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d'autres écoulements de ce dernier plateau , le bassin du Texas alimente le Rio Colorado , le Rio Grande del Norte ; mais l'extrême sécheresse du territoire indique bien aussi que Teau s'y échappe par des rivières souterraines au golfe du Mexique , comme font les eaux du Sahel algérien dans la mer de sables du Sahara ^ .
Ce tableau parlera peut-être à l'imagination ; mais c'est la raison qui doit avant tout nous servir de guide , et c'est dans les détails étudiés avec exactitude que nous pouvons seulement la reconnaître. A cet effet , je voudrais d'abord me rendre compte des cours d'eau , soit superficiels, soit voisins de la surface du sol ou faciles à .atteindre dans leur profondeur géologique à l'aide de la sonde, et que pour cela j'appellerai artésiens. Grands ou petits, ces divers cours d'eau donnent lieu aux questions suivantes : Comment et où se forment-ils ? Comment marchent-ils sous terre ? Comment et où en sortent-ils ? En d'autres termes , quelles sont les lois qui président à l'alimentation , à la circulation et à l'écoulement des cours d'eau artésiens ? Tel est le sujet à étudier en général , pour le mettre en rapport avec V hydrologie souterraine et sous-marine qui va ci-après nous occuper, en attendant d'y joindre plus tard Y hydrologie maritime et glaciale ^ titres sous lesquels je compléterai ces aperçus.
Et d'abord , les lois qu'il s'agit d'approfondir et de préciser nous sont déjà connues pour les sources débouchant à la surface du sol. Celles-ci , en effet , après s'être formées d'innombrables filets et veines d'eau filtrées dans les terrains perméables , rencontrent une couche qu'elles ne peuvent franchir ; et c'est de là qu'elles vont circulant sous terre , à peu près
' L*État du Texas ne devrait pas oublier que les habitants du Sahara connaissent depuis un temps immémorial l'art de forer leur sol aride pour en obtenir de l'eau. « Les villages Oued-Rig, dit Shaw, situés fort avant dans le Sahara, n'ont ni sources ni fontaines; mais les habitants s'y procurent de l'eau d'une manière singulière , en creusant des puits à cent et quelquefois deux cents brasses de profondeur, et ils ne manquent jamais de trouver de Teau en grande abondance. Ils enlèvent à cet effet diverses couches de sable et de gravier, jusqu'à ce qu'ils rencontrent une espèce de pierre qui ressemble à de l'ardoise, et que l'on sait ôtre précisément au-dessus de ce qu'ils appellent Bahar taht el erd, ou la mer au-dessous de la terre. Cette pierre se perce aisément: après quoi Teau sort si subitement et en si grande quantité que les hommes qui descendent pour cette opération sont quelquefois surpris et noyés. ».
La sécheresse du Texas n'existe également qu'à la surface du sol. Lui aussi doit avoir la mer au-dessous de la terres ou tout au moins bien des nappes d'eau souterraines qui suppléeraient au défaut des sources apparentes.