôts divers qui constituent nos continents.

On observe sur plusieurs points des côtes de France et d'Angleterre, à marée basse, des dépôts très-étendus de végétaux semblables à ceux qui vivent dans nos climats, et que tout annonce être encore à la place où ils ont vécu, parce qu'on y voit des arbres debout et des racines fixées au sol. Ces dépôts reposent sur des matières terreuses jonchées de feuilles entassées les unes sur les autres, etsont recouverts par des argiles remplies de coquilles d'eau douce; ils renferment des bouleaux, des noisetiers, des chênes, des sapins, des débris de diverses espèces de cerfs , etc. Or ces forêts sous-ma" fines, ainsi qu'on les a nommées, n'ont pu végéter que sur un sol découvert; et, comme elles se trouvent aujourd'hui placées au-dessous des mers, et ne se montrent que dans les grandes marées, il ^

faut bien que le terrain se soit affaissé depuis Tépoque de la végétation actuelle. On a aussi rencontré plusieurs tourbières les unes au-dessus des autres en creusaut des puits artésiens en Hollande et à Venise, ce qui montre même plusieurs affaissements successifs.

§ 160. La couche de boue de Portland (§ 138), qui renferme des arbres encore en place, atteste l'existence d'un sol végétal, d'un terrain à peu près sec qui reposait sur des dépôts marins. Cette couche a été ensuite recouverte par des dépôts de calcaire lacustre très-puissant, et le tout passe sous les grès veils qui préludent à la craie (§274), et qui sont de formation marine. 11 est donc clair qu'il y a eu dans ces lieux un certain soulèvement des calcaires marins inférieurs, sur lesquels s'est établie une végétation terrestre ; qu'il s'est fait ensuite un lac, ou un estuaire profond, dans lequel se sont formées des couches de calcaire, de sable et d'argile remplies de coquilles fluviatiles, dont l'ensemble atteint parfois une épaisseur de 200 à 300 mètres. Plus tard môme tout ce terrain s^est recouvert de dépôts marins, de grès vert et de craie, qui dans certains points ont eux-mêmes une épaisseur encore plus grande. Enfin il faut qu'un dernier soulèvement ait remonté le tout au niveau que nous observons aujourdhui.

g 161. Tous les détails dans lesquels nous entrerons successivement nous ferons connaître des fails du même genre, même sur de grandes étendues et avec des circonstances beaucoup plus remarquables encore^ que celles qui viennent d'être indiquées (§165 à 172, 327 à375);'mais nous citerons encore un exemple frappant de ces oscillations du sol, et il nous sera fourni par les empreintes de f)ieds et de pas de certains quadrupèdes (fig. 110), qu'on a trouvées à

Fig. 110. Empreintes de pieds de quadrupèdes,

Hersberg, près de Hildburghausen en Saxe, sur les faces de séparation de certaines couches de grès, et celles de pieds d^ oiseaux divers

Fig. 111. Empreintea depieda d^oiseaux.

(fig. lii) qn*on a observées dans la vallée dn Connecticm, aux

États-Unis d'Amérique, dans les mêmes dépôts. Ces empreintes attestent que le terrain conservait une certaine mollesse, quoiqu'il fût en partie desséché, ce qui est mis en évidence par les rides qu'il présente, et que par conséquent il fut hors de Teau ; or la couche où ces animaux ont marché se trouve aujourd'hui recouverte par une autre qui s'est modelée sur leurs traces, puis par des dépôts considérables des mêmes matières, qui n'ont pu se former que sous les eaux : donc il a fallu que le terrain, d'abord soulevé pour que des animaux terrestres pussent y marcher, s'afjfàissât successivement ensuite pour recevoir tous ces sédiments, et qu'en définitive il ait été de nouveau relevé pour arriver au point où nous le voyons aujourd'hui.

g 162. AffaUsemeni de la Caspienne, eraière* d'effondrement, — En voyant clairement, par les faits modernes (§ 32 à 36), et par les phénomènes que présentent les dépôts anciens dont nous venons àe parler, qu'il s'est fait de tout temps des affaissements à la surface du globe aussi bien que des soulèvements, nous sommes naturellement conduits à expliquer de même différents faits qui ne sont pas moins remarquables. Si le niveau de la Caspienne et de toute la contrée environnante se trouve aujourd'hui au-dessous de l'Océan (g 23), nous sommes portés à croire que c'est par l'effet d'un affaissement du sol, qui se trouve en relation avec le soulèvement des hautes cimes volcaniques qui forme le centre de l'Asie. Il en a été probablement ici comme de la formation du grand lac Mitsou- Oumi, dans Itle de Nifon, qui eut lieu dans une nuit en l'an 286 avant notre ère, au moment où le Fousi-no-Yama, la plus haute montagne du Japon, s'éleva du sein de la terre. Quelque chose d'analogue s'est passé sans doute au milieu de la Judée, où toute la contrée du Jourdain, de la mer Morte au lac de Tibériade, se trouve aussi plus bas que la Méditerranée. La mer Morte est entourée de montagnes tràchytiques, dont l'apparition fut peut-être une des causes médiates du grand châtiment infligé aux villes coupables que renfermaient ces contrées.

Nous trouvons sur une plus petite échelle beaucoup d'autres effets qui ne peuvent guère s'expliquer aussi que par des effondrements : tel est, par exemple, le cas du val del Bove, sur la pente orientale de l'Etna. Cette vaste excavation (page 37) offre tous les caractères d'un cratère de soulèvement, tant par l'inclinaison des nappes de laves anciennes qu'elle présente, que par les crevasses qui découpent ses bords, surtout à la partie inférieure ; mais son étendue amène naturellement la question de savoir ce que sont devenues les matières qui en occupaient le centre. Orici, comme enbeaucoup d'autres lieux, on ne peut s'en rendre convenablement raison que par un effondrement (§ 52), qu'on peut même motiver sur quelques témoins encore saillants au milieu des remblais qui se sont formés plus tard. Une circonstance tout à fait analogue se présente dans le val Taoro, décrit par M. de Buch, et qui se trouve placé au pied du pic de Ténériffe, comme le val del Bove l'est au pied de l'Etna.

g 163. €>a«èrefl-iaefi.- — C'est à des effondrements qu'on peut rapporter la formation de certains lacs profonds, et en forme d'entonnoir, dans lesquels on voit moins le caractère des cratères de soulèvement que celui des fontis qui se forment au milieu des terrains meubles placés au-dessus de quelque excavation. Tels sont le lac Paven, au pied des masses trachytiques du Mont-Dore, en Auvergne; plusieurs lacs des Vosges, au milieu des granités et des porphyres; enfin les lacs qui couvrent le plateau de l'Eiffel, et qu'on a désignés fréquemment sous le nom de craléres-lacs. Ces derniers ont cela de particulier qu'ils se sont formés à fleur du sol au milieu des terrains schisteux dont les couches sont restées en place, ou plutôt même se sont quelquefois affaissées vers le centre de la cavité. On ne peut évidemment expliquer ces dispositions particulières que par des effondrements, qui ont même quelquefois communiqué assez profondément à l'intérieur de la terre pour donner passage à des scories. On en trouve en effet d'éparses sur les bords de plusieurs de ces ouvertures et jusqu'à des distances plus ou moins grandes : c'est ce qu'on voit autour de plusieurs des cratères de l'Eiffel, creusés au milieu des schistes, autour du Gôuhr de Ta- %ana, creusé au milieu des granités, sur les confins de l'Auvergne et du Bourbonnais, etc. .

Quelque étonnants que puissent paraître ces effondrements, ils n'ont rien de plus extraordinaire que ceux qui se sont formés pendant les tremblements de terre de la Calabre (g 30), que ceux qui ont eu lieu à Saint-Michel des Açores, à l'ancienne Césarée de Cappadoce en 1855 (g 55), ^ue tous ceux du même genre qu'on trouve dans les chroni(pies diverses. Les affaissements du pic des Molu-

13i GÉOLOGIE.

ques, du Garguaraizo, du Papandayan, etc., nous montrent assex ce qui peut arriver dans le cours naturel des choses pour faire comprendre les effets qui peuvent avoir été produits dans les différentes phases de notre planète.

g 164. Restes d'aneiens eontinmito. — Remarquons encore que» * si un grand nombre d*îles, dans les mers du Sud, paraissent dues à des rescifs madréporiquea (8 120), que das soulèvements ont portés ensuite à une hauteur plus ou moins considérable au-dessus des mers (§ 123), il en est d'autres qu'on est tenté de considérer comme des restes d'anciens continents, dont la plus grande partie se serait affaissée sous les eaux. Ce sont celles où vivent aujourd'hui cantonnés un certain nombre d'animaux particuliers qu'on ne retrouve pas ailleurs, et qu'on ne sait dès lors d'où faire venir en admettant des soulèvements, ni comment faire passer d'une île dans l'autre lorsqu'ils sont communs à plusieurs. L'hypothèse d'affaissement laisse peut-être moins de difficultés, car ces êtres spéciaux seraient alors les restes de la faune qui existait sur ces continents avant qu'ils fussent en partie détruits. Cette manière de voir, qui est admise aujourd'hui par plusieurs naturalistes, n'a rien de contraire aux observations géologiques, et pourrait même s'appuyer sur beaucoup d'entre elles ; mais il reste à connaître comment elle s'accof de avec les faits locaux, et c'est aux observations futures à nous l'apprendre.

REDRESSEHEHTS ET DISLOCATIOKS ATTRIBUABLES A d'aNCIEKS

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