XXIX
Tel est le premier problème hydrologique à résoudre pour chaque bassin fluvial , mais que personne , ce me semble , n'a encore posé en Europe. Aussi ne faut-il pas s'étonner qu'on n'y ait point songé davantage dans le Nouveau- Monde , et que l'hydrométrie du Mississipi ne soit pas plus avancée que celle de la Seine. Tout ce qu'on sait en effet de ce Père des eavwy c'est qu'il écoule Vio à peine des eaux pluviales de son bassin ^ ; ce qui représente la question dans les mêmes termes que précédemment : que deviennent les autres »/io des pluies, dans la grande vallée de l'Amérique du Nord ?
Là d'abord , comme partout ailleurs , l'opinion vulgaire est que toutes les rivières courent à la mer. Ce qui n'est point exactement vrai ; car nous le verrons , il en est beaucoup qui se perdent dans les entrailles de la terre, et d'autres aussi qui disparaissent dans les airs par voie d'évaporation. Quant à l'Association américaine pour l'avancement des sciences, elle déclarait, en 1848, que les eaux pluviales ne pouvaient
1 Voici sur quels chiffres et quelles observations repose ce calcul , que j'emprunte à un rapport de M. Andrew Brown , de Natchez , à VAêsociation américaine pour ravaneement de» «ctences (session de 1848, à Philadelphie). Le Comité chargé de Tétude du Mississipi s'exprima comme il suit, sur ce rapport (p. 5 et 6) :
^7our Commiltee hâve found the aggregate annual quantity of water ditcharged by the MittUtippi Biver, to be 14,883,360,636,880 eubie feet , or 601,235,579,143 eti6te yardi. lOl. 1 eubie millei =z 101 Vio.
« Now the fact being notoriouâ , that the Mississippi Hiver is the only visible outlet for ail the surplus ujaters of that vast valley^ through which it passes on its way to the oeean , there are involved considérations of no Utile importance; for the Mississippi valley has been found to eonlain an area very little, ifony, short offourteen hundred thousand square miles.
» What then is the relative différence between the quantity of rain water falling annually in this valley, and that diseharged by the river ?
m We find by examination of the meteorological register of the late Dr, H. Tooley, of Natehet , kindly fumished by his family, that the mean quantity of rain water whieh faits annually ai Natchex is between fifty-Bve and fifty-six inehes; but ^ as such is the quantity for the southern extremity of the valley, it may be reganded as over estimating, if taken for an average of the whole area, We will therefore assume the mean quantity to be 53 inehes , and then we will hâve for the whole valley, I69,l?8,960,000,000 eubie feet, whieh is about 1 1 >/> or 1 1.3636 times the quantity which is diseharged by the river.
» There can be but two wajs by which this immense quantity of water can make its escape from the yalley; one is by the course of Ihe rifer, and the other by evaporatioD. Bence , we perceive that there is but one relative portion of this quantity passing off by the river, for every 10 ^/g parts which are exhaled into the atmosphère, or B/91 parts are earriedoffby the river, and "/si parla by evaporation. •