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Dvrait pas un équivalent de ce que Tévàporation lui fait perdre de ses »eaux fluviales et pluviales ; mais d'après les faits qui précèdent, il est «évident qu'on a conclu en sautant par -dessus les difficultés, et que »la question réclame beaucoup plus d'attention qu'on ne lui en a donné «jusqu'ici *. »
^ Les écoulements sous-marins doivent donc entrer en ligne de compte « , et c'est pour les avoir négligés que tous les calculs relatifs aux eaux de la Méditerranée sembleraient à refaire. Telle est la conclusion indirecte mais évidente de l'amiral Smyth , qui se met aussitôt lui-même à refaire les supputations de Halley sur les forces de Tévaporation appliquées à la superficie de cette mer. Or, quelle est son autre conclusion à cet égard ? C'est que le célèbre astronome anglais reste ici bien au-dessous de ce qu'il aurait pu faire, et au milieu de «ses beaux calculs se trouve pris en flagrant délit de sonmolence.
1 p. lis. The Mediterranean y a memoir physical, hiatorical and nautical, by rear-admiral W. H. Smyth (London, 1854).— Voir aussi l'article de la Revue des Deuos-Mondes , où M. Babinet a si bien fait apprécier ce bel ouvrage.
^ Idenif p. 142. Après avoir parlé des sources jaillissant dans les eaux salées du littoral, et des eaux douces qu'on rencontre partout auprès de la mer dans les rivages sablonneux, Tamiral touche, en note, une nouvelle série de faits: ce sont les ébullitions et émissions de gaz par des fissures sous-marines près des régions volcaniques ; et il ajoute qu'il en parle , quoiqu'elles ne rentrent pas exactement daris le même ordre d'idées Or. j'en demande pardon à Tillu^tre amiral ; car ces fissures prouvent, en pareil cas, comment les forces volcaniques ont contribué à faciliter et multiplier les issues et les écoulements , non-seulement près du littoral où il les a si bien remarquées , mais au fond des mers, où les courants d'eau douce doivent presque toujours rester inaperçus.
À l'appui de celte opinion et des considérations présentées au début de notre Hydrologie sous^ marine t nous rappellerons les catavothrons , si nombreux dans les terrains crétacés delà Grèce, et dont plusieurs débouchent en pleine mer : ainsi , le lacGopaïs, qui ne doit qu'à de pareils écoulements de ^ point submerger la Béotie. Or, voici le rôle que, dès la plus haute antiquité, y jouaient les forces volcaniques; c*est Strabon qui nous le fait ainsi connaître : « Il y arrive souvent, dit -il, «d'afi'reux tremblements de terre qui bouchent ici les issues souterraines, tandis que là ils en ouvrent »de nouvelles... Tantôt des canaux cachés entraînent les eaux courantes sous la terre, tantôt des B éboulements superficiels les forcent à se répandre en marais et en lacs... Voilà pourquoi l'on trouve ■ ici des villes placées près d'un lac , lesquelles autrefois n'en avaient point dans leur voisinage. Quel- «quefois aussi des villes, menacées d'être englouties par la crue des eaux, ont été abandonnées, et «les habitants en ont bâti de nouvelles sous les mêmes noms, i (T. XII, p. 359 de la Géographie universelle de Malte-Brun, corrigée et complètement refondue par M. E. Cortembert. Paris, 1859.)
Qu'on se figure maintenant la série de phénomènes semblables qui ont fait surgir tant d'Iles volcaniques dans le voisinage des continents, et l'on aura une idée des conduits souterrains et sous marins qui permettent aux eaux pluviales de s'écouler dans les bas-fonds océaniques.
On voit donc une fois de plus , par cet exemple * , tout ce qui est à faire en hydrologie , puisque les données fondamentales de Tévaporation n'y sont encore que des inconnues. Ceci nous ramène au point de départ de cette science , c'est-à-dire à la nécessité d'un système hydrométrique et au moyen de l'établir par l'emploi des tables d'évaporation. Tant que cellesKîi feront défaut , c'est en vain qu'on traitera de la distribution des eaux de pluie , soit dans les bassins maritimes , soit sur la terre-ferme , puisqu'on n'en peut déterminer, ni la part rendue à l'atmosphère par les forces évaporantes , ni celle retournant à la mer par la double voie des écoulements superficiels et des écoulements de fond.
PROBLÈMES DONT l'hYDROLOGIE DONNE OC PRÉPARE LA SOLUTION.
Après avoir esquissé le rôle et démontré l'importance des eaux souterraines et sous-marines , il convient de tirer des notions ainsi acquises quelques conséquences d'un intérÊt scientifique plus général. Je me bornerai , pour le moment , aux déductions applicables à l'étude des terrains peut-être les plus négligés , et appartenant , soit aux temps modernes , soit aux périodes anciennes : je veux parler des formations d'eau douce , dont un si grand nombre, maintenant à sec , ont été d'abord sous-marines et déposées par des sources calcarifères , ferrugineuses et autres , tantôt près des rivages , tantôt au sein des mers primitives.
Pour reconnaître ces anciennes formations , on peut infailliblement se guider par celles de nos jours qui ont une origine semblable. On sait , par exemple, comment certaines sources écartent et rejettent sur leurs bords , en jaillissant , les sables d'où elles sortent ; comment d'autres aussi, chargées de matières agglutinantes , accumulent les concrétions autour de leurs orifices. Tantôt ces concrétions s'exhaussent, jusqu'à ce que le conduit des eaux sédimentaires se bouche par un excès de matières
1 Les Mémoires de Halley sur l*éyaporation maritime sont imprimés dans les Philosophical TVofMaetions el dans le furemier volume des Miseellanta otirtOM.
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entraîoéeB; tantôt la hauteur même de Tascension , ne permettant plu» à la source de s'élever, la fait s'échapper latéralement et produire à Tentour d'autres dépôts semblables aux premiers. Quand la source jaillit sous mer, c'est encore la répétition des mêmes phénomènes , les portions des couches souterraines entraînées ne pouvant s'y déposer autrement que nous le voyons sur la terre-ferme. Or, dans tous ces cas , ces formations ont des caractères distinctifs, qui , une fois observés , ne permettent pas qu'on les confonde avec d'autres. Ainsi, leurs orifices ressemblent tous à des cratères , et leur exhaussement par des dépôts successifs en fkit autant de cônes tronqués. L'origine en est d'ailleurs facile à reconnaître, au -dedans par leurs couches irrégulières et concentriques, au -dehors par l'isolement qui les détache des terres environnantes. Ajoutons que ces formations, se produisant où jaillissent les sources, se rencontrant le plus souvent au thalweg des collines, aux pieds des grands plateaux.
Tous ces caractères devront maintenant se retrouver dans les anciennes formations analogues dont nous avons à nous pendre compte. Et d'abord , si on les a méconnues , c'est parce qu'on les confondait avec des terrains sans rapports avec elles^ sauf une ressemblance toute extérieure , celle de l'élévation et de l'isolement. Cette ressemblance provient de ce que la dégradation et l'entraînement des terres autour d'un point qui reste intact , en font aussitôt un point culminant et créent une élévation. De& buttes , des collines , des montagnes sont ainsi résultées de l'érosion des grands courants diluviens , qui les ont taillées dans le niveau des plaines tertiaires , et les ont laissées comme témoins de l'état antérieur du soL Ëh bien I c'est parmi les terrains de ce dernier genre que les concrétions et dépC;ls des sources ont été classés le plus souvent , considérés, qu'ils étaient comme des hauteurs formées par dénud&tion. Il impor,tait cependant , et il était également facile de lest distinguer par leui*â cardxitères intrinsèques^ Car, ces hauteurs se form^at^lles de couches parallèles puissamment stratifiées, il est évident qu'elles ont fait partie d'un vaste ensemble, et sont les restes de grands dépôts disparus. Sont-elles , au contraire , irrégulières , sans parallélisme , concrétionnées et avec des aspects concentriques , il n'est pas moins évident que leur formation a été locale , et s'est développée autour d'un ou plusieurs centres ,