‹ Géologie pratique de la LouisianeChapitre 11 sur 60 · MI · texte numérisé non relu

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bien comment, à leurs yeux, le Mississipi atterrissait rapidement le golfe du Mexique.

Gardons-nous bien toutefois d'exagérer son pouvoir sédiraentaire , car des causes spéciales, que nous examinerons plus tard, lui viennent ici en aide ; et ce n'est qu'en faisant la part légitime de celle-ci, que nous pourrons déterminer exactement la masse des alluvions du fleuve.

En attendant , pour le mieux connaître , pénétrons dans son cours et voyons comment il a formé ses rives les plus récentes. Celles qu'il étend en plein golfe comme une avant-garde des autres terrains sédimentaires, sont un composé d'argiles sableuses et de détritus , où poussent de hautes herbes et de gigantesques roseaux.

Cette végétation sert de point d'arrêt à une immense quantité de matières végétales , qui, descendant à chaque premier flot d'inondation, recouvrent et exhaussent successivement les rives naissantes. Les masses d'argile viennent s'y déposer à leur tour et achèvent d'étouffer momentanément la végétation. Mais celle-ci reparaît bientôt après, en attendant d'être recouverte de la même manière par la prochaine crue des eaux; ce qui fait un accroissement continuel de dépôts terreux , dont le plus grand exhaussement se fait toujours où sont les premiers points d'arrêt, c'est-à-dire sur les rebords mêmes du fleuve. Poussés par des coups de vent, c'est aussi là qu'échouent les bois de dérive, troncs d'arbres et débris de forêt recueillis sur un parcours de mille lieues , et dont la fréquente accumulation ajoute de nouvelles assises à la formation riveraine. Celle-ci se relève donc chaque fois au-dessus des alluvions antérieures , et le point culminant en reste constamment rapproché du fleuve.

Du mode et des progrès de cette formation , on peut en inférer les formations antérieures et celles du delta tout entier. On devine également qu'un des caractères distinctifs du Mississipi est d'y courir entre des rives d'un niveau généralement supérieur à celui des basses-terres , en sorte qu'il traverse la contrée comme sur un dos -d'âne ou colline d'irrigation. Le fait est que ses eaux, une fois débordées, ne peuvent plus rentrer dans leur lit , et sont forcées de chercher directement leur écoulement vers la mer.

Ces écoulements , sans retour dans le lit primitif , ont reçu , en

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