LXV
portionnés à ceux des courants qui lavaient et remaniaient alors toute la surface du globe ?
Rien , à coup sûr, ne serait plus illogique que cette conclusion ; il faut donc la repousser comme incompatible avec la vraie répartition des pluies dans leur retour, soit apparent, soit caché , au réservoir des mers. C'est ce qui nous a fait admettre , comme un des principes fondamentaux de rhydrologie , la constante corrélation existant entre les eaux souterraines et les eaux superficielles , celles-ci n'ayant pu croître en puissance, sans que les autres n'en fissent autant de leur côté. Quant aux forces de Tévaporation , aidées qu'elles étaient par les courants aériens et une plus haute température du globe , elles suivaient évidemment la même loi , pour maintenir la circulation des éléments liquides.
Ceci posé , en voici la conséquence pour l'étude des formations provenant, par exemple, des sources diluviennes. Grâce à la température d'alors beaucoup plus élevée que celle de nos jours, favorisées d'ailleurs par des émanations gazeuses plus abondantes , les eaux souterraines devenaient rapidement thermales et acides. Or, comment auraient-elles passé à travers les crevasses terrestres, sans les corroder, sans y former d'immenses vides? De là tant de cavenies dont l'étendue ne doit plus nous surprendre, puisqu'elle était tout simplement proportionnée aux effets de l'érosion superficielle. Celle-ci dénudait et ravinait les terres élevées au-dessus des mers , détruisait l'uniformité des anciennes plaines , les découpait en collines et en vallées , en côtes et en bassins , et , tout en creusant les lits des fleuves modernes , elle entraînait des amas sédimentaires qui préludaient à la formation des deltas. Eh bien ! durant tous ces phénomènes et en corrélation avec eux, l'érosion souterraine rivalisait avec son émule; et, après avoir formé d'innombrables excavations , elle se produisait au-dehors en y accumulant les matériaux dont elle s^était chargée ou saturée.
C'est alors que des courants calcarifères , gypseux , ferrugineux et autres, jaillissant à travers les fentes d'un sol bouleversé, déposèrent, à leur sortie , les amoncellements qu'on a pris souvent , de nos jours , pour des buttes ou collines formées par dénudation. Chaque période géologique en a eu du même genre , et méconnus de la même manière.