‹ Géologie pratique de la LouisianeChapitre 15 sur 60 · XXXI · texte numérisé non relu

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thermales ont paru remplir ce desideratum de la science , et correspondre ainsi aux cartes Hyétales * qui donnent la distribution des pluies et les phénomènes de la précipitation en général. Mais cette corrélation supposée n'existe aucunement ; car les cartes thermales , en s'occupant de la distribution de la chaleur sur le globe , n'indiquent en rien comment s'y distribuent les forces évaporantes. Celles-ci sont bien loin, en effet, de dépendre uniquement de la température de l'atmosphère. Elles dépendent même beaucoup plus des vents et surtout des vents secs, que de la chaleur. C'est en effet le vent sec et fort, alors même qu'il est glacial , qui est le grand agent de l'évaporation. Ainsi la Bora, ou vent du Nord , quand il descend des Alpes neigeuses sur les salines de l'Istrie et de la Dalmatie , leur enlève en quelques heures des masses d'eau inconcevables, et , comme par enchantement , y couvre de sel tous les bassins. Au contraire , le Sirroco y malgré sa chaleur africaine et suffoquante , mais hiunide , est à jamais incapable d'obtenir un résultat tant soit peu approchant. Ce sont les ouvriers et propriétaires de Pirano , avec qui j'avais fait un traité pour introduire dans leurs salines les procédés perfectionnés de l'industrie française , qui me signalèrent cette différence , en nommant la Bora le messager des froids et en même temps de l'évaporation.

Ainsi les cartes thermales, que l'on a cru trop souvent suffisantes pour expliquer ce grand phénomène , n'en rendent qu'un compte trèsimparfait. La chaleur n'est, en effet, qu'un élément de l'évaporation; elle conçoit la vapeur aqueuse , mais il lui faut des auxiliaires pour la mettre au jour. Ces auxiliaires sont les vents qui font bien plus pour vaporiser les eaux , que n'importe quelle chaleur, quand cette chaleur est seule, par exemple, durant les calmes des tropiques, où elle n'engendre par elle-même que l'humidité. La chaleur et l'évaporation sont deux termes si peu équivalents , que c'est l'absence d'évaporation, souvent égale à la chaleur des climats tropicaux, qui rend ces climats si délétères. Voyez , au contraire , la zone où soufflent les vents alises : il y fait bien

* Têtoç , pluie. D*où hyétographique y qu*on a remplacé par hyétal. Au mot veroc, on pourrait préférer o^^ooç, qui comprend tous les phénomènes de la précipitation; d*où ombromètre, instrument

pour mesurer la pluie , la rosée « la neige.

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