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moins chaud , mais les forces évaporantes , y étant très-supérieures , y créent les régions les plus salubres et les plus tempérées du monde.
N'oublions pas enfin que le plus ou moins d'évaporation dépend aussi de Tétat hygrométrique de Tair : ce qui explique très -bien pourquoi elle devient généralement si rapide après les pluies torrentielles , l'air se trouvant alors déchargé de son humidité par Tefifet même de la précipitation. Ces exemples , qu'on pourrait multiplier à l'infini , montrent que le problême de l'évaporation est aussi variable et complexe que celui de la chaleur est simple et constant. Évaporation et chaleur sont donc loin d'être des termes corrélatifs , proportionnels. D'où résulte également ce que nous voulions prouver, savoir : que les cartes thermales ne peuvent en rien suppléer celles de l'évaporation. Les premières viendront sans doute en aide aux secondes , mais celles-ci auront en outre besoin des cartes anénométriques ou de la force du vent , puisque celui - ci est le principal évaporateur. Les données hygrométriques seront enfin indispensables aux calculs de l'évaporation. De sorte que les nouvelles cartes, qu'il s'agit d'introduire dans la science, dépendront du thermomètre , de Tanénomètre et de l'hygromètre , ce dernier indiquant spécialement la pression de la vapeur aqueuse, c'est-à-dire l'obstacle qu'une quantité d'eau déjà évaporée oppose à toute évaporation ultérieure. Le grand progrès à faire maintenant , serait de simplifier l'appréciation de ces données complexes , à l'aide d'un seul instrument combiné des trois autres , et qui rendrait compte de l'évaporation comme Tombromètre de la précipitation.
Ce n'est pas tout , non plus , que signaler la nécessité du nouvel instrument , l'essentiel est d'en faire bon usage. Or, cet usage est entouré de difficultés pratiques très-délicates , où l'on est tour-à-tour exposé à diminuer ou à augmenter la moyenne des forces évaporantes. A côté de l'ombromètre , a-t-on , par exemple , un bassin d'évaporation exposé au soleil et au vent : tant que l'eau y est à fleur de vase , le vent agit dans toute sa force ; mais l'eau baisse-t-elle , le vent n'agit plus , et c'est l'agent principal qui se trouve ici neutralisé, tandis qu'il continue d'agir partout ailleurs dans la nature. De-là les graves erreurs de calcul auxquelles sont exposés les observateurs des forces évaporantes.
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Pour mieux faire la part des divers agents de révaporation , rappelons encore ici les principes de ce phénomène. Le soleil et les vents n'y agissent qu'en proportion du rôle même que Tair y joue. Le soleil , en échauffant cet élément, le dilate et le fait s'élever chargé de vapeur humide ou molécules d'eau. Mais là s'arrêterait l'influence solaire, si les vents ne venaient ajouter à l'eau de nouvelles molécules d'air, qui , en s'y dilatant et s'élevant comme les premières , se chargent d'une nouvelle humidité et accélèrent l'évaporation. Le rôle des vents est donc de renouveler successivement l'air, qui est à la fois l'évaporateur et le précipitateur de l'eau : évaporateur par la double action de la chaleur et des vents , et précipitateur par le refroidissement de ses propres couches. D'où l'on voit que le rôle du soleil , dans le phénomène de l'évaporation , se réduirait à bien peu de chose , si les vents ne renouvelaient sans cesse les molécules aériennes. A cet égard, la circulation ou le mouvement artificiel des eaux produit le même effet que les vents , et c'est ce qui constitue le plus important procédé de la fabrication du sel marin.
Tous ces faits prouveront , sans réplique, combien les seules données de la chaleur solaire ou cartes thermales sont impropres à nous faire calculer, même approximativement, les forces évaporantes. Or, sans ce calcul distinct et précis , l'hydrométrie ne saurait être constituée ; sans elle , impossible de nous rendre compte des écoulements souterrains , impossible par conséquent de résoudre la question des eaux pluviales dont le Mississipi n'écoule que la dixième part. Le calcul distinct de l'évaporation sera le point de départ de tous ces travaux , en même temps que le desideratum à remplir, à l'aide des instruments hydrométriques précités.
Posé de la sorte, le problème hydrologique se réduit à savoir trois termes , pour en déduire un quatrième. Le premier est le total des trois autres : c'est la quantité des eaux pluviales dont nous cherchons la répartition. Le second est la part de ces eaux qui revient à l'atmosphère ; le troisième, la part qui s'écoule visiblement à la mer; le quatrième, celle qui s'y écoule invisiblement et manque aux deux parts précédentes pour égaler le total des pluies. L'ombromètre ou les tables hyétales nous donnent ce total ; le second terme résultera des tables d'évaporation ;
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le troisième , du jaugeage fait à Tembouchure des fleuves ; le quatrième enfin , qui est la quantité disparaissant dans les entrailles de la terre , est celui qu'il faut trouver. Or, ces trois derniers termes réunis devant nécessairement égaler le premier pour maintenir la circulation universelle des éléments liquides, le problème se réduit à dire que, le total des eaux pluviales étant connu , ainsi que deux des trois parts de sa distribution , la troisième se déduira du chiffre total par la simple soustraction des deux autres.
Connaissant ainsi la quantité des eaux souterraines , quelle facilité n'aurons-nous pas pour en apprécier le rôle aux diverses époques de rhistoire du globe ?
i)E l'hydrologie en général.
Puisqu'il est si bien reconnu que les phénomènes aqueux versent sur terre beaucoup plus d'eau que les courants apparents n'en déchargent dans la mer, et qu'il y a même entre les uns et les autres une énorme disproportion , il n'en devient que plus intéressant d'étudier les eaux soustraites à l'écoulement superficiel , et rechercher comment elles se distribuent, par des voies invisibles, entre l'atmosphère et l'Océan. Nous n'aurons plus toutefois à considérer que la part spéciale de l'infiltration et des écoulements souterrains. Encore ceux-ci ne comprennent-ils pas les eaux de source qui reparaissent à la surface de la terre-ferme pour s'écouler ensuite à la mer : ce qui limiterait nos observations aux cours d'eau débouchant directement et invisiblement à ce réservoir commun : question immense, qui ne sera résolue qu'après de longues recherches, et dont il s'agit seulement de poser ici quelques préliminaires.
L'importance n'en saurait d'abord être méconnue ; car , quelle que soit la part des eaux souterraines , elles jouent à coup sûr un rôle considérable , surtout quand elles agissent à travers les formations calcaires si spongieuses par nature , ou bien les terrains perméables et crevassés , comme ceux qui abondent autour du golfe du Mexique.
La Floride, par exemple, n'est que du sable recouvrant un dépôt