‹ GéologieChapitre 26 sur 77 · DÉPOTS ANCIENS ATTRIBUABLES A L'ACTION VOLCAMQIE · texte numérisé non relu

DÉPOTS ANCIENS ATTRIBUABLES A L'ACTION VOLCAMQIE

S i9i. Fomuitioii traehyiiqae. — Il existe encore à la surface du globe une autre formation d'une étendue immense, qui constitue en Auvergne lé Puy-de-Dôme, le Mont-Dore, le Cantal, ainsi que le Mézenc et le Mégal sur la limite du Velay et du Vivarais; on la retrouve à la droite du Rhin dans le Siebengebirge; elle forme des groupes immenses en Hongrie, en Transylvanie, au Caucase, dans la Grèce, où elle se prolonge, par les lies de Milo et d'Argentiera, jusqu'au centre actif de Santorin, g 47; on la retrouve aux îles de Lipari, dans la Campanie, dans les monta Euganéens, dans les Açores, les îles Canaries, TAmérique équatoriale, le centre de TAsie, plusieurs des îles adjacentes, jusqu'au Kamtschatka.

Cette formation ne présente pas seulement des buttes coniques isolées, des coulées en bandes étroites, des nappes éparpillées à la surface du globe; mais de puissantes montagnes, le plus souvent réunies en groupes très-étendus, qui forment des masses très-élevées, ordinairement les plus hautes de la contrée, et couvertes d'aspérités; leurs flancs sont déchirés par des vallées et des gorges profondes, à pentes escarpées et avec tous les accidents des hautes chaînes. Toutes ces circonstances font éminemment contraster la formation trachytique avec les dépôts ignés que nous avons vus jusqu'ici, et permettent de la distinguer dès le premier moment, quoiqu'une étude approfondie puisse ensuite y faire reconnaître diverses relations avec les dépôts de basalte ou de lave.

g 192. Les roches qui constituent la formation trachytique sont extrêmement variées, chacune des montagnes agglomérées en offrant pour ainsi dire une espèce particulière. La plupart, comme le nom Tindique, ont quelque chose d'âpre au toucher, parce que lé plus souvent elles sont finement poreuses, quelquefois caverneuses, scoriacées, ponceuses; cependant il en est qui sont tout a fait compactes, et qui présentent la structure porphyrique (g 312 n), fréquemment avec des teintes grises, rouges, brunes et noires, sur lesquelles se détachent des cristaux blancs d'albite et quelquefois d'orthose. Il en est qui sont plus ou moins terreuses, ordinairement de teintes claires» et qu'on désigne plus particulièrement sous le nom dô Domite, parce que le Puy-de-Dôme en est composé. La base de toutes ces roches, inattaquable par les acides, est albitique, formée d'une multitude de cristaux microscopiques entremêlés, dont l'ensemble constitue une masse plus ou moins compacte. Les substances disséminéee sont Talbite en cristaux plus ou moins vo* lumineux, quelquefois lorthose ou l'oligoclase, les micas noirs, l'amphibole hornblende, rarement le pyroxène augite. Le quartz en cristaux* et la calcédoine en petits rosnons. s'ir trouvent aussi

quelquefois, et sartont dans certaine espèce très-eavernease qu'on 9 n^a rencontrée jusqu'ici qu'en Hongrie, dont la pâte renferme aussi ^ beaucoup de petites boules striées de sphéroiithe. '

On nomme phonolithes des roches assez analogues A certaines^ variétés de tracbytes, mais qui en diffèrent en ce qu'elles renfer* ^ ment une partie zéolitique attaquable parles acides, et laissant un i résidu feldspathique. Ces roches présentent le plus souvent des matières compactes, grisâtres ou verdâtres, quelquefois porphyroldes, mais dans lesquelles les substances disséminées sont rares. Elles se divisent fréquemment en plaques ou en feuillets plus ou moins épais, et dans certains cas toute la masse est partagée en colonnes prismatiques le plus souvent divergentes ou contournées. On a quelquefois confondu les phonolithes avec certaines variétés porphyroldes de trachyte, qui présentent à peu près les mêmes accidents, mais non les mêmes caractères de solubilité.

Il existe aussi dans les terrains trachytiques des dépôts plus ou moins considérables d'obsidienne et de perlite avec tous leurs passages à la ponce (Minéralogie). Leur abondance et leurs caractères varient beaucoup suivant les diverses localités ; elles sont prépondérantes dans certaines contrées, tandis que dans d'autres il ne s'en trouve pas même de traces.

g 193. Souvent, au milieu de montagnes formées de matières homogènes et purement cristallines, s'élèvenV des buttes qui se trouvent uniquement composées de blocs ou de fragments scoriacés, liés fortement entre eux par des pâtes poreuses, compactes ou vitreuses. Ces matières fragmentaires, nommées jadis conglomérats trackyti^ ques, sont quelquefois extrêmement abondantes, comme en Hongrie ex dans le Cantal, et les masses de trachytes sont fréquemment noyées au milieu d'elles. Souvent aussi on trouve des nappes trachytiques séparées les unes des autres, comme au Cantal et aux monts Dore, par des débris analogues, qui se rencontrent à toutes les hauteurs et souvent jusque sur les sommets les plus élevés.

Outre ces dépôts fragmentaires qu'on observe au centre même des groupes, il s'en trouve d'autres à l'extérieur, qui sont quelquefois immenses, tantôt composés de matières ponceuses, soit en fragments distincts, soit en poussière fine et souvent altérée, tantôt offrant des poudingues où toutes les variétés de trachytes se rencontrent en fragments ou en cailloux roulés, quelquefois libres, le plus souvent agglutinés par des matières terreuses. Ces nouveaux dépôts semblent annoncer un remaniement des roches par les eaux, et d'autant mieux qu'on y trouve quelquefois des débris organiques divers, comme dans la Gampanie et la Hongrie.

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