LXVII
logiics Belges y a planté d'importants jalons par la valeur qu'elle a reconnue aux terrains tufacés ou geysériens * .
L'étude de ces dépôts , où l'action chimique des eaux souterraines a joué le rôle principal , ne devra point faire oublier ceux résultant seulement de leur action mécanique : ainsi , les dépôts arénacés ou argileux formés par déversement à la sortie des orifices. Comme les formations tufacées, ceux-ci se distinguent également des terrains, soit plutoniques, soit neptuniques ; ils en sont aussi les intermédiaires , et c'est à ce titre que leur véritable classification ne saurait manquer de croître en valeur.
Les calcaires tufacés, si fréquents dans l'Inde où on les nomme kunkuTy semblent presque tous le produit de sources calcarifùres , comme celles qui, de nos jours , y empâtent tant de cailloux roulés et en font des conjçlomérats. Des tufs semblables existent aussi dans l'île de Java, et y sont actuellement déposés par des sources minérales. Quant à celles de THindoustan , leurs dépôts ont été formés sur une échelle immense , et l'on ne peut s'en expliquer l'étendue que par l'abondance des sources diluviennes, la plupart thermales, et bien plus chargées d'acide carbonique et d'alcali que les eaux de la période moderne «. Les bancs qui se trouvent à l'entrée du Gange ou du Mississipi et y forment les fonds durs , dangereux pour les navires , indiqueraient , à leur tour, les traces d'anciens courants d'eaux minérales qui en ont solidifié les matériaux. Tous ces exemples et raille autres viendront augmenter l'importance des terrains concrétionnés , tufacés ou geysériens , c'est-à-dire formés chimiquement de substances métallifères ou lithoïdes , tenues en solution dans les sources , comme elles le sont aujourd'hui dans les geysers d'Islande.
1 M. D'Homalius d*lIalIoy, dans son Abrégé de géologie (Paris, 1853, p. 250 et 283), distingue fort bien les dépôts formés par Taction mécanique des eaux répandues à la surface terrestre , et ceux formés par l'action chimique des eaux qui sortent du sein de la terre. C'est à cette dernière cati^gorie qu'il applique le nom de tufacé^ pour en désigner les formations qui sont réellement distinctes de toutes les autres.
Voyez encore la Note sur la division des terrains en trois classes , d'après leur mode de formation , et sur remploi du mot geysérien pour désigner la troisième de ces classes, par M. Dumont. (Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 1852 , T. XIX, 2» part., p. 18.)
^ Voir p. 3U, Géologie du voyage de la Bonite, par M. E. Chevalier, lieutenaDt de vaisseau.
( Lxvm )
Quant au groupe de dépôts résultant des alluvions entraînées et dégorgées par les eaux souterraines ou sous-marines , il a été le plus méconnu de tous, et je ne sache point qu'on y ait jamais fait allusion. Cependant les îles et monticules de boue , produits par le même mécanisme , aux bouches du Mississipi , nous montrent chaque jour l'importance de cette subdivision. Leur formation est incessante, et comme on en peut suivre tous les développements , elle facHitera d'autant mieux l'intelligence des formations analogues durant les anciennes périodes. La seule diJRférence propre à ces dernières, c'est que les dépôts des eaux, infiltrées et engouffrées, y correspondaient en nombre et en importance à la supériorité d'entraînement et de dissolution des fleuves superficiels. Il ne faudrait donc pas mesurer ces anciens dépôts aux faibles proportions de leurs analogues modernes , mais au contraire nous servir de ceux-ci , pour aller, par voie d'induction , à la découverte des autres et leur assigner enfin leur véritable place.