DÉPOTS ANCIENS ÂTTRIBUABLES A L'ACTION VOLCANIQUE
g 494. Ces différents caractères ne penvent laisser aucun donte sur Torigine des terrains trachytiques; certaines variétés des roches qu'ils renferment ressemblent complètement aux Irachytes de Santorin, de Temate, des coulées de Java (g 74); les matières vitreuses ra]q[)ellent celles du. pic de Ténériffe (g 68), des volcans trachytiques des Andes, etc. L'abondance des matières ponceuses autour de certains groupes, quelquefois à de très-grandes distances, et renfermant des coquilles marines et autres débris organiques, rappelle inévitablement les éruptions de ponces si souvent remarquées dans les volcans sou^-marins, aussi bien que celles des tles de Saint-Georges (g 39), de Sumbawa, etc.
Bans les vallées et les escarpements que présentent toutes ces buttes accolées les unes aux autres, on rencontre fréquemment des filons également trachytiques qui expliquent suffisamment comment toutes ces matières ont pu parvenir au jour. Quelques-uns présentent de grands affleurements que Ton peut suivre à la surface du sol; d'autres, après s'être élevés verticalement, se terminent par une pointe effilée dans la roche même qu'ils parcourent. Un assez grand nombre aboutissent à des nappes plus ou moins étendues, é des buttes isolées, à des amas particuliers au milieu de quelque autre dépôt ; c'est ainsi que, dans le Cantal, certains filons qui traversent les dépôts d'agrégation s'épanouissent en nappes audessus d'eux, ou en amas dans leur intérieur, et que des filons de phonolithes aboutissent à des buttes isolées de ces matières, sou* vent composées de prismes comme les buttes basaltiques.
Ces filons expliquent évidemment l'origine des nappes de trachytes, qui se présentent si souvent dans les groupes de cette formation, et sans qu'on puisse y reconnaître aucun point d'éruption. L'uniformité d'épaisseur de ces nappes, leur nature souvent cristalline et porphyrique, qui annoncent un certain degré de fluidité et un refroidiseement lent, indiquent qu'elles ont dû se former horizontalement (g 67 à 69); mais, comme on les trouve fréquemment inclinées, il est évident qu'elles ont dû subir après coup des relèvements plus ou moins considérables : c'est ce que tout indique dans les monts Dore, dans le Cantal et au Mézenc, où l'on ' reconnaît les traces des soulèvements générant, et celles des sou^ lèvemens partiels qui ont affecté quelques groupes.
g 195. Détaihi sur queUines sraupes traehy tique*. — Le terrain trachytique est caractérisé dans le nord de l'Auvergne, près de Clermont, par la domiU, qui constitue le Puy-de-Dôme et plusieurs buttes voisines. La matière est blanchâtre, jaunâtre, grisâtre ou rougeâtre» en général assez solide, quoique poreuse, légère et
!(jO Géologie.
()Ue1qtiêfoi9 terreuse. Elle est quelquefois pénétrée de chlore, ce qui rappelle les gaz que renferment les laves modernes à leur sortie des volcans (g 80). Bien n'indique ici comment ces dômes ont été produits; mais, comme la même matière se trouve en filons dans les monts Dore et le Cantal, où elle vient quelquefois aboutir à de légères buttes, il est à présumer qu'elle s'est fait jour en divers points sur la direction d'une fente, et s'est amoncelée sur l'ouverture même qut lui donnait passage.
Dans les monts Dore et dans le Cantal, le terrain est beaucoup plus compliqué; le trachyte y présente un grand nombre d'espèces : granitolde, amphibolique, porphyrique, avec toutes les modifications possibles dans la quantité et la disposition des parties, et par le plus ou moins de porosité : elles forment tantôt des montagnes isolées, tantôt des nappes particulières et même des espèces de coulées. Les déjections ponceuses, scoriacées, pulvérulentes y sont très^abondantes. Les matières vitreuses s'y présentent quelquefois, mais en petite quantité, soit en espèce d'amas en relation avec des ponces, comme dans les monts Dore; soit en filons, comme dans le Cantal. Les phonolithes semblent être les matières les plus récentes du terrain; elles reposent jusque sur les dépôts pulvérulents de ponces remaniés par les eaux (g 193) et les traversent même sous forme de filons. Aux monts Dore, elles se trouvent à l'extérieur du groupe, où elles se rattachent à un soulèvement particulier; au Cantal, elles se montrent en filons assez nombreux dans toutes les parties de ces montagnes, ou bien en buttes dans le cratère de soulèvement qui se trouve au centre.
Le Mézenc et le Mégal sont remarquables, d'un côté, par l'absence des matières ponceuses ou scorifiées et des dépôts sédimen-> taires; de l'autre, par la liaison intime des trachytes, le plus souvent compactes ou porphyriques, avec les phonolithes qui s'y mélangent de toutes les manières. Ces dernières sont cependant en général les roches dominantes, celles qui donnent à la contrée sa physionomie particulière, assemblage de pics et de plateaux.
g 19G. On voit que les groupes trachytiques sont extrêmement variables quant aux roches qu'ils présentent. En France, les roches vitreuses sont peu développées; au contraire, on reconnaît qu'elles sont très-abondantes dans certaines parties des groupes de la Uongrie, dans les tles de Lipari, aux Canaries, dans certaines parties du Mexique. Le caractère le plus général est l'indépendance ûei diverses variétés, qui le plus souvent constituent chacune une butte à part, ou qui forment des nappes particulières provenant probablement de quelques filons, Les phonolithes véritables^ atta*