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comme les eaux pluviales le font au-dessus. Elles coulent donc sur les pentes des couches inclinées , au bas desquelles elles vont surgir, à moins que des issues plus voisines leur permettent de sortir plus tôt des terrains de transport qui les emprisonnent. C'est ce qui a fait dire ce mot important de la question : Qu'en général , chcujfue vallée géographique et même chaque pli de terrain a son premier et son second lit d'écoulement , son cours d'eau apparent et son cours d'eau cocAe.* Apparent, il coule à la surface , soutenu qu'il y est par une couche imperméable ; caché , il coule aussi sur une couche imperméable, dont les conditions correspondent à rencaissement supérieur. Ainsi , les mêmes lois régissent les uns et les autres, et la méthode de Tanalogie est rigoureusement applicable à leur appréciation.
Maintenant, si des sources voisines de la surface nous descendons jusqu'aux nappes artésiennes , il est aisé de comprendre que ces dernières s'alimentent à leur tour des eaux descendues sur leur couche imperméable , et qu'elles sont d'une formation parfaitement analogue à celle des fleuves coulant à ciel ouvert. De l'origine , des lois et des circonstances bien connues de ceux-ci , nous pourrons donc conclure à celles qui règlent la condition des autres ; car, non-seulement tout bassin hydrographique a son fleuve apparent et son fleuve caché, mais l'un et l'autre sont le plus souvent situés de manière que ce qui est su du premier devient par analogie très-applicable au second. Ce qui indique une fois de plus la véritable méthode à suivre pour l'étude des cours d'eau souterrains.
Le bassin de la Seine nous donne un exemple frappant à cet égard. Sous ce fleuve est , en effet , une abondante nappe d'eau traversant les couches marneuses , et au-dessous de celles-ci une autre nappe également inépuisable et circulant dans les formations d'argile plastique. Les recherches ordonnées par le Gouvernement et confiées aux soins de M. A. Delesse, ingénieur des mines, ont prouvé que ces deux nappes existent des deux côtés de la Seine , et que le thalweg de l'une et de l'autre correspond à celui même du fleuve. Voilà donc trois thalweg concordants dans le bassin de la Seine , c'est-à-dire trois fleuves superposés, sans compter celui dont le puits artésien de Grenelle accuse également
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l'existence à plus de 500 inètres au-dessous des précédents. Quoi qu'il en soit de ce dernier, la concordance des trois déjà connus est un fait significatif; car il prouve que, les mêmes lois les régissant, on peut inférer des deux courants souterrains tout ce qui est connu du courant de la surface.
Du reste , bien des courants cachés reviennent à la surface : ce qui les remet dans la condition des eaux ordinaires. Il en est aussi dont le retour s'opère par mouvements brusques ou périodiques , qui les font d'autant plus remarquer. Oi^ connaît la multitude de sources qui s'élèvent , bouillonnent ou débordent , sans qu'aucune pluie soit tombée dans leur voisinage. Ce serait là des effets sans cause , si les nouvelles eaux qui occasionnent ces crues n'étaient parvenues à ces sources , à l'aide d'écoulements souterrains partis de réservoirs souvent fort éloignés. La fontaine de Vaucluse est de ce nombre , et toutes celles qui lui ressemblent doivent leur caractère distinctif à l'état éminemment poreux ou crevassé de leurs formations géologiques. Les formations calcaires surtout absorbent des masses d'eau considérables ; et celles-ci , filtrant au travers, se tamisent et s'emmagasinent dans les couches perméables, d'où tantôt elles s'échappent en sources et courants d'eau superficiels , tantôt aussi s'engouffrent en des pertuis insondables , qui les conduisent à des distances infinies de leur point de départ.
Ce que nous venons de dire des sources , s'applique également aux lacs , et à plus forte raison aux bassins maritimes , où sont les vrais thalweg des eaux souterraines.
« Les lacs offrent souvent à leur surface des phénomènes fort remarquables , tels que des dégagements de gaz , des bouillonnements et des soulèvements d'eau singuliers peu observés et encore moins expliqués * » . C'est Malte-Brun qui constate par ce dernier mot l'état de la question à résoudre.
Le lac de Genève , notamment , présente un de ces phénomènes connu sous le nom de seiches. De Saussure le décrit ainsi : « Le lac s'élève tout-à-coup de 4 à ô pieds, s'abaisse ensuite avec la même rapidité, et continue ces alternatives pendant quelques heures. Ce phénomène
< Voir Géographie universelle de Malte-Brun, édit. de 1836, T. H, p. 232.
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est moins sensible sur les bords du lac qui correspondent à sa plus grande largeur; il Test davantage aux extrémités où le lac est plus étroit * .
La Méditerranée a aussi ses seiches^ sans qu'on sache bien si elles commencent par rabaissement des eaux ou bien par leur soudaine élé- \ation. Celles-ci ont été encore moins observées que celles des lacs , et nulle explication n'en a même été essayée.
Appliquez cependant à tous ces phénomènes la théorie des cavités du globe et des cours d'eau souterrains , et l'aspect mystérieux en disparaît aussitôt. Le simple fait d'irruptions analogues à celle dont nous parlerons plus bas, et qui en 1857 adoucit à moitié la mer de Key-Wcst, en Floride, permet aisément de s'en rendre compte. En 1812, par exemple , le port de Marseille fut le théâtre d'un retirement soudain des eaux de la Méditerranée , et puis de leur reflux également impétueux. Aucun tremblement de terre ne fut alors ressenti; et il est bien plus naturel de supposer qu'une des cavités sous-marines , comme il y en a tant sur. les côtes de Provence ^j ayant ouvert un gouffre auprès du port, y attira d'abord les eaux voisines , puis les fit regorger avec la même violence, et produisit le phénomène dont l'inattendu fit peut-être exagé^^V les proportions.
Comme dans un sujet encore obscur, cette explication pourrait, ne pas satisfaire tou,s les lecteurs , j'ai à la développer maintenant sous d'autres pointa de vue.
DE l'hydrologie SOUTERRAINE.
Une des lois fondamentales de la géologie est la lutte originaire des ççtux et des feux souterrains. Cette Jutte se continue eucore , et c'est d'elle surtout qu'est sortie la théorie des volcans et des soulèvements primitifs , à laquelle correspond celle des déchirements et boursoufllures de la croûte du globe. Cette seconde théorie étant inséparable
' Voyages dans les Alpes ^ T. ] , p. 17.
'^ La rivière soulerraine débouchant au port Miou, près de Casais, eo est un exemple.