‹ Géologie pratique de la LouisianeChapitre 24 sur 60 · XLVIII · texte numérisé non relu

XLVIII

quand ils s'alimentent aux réservoirs alpestres des neiges éternelles , ils glissent sur les pentes des terrains primitifs , disparaissent dans leurs cavités volcaniques; ou bien, passant à travers les couches soulevées des formations postérieures, ils pénètrent jusqu'aux plus grandes profondeurs. C'est dans ce cas surtout qu'ils doivent aboutir à la mer et y produire des effets proportionnés à l'élévation de leur point de départ.

Agissant alors par des pressions de plusieurs milliers de pieds , ils forcent leurs eaux de sortir par le côté où elles éprouvent le moins de résistance. Une presse hydraulique de ce genre est capable d'entr'ouvrir le flanc des montagnes et d'en faire éclater des masses de rochers. Mais quand cetle pression s'exerce en dessous des terrains stratifiés et désagrégés et aboutit réellement jusqu'à la mer, des effets plus prodigieux encore et proportionnés, à cette profondeur doivent en résulter. De là bien des soulèvements sous -marins, surtout quand ces eaux, vaporisées par la chaleur ceptrale , arrivent à faire explosion. Dans le cas de leur écoulement naturel et direct , on devine aussi quels dépôts calcaires , argileux ou arénacés , se forment rapidement autour de leurs orifices , le plus souvent disposés selon des lignes de dislocation parallèles au littoral.

D'autres fois le travail des eaux souterraines est beaucoup plus lent , car elles n'arrivent que par filtrations. Néanmoins , elles entraînent des sables , des argiles , des matières calcaires et autres dont elles se chargent dans leur cours. Alors , sous la pression des eaux salées , qui contrebalance en partie celle de leur colonne continentale , tous ces matériaux se déposent sur les bords des ouvertures sous-marines. Or, qu'en résulte-t-il encore après des milliers d'années de ce travail successif, sinon des hauts-fonds , puis des bancs oii se fixent les crustacés et les madrépores ; enfin , dés îlots qui se recouvrent de végétation et s'accroissent rapidement de tous les relais de mer ?

Telle est sûrement , sinon la principale , du moins une des causes de la formation des cordons littoraux , qui ont dû plus ou moins commencer aux débouchés des suintements ou courants souterrains. Cette idée , parfaitement rationnelle et déjà justifiée par les faits, trouvera sa complète vérification dans les phénomènes en cours de développement sur les bords

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