‹ Géologie pratique de la LouisianeChapitre 21 sur 60 · XLIV · texte numérisé non relu

XLIV

Quand Teau ne s'y est point vaporisée, elle en sort, comme on Ta vu , en torrents de boue , capables d'engloutir des contrées entières. Un autre exemple à cet égard est celui du mont Cargxiaraizo , qui, en 1698, s'écroula en couvrant de fange dix-huit lieues de pays. L'éruption eut ici pour effet de briser les roches qui soutenaient les boursouflflures volcaniques , et la montagne , minée par des déperditions successives , s'abîma tout-à-coup comme une masure rongée par le temps. Ce qui suit ordinairement ces phénomènes , nous en donne la meilleure explication. Ce sont des lacs qui remplacent ces cratères affaissés : preuve que l'eau existait auparavant sous leur voûte , dont elle couvre maintenant et domine les débris. La plupart des lacs élevés au-dessus des terres d'alluvion ne sont que des cratères de volcans écroulés ; et des phénomènes , dont l'histoire a fixé le souvenir, confirment pleinement cette loi générale.

Ainsi, en 1638 , le pic de l'île Timor, qui se voyait à plus de trente lieues en mer et servait de phare aux matelots, disparut en entier au milieu d'une violente éruption , et un lac , qu'on y voit aujourd'hui , occupa sa place : preuve que ces eaux existaient antérieurement dans les cavités de son massif.

Une autre preuve péremptoire , mais plus étrange , de la pénétration des cavités volcaniques par les eaux de la surface , c'est que , dans les éruptions du Pérou , il arrive fréquemment que leurs eaux bourbeuses sont remplies d'infusoires et de petits poissons dont l'espèce vit dans les lacs voisins ^ . Voilà donc un vivant témoignage sur le voile encore mystérieux des eaux souterraines. Or, si les torrents de feu, qui semblent propres aux volcans de la Méditerranée , sont un des plus grands problèmes de la science , les torrents d'eau qui accompagnent de préférence les volcans Javanais et Américains, ne soulèvent-ils pas une question également surprenante et tout aussi digne de fixer l'attention du monde savant ?

C'est ce dernier problème que nous voudrions éclaircir, bien qu'il nous semble déjà résolu par le fait évident d'innombrables cours d'eau

' La quantité de ces poissons a été parfois assez considérable pour occasionner des maladies épidémiques par leur putréfaction. (Beudant , Géologie^ p. 56.)

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