EPOQUES REIATIYES DES SOULÈVEMENTS
ment qni, dès lors, serait d'une époque extrêmement moderne, relativement i toutes celles dont nous avons jusqu'à présent parlé.
C'est au soulèvement du Ténare qu'on doit rapporter Tapparition de la Somma, du Stromboli, de TEtna, qui tous auraient été démantelés s'ils avaient existé avant la catastrophe des Alpes prlnd* pales, par laquelle tant de ravages ont été produits dans toutes les directions. Lesvolcansde l'Auvergne et du Vivarais, qui sont encore si frais, datent peut-être aussi du même moment, et leurs éjections auraient seulement suivi les anciennes fractures des soulèvements précédents (g 347). Il n'en est pas de même des anciens dépôts basaltiques qui de ces contrées s'étendent dans tout le midi de la France ($ 180 à i88) : tout porte à croire qu'ils.se sont formés antérieurement et qu'ils ont été démantelés» morcelés de toutes le$ manières par la seizième catastrophe.
Ce système de soulèvement, dont on distingue des traces dans la Provence, près de Nice, dans la Sardaigne et en Sicile, dans les champs phlégréens, est parallèle au système moderne que MM. Boblaye et Virlet ont signalé à la pointe méridionale de la Morée et qu'ils ont nommé système du Ténare, parce qu'il aboutit au cap de ce nom.
g 351 . Bxteniiaii des ■yslèmes «ur to«4 le «■•be. — Puisque, dans l'Europe, la seule partie du monde suffisamment connue, les divers chaînons de même direction, qui se trouvent sur la même ligneou sur des lîgnesparallèles, appartiennent à la même époque de soulèvement (§327), il y a lieu de penser, rien n'indiquant de limites aux phénomènes qui leur ont donné naissance, que les mêmes effets se continuent bien au delà des contrées dont la structure géo« logique nous est familière. 11 en résulte que, partout où nous trouverons parallélisme dans leschatnes, nous serons naturellement conduits à admettre aussi contemporanéité de formation. 11 est du moins intéressant d'examiner sous ce point de vue les chaînes principales, que nous connaissons à la surface du globe, quoique les soulèvementsjusqu'iciclassésne soient qu'en très-petit nombre, relativement à ceux que nous découvriroDs probablement un jour, quand toute la terre nous sera géologiquement connue aussi bien que TËurope. Pour faiie connaître plus facilement cette extension des {H'incipaux systèmes, M. Ëlie de Beaumont a bien voulu tracer pour nous le résultat de ses recherches sur la mappemonde dres* sée par Brué^ sur l'horizon de Paris, en y indiquant les différents enlèvements, par des lignes de diverses formes dans toute l'étendue où ils peuvent être aujourd'hui soupçonnés.
On voit sur cette carte (fig. 374) qne la directUm des F^ i'étenddepuis les AlleghanysdansrAmériqueseptenlriônale j la presqu'île de l'Inde, par les Karpathes, le Caucase, les mon de la Perse, depuis Érivan jusqu'au golfe Petwqtte, et enfin i Uhattes, qui déterminent la position de la côte de Malabar. Atf ^e cette ligne se représentent égalwnent plusieurs rides parall*" celles qui vont du cap Ortegal, dans les Asturîes, au cap Gte\ là Catalogne ; la petite chaîne de Grenade, qui aboutit au cap Crhattes ; les montagnes qui bordent au nord le désert de Sahi en coupant la direction de F Atlas; enfin les Apennins, les Aï; Juliennes, les montagnes de la Croatie, de la Romélic, et jusq
celles de la Morée.
Le système deà Ballons, si rapproché de celui des Pyrénées, représente avec lui dans les AUeghanys, en Amérique septen^ nale, où ir paraît d'ailleurs s'étendre considérablement, ainsi plusieurs des systèmes antérieurs.
\a direction des Alpes occidentales se fait remarquer depuis Tei pire du Maroc jusqu'à la Nouvelle-Zemble, en passant par la 6 orientale d'Espagne, le midi de la France et une grande partie de presqu'île Scandinave. On retrouve des directions parallèles d la Cordillière du Brésil, depuis le cap Roque jusqu'à Montevideo, voit encore des directions dj|j même genre dans la régence de Tuni% dans la Sicile, dans la pointe^de l'Italie et dans l'Asie Mineure. Torf le littoral de l'ancien continent, depuis le cap Nord de la Lapoo% jusqu'au cap Blanc d'Afrique, appartient au môme alignement.
Les Alpes principales font partie d'un système de direction extP^ mement étendu; depuis les chaînes de l'Atlas, à la partie septenft trlonale de l'Afrique, et celles de FEspagne, on retrouve des chatncé parallèles qui se continuent jusqu'à la mer de la Chine. Telles tson en sortant de la Sicile et de rftalie, les chaînes de l'Olympe eil Grèce, le Balkah, le Taurus, la chaîne centrale du Caucase couroii^ • •née par TElbourz, entre la mer Noire et la mer Caspienne, la lèngoA Série de montagnes qui s^étend à travers la Perse et le Eabouli | comprenant le Paropamisus, l'Hindoukhoh, etc.; enfin rflimalàya^ où se trouvent les plus hautes montagnes du monde. ^ *
On ne peut pas citer les autres systèmes sur de telles étendues, et néanmoins on reconnaît la direction du système de Corse dans les chaînes de la Syrie et de la Palestine; le système du Viso daoé tes chaînes du Pinde ; le système du Thuringerwald dans les raem* tagnes de l'Attique et de l'île de Négrepont; le système delà Côk" d'Or, peut-être celui du Hundsruckf dans les monts Altaï, etc.
ÉTATS DE L*BDROPE AUX DIYEBSES ÉPOQUES DE FORMATIO!!.
g 352. Observations générales. — Les détails précédents nous mènent i concevoir que la surface du globe, tant de fois bouleversée» a dû subir bien des changements successifs dans la configuration et rétendue relatives des terres et des mers, pour arriver à Tétat actuel. Mais, pour TEurope même, il est difficile d'indiquer cet état pour les époques les plus anciennes, par la raison que nous n*avons pas assez de détails sur les directions des couches pour déterminer partout celles des soulèvements, ni pour établir les limites exactes des terrains qui se sont formés à chacune de ces catastrophes. On ne sait pas lion plus quelles sont les parties qui ont pu s'affaisser successivement; de sorte que ce n'est que par induotion qu'on peut connattre l'ancienne étendue de ce qui reste. Ce n'est qu'après l'apparition des terrains jurassiques, dont les limites son^ plus nettement tranchées, que nous pouvons établir avec moins d'équivoque les contours et l'étendue des terres préexistantes. Toutefois, avant cette époque, il existe des données qui peuvent conduire à des idées générales que nous allons essayer d'exposer.
Avant tout, observons que par l'expression époque de tel terrain^ nous entendons l'espace de temps pendant lequel ce terrain se for* mait sous les eaux, autour des dépôts soulevés des époques précédentés. Ainsi l'expression époque jurassique indique le temps pendant lequel les terrains jurassiques se formaient dans les mecs où se dessinaient les terres précédemment émergées. Nous dirons dans le même sens mer jurassique, mer crétacée, etc. . g 553. Époque «iiiirtoiiiie. — S'il est difficile d'établir nettement les limites des terrains formés à chacun des quatre premiers soulèvements, on peut se former une idée de ce que leur ensemble a produit, en recherchant les terres qui ont échappé aux dépôts siluriens, et qui, dès lors, étaient émergées, quoique probablement encore à une faible hauteur.
En France (fig. 375) il existait entre Brest et Saint-Malo, et entre Brest et Poitiei^s, deux grandes tles granitiques, l'une suivant le système du Finistère, l'autre suivant le système du Morbihan, comprenant sans doute quelques indices du système de la Vendée, liées d'ailleurs ^ntre elles par les dépôts cumhriens soulevés parle système du Longmynd. Il s'en voit d'autres en Angleterre, en Cornouailles, en Ecosse, puis en Suède, appartenant au Finistère et au Longmynd, et dont les sommités apparaissent encore au milieu des dépôts qui les entourent. Le plateau granitique qui comprend le Limousin et l'Auvergne, où l'on voit quefques indices des systèmes