‹ GéologieChapitre 8 sur 77 · TREMBI.EMENTS DE TERRE ET I^EURS EFFETS · texte numérisé non relu

TREMBI.EMENTS DE TERRE ET I^EURS EFFETS

obtndes, quelquefois même des flammes. Ailleurs, ce sont des plaines tout â coup transformées en montagnes, djBs bas-fonds soulevés^y^T^. , , // / au milieu des mers, des. montagnes creva^ées, bouleversées; des. ' .'terrains montueux, des centaines de lieues de rochers tout à coup aplanis et remplacés par des lacs. Des coun d'eau sont détournés, engouffrés dans la terre; des lacs se dessèchent en renversant leurs digues, ou se perdent dans des conduits souterrains formés tout à coup. Par opposition, il se manifeste ailleurs d'énormes sources, véritables puits artésiens, qui produisent de nouveaux ruisseaux sortant subitement du rocher par une crevasse, oU par un entonnoir. Des sources thermales sont à Tinstant refroidies ou taries; d'autres, au contraire, se manifestent là où il n'en existait pas. Tous ces phénomènes sont autant d'indices des fissures qui se for; ment dans lé sol, et qui fournissent de nouveaux conduits aux eaux qui pouvaient y circuler auparavant. a

Les effets divers que les tremblements de terre ont produits sous nos yeux, et ceux qui se trouvent dans les relations les plus authentiques, tendent à donner toute probabilité à ce qui nous est transmis des temps les plus reculés, quoique souvent nous puissions être conduits â indiquer les faits en d'autres termes. Qui oserait porter aujourd'hui un démenti formel à Pline rapportant, selon les historiens, que la Sicile fut séparée de l'Italie par un tremblement de terre, que l'île de Chypre fut séparée de môme de la Syrie, et celle d'Eubé (Négrepont) de la Béotie, etc.? Nous ne saurions même nier positivement l'existence de l'Atlantide ensevelie sous les eaux, suivant les traditions égyptiennes, en un jour et une nuit. Disons mieux, l'ensemble des observations que nous avons à faire connaître montre évidemment que des affaissements et des soulèvements immenses ont fait longtemps partie du mécanisme de la nature, pour arriver à la configuration que nous voyons aujourd'hui â la surface du globe.

g 35. Relativement aux côtes de la mer, les phénomènes sont souyent exprimés par les auteurs d'une manière particulière; rarement on trouve explicitement l'énoncé d'un soulèvement, et c'est en d'autres termes que l'événement est indiqué, en rapportant l'effet à Télément le plus mobile. C'est ainsi que les auteurs annoncent tantôt que la mel' s'est retirée plus ou moins loin, laissant son lit à sec, soit pendant quelques instants, soit d'une manière permanente; tantôt, au contraire, qu'elle a envahi tout à coup des côtes plus ou Bioins élevées. Nous traduisons ces indications par les expressions oscUlation du sol, si le phénomène n'est que passager, et par celles de cûUs soulevées ou de côUs affaissées, s'il est permanent, parce que

nous rapportons ces effets aux parties solides du globe, et non à la mes;r, dont le niveau est invariable (§ 34). Il faut cependant distinguer, car, si ces phénomènes passagers peuvent être attribués quelquefois à des oscillations du sol, ils peuvent provenir aussi d'un, mouvement réel imprimé aux eaux de la mer, et tenir peut-être à l'une et à Tautre cause. Nous savons, en effet, que pendant les tremblements de terre la mer, perdant tout à coup sa surface d'équilibre, se trouve soumise à de violentes oscillations, que ses eaux font alors d'affreuses irruptions dans les terres, s'avançant et se retirant tour à tour, et portant la dévastation sur un espace plus ou moins considérable. Ces mouvements impétueux d'aller et retour, se joignant aux dislocations subites que les commotions souterraines produisent dans Técorce solide du globe, peuvent donner lieu aux dégâts les plus épouvantables. L'histoire de Tarchipel grec, des îles du Japon, d'une multitude de localités, se trouve remplie des désastres produits par ces catastrophes.

§ 34. Constanee du niveau des mers. — Nous venons d^ad-

mettre des côtes affaissées et des côtes soulevées, et de poser en principe que le niveau des mers est invariable; mais cette dernière assertion étant contraire aux idées répandues dans le monde et à ce qu'on trouve même dans la plupart des traités de géologie, il est nécessaire de l'appuyer de la démonstration dont elle est susceptible. Les lois de l'hydrostatique nous apprennent que ce que nous appelons le niveau des mers n'est autre chose qu'une surface d'équilibre, peu^ôtre très-compliquée, qui est déterminée par les forces attractives diverses qu'exercent les -parties solides sur la masse des eaux. Elles nous font voir qu'un point quelconque de cette surface ne peut conserver une position invariable sans que tous les autres conservent également la leur, et que les eaux ne peuvent ni s'élever ni s'abaisser quelque part d'une manière permanente, sans qu'il y ait des changements correspondants dans toutes les autres parties. Or, d'un côté, nous connaissons un très-grand nombre de localités où les mers n*ont pas subi la moindre variation depuis les temps historiques; donc leur surface générale n'a pas changé, et la constance du niveau devient le fait le plus positif que nous puissions avoir, puisqu'il a subi l'épreuve de tous, les âges. D'un autre côté, si l'dn peut être conduit, comme les habitants du Chili» en voyant la différence qui s'est manifestée sur la côte, à penser que la mer s'est abaissée dans ces parages, de 1822 à 1837, il fao-; dra conclure aussi, avec ceux de la Californie, du Pérou, de la Patagonie, etc., que dans le même temps elle n'a subi en ces lieux aucune variation : deux conclusions incompatibles entre elle3« et

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