XXX
échapper de la vallée du Mîssissipi que par deux voies : le cours du fleuve et l'évaporation. Franklin avait poiirtant indiqué une explication plus complète, en constatant l'existence des eaux souterraines et les jugeant capables d'occasionner des tremblements de terre « . Pour qu'il leur attribuât un tel pouvoir, il fallait certes qu'il les crût répandues sans mesure dans les cavités du globe ; et comment y seraient-elles venues, sinon des eaux pluviales? Quoi qu'il en soit, il est évident qu'en Amérique on n'a point encore tenu compte des écoulements souterrains , et qu'à cet égard la méthode hydrométrique y est à compléter aussi bien qu'en Europe.
Répétons donc qu'il y a trois moyens de s'expliquer la disparition des pluies : l'évaporation, l'écoulement superficiel et l'écoulement souterrain à la mer. Or, de ces voies de retour à l'atmosphère ou au réservoir commim du golfe du Mexique, une seule est individuellement connue pour la vallée du Mississipi : c'est le jaugeage des eaux du fleuve , qui donne l'écoulement apparent des pluies de la vallée, il s'agirait maintenant de distinguer avec la même exactitude et la quantité des écoulements souterrains et celle de l'évaporation , l'une et l'autre ayant été confondues et mises par erreur sur le compte de l'évaporation seulement. Nous savons , en outre , que le chiffre total de ces deux quantités est dix fois le chiffre partiel du jaugeage du fleuve ; de sorte que si nous faisions de ce total deux parts égales , nous aurions , pour la part des écoulements souterrains , une masse d'eau cinq fois plus considérable que le cours du Mississipi. Ce partage égal n'est , bien entendu , qu'une pure supposition , en attendant que les vraies portions en soient connues. Mais tels quels, et quelle qu'en soit la rectification ultérieure, les chiffres précités n'en permettent pas moins de déduire la question des écoulements souterrains dans la vallée du Mississipi* J'ai à rechercher maintenant les meilleurs moyens de la résoudre.
Ceux-ci , négligés à leur tour, et non moins que leur but, ne sont autres que les cartes de l'évaporation qu'il s'agirait de comparer avec les cartes déjà usitées de la précipitation atmosphérique. Jusqu'à ce jour les cartes
1 nThe subterraneous waters may occasion earthquakes by their ovar flowing cutting ouï n«to courses. » (B. Franklin, vol. VI , p. i.)