XLV
et réservoirs souterrains , et par la tendance irrésistible des eaux de pluie à communiquer, par les fissures terrestres et à des profondeurs insondables , avec le grand réservoir des mers. Parvenue cà ces profondeurs , Teau se trouve déjà chauffée par la chaleur normale du globe; vienne alors Téruption d*un foyer inférieur ou latéral , et cette eau, bouillante, se vaporise , et , sous Tincalculable effort de sa pression , soulève et boursouffle la croûte terrestre. C'est ainsi que des montagnes d'origine ignée, ayant été formées vides , se maintiennent souvent boursoufflées comme l'auraient fait des échaudés volcaniques.
Ajoutons • que , dans ces phénomènes et dans mille autres , ce sont presque toujours des eaux douces qui font ainsi leur apparition. Il est dès- lors bien évident qu'elles proviennent de la part des eaux pluviales , soustraite à l'évaporation atmosphérique et aux écoulements superficiels.
Telle est , en un mot , l'abondance , la profondeur et la puissance des filtrations dans les cavités du globe , que certains géologues attribuent à la seule vaporisation de ces eaux par la chaleur centrale , tous les effets des volcans , tremblements de terre , sources thermales ou minérales , et fumaroles de tous genres. Quoi qu'il en soit des diverses causes des phénomènes volcaniques et de la part qu'y jouent les cours d'eau souterrains , l'existence de ceux-ci, ni leur grand nombre, ni leur importance , ni leur provenance des pluies terrestres , ne peuvent être révoqués en doute. On s'est occupé , avec beaucoup de succès , de leurs gisements, pour la question des puits artésiens ; le hasard en a fait également découvrir dans la poursuite des richesses minérales ; et comme chaque année en augmente rapidement la connaissance , il n'en devient que plus indispensable de coordonner les notions relatives à un tel sujet.
L'hydrologie souterraine n'est d'ailleurs qu'une branche de la science, destinée à monirer qu'aujourd'hui encore l'eau joue un rôle égal à celui du feu , et qu'au lieu d'êlre contraire à cet élément dans les vues de la Création , elle concourt pleinement avec lui dans la triple opération du relief des montagnes , des soulèvements sous-marins et des cordons littoraux. Au lieu donc d'insister sur l'ancien antagonisme de l'eau et du feu , c'est leur accord qu'il faudrait faire ressortir, et c'est ce que les volcans