VI
Cette confusion a été surtout regrettable pour 1^ vallée du Mississipi , où les falaises riveraines , et celles bordant le contour de Taîstuaire primitif, sont presque uniquement considérées comme restes de dehns antérieurs , emportés ou remaniés par les courants diluviens. Ces falaises {écors ou bluffs^ comme on les appelle) auraient dès-lors été formées par dénudation. Mais c'est là précisément la question à examiner : ce que nous ferons , quand nous aurons terminé Tétude des terrains sédimentaires de la Louisiane.
Quant aux dépôts sous-marins accumulés près des rivages ou dans les profondeurs océaniques , il était difficile qu'ils sortissent aisément reconnaissables du milieu, où ils avaient été formés. Bientôt, en effet, ils durent perdre , avec leur élévation primitive , leur aspect conique et cratériforme , lavés qu'ils étaient par les vagues et les tempêtes ; puis de nouveaux relais de mer, se superposant à ces terrains aplanis , produisirent le phénomène des formations d'eau douce , si souvent intercalées parmi des formations marines.
Cette intercalation a été maintes fois expliquée par des soulèvements et abaissements successifs de la terre-ferme. Mais il serait tout aussi simple et souvent mieux fondé d'en demander la cause aux dépôt» formés par les irruptions d'eau douce. Qui peut douter, par exemple, que l'irruption sous-marine de Kcy-West^ comparée par tous les témoins oculaires à l'entrée du Mississipi dans le golfe du Mexique , n'ait laissé autour de son orifice un immense atterrisseraent fluviatile, que recouvrent maintenant de nouveaux sables marins? Or, ce qui a lieu de nos jours * sur de telles proportions , ne laisse pas douter que les dépôts d'eau douce ne fussent bien supérieurs durant la période diluvienne. Chaque période géologique a eu d'ailleurs les siens propres, et il importe à chacune d'elles de pouvoir les déterminer : d'où l'on voit maintenant ce que la science réclame , et d'où lui viendra la clarté nécessaire à ses progrès. C'est à l'hydrologie de mettre fin à cette longue confusion et dissiper à cet égard l'obscurité répandue dans l'étude des terrains anciens. Ses principes y seront un vrai flambeau pour aborSer les mystères de la géologie. Une voie nouvelle est donc ouverte , où les découvertes ne sauraient se faire attendre. Le pressentiment en devient général, et déjà l'École des géo-