ÉTUDE DES TERKAINB CRÉTACÉS
gnes qui le terminent. Ce sont les plus vastes dépôts de sédiment que nous connaissions, et leur épaisseur atteste encore de longues périodes de tranquillité, pendant lesquelles les mers d'alors se sont' successivement remplies.
La c^rte générale (fig.286) peut indiquer aussi, relativement à la France, la disposition des dépôts crétacés. Ils se trouvent en effet, presque partout, â la partie extérieure des bandes jurassiques que nous y avons indiquées, d'un côté, vers le bassin au centre duquel se trouve Paris ; d'un autre, sur les bords du bassin de la Garoime, tout le long des Pyrénées, sur la pente orientale des Céyennes, de Montpellier à Privas, le long des montagnes du Dau^ phiné, jusque dans la Provence. C'est, en général, le groupe iufé* rieur qui domine dans la plus grande partie de cette étendue, et qui paraît même uniquement dans un grand nombre de localités. Le groupe supérieur ne se montre avec quelque abondance que Jans la partie orientale du bassin de Paris, où il est, du reste, fréquemment caché par des dépôts subséquents; il ne forme au delà qu'une bande légère sur la pente des Pyrénées, et un groupe peu étendu dans la partie orientale du Dauphiné et de la Provence.
Les dépôts crétacés se trouvent souvent modifiés, comme les dépôts jurassiques (g 269), par Tappârition des roches ignées et par les circonstances diverses qui accompagnaient leur sortie du sein de la terre : c'est ce qui est arrivé dans les Alpes et dans les Pyrénées, où ils présentent des caractères tels, qu'op les a longtemps regardés comme des terrains de transition. Ce fut un grand sujet d'éton^ nement lorsque M. Brongniart, par la comparaison des fossiles, fît Toi r que la montagne des Fis près de Chamounix, les Diablerets, au nord-est de Bex, et plusieurs autres parties des avant-postes des ^Ipes, appartenaient aux terrains dés environs de Paris, et notam^ ment à la craie.
. ^g 282. Dépôts subordonnés ou adventifs des terrains crétacés. — rlïous avons déjà cité les minerais de fer de la Haute-Marne et de l'Aube, dans le terrain wealdien ; nous devons ajouter de grands dépôts de lignites, comme ceux d'Orthès dans les Landes, de Bellesta et de Saint-Girons dans l'Ariége, d'Irun dans le Guipuscoa, etc. , qui sont probablement formés de conifères, car il n'y avait pas encore de dicotylédones. Il existe aussi du gypse dans la craie même, • l'une part, dans la Charente-Inférieure et la Dordogne, de l'autre» 3ur toute la pente des Pyrénées. Dans cette dernière région le gypse est en relation intime avec les ophites qui se sont fait jour à travers le terrain crétacé, et des sources salifères se rencontrent partout dans son voisinage. 11 y a môme des masses de sel gemme, comme
i Gardona en Catalogne, qni sont restées fortaîtement dans la eraie tandis qn^ailleurs elles ont été poussées, comme Tophite même» jusqu'aux derniers dépôts tertiaires.
Rappelons les dépôts fluviatiles qui se présentent à tous les étages et qui annoncent des affluents d'eau douce dans les mers de cette époque.
% 283. verHilM pariidMu — Des dépôts de sable, d*argile et de ficaire plus ou moins sableux, telles sont les matières qui constituent la formation que nous allons décrire. Ces matières ne sont pas superposées, mais se trouvent plutôt accolées les unes aux aittres, conmie des parties variables d'un même tout. Les sables for» ment la partie dominante autour de Bruxelles; les argiles caractérisent les dépôts des environs de Londres, et le calcaire» au contraire, est extrêmement développé autour de Paris.
g 284. Dépôts des environs de Paris. — C'est à Guvier et Brongniart qu'on doit les premières rechercbes sur la formation parisienne, jusqu'alors si négligée, et dont la connaissance a tant contribué à l'avancement de la géologie générale. Au-dessus de la craie se trouve d'abord ce qu'on nomme l'ar^ie plastique, qui est blancbe et très-pure aux environs de*Montereau d'un côté, entre Houdan et Dreux de l'autre, et qui sert alors à la fabrication des poteries fines. Ailleurs elle est colorée, impure, et ne peut servir que pour les poteries grossières.
L'argile plastique renferme ça et là des lignites, où, avec de nombreuses conifères, se montrent des phanérogames monocotylédones, de véritables palmiers, dont nous avons vu quelques liuits dans le lias (g 260), et quelques dicotylédones. Elle présente quelquefois des coquilles d'eau douce, et on y reconnaît aussi des coquilles marines dans la partie supérieure, là où elle est en contact avec les calcaires auxquels elle sert de support.
Au-dessus de ces argiles se trouvent çà et là une couche de sable, puis des dépôts calcaires très-sableux, et enfin des dépôts puissants de calcaires généralement grossiers, plus ou moins durs, dont les assises, souvent séparées par des couches minces de marnes argileuses, se distinguent les unes des autres par divers caractères. Cas calcaires renferment une quantité prodigieuse de foraminifères (g 146), que nous avons déjà citées dans la craie (g 276), et qui appartiennent surtout au groupe qu'on a nommé mt7/ioZt/es, formant les genres biloculine, triloculine, etc. Il y a des couches qui en sont entièrement formées, et les autres en renferment des quan* tités immenses.
Les débris organiques de ed nouvel ordre de clidses ne présentent
ÉTUDE DU TERRAIN PATlISirS.
plus ni ammonites, ni bélem- DJtes, ni même aucun des échinides que noDS avons déjà cités.
Les coqnilles qu'on j trouve ont beaucoop plus d'analogie avec .
cellesque nous connaissons vivantes, que tout ce que nous avons rencontré jusqu'ici; les trois centièmes sont mâme identiques aveccequi existe anjourdhuidaKs nos mers, suivant la remarque de M. Deshayes. Les cérithes, d'espèces très-variées, y sont tellement abondantes, que le terrain a été souvent dér signé sous le nom de calcaire à cérithes, quoique ces mêmes foi-
t siies setronvent aussi dans plu-
à sieurs autres dépAts, notamment
s dans la craie de MaEstricbt et
s dans le calcaire à nummulites
*| (§ S78, S80). Unedes espèces, le
I cerithtum giganleum (flg. 522),
|g est remarquable par sa taille,
% qui vaquelquefoisjusqu'àTdè-
''^ cimëtres de longueur. L'extré-
^ mité en est presque toujours
« usée ou cassée, par suite sans
'^ doute des frottements et des
chocs éprouvés pendant la muchede i'animal.
Les antres genres de débris eoquilliers ne sont pas moins nombreux, et, dans chacun d'eux, ies espèces sont aussi tFès-Tariées ; mais il est difficile d'en citer d'absolument caractéristiques. Les unes ne se trouvent pas également dans toutes les localités, et beaucoup d'antres se présentent de nonvean dans Ie« dépbti rapéiienn dont
nonsallont bien16t parier (g 390, etc.]- Od peut cependuit indiqaor, du moins comme trës-fréquentes,lati(rril«/IaimArtailana(fîg.5S3),
yampullaria acula (fîg. 3J4), le terebellum fuHforme (fig. 335), le mtlra scabra {Cig. 5SS), le cranaUlla tulcata (ûg. 527). le cardium ponilosttm (Qg. 533), etc. Les nummnliUs «ont quelquefois asseï abondantes dans les wuches inférieures et dans certaines localilés, ce qui a conduit à l'idée qu'elles appartenaient essentiellement an dépôu de cet âge (g 280) ; mais elles disparaissent dans les COdcbet supérieures.
Fig. Sn. CraitaitUa
Fig. S^' Ctrii»a fonlolUi».
S 385. Calcaire siliceux, meulière et gypu subordonna;. l'est &it autour âe Paris un dép6t considérable de calcaire gr(
ÉTUDE DU TERRAIN TARlï^IEN. 245
il s*en est tait en même temps un autre qui, en certains points s'adosse ou s^accole au premier, tandis qu'ailleurs il repose immé* dlatement aussi sur Fargile plastique : c'est le calcaire siliceuxt matière ordinaireinent compacte, ainsi nommée parce qu'elle renferme une assez/goaîide quantité de silice, tantôt disséminée uni-* formément dans la masse, taL(6t formant ça et là des amas plus ou moins volumineux (fig. 529), qui constituent la meulière sans coquilles exploitée pour la confection des meules de moulin. .
Meulière,
Fig. 329. Calcaire Hliceux avec amas de fneulière.
Ce calcaire, formé probablement à la manière des dépôts advëntifs (8 1^1)» p&r des sources nombreuses, à la fois calcarifères, siti-»^ cifères et gypsifères, qui s'épancbaient vers les bords du golfe de cette époque (g 368), s'étend principalement dans la Brie, où il présente des dépôts puissants ; de là il se prolonge en couches minces autour de Paris, et il renferme alors be'kucoup de' coquilles fluviatiles (g 143). On le trouve appuyé sur les calcaires grossiers, à Saint-Ouen et ailleurs, où il est alors recouvert par les dépôts de gypse parisien avec les marnes et les argiles qui les accompagnent. Dans d'autres points on le voit reposer sur les gypses eux-mêmes; de sorte que ceux-ci semblent avoir formé dans le dépôt général une grande lentille, aujourd'hui disloquée par une dénudation postérieure (g 214), qui s'est trouvée à nu sur la rive droite de la Marne et le long de la Seine, comme les amas de meulières sans coquilles sesont trouvés sur la gauche. Ici il faut traverser le calcaire siliceux pour arriver au gypse; là, au contraire, cette matière se trouve i^u-4essus, et on peut l'exploiter par des galeries horizontales, comme à Montmartre, et dans plusieurs autres des monticules isolésqu'elle.forme autour de Paris.
g 286. C'est dans la. pierre à plâtre qu'ont été reconnus les n<^mbreux débris de mammifères, que le génte de Guvier est parvenu à débrouiller et à placer dans la série animale auprès de leurs diveii congénères. Tels sont, entre autres, les anoplotheriumei pàMthii' rium^ anlmtux pachydermes, plus ou moins rapprochés du Irfaino^
oéjTOS et dn tapir, et qui présentent chaicun plùsi^uis' espèces.
tM
Uanopioéfierium commune (fig. 330) était de la taille d*un âne» de ferme lourde, à jambes grosses et courtes, ayant une longue queue. Q y en avait des espèces i jambes minces, qui dès lors devaient être sveltes et agiles; on en a trouvé d'autres qui n'avaient que la grosseur d'un lièvre ou même d'un cochon d'Inde, qui cependant étaient adultes
Fig. 530. Squeleiie îTauophihehum lomatune.
Le paleoiherium magnum (fig. 331) était de la taille d'un cheval, et de la forme d'un tapir; mais parmi les espèces il s'en est trouvé et de plus grandes et de plus petites, et môme au-dessous de la taille d'un mouton.
Fig. 331. Squelette de paieotherium nugnum.
On a rencontré aussi avec ces animaux des débris de sauriens et de chéloniens, et ce sont les portions de carapace de ces dernieis qui ont été citées pour des os de crânes humains avant qu'on se fût occupé sérieusement d'ostéologie comparée.
g 287. Terrain parisien d'Angleterre, de Belgique, du midi de la ^ France. — Gomme nous l'avons dit, ce n'est pas le calcaire qui s'est développé en Angleterre ; c'est une argile, Vargile de Londres, au milieu de laquelle se trouvent aussi la plupart des débris de mollusques qui forment le calcaire grossier parisien * l'argile pla&
£TDDË DU TERBAIN DE MOLASSE. 2«7
liqiie est remplacée par des sables et des cailloux roulés renfermant des amas argileux. C'est à pen près aussi ce qui se présente m Belgique, où le sable se continue dans toute Tépaissenr du terrain, renfermant seulement des nids calcaires plus ou moins étendus. Le calcaire siliceux, les meulières sans coquilles et le gypse manquent également de part et d'autre. Dans le midi de la France, e^est au contraire le calcaire grossier seul qui s'est développé, sans aucune de ses dépendances, et le gypse ne s'y trouve plus qu'en cristaux.
Il n'y a pas d'amas de combustibles dans les couches du terrain parisien postérieures à Targile plastique, mais il s'y trouve un assez grand nombre de débris végétaux qui sont disséminés çà et là. Les uns appartiennent à des plantes marines, les autres à des plantes terrestres qui nous offrent des bois et des feuilles de paU miers et des empreintes de dicotylédones.
g 288 . Étendue des terrains parisiens, — Les dépôts de cette époqug géologique sont beaucoup moins répandus à la surface de l'Europi que ceux dont nous nous sommes occupés jusqu'ici. Us ne couvrent qu'un petit espace apparent en Angleterre, dans le bassin de Londres et dans le Southampton, un autre dans le bassin de Paris^ où ils sont limités par l'Oise, Gisors, Mantes, Versailles, Arpajon, Montereau, Provins, Épernay, Laon, d'où ils s'étendent en Belgique; enfin, dans le bassin de la Gironde autour de Bordeaux Du reste, ils sont souvent recouverts dans les mêmes contrées sur une plus grande étendue, où ils se montrent dans le fond dei vallées sous les dépôts subséquents. Il est assez douteux qu'il s'ei trouve en d'autres lieux de l'Europe; car divers points où ils ont été indiqués paraissent appartenir soit au dernier dépôt des terrains crétacés, comme ceux du Vicentin, etc. (g 280), soit à la molasse ou môme au terrain subapennin.
g 289. TemOii «e inobuiM* Environs de Paris. — Au-dessus des gypses et des matières argileuses qui les accompagnent se trouvent des dépôts de sables souvent d^une très-grande épaisseur, les uns colorés par l'hydroxyde de fer, les autres blancs et purs. Ces sables forment souvent alors des masses de grès qui tantôt n'offrent aucun débris organique, ou seulement des coquilles roulées du calcaire grossier, tantôt, au contraire, renferment des coquilles qui ont assez souvent perdu leur test, et nont laissé que leurs empreintes. La forêt de Fontainebleau nous présente les grès purs qui servent au pavage de Paris; Montmartre et plusieurs points autour 4e la forêt de Montmorency, etc., nous offrent des grès coquilliers qui pourraient bien indiquer une autre formation*
90 CËOUWIE.
Sur ces grt8 repoeent des dépMs lacustres formant lantftt le* meulières coquilUéret remplies de lymnéet (lig. 333). de planorbet ^6^.355), de graines de chara on gyrogonilesl&?-5H); tanlAt des calcaires plus ou moins purs. La meulière se trouve en amas sur toutes les hauteurs des enTirons de Paris, au-dessus des sables janpes. et en relation avec des dépôts argileux (g 151); le calcaire se montre autour de Fontainebleau et dans nn grand nombre d'autréi (ienx.
Pig-SSÏ.
Llmiua Umniii
g 290. Molaste du Midi. — Les grès analogues â ceux de Fontainebleau ne se trouvent guère qu'en Provence, entre Aiii Aptet Hanosque, où, recouverte par des calcaires d'eau douce, les parties sableuses présentent aussi les formes empruntées au carbonate de chaux que les dépèts de Fonlainebleau nousont offert. [Minéralogie, i 67.) Le plus ordinairement, dans le Midi, le terrain commence, au-dessus du calcaire grossier, par des dépAts d'eau douce oti l'on retrouve des gyrogonites, et qui sont tantôt calcaires, comme dans TAgenais, tantôt arénacés, comme aux environs de Toulouse et dans tout le Languedoc. Dans ces derniers cas, c'est un grès argilo-csl- Caire, comme les molasses inférieures de la Suisse, des bords dn Rhôneetde la Provence. Souvent aussi ces dépôts sont entremêlés, ou plutôt le calcaire se trouve subordonné au grès. Ces 'premiers sédiments sont recouverts quelquefois en stratification discordante par des molasses marines, ou par des dépôts fragmentaires de coquilles, connus en Touraine sous le nom de falutu, et qu'on retrouve avec les mêmes caractères dans les Landes.
Ces dépôts marins des faluns, quoique très-abondants en coquilles, n'ont cependant pas offert un aussi grand nombre d'espèces que le calcaire grossier, parisien; et néanmoins, d'après H. Deshayes, les dix-huit centièmes de ces espèces sont identiques avec celles qui vivent aujourd'hui dans nos mers, différence consîdé» rable avec la proportion que nous ^vons b^ remarquer dans U
CTIDE DU TERrAP) DE VOTASSE. 5J0
temin [uirisien (g Hi). I)d reste, il y a fréquemment la plus grande analogie enlre ces nouveaux dâp6ts et les calcaires inférieurs avec lesquels ils ont été confondus; mais, si l'on remarque ainsi un faciès commun, si l'on trouve souvent les m&mea coquilles de part et d'autre, il y a cependant des différences esseniielles. D'un côté, on ne trouve plus les espèces que nous avons indiquées dans les dépôts inférieurs, plus de ceriihium giganteum, de cardium porulc mm, etc.; de l'autre, on y rencontre de nouveaux débris, tels que le baiamu crastut (ûg. 355], le roitellaria pespelecani (li|ç. 336), le
Ccten pieuronecta (£g. 337), etc., que jamais on n'a trouvé dans terrain paiisim, mais qui existent dans le terrain subapennin, ^ont nous allons tnentAt parler.
% 291. ilammifires de la molasse. — Les terrains qui se rnpportent à cette époque de formation renferment encore diverses espèces de paUotberium. On y rencontre aussi plusieurs autres animaux qui constituent des genres dont on n'a trouvé aucune irace dans tout ce qui précède, et dont les espèces sont aujourd'hui perdues.
Cest là en effet que se trouvent les débris de mastodontes. anin»aux analogues à l'élépiiani, mais dont les dénis
Og, 3.11. iy;i de luni'M'iie (llg. 338| ont Icurscouronnes hénsséi's irès-riiu'ie, j^ poinlcs côniques, au lieu d'êlro
piate^, ce qui les avdt fait l'abord regarder comme appartenant"
250 GËOLOGIB.
un animal carnauier. On y reconnaît aimsi le dinolkerium giga»' ■ team, animal voinn ' du tapir, qni devait i:' 6 m&tres de long, et qui est siir> toDt remarquable an premier aspect par ses dâfenseB recourbées yen le bas (ûg.
339). Ilfnt trouvé d'abord dans la fleate, puis auprès d'Ancb, par M. Larl«t, qui y rencontra plus tard des ossements de singes. Enân les débrii de rhinocéros, d'hippopotame, de castor, appartiennent également à ces dép&ls.
■g 292. Débrii végétaux et combutlibles. — La molasse est trèsriche en combusiiblei elle renferme leslignitesdu Languedoc, de la Provence, de la Suisse, la plupart de ceux de l'Allemagne, aussi bien que la terre de Cologne. Tous ces lignileg paraissent encore avoir été formés principalement psr les conifëres, dont on reconnaît le tissu (fig. 3i0) dans la masse même de combustible on dans les bois disséminés au milieu des divers dépota.
FIg. 310. Slncturt iet ici» it ami/irel.
t. Portion de coup* truirenale de grudrur nalunllh
ÉTUDE DU TERRAIS DE MOUSSE. ijl
On eoniudt cependant ansai dans ce' teirain beaanonp de plantes lieotylédoaes, dont on trouve ci et M des bois diaséminés, quelinefois à l'état siliceux, et montrant clairement le tissa propre à «tte classe de végétaux (flg. 3*1), caraclérisé aartoat par la pré- •eoce dee grandi vaisseaux longitudinanx.
Fig. Ml . StmHiin iettalt ie HaililédMua. Potion da OMipa tniUTarulB de gnndcur natonlle.
t. PoiliODdelain«mscoupe ™« «o iiiicro«op« et montrinl Im giuub ninuta. e. Coupe longiludiDRle sniwM A B, montruil U ilnclurs doi moiu mtdnlinre* et ceua d^ grand «iuMO.
11 existe aussi des feuilles, souvent même asseï nombreuses, dans les argiles qui accompagnent les iignites, où l'on reconnaît distinctft- B ment les caractëres ^ que présentent celles I de nos dicotylédones I actuelles, telles que f noyers, érables, or- I mes, bouleaux, elc " (fig. 342, 343). On y S rencontre même des .^fruits que souvent "^ on ne peut distinguer de c^nx qui se trouvent aujourd'hui dans nos cl>mats.
Enfin il se trouve dans ce terrain, soit au milien même des dépAls
•JSi CEOLOGIE.
lie coniliuBiibles, comme i Liblar prts de Colt^e, soit^ans les »■•
ùbrei argileuses ou sableuses de la for;naiion, des débris de plantes nionocol;lËdo;ies: H y s des bois qui présentent toute la structure des palmiers, c'est-à-dire un assemblage de faisceaux ligneux disposés longitudinales en t, sang régularité, au milieu d'un tissu cellulaire, comme &g. 344. 11 s'y présente également des feuilles, comme ûg. 343
g S93. Gypses, dépdU laliféra, mmerais de fer. — Il existe dans la molasse des dépAts de gypses analogues i ceux des terrains paiisiei», et qui appartiennent comme ceux-ci i des formations d'eau douce, où l'on rencontre encore des débris de pateofAenum et d'autres animaux. Tels sont les gypses d'Aix en Provence, ceux qu'on exploite entre Narbonne et Sijean, et enfin ceux des terrains bas de la Catalogne, tous placés au milieu des terrains de molasseiqui couvrent ces contrées, et où il n'existe rien d'analogue aux dép&Is parisiens.
On peut citer aussi les dépôts saliféres (Minéralogie) comme ceux des deux pentes des Karpalhes, ceux des Pyrénées, qui accompagnent les ophites (g 151, 199), dont l'épanchement s'est arrêté quelqucrois dans la craie (§ 281), tandis qu'aillenn il s'est porté jusque dans la molasse et même dans les dépôts supérieurs. - Enfin on connaît dans la molasse des dêp6ls d'oxyde de fer quelquefois assez abondants pour être exploités : tels sont les minerait cdperAciels du Berry et du Hivernais, de l'Angoumois et du Pérîgord.
ÉTUDE DU TERBAIN SU6Ai'Ëf<JNlM. 255
% 294. Étendue de la molasse. — Aux environs de Paris le. terrain de molasse se troave, sur la droite de la Seine, au sommet de tous les monticules qui terminent le terrain parisien, et se prolonge jusqu'à la Manche sur les sommités de la craie. Sur la gauche, il couvre sans interruption une étendue considérable, au nord jusqu'à Ëlbeuf, à Touest jusqu'à Nogent-le-Rotrou, et au sud, par TOrléanais, la Touraine, le Berry, jusque dans les anfractuosités de la bande jurassique qui traverse la France de l'ouest vers l'est. On le retrouve dans tout le bassin de la Garonne, soit au fond des vallées, comme dans la partie occidentale; soit sur tout le terrain, comme dans la partie orientale, d'où il rejoint par Garcassonne, fiéziers, Avignon, les dépôts de la vallée du Rhôn^ et de la Provence entre les lambeaux du grès vert. Les dépôts lacustres du Puy-en-Velay, d'Aurillac au pied du Gantai, de Ciermont et du Bourbonnais, appartiennent à cette époque aussi bien que tous les petits dépôts coquilliers qu'on trouve au milieu des terrains antérieurs du Poitou, de la Bretagne et de la Normandie.
On retrouve le terrain de molasse dans toutes les parties de l'Europe; il constitue toute la vallée de la Suisse, où il se lie à des poudingues nommés nagelflue; il passe dans la Bavière, en Autriche, en Hongrie, en Pologne, etc. Il est aussi très-répandu en Italie, d'où il vient se lier aux dépôts de la Provence et du Languedoc; e'nfin il se retrouve dans toutes les parties basses de l'Espagne et tout le long des pentes septentrionales des Pyrénées^ d'où il se prolonge dans l'ouest de la France.
g 295. Terrain subapenniii* — Au-dessus de la molasse se présentent encore d'autres dépôts, tantôt lacustres, tantôt marins,, qui se trouvent avec elle en stratification discordante, et annoncent par cela même une nouvelle époque de formation. Les dépôts lacustres, qu'on observe particulièrement dans la Bresse, où commence un vaste bassin qui s'étend jusqu'à Valence, sont composés de dépôts alternatifs de galets plus ou moins volumineux, de sables et d'argile grossière, dont lune ou l'autre domine suivant les localités, et au milieu desquels se trouvent çà et là des amas qui renferment des coquilles fluviatiles.
Les dépôts marins, qui constituent principalement les collines subapennines, depuis Turin jusqu'à l'extrémité de l'Italie, se composent de matières sableuses et de marnes plus ou moins calcarifères. Us renferment une assez grande quantité de coquilles, dont les cinquante centièmes, suivant M. Deshayes, sont identiques avec celles de la Méditerranée; ce qui établit une grande différence avec les dépôts parisiens qui n'offrent que trois centièmes de
351 GCOLOGIE.
oognillM inalogaa A celles de l'époque acinelle, aussi bien qu'avec la mohMa marine qui en renfenne diz-bùit. Aussi trouve-t-on dam <e terrain beancoup de débris organiques qui ne se montrent pat an-deSBOus; par exemple, le pleuroioma roiala (fig- 546); le bucà' MMi}rr<*iiialicum(fig. 347); le volvta Lavf^>eTtH^. 548), ete., et ta
Mwex litcalatt. Miarit haturoli. Cfprmn eacemeiltUet.
plupart des coquilles de la Héditerrenée . On trouve des dépôts analogues en Sicile, en Sardaigne, aux environs de Nice, de Marseille, de Montpellier, de Perpignan. Le crag d'Angleterre, dans le comté de Suffolk, paraît Être du même genre, et les coquilles qu'on j trouve sont aussi celles de l'époque actuelle (fig. 549 à 351), etc. i 296. Ces terrains, qu'on peut nommer indifféremment UTToia lubaptrmin oa terrain de la Bresse, suivant les lieux où ils sont de formation marine ou de formation fluvialile, sont encore assez répandus. En France, les dépôts de la Bresse s'étendent de Dijon el BesauQon jusque vers Valence, sur la longueur de la Saône et du Elhôae; il se trouve un bassin semblable en Provence) entre Digne,
Sisteron, Forcalquier et Manosque; et un autre dans la partie méridionale de TAlsace, qui se cache au nord sous les alluvions.
Ces dépôts constituent aussi les sables des Landes, étendus sur le terrain de molasse de la rive gauche de la Garonne à TOcéan, et couvrant toutes les collines comprises entre les ruisseaux qui descendent des Pyrénées et de la montagne Noire. On doit peut-être y rapporter aussi les dépôts de Roulade et de Perriers, près dlssoire, en Auvergne, où'MM. Jobert et Crozet ont trouvé tant d'ossements enfouis, comme aussi les dépôts partiels répandus sur la pellicule de molasse qui couvre la craie de la Normandie, de la Picardie, de FArtois, qui semblent se lier avec ceux des comtés de Suffolk et de Norfolk, mais qui pourraient peut-être aussi se rapporter au diluvium.
Ces dépôts renferment encore des amas de lignites qui sont ex-* ploités avec avantage dans diverses localités. Les uns présentent des couches réglées de combustible compacte, accompagnées de coquilles d'eau douce, comme à Paumiers (Isère), ce qui annonce des déjpôts tranquilles et lents dans des lacs; mais le plus grand nombre, qui peut-être appartient aux dépôts diluviens, comme aux environs de la Tour-du-Pin, et en plusieurs points de la Haute- SaônO; n^offrent que des amas irréguliers de bois, dont les uns présentent le tissu des conifères, les autres, celui des dicotylédones. Il y a également un très-grand nombre de feuilles analogues â celles de nos dicotylédones actuelles.
§ 297. Cavernes à ossements.— C'est peut-être à Tépoque subapennine que vivaient les éléphants, ainsi que les mammifères carnassiers, dont nous trouvons aujourd'hui les débris dans les cavernes qui leur servaient d'habitation. Les plus anciennes de ces cavités, connues par les débris qu'elles renferment, sont celles du Harz et de la Franconie; mais, depuis que M. Ruckland a fait voir qu'il fallait déblayer les limons, les sables, les cailloux rouFés, les stalagmites, qui ont souvent recouvert les ossements, on a trouvé de ces débris partout où jusqu'alors on ne les avait pas soupçonnés.
La plupart de ces cavernes ont eu jadis des ouvertures latérales, souvent encore libres aujourd'hui, qui ont pu donner accès aux animaux de l'époque. Ceux-ci, sans doute, pendant de nombreuses générations, seront venus s'y réfugier, y auront traîné leur proie, et terminé successivement leur existence ^ De là accumulation de
* Divers géologues, admettant que les cavernes ont été remplies par des cooranta d*eau qui y ont entraîné tous les animaux dont nous y trouvons les ossemeDts« rapportent tout alors à la période diluvienne.
leurs ossements» que nous trouvons dans un terreau noir, fétide, qui provient sans doute de la décomposition de leur chair, et dans lequel se reconnaissent aussi leurs déjections. Le plus grand nombre de ces débris appartiennent à des ours, dont deux espèces plus grandes que nos races actuelles; ou bien à des hyènes, plus fortes aussi que celles que nous connaissons vivantes : c'est tantôt Tun» tantôt l'autre de ces genres qui domine. On trouve aussi une espèce de loup, très-abondante» dans les cavernes à ours de Galainreuth en Frauconie; mais les autres carnassiers du genre chien, et ceux du genre chat, qui offrent des espèces de jaguars, sont partout en très-petit nombre. Du reste, on y trouve des débris de rongeurs, de ruminants, même de grands pachydermeSf et d'oiseaux qui ont été sans doute la proie des premiers, ce que montrent les empreintes de dents qu'on voit quelquefois sur leurs os.
On reconnaît souvent avec évidence qu'il s'est passé dans ces cavernes des événements particuliers depuis que les ossements y ont été déposés. Tantôt le dépôt est recouvert par une couche de limon, annonçant qu'à une certaine époque des eaux bourbeuses ont dû pénétrer dans la cavité; tantôt on voit clairement que les ossements ont dû être remués par des eaux violemment agitées, car ils sont dispersés irrégulièrement dans le limon même, et ne présentent jamais de squelettes entiers. Quelquefois des portions de stalactites brisées, des cailloux roulés, étrang^^rs même aux terrains environnants, s'y trouvent introduits, ce qui annonce la force d'entraînement des eaux. Mais ce n*est qu'en certains points de la caverne qu'on trouve ces cailloux avec un peu d'abondance, et il arrive quelquefois que les ossements sont brisés dans un point de l'espace qui les renferme, lorsque partout ailleurs ils sont intacts et mêlés comme d'ordinaire avec des matières terreuses. Il semble, dans ce cas, qu'une masse d'eau soit tombée avec force de la partie supérieure par quelque crevasse passagère, et que c'est à l'endroit de la chute que le grand bouleversement a eu lieu, que les cailloux se sont rassemblés et que les os ont été brisés. Ces événements passagers n'ont cependant pas chassé pour toujours les hôtes de ces cavernes : les mêmes genres d'animaux, ou des genres différents, y sont' revenus quelquefois, même à plusieurs reprises, et l'on reconnaît sur la couche de limon les traces de leur passage» quelquefois même leurs débris; souvent les anciens ossements ont été usés sous les pas des animaux venus postérieurement.
 ces accidents ont succédé souvent les formations lentes de stalactites; des eaux chargées de carbonate de chaux ont quelquefois pénétré le dépôt général, lui ont donné de la consistance» et l'ont
reconvert de stalagmites, qui séparent même quelquefois différents lits d'ossements. Cependant, en certains lieux, comme en Allemagne, cette nouvelle formation a été peu importante, et n'a pas masqué entièrement les débris; dans d'autres, elle est même à peu près nulle, et le sol est encore? celui que les ours et les hyènes de l'ancien monde ont foulé.
§ 298. Quelques-unes de ces cavernes, tant en Europe qu'en Amérique, semblent aussi avoir servi postérieurement de refuge à l'homme dont on y trouve parfois les débris, ainsi que ceux d'une industrie naissante, en contact, ou même mélangés avec les restes de tout ce qui Ta précédé sur la terre. Le simple contact ne conduit à aucune conséquence d'âge relatif; et, quant au mélange, ne peutil être arrivé que l'homme lui-môme ait quelquefois fouillé le sol de ces cavernes, soit pour en rendre l'habitation plus facile, soit pour en faire des lieux de sépulture? Ne peut-il être survenu quelque inondation locale qui ait remué tout le dépôt, confondu dans le même tas l'ancien et le moderne, et donné ainsi un faux air de contemporanéité à des êtres séparés par des milliers de siècles? Le nombre des cavernes qui renferment ces débris est très-peu considérable relativement à celles où il n'en existe pas. On n'en cite que trois en Angleterre, et c'est dans l'une d'elles seulement que le mélange paraît avoir eu lieu. Il s'en trouve quelques-unes dans les Cévennes, et notamment celle de Lunelvielle et de Mialet. Sur plus de 800 cavernes explorées au Brésil par M. Lund, il ne s'en trouva que 6 qui renfermaient des ossements humains, et ce n'est que dans Tune d'elles seulement que le mélange se manifesta en réalité; dans les autres, les débris étaient dans la couche superficielle, g 299. Ce que nous venons de dire convient à un certain nombre de cavernes, qui ont été évidemment les repaires des animaux dont elles présentent les débris. Mais il y en a d'autres où les choses ont dû se passer autrement, où l'on n'observe pas d'entrée latérale, où les ossements sont disloqués, plus ou moins brisés, mêlés avec des débris de roches et des cailloux roulés, qui remplissent souvent toute la cavité. On suppose alors que les fentes verticales par lesquelles on pénètre aujourd'hui, et qu'on a découvertes accidentellement, ont donné passage aux eaux qui entraînaient, avec des débris minéraux, soit les cadavres des animaux, soit même les ossements déjà décharnés. On est d'autant plus porté à cette hypothèse que ce ne sont pas toujours des débris d'animaux qui recherchent les tanières, comme les ours et les hyènes; mais souvent des ruminants, des pachydermes, des carnassiers et des rongeurs» qui vivent toujours en plein air.
g 300. G*est peut-être aassî au moyen d'un transport que s^est fait le remplissage des fentes du calcaire jurassique et celui des cavités correspondantes (§ 210), par des minerais de fer, mêlés parfois de coquilles et d'ossements et qu'on trouve déjà répandus dans tous les dépôts de la Bresse et du Haut-Rhin. On peut attribuer à la même cause la formation des brèches osseuses également dans le calcaire jurassique, liées sur toutes les côtes de la Méditerranée, à Cette, à Ântibes, à Nice, à Gibraltar, par un ciment ferrugineux qui renferme quelquefois des coquilles marines actuelles. Enfin, rien n'empêche d'attribuer à des circonstances locales de transport, peut-être même d'une époque postérieure, tous les dépôts d'ossements qui se sont faits çà et là dans des fentes, comme aussi l'introduction des ossements de cétacés dans les cavernes de la Sicile, qui ont dû nécessairement se remplir lorsqu'elles étaient au-dessous des eaux.
g 301. Les cavernes à ossements se trouvent plus particulièrement dans le calcaire du Jura; elles deviennent rares dans la craie, et cependant il en existe encore et même jusque dans la molasse; il n'y en a plus dans les dépôts supérieurs. Les animaux dont elles renferment les débris ont certainement habité les lieux à une époque reculée dont nous fixerons plus tard l'âge relatif; et ce qui le prouve, c'est leur état de conservation et l'absence de toute trace de roulis annonçant avec certitude qu'ils n'ont pu venir de loin; c'est enfin la découverte de dépôts de même nature à la Nouvelle- Hollande, où l'on n'a trouvé que les genres d'animaux si particuliers à cette contrée (§164), c'est-à-dire des kanguroos, des dasyuresy etc., mêlés à quelques débris d'éléphants.
g 302. Terrain* diluviens. -— On a nommé diluviumy des dépôts qui se sont formés après les terrains subapennins, et qui semblent avoir peu de rapport avec ce que nous voyons se faire aujourd'hui. Le nom qui leur a été donné tient à ce que^ dans le principe, on les a regardés comme le résultat du déluge universel, dont le récit, exposé dans la Bible, se reconnaît même dans les traditions de tous les peuples; mais il est à croire qu'ils n'ont rien de commun avec ce fait important; car nulle part on n'y a trouvé la moindre trace d'industrie, et il n'y existe pas de débrià humains, qui s'y seraient sans doute aussi bien conservés que les ossements d'éléphants et de tous les autres animaux qu'on y rencontre. En Angleterre, on nomme particulièrement £{77/)^ tout ce qui, dans ces dépôts, a paru résulter de l'action des courants, tant ceux des rivières que des mers.
Hne grande partie de ces dépôts suivent la direction dés vallées
aetnelles, en bandes qni ne s'étendent qu'à de faibles distances en largenr. Leur nature et leurs dispositions varient, en général, d'un bassin hydrographique à l'autre et aussi, dans chaque bassin, d'un aiftaent à un autre. Ils annoncent fréquemment d'immenses trans* ports, des accidents d'érosion dont nos rivières sont aujourd'hui incapables; ils se trouvent à des niveaux que les eaux actuelles ne peuvent atteindre, sur des étendues qu'elles ne peuvent couvrir, et ils ont été généralement sillonnés par les courants modernes, qui y ont creusé leur lit et y déposent journellement des débris . nouveaux (g 174). Cest par suite de ces circonstances que le dlluvium esT souvent aussi désigné sous le nom à* allumons anciennes par opposition aux alluvions qui se forment aujourd'hui, ou qui se sont formées depuis les temps historiques.
Cependant il y a aussi des dépôts du même ordre qui paraissent s*ètre formés dans dés lacs plus ou moins étendus, dans des estuaires ou des golfes plus ou moins larges, enfin dans des mers plus ou moins profondes, et qui, étant ensuite soulevés subitement ou lentement, sont venus successivement augmenter nos continents. Il y a par conséquent deux sortes de diluvium.
Il existe diverses circonstances qui marquent les limites de ces dépôts. D'un côté, il y a eu un grand phénomène de polissage, de stries et de sillons sur les rochers préexistants, qui s'est effectué avant la formation des matières qui les recouvrent ; c'est ce qu'on voit sur les côtes de Norvège, dans les plaines du Danemark, en Angleterre, dans l'Amérique septentrionale, etc., où, sous tous les dépôts diluviens, on en trouve des traces non équivoques. Mais il parait aussi que des phénomènes du même genre auraient eu lieu depuis, en sorte que ce serait entre les deux effets que ces dépôts se seraient formés, ou bien que toutes ces circonstances seraient contehiporaines.
D'un autre côté, les dépôts diluviens reposent en stratification discordante sur les couches relevées des dépôts précédents, tant sur les dépôts de la firesse, comme on le voit à Lyon et au delà, dans la vallée du Rhône, que sur les dépôts subapennins, comme sur plusieurs points de l'Italie. Vers la base se trouvent fréquemment des couches qui renferment des ossements d*animaux dont la race a complètement disparu, ou qui n'existent plus vivants dans les localités où se rencontrent leurs débris. Les coquilles qu'on y trouve se rapportent entièrement à celles des mers actuelles, surtout des mers environnantes, ou bien sont analogues à celles de nos lacs et de nos rivières.
g 503. Dépôts des vallées. — A la base des dépôts formés sur h
direction des vallées se trouvent en général 4e8 débris plus ou moins roulés des roehes de la contrée, des sables ou des argiles qui proviennent du remaniement des matières sous-jacentes. Au-dessus viennent les débris roulés des diverses roches amenés de loin par les affluents, et qui se trouvent mêlés tous ensemble dans la partie inférieure de la vallée principale. C'est ainsi que la vallée de la Seine offre des alluvions où l'on reconnaît des cailloux roulés de tous les terrains que les affluents traversent : des calcaires siliceux amenés par les affluents de la rive gauche, des grès parisiens, des silex, de la craie, des calcaires jurassiques, amenés par la Marne, par TÂisne» la haute Seine, et même des granités, des siénites du Morvan, qui sont arrivés par T Yonne; aussi n^en trouve-t-on pas au-dessus de Montereau.
Les alluvions anciennes de la vallée du Rhin sont principalement formées, dans le fond, des déhriâ roulés des roches environnantes. Dans sa partie inférieure, ce sont des sables et des cailloux roulés qui proviennent du grès des Vosges (g 249). Au-dessus se trouve une argile fine, en dépôts souvent très-épais et trè^-étendus, qu'on nomme lehm ou lœs^ caractérisés par des coquilles d'eau douce qui vivent encore dans le fleuve, ou des coquilles terrestres de la contrée.
La vallée du Rhône nous présente, depuis Lyon jusqu'à la mer, des débris alpins qui n'ont pu être charriés par le fleuve actuel, qui entrent dans toutes les vallées latérales, se lient à toutes les terrasses qu'on observe sur les dépôts précédents, et nous offrent enfin dans le haut les témoins d'une vaste nappe qui a recouvert les dernières pentes des Alpes. Gà et là, dans le fond de la vallée, se trouvent au-dessus, ou au milieu de ces débris, des dépôtsplus ou moins épais d'argile qui sert partout de terreàpiser. Ces dépôts se prolongent sans interruption jusqu'aux plaines de U Camargue et de la Crau, immenses remblais de cailloux roulés de toute espèce, dont on suit la route directe dans la vallée de la Durance jusqu'au centre des Alpes qui les a fournis. Les mêmes dépôts se retrouvent en Piémont, en Lombardie, dans les plaines de l'Autriche, de la Bavière, de la Suisse, entourant ainsi tout le groupe alpin, d'où les matériaux ont été arrachés : c'est ce qu'on a nommé le diiuvium alpin.
g 504. Dépôts des iners, — Ceux-ci recouvrent des espaces plus étendus que les précédents, et se divisent en couches plus nombreuses; mais, par cela même que maintes fois ils se sont formés avec lenteur comme les dépôts de l'époque subapennine, il est souvent difficile de les en distinguer nettement, et il y a bien, à Tégard de quelques-uns d'entre eux, quelques incertitudes, qu'on ne peut
lever qne par une étude approfondie des débris coquillîers qu'ils renferment.
En Angleterre, après quelques débris roulés, variables suivant les lieux, ou bien des argiles et des sables qui proviennent du rema- • niement, soit de l'argile de Londres (g 287), soit des grès bigarrés (8 250), on trouve souvent un dépôt argileux, ou Till, caractérisé par la présence d'un grand nombre de blocs de toute, espèce, parmi lesquels il s'en trouve d'étrangers à la contrée et qui viennent de pays éloignés : ces dépôts atteignent parfois jusqu'à 100 mètres jie puissance. Au-dessus du Till viennent des argiles feuilletées, quelquefois séparées par des graviers, et renfermant des ossements d'éléphants, de cerfs, etc., mélanges parfois de coquilles des mers actuelles. Par-dessus viennent encore des marnes coquillières de diverses espèces, et çà et là des dépôts lacustres, qui se trouvent même intercalés et renferment aussi des débris d'éléphants, d'hippopotames, de cerfs, etc., avec toutes les coquilles fluviatiles et terrestres de la contrée.
Dans le nord de l'Europe, les argiles, avec ou sans blocs, paraissent aussi former la base du diluvium, et sont recouvertes par des sables qui renferment des coquilles des mers glaciales. C'est encore quelque chose d'analogue que les dépôts d'argile bleue avec graviers, et de sables avec blocs de diverse nature et coquilles des mers du Nord, qui forment la base du Danemark et qui se prolongent dans les plaines du Mecklembourg, de la Prusse, du Hanovre, en se joignant aux sables et autres débris roulés modernes qu'on nomme geest dans toute la partie occidentale de l'Allemagne.
Plus loin, sur les côtes de la mer Blanche et de l'océan Glacial, il existe des bancs considérables de sables remplis de coquilles des mers arctiques, avec des débris d'éléphants et d'autres grands animaux. Enfin lès innombrables plages soulevées qu'on rencontre partout renferment les mêmes débris organiques et paraissent dès lors appartenir au diluvium.
L'Amérique septentrionale nous présente des circonstances analogues dans les divers dépôts diluviens qu'on y rencontre. Il en est de même dans l'Amérique méridionale, où le limon des pampas repose sur des dépôts argileux et sableux renfermant des coquilles des mers voisines, et qu'on retrouve non-seulement au Brésil, mais encore dans tout le terrain qui s'étend au sud jusque dans la Patagonie. Les plages soulevées du Chili (g 32,153) se rapportent à la même époque en se liant avec ce qui s'est fait de nos jours.
g 305. Dépôts divers. — C'est à la môme époque qu'il faut rapporter les amas immenses de débris roulés dans lesquels se trouvent
l'or» le platine, le diamant, tant au Brésil que dans Tlnde, dans les monts Oural et Altaï, où les dépôts renferment aussi des débris d'éléphants, de rhinocéros, ete. Les dépôts stannifères de Cornouailles, du Mexique, de la presqu'île orientale de Flnde, où ils sont abondants, paraissent s'y rapporter également.
Enfin, on doit citer parmi les derniers dépôts diluviens le terreau noir ou Tshernoîzem, matière éminemment fertile, qui couvre une grande partie du sud de la Russie d'Europe, du pied des Karpathes à rOural, et jusque sous le 54* degré nord, qui pénètre en Sibérie, et temble se lier aux dépôts à ossements. 11 en est sans doute de même du Regur ou terre à coton de Vlnde^ dont la fertilité est encore plus remarquable. Ce dépôt, d'une étendue immense, parait recouvrir aussi toute espèce de terrain et jusqu'aux débris qui renferment le diamant. Ni l'une ni l'autre de ces matières ne renferme le moindre caillou roulé, le moindre débris de coquilles, si ce n'est» à la surface, quelques coquilles d'eau douce ou terrestres.
§ 306. Débris animaux de ces dépôts. — Les dépôts diluviens renferment partout des dépouilles de mollusques qui appartiennent aux espèces vivantes de la contrée, les unes marines, les autres d'eau douce ; mais ce qui les caractérise surtout» ce sont les nombreux et derniers débris d'éléphants, de rhinocéros et de tous les animaux qui ont paru avec eux à la surface du globe, qu'on trouve partout vers la base du terrain diluvien. Parmi ces dépôts à ossements, le plus remarquable est cet immense ossuaire de l'océan Glacial du Nord, sur les côtes de la Sibérie et dans les lies qui en dépendent. Là un grand nombre d'animaux conservant encore leurs chairs sont enfouis dans des sables qui renferment des coquilles du même océan, et qui sont consolidés par des glaces perpétuelles. On y a trouvé des éléphants, des rhinocéros, couverts de longs poils, ce qui semble indiquer que les espèces qui vivaient alors dans ces climats étaient destinées à supporter des températures plus basses que celles à peau nue qui habitent aujourd'hui l'Asie méridionale et l'Afrique. Les défenses de ces éléphants de l'ancien monde sont recherchées par le commerce, où elles entrent en (concurrence avec celles des éléphants modernes.
En Amérique, les ossements des éléphants et des rhinocéros se trouvent avec de? débris de mastodonte et surtout ceux du massif megatherium (fig. 352), qui n'avait pas moins de 4 mètres de longueur sur 2 de h^ ateur, dont la tète présente de l'analogie avec celle des animaux du genre bradype, de l'ordre des édentés. C'était ss^ns doute un animal lent et vivant de racines, que' ses molaires étaient merveilleusement disposées à broyer.
ng. Sil Sqstlell. i* atgslier'nin, m animal d» Pm-ofMf.
I 507. Hoeha moulomiées, polies, striées et siUonnées. — Un des phénomënes les pins remarquables qui ont précédé ou accompagné la formation dilnvienne est celui des roches arrondies, usées, polies, striées et cannelées, qui annoncent avec évidence le frottement des corps durs, en mSme temps qu'ils montrent la direction imprimée aux masses que la nature mettait en jeu. Depuis que Saussure a fait remarquer les sillons qui se trouvent sur les pentes do SalËve, et les a considérés comme les ornières du char qui a transporté les cailloux et les blocs des environs de Genève, on a observé partout des phénomènes du même genre : dans le Jura, danS'les Vosges, dans le Westmoreland et le Cumberland en Angleterre, en Suède, en Fforvége, en Lapouie, en Finlande, dans I*Amérique do Nord, etc.
Parmi les naturalistes, les uns admettent qu'en Suède, en Norvège, en Laponie, les stries et les sillons ont partout une direction à penprèï constante, sauf les irrégularités locales; que les surfaces moutonnées, qui de loin ressemblent à des sacs de laine empilés les nns sur les autres, sont généralement tournés vers le noiîi et Jamais vers le sud. On a conclu de ces considérations que la cause de ces effets devait être cherchée hors de la Scandinavie, et se trouver vers tes régions polaires du Nord. Ce qu'il 7 a de remarquable, •Twt qu'an Cuiada M sur vne grande partie dn sol des fitalg^Jim
la direction des sillons est aussi da nord au sud; en sorte qu'il y aurait là un immense phénomène produit avant Tapparition de rhomme sur la terre (g 374), puisqu'il a eu lieu avant les dépôts diluviens (g 302), qui s'est manifesté, sauf les irrégularités locales, jusque dans les tles Britanniques, donnant aux monticules granitiques de la Finlande une forme allongée dans ce sens, et façonnant partout les montagnes suivant les directions que les circonstances pouvaient lui imprimer.
D'autres naturalistes nient, au contraire, les généralités que nous venons d'indiquer, et reconnaissent de grandes iirégularités dans les dispositions des stries et des sillons. Ils les regardent comme dépendantes des dispositions locales, et en général comme divergentes à partir des régions culminantes des montagnes, comme 'suivant les lignes de plus grandes pentes, les directions des grandes vallées. Ils font remarquer que du cap Nord à Ghristiana, le côté arrondi, poli et strié des roches du rivage est tourné vers les terres, tandis que le côté abrupt regarde la mer; de telle sorte qu3 la cause modifiante, loin de venir du pôle, paraîtrait, au contraire, venir de l'intérieur des terres.
Dans les Alpes, les surfaces moutonnées, polies, striées, cannelées, se trouvent, comme nous l'avons dit (g i07), en connexion intime avec les glaciers actuels ; les stries, les sillons en suivent tous les mouvements dans leurs directions, se conservent sur toutes les roches assez dures, et indiquent par leur présence à des niveaux différents, à des distances plus ou moins grandes dans la direction des vallées, l'ancienne extension des dépôts qui les ont formés.
g 308. Dépôts erratiques, — Une circonstance particulière des terrains diluviens nous est présentée par certains dépôts qu'on est aujourd'hui convenu de nommer dépôts erratiques. Bien que liés intimement, d'une manière générale, avec les sédiments qui ont eu lieu après le terrain subapennin, comme on le voit autour des Alpes, par les amas de blocs qui se trouvent dans le haut des vallées où commencent lesalluvionsde laDurance et des affluents du Rhône, ainsi qu'en beaucoup d'autres lieux» les dépôts dont nous allons parler offrent cependant, en certains lieux, quelque chose d'anormal qui semble réclamer une explication particulière. On se demûnde» par exemple, comment des blocs détachés du centre des Alpes ont pu, d'une part, se déposer à une grande hauteur sur les flancs des vallées qui en descendent, et, de l'autre, parvenir en grand nombre, en conservant leurs arêtes intactes, jusque sur les sommets du Jura, à 600 ou 800 mètres au-dessus de la large vallée de la Suisse, qu'ils ont dû traverser ; car il est certain que cette
vallée a toujours existé depuis Fapparition du massif alpin (g 544» 349, 370). On n'est pas moins étonné quand, partant de la Suède, où Ton trouve des blocs dispersés sur la croupe des montagnes, on en voit de même nature transportés malgré la Ballique, dont le fond du reste en est rempli, jusqu'au milieu des plaines de la Prusse, où ils viennent se lier obliquement avec d'autres traînées de blocs qui remontent jusqu'à la Finlande, et qui couvrent dans d'autres directions les plaines de la Pologne et de la Russie. Il y a de ces blocs, encore à arêtes vives, qui ont dû faire 250 lieues pour arriver au point où ils se trouvent aujourd'hui, et où ils se mêlent d'un côté avec ceux'de l'Oural, de l'autre avec ceux de la Silésie, de la Saxe et du Harz, dont les montagnes ont d'ailleurs arrêté ou fait refluer les premiers. C'est cet éparpillement qui a fait donner à tous les blocs non roulés l'épithète d'erratiques, qu'on a appliquée plus tard à tous ceux qui offrent les mêmes anomalies de position. On en retrouve de tels dans les Pyrénées, dans les Vosges, les Ardennes, dans le bassia de Paris même, en Angleterre, dans l'Amérique du Nord comme dans celle du Sud, dans les Indes, etc.
§ 309. Théorie des sarfaees polies^ des dépôis erratiques* —
11 y a les plus grandes dissidences entre les géologues relativement à la manière de concevoir la formation des stries, des sillons, et la dispersion des blocs, ou, en général, des dépôts de transport à la surface de la terre. Les uns n'ont vu dans les phénomènes du nord de l'Europe que des actions de courants puissants arrachant des quartiers de rochers aux montagnes et les transportant au loin en usant, striant, sillonnant les roches restées en place. D'autres ont fait intervenir Faction des glaçons pour transporter ces blocs dans tous les sens, jusqu'à ce qu'ils atteignissent des contrées plus chaudes, ou, en se fondant, ils les laissaient aller au fond des mers, ou bien jusqu'à ce qu'ils vinssent échouer sur quelques hauts-fonds. Il en est qui, voyant partout ces dépôts de transport sur des surfaces préalablement striées, ont attribué un premier démantèlement des montagnes, et la formation des stries, à des débâcles des glaces des pôles, dont les glaçons étaient charriés avec une extrême vitesse. Les paTties fines des roches étaient, dans cette hypothèse, immédiatement transportées par les eaux jusqu'aux lieux où elles sont déposées, et les blocs tombés au pied de la montagne auraient été repris plus tard par des glaçons, et dès lors transportés dans toutes les directions au milieu des dépôts de sable, ou au-dessus d'eux, puis auraient été finalement mis au jour par un soulèvement du sol. La Baltique, dont le fond est encore couvert de blocs, serait le reste des mers qui couvraient alors toutes les plaines de i'All»-
magne occidentale et toute la Russie. Enfin, remarquant que les montagnes ont été sillonnées jusqu'à de grandes hauteurs; qu'en conséquence il fallait admettre une grande élévation des courants au-dessus des mers actuelles, ou supposer que les terres ont été autrefois plus basses, quelques savants ont imaginé de combiner les oscillations du sol avec Faction mécanique des courants chargés de forts glaçons, en rendant ainsi plus ou moins raison de toutes les particularités qu'on observe. Les mômes théories ont été appliquées à tous les phénomènes du même genre dans toutes les contrées maritimes.
Relativement aux Alpes, on a cherché à expliquer le transport des blocs de deux manières. Les uns ont admis des torrents boueux (g 96,302), d'une grande profondeur, capables par conséquent de se mouvoir avec une grande vitesse sur les pentes les plus faibles, susceptibles dès lors de transporter des blocs énormes sans en arrondir les angles, et même de sillonner les roches sur lesquelles ils passaient. Les autres, voyant les glaciers strier et^ sillonner les rochers qui les encaissent (§107), ont imaginé que toute espèce de stries élaient produites de la même manière, et de supposer d'anciens glaciers partout où l'on observe ces phénomèneç. Voyant, en outre, les glaciers transporter constamment à leur surface des blocs et des débris, former des moraines sur leurs parties latérales et à leur extrémité, ils ont pensé que telle avait été dans tous les temps la cause du transport des blocs partout où on les trouve; en consé* quence, ils ont admis la prolongation des glaciers actuels jusqu'au Jura, en remplissant toute la vallée de la Suisse. C'est ce qui a été établi d'une manière très-remarquable par M. Decharpentier, qui cherchant, dans le principe, à recueillir des faits contre cette théorie naissante, s'est trouvé entraîné à en soutenir au contraire la vraisemblance. Il est impossible de voir des faits mieux coordonnés, plus clairement exposés, et l'on est conduit à en admettre les conséquences pour les Alpes, malgré l'énormité d'un glacier de 600 à 1000 mètres d'épaisseur, 60 lieues de longueur, d'une surface de plus de 2000 lieues carrées, et envoyant des branches dans toutes les vallées latérales.
Bientôt on a cherché à appliquer la théorie glacière aux phénomènes du Nord. On a admis que les stries, les sillons des montagnes de la Scandinavie ont été produits, comme dans les Alpes, par des glaciers, ce qui explique assez bien .la hauteur à laquelle on les trouve et leur divergence à partir des points culminants. Enfin, pour le transport des blocs, on a imaginé un énorme glacier, une U'3j4e calotte de glace de 250 lieues de rayon, par laquelle ils ont été