LA FORMATION PE LA BASSE -LOUISIANE
Du cordon littoral de la Louisiane, et de ses caractères dans la région Sud-Ouest. — Tremblement de terre de la Nouvelle - Madrid , et phénomènes qui raccompagnèrent. — Côtes sableuses éjectées de crevasses; cavités circulaires et absorbantes. ->- Présence des forces hydro-tbennalcs , et leur action considérée comme principe des volcans aqueux. — Les mêmes phénomènrs se retrouvent agrandis dans le Sud - Ouest du grand delta. — Leur exploration dans la région des Attakapas. — Orange Grave produit par un soulèvement volcanique. — Les mornes de PelUe An$e sont un type complet des volcans aqueux de la Basse «Louisiane. — Belle- IsU et son propriétaire, le docteur Brashear. — Côte-Blanche le point le plus ancien du littoral. — Grand'- Côte autre type des mêmes soulèvements volcaniques. — Affaissement du sol environnant. — Rondi-pomts boisés rappelant les Mud-lumps du Mississipi. — Lacs' ronds et côtes de soulèvement témoignant des forces hydro-thermales. — Contour général de Taestuaire
Nous voici sur les bords du Tèche, dans le Sud-Ouest du dfilta primitif; mais ne croyez pas que je perde de vue les bouches ni les rives modernes du Mississipi. C'est, au contraire, pour y revenir une dernière fois et à coup sûr, que je fais ce grand détour , et vais vous entretenir des forces hydro-thermales et volcaniques qui ont pris part à la formation de la Basse-Louisiane. Leur intervention est restée jusqu'ici inaperçue; c'est d'elle pourtant qu'est résultée une modification profonde dans la base du vaste œstuaire , dont l'atterrissement nous offre un sujet d'études si variées. Cette base s'est déviée du nord-ouest au sud-est; ce qui a déterminé dans le même sens la déviation du Mississipi, et en a fait un des traits les plus saillants de son delta.
Revenons maintenant aux cordons littoraux, dont la présence atteste d'ancieoaiss démarcations entre le domaine des eaux douces et celui des eaux salées , et dont le rôle géologique est de Bxer en certaines limites, soit les alluvions fluviales, soit les relais de mer. C'est dans l'espace compris entre ces barrières maritimes et la terre-ferme , que se sont formés les Pays-Bas de la Hollande, les plaines de la Lombardie et de la Vénétie , la Basse-Égyple , et ajoutons la
Basse -Louisiane. Par suite du progrès des alluvious, ces limites sont, à leur tour, dépassées par la terre-ferme. Mais en même temps, et c'est le Mississipi qui en offre peut-être le meilleur exemple, de nouvelles barrières sousmarines se préparent , tantôt par des cônes de soulèvement , tantôt par des cônes de déjection. Or, quelles qu'en soient les causes, dont les principales nous semblent appartenir à l'action des eaux souterraines , ce sont ces nouveaux cônes qui , en favorisant l'action sédimentaire , occasionnent les bas-fonds , où les âables s'accumulent ensuite par l'effet des marées , des vents et des tempêtes. Ainsi se forme un second cordon littoral, en attendant qu'un troisième et un quatrième s'élèvent à leur tour, pour assurer le développement ultérieur du delta. Des cônes d'éruptions ignées, souvent restés sous les flots, servent également de points d'arrêt et d'attraction aui atterrissements qui nous occupent. D'autres fois, enfin, ce sont des volcans aqueux, dont les mornes s'aligiîent avec la même destination , suivant un tracé plus ou moins parallèle au rivage.
Ce dernier genre de cordon littoral est précisément celui qu'on observe entre la mer et les bords du Tèche , sur la portion de la Louisiane qui , du bayou Vermillion, aboutit au débouché de l'Atcbafalaya . Une série de hauteurs surnommées Millef's hland, Marsh hland, Week's Island, Côte-Blanche et Belle-Ile, s'y élèvent comme des lies, ainsi que leur nom l'indique, au-dessus de cette région basse et aplatie. La formation en est essentiellement distincte de celle des terres environnantes , et de plus ces îles semblent entre elles d'un caractère parfaitement identique. Enfin , la carte me les montrait sur le même alignement : c'était plus qu'il ne m'en fallait pour leur faire une visite.
Entre le Tèche et le Vermillion , commence un autre alignement de formations non moins curieuses. Ces dernières se dirigent du sud au nord, à la différence des précédentes qui vont du sud-est au nord-ouest. L'un et l'autre se joignent à la Côte- Gelée; et de leur ensemble résulte un enchaînement de phénomènes assez analogues , mais différents entre eux par leur date respective et l'intensité des causes qui les ont produits. C'est pour l'intelligence de ces diverses formations qu'il ne faut point oublier les Ilots et monticules de boue , soulevés si fréquemment aux bouches du Mississipi , et au sommet desquels jaillissent des sources à orifices cratériformes. Les dépôts boueux qui
en sortent , amenant à la longue des excavations , nous ont aussi expliqué les effondrements où disparaissent certains de ces ilôts. Eh bien! cette histoire des Mud-lumpê est à certains égards celle des soulèvements et affaissements , produits sur une échelle bien supérieure dans la région qui nous occupe. Ces derniers phénomènes nous sont en outre indiqués par un événement tout moderne , accompli dans le bassin supérieur du Mississipi , et dont les effets n'ont pu manquer d'avoir des analogues sur les bords du golfe du Mexique.
Avant Tannée 1811 , la région riveraine de la Nouvelle*Madrid était déjà couverte de plantations , qui s'étendaient des bords du fleuve jusqu'à la région intérieure et plus élevée des prairies. En décembre de la même année , un formidable tremblement de terre détruisit les villes de Laguayra et Garracas dans l'Amérique du Sud ; et en même temps qu'il était violemment ressenti dans la Caroline, il bouleversait, sur les bords du Mississipi, le territoire que nous venons d'y mentionner. Les secousses y furent accompagnées de bruits sourds et lointains , et dans un rayon de 1 5 à 20 milles , cette terre haute fut soudainement affaissée et inondée, puis soulevée pour s'affaisser encore. De nombreuses crevasses la sillonnèrent du sud-est au nord-ouest ; et il s'y forma une multitude de petits lacs, parmi lesquels celui de Réel foot lake se distingue encore de nos jours par ses fonctions absorbantes. La Nouvelle-Madrid ne s'enfonça que de quelques pieds sur les bords du Mississipi ; mais au-delà des marécages qui venaient de l'entourer d'une manière si étrange , le terrain se releva considérablement et comme par un effet de bascule.
Deux genres de phénomènes, que nous allons retrouver dans la Basse- Louisiane, accompagnèrent cette catastrophe mémorable. Ce furent, d'abord, des côtes sableuses formées le long des crevasses , d'où elles semblaient s'être élancées avec les eaux nouvellement répandues sur le terrain. En second lieu, de nombreuses cavités circulaires se produisirent aux lieux mêmes des principales éjections boueuses ; tandis que sur les bords de l'Ohio , et en rapport avec la perturbation des rives du Mississipi , se formait un bassin d'effondrement de plus de cent pieds de diamètre. Les arbres les plus élevés disparurent dans celui-ci, et l'eau, dont il se remplit alors, continue à y trouver de nos jours son écoulement. Ces diverses cavités , semblables aux sink holes du calcaire Missourien , étaient comme eux , en entonnoirs , mais à formes beaucoup plus régu-
Hères 1. Depais lors, ayant perdu leur profondeur par le lavage et réboulement des terres, elles se sont transformées en lacs ronds: or, ces lacs représentent parfaitement maintes dépressions du sol , qui existent dans le sud-ouest de la Louisiane; de même que les masses et les crêtes de sables , dégorgées à travers les crevasses de la Nouvelle-Madrid , correspondent aux plateaux sablonneux et autres phénomènes de soulèvement de la même région.
N'oublions pas enfin , parmi les détails de ce tremblement de terre , la haute température des eaux répandues à la surface du sol , ni surtout la multitude de petits monticules brCllants qui apparurent sur la rive opposée à la Nouvelle- Madrid. Quand des branches d'arbres ou des morceaux de bois y étaient mis en travers, la combustion les coupait en deux; ce qui fit croire généralement que les commotions du sol étaient dues à quelque action des feux souterrains ^ .
D'après ces derniers faits, la catastrophe de la Nouvelle-Madrid pourrait en partie s attribuer à un foyer volcanique , qui aurait perdu sa force d'explosion par la multiplicité de ses fuites latérales. Qu'on ne se méprenne point toutefois sur la nature de ce foyer; car il n'en sortit guère que de l'eau, des vapeurs aqueuses, et sans doute aussi du gaz hydrogène résultant de la décomposition de ces vapeurs à travers des couches calcaires 3. Ainsi, la chaleur centrale, à la différence des paroxysmes formidables où elle se manifeste par des produits ignés , ne s'est fait reconnaître , à la Nouvelle-Madrid , que par des produits d'une origine essentiellement aqueuse.
Quant aux phénomènes de dégorgement et d'absorption , quant aux crevasses du sol et aux crêtes sableuses de 1 à 12 pieds de haut qui en étaient sorties , l'analogie nous fait déjà concevoir que d'autres, bien plus considérables, ont pu se produire aussi dans la Basse-Louisiane. Ces nouveaux phénomènes s'y retrouvent en effet presque à chaque pas dans le sud -ouest, où nous les avons déjà
1 L*ingénieur M. Bringier in*a confirmé de vive voix tous ces détails, dont.il fut le témoin oculaire. Son témoignage a d'ailleurs été reproduit par M. Charles Lyell, dans sa description du tremblement de terre de la Nouvelle Madrid ( T. II , p. 175. Second mit to the United States).
^ Ces faits importants sont mentionnés dans la relation d'un autre témoin oculaire , et publiés dans les Mémoires de l'Institut Smithsonien , 1858, p. i21.
s On sait que dans ce cas l'oxygène s*unit an carbonate 'de chaux ; ce qui dégage Thydrogëne, Tun des corps dont la combustion produit la chaleur la plus intense. C*est ce dernier qui doit jouer un très-grand rôle dans plus d'un phénomène volcanique.
signalés. Ils commencent aux bords même da golfe de Mexique , domineot à la fois les bayous Tèche et VermiUioo , et s'étendent jusqu'à la Rivière Rouge , d'où ils remontent le bayou aux Bœufs* parallèlement au Mississipi , comme une chaîne intermédiaire entre ce fleuve d'un côté , et de l'autre les hauteurs de la Sabine et du Washita . Ces phénomènes sont de quatre sortes : des lacs ronds, des ronds -points boisés, des côtes de soulèvement, enfin des mornes avec cratère et autres indices de volcans aqueux. Comme les plus remarquables dans chacun de ces genres se trouvent réunis dans le district des Attakapas et des Opelousas , sur la limite occidentale du grand delta , c'est là qu'il convient surtout de les étudier, et c'est ce qui nous ramène à l'examen des élévations insulaires dont il a été question.
La première de ces élévations , Miller' s Island, dite aussi Orange Grove à cause de ses nombreux orangers , est un plateau qu'on monte , par degrés insensibles, jusqu'à 35 pieds environ au-dessus du niveau des prairies d'alentour. Â ce point culminant , le plateau s'arrête tout-à-coup au-dessus d'un petit lac, et sur ses flancs abruptes je distinguai très-nettement trois sortes de terrains soulevés. Le premier est une couche de sol végétal, où dominent les détritus des plantes propres à cet emplacement insulaire ; le second est un amas de sable menu, gris et terreux; le troisième et le plus bas, que j'observai dans un endroit découvert presque au niveau du lac, est rempli de graviers quartzeux des plus purs , dont les arêtes en partie saillantes attestent que , n'ayant pu être roulés long-temps par les eaux fluviales , ces menus fragments de cristal de roche ne proviennent point de contrées fort lointaines.
Vis-à-vis ce même banc quartzeux , le lac , à demi comblé par le temps , est profond de 1 5 à 20 pieds : maximum de sa profondeur , qui précisément correspond à l'escarpement le plus abrupte de la butte et montre bien quelle n'est que le produit d'un brusque soulèvement. Nul doute aussi que le lac ne soit l'ancien cratère de cette explosion volcanique qui a mis à nu le fond , probablement, d'un ancien fleuve , dont la limpidité est attestée par la pureté des sables qu'il entraînait. Entre ce lit fluvial et les fleuves si boueux de la période moderne , il n'y a que 20 à 30 pieds de séparation ; mais combien de milliers d'années représentent -ils , sur cette limite intérieure du grand aestuaire ?
Marsh Island, plus connue sous le nom de Petite Anse, est le produit d'an autre phénomène volcanique. Ses mornes, beaucoup plus importants ^\i Orange Grove, sont aussi bien mieux caractérisés par un lac central intarissable, au fond d'un cratère de soulèvement, large d'environ 300 mètres. On dirait un vaste entonnoir, mais ébréché et ouvert seulement au nord , côté de Téruption , où j'ai précisément trouvé le lit d'un bayou tout recouvert de menus débris d'un calcaire argileux. Ces débris lissés et amorphes, qui appartiennent à des roches très-anciennes , portent la trace évidente de leur corrosion et remaniement par des eaux thermales et acides ; d'où l'on peut inférer la nature et la force de l'explosion, qui les a fait jaillir des profondeurs du golfe.
En montant les rebords du cratère, j'aperçus, à l'ouest, des sables d'un rouge-pâle, coupés sur une inclinaison de 25 degrés par un lit quartzeux de 8 à 10 pouces d'épaisseur. Je me rappelai aussitôt les graviers à* Orange Grove, vers lesquels ceux que j'avais sous les yeux se trouvaient précisément inclinés. Ceux-ci étaient pourtant plus gros, et beaucoup plus variés en couleur. JTy remarquai , en outre , quelques pierres dures susceptibles d'être utilisées par la joaillerie. Vers la pente-sud du cratère, un massif d'argiles rougeâtres, comme le bassin de la Rivière Rouge n'en a pas de plus colorés , me parut plonger sous le lac et supporter toutes les autres couches. Celles qui le surmontent sont pâles et sableuses, et elles le recouvrent déjà de leurs éboulements. En remontant vers l'est , je remarquai des sables blancs comme ceux de la Sabine ou de Côie-Blanche, dont nous aurons bientôt à parler. Continuant du même côté , j'arrivai au point culminant des crêtes du cratère; elles s'élèvent à 160 pieds environ au-dessus du niveau du golfe, et c'est de là qu'on se fait une idée parfaite de Petite Anse, dont la superBcie insulaire comprend plus de 2,000 acres. Dans cette rapide excursion , je ramassai de l'oxyde de fer, du grès ferrugineux , des débris organiques , et un fragment de granit rose , dont la provenance me sera plus tard facile à retrouver.
Descendant enfin les mornes vers le sud -est, à travers les ondulations et les boursoufflements du sol , témoignages de l'ancienne commotion volcanique, j'arrivai aux sources salées, qui manquent rarement de se rencontrer dans le voisinage des volcans. Ces sources, malgré leur faible salure, ont été exploitées au commencement de ce siècle, quand la guerre empêchait l'arrivage à bon
marché des sels étrangers ; et j'y vis de vieilles chaudières oii cette denrée se fabriquait alors au prix d'un combustible énorme. Le rapprochement de ces sources salées et du volcan de Petite Anse s'explique d'autant mieux ici , que ce volcan , quand il fit sa première explosion , était bien plus rapproché de la mer, s'il n'y était entièrement. Communiquant donc avec le grand réservoir des eaux salées, et alimentée par des fissures sous-marines, la chaudière volcanique n'eut besoin d'aucun combustible pour produire des masses de sels. Celles-ci durent se disperser confusément dans les terrains d'alentour; et c'est de là que les eaux de pluie, en les dissolvant peu à peu,, les ramènent à la surface du sol sous forme de sources salées.
Une question s'offre maintenant : celle de l'âge de Petite Ame. Ses couches argileuses ou sableuses, comme ses graviers quartzeux, appartiennent d'abord au diluvium le plus moderne. Les matériaux qui la forment ne remontent donc pas au-delà de la période quaternaire ; mais l'époque de leur mise à jour et de leur soulèvement est infiniment plus récente. C'est ce qui récite de la position des débris de calcaire argileux, corrodés et lissés par des eaux chaudes chargées d'acide carbonique. Cette position indiquerait qu'ils y ont été rejetés à l'origine même du volcan, et par une éruption aqueuse de date peu éloignée. Ils se trouvent, en effet, à seulement 3 pieds de profondeur, sous la couche d'argile bleue qui forme les basses terres autour de Petite Anse. Le témoignage de la dernière éruption n'est donc qu'à 3 pieds sous le sol actuel ; et c'est là un fait important pour en apprécier la date. Quant aux alluvions maritimes et fluviales dont se compose cette couche supérieure , combien d'années , combien de siècles a-t-il fallu pour lui donner ces 3 pieds d'épaisseur? C'est ce qu'il n'est point aisé de dire à présent, dans l'état naissant de la géologie Louisianaise. Néanmoins les éléments de cette question sont trouvés, et la solution ne saurait s'en faire attendre. Quant au fait même du volcan , dont l'origine aqueuse ne semble point problématique, il offre un spécimen complet des phénomènes de ce genre , et témoigne de leur intervention dans la formation de la Basse- Louisiane.
Voulant vérifier par moi-même ce que j'avais avancé à priori au sujet de la formation volcanique de Bellej-Ile, je devais m'y transporter de Berwick- Bay, le 22 mai 1859; mais son propriétaire, le docteur Brashear, m'ayant
prouvé que cette excursion exigeait plus de temps que je n'avais supposé, j'acceptai son hospitalité cordiale , et puisai dans ses entretiens des renseignements si précis, qu'une exploration personnnelle de Belle-Ile me parut superflue. Le docteur Brashear est un pionnier Kentuckien de 84 ans, grand observateur de la nature et encore aussi vigoureux de corps que d'esprit. Il possède l'tle en question depuis 1809, l'exploite depuis 1825, et si des renseignements à cet égard peuvent être exacts et complets , ce sont , à coup sûr, ceux que je lui dois.
Belle-Ile , comme on peut le remarquer sur la carte , s'élève au bord même de la baie de l'Atchafalaya , qu'elle domine d'environ 120 pieds de hauteur. De leur point culminant, distant d'environ 100 mètres du rivage, les trois collines principales qui forment ce massif insulaire se dirigent du sud-est au . nord-ouest, juste dans la ligne générale des autres buttes volcaniques. A la difl*érence du massif de Côte-Blanche ^ qui est presque circulaire, celui-ci est longitudinal. Il couvre environ 350 acres de terres cultivables, et par cette qualité du sol se distingue des terres environnantes , qui , marécageuses et salées, ne comportent aucune culture. Un bayou d'écoulement le contourne aux trois quarts ; et en aboutissant à un petit lac situé au sud-est de ce plateau , il indique nettement la dépression extérieure du sol résultant du soulèvement local. Du même côté, entre le lac actuel et les deux buttes principales, se trouve un autre fond de lac atterri , mais tellement boueux qu'une perche de 1 5 à 20 pieds de long s'y enfoncerait sans résistance. Cette dépression du ' terrain primitif y ferait supposer la présence de l'ancien cratère , s'il n'était plus rationnel de le placer du côté et en dessous de la plus grande élévation , par conséquent sur le bord même de la mer, dont il n'est éloigné que de 100 mètres. Le foyer du soulèvement aurait donc éclaté du sein des flots; et s'il n'y est point visible , c'est que l'action des marées et de l'atmosphère en a fait disparaître les traces sous les terres éboulées.
Quant au soulèvement lui-même, il est attesté h Belle-Ile par les diverses couches souterraines élevées à plus de 1 00 pieds de hauteur : d'abord , un premier sol végétal formé depuis l'éruption ; ensuite , des sables pareils à ceux qui distinguent le terrain de la Rivière Rouge; enfin, d'autres identiques h ceux des hauteurs de la Sabine : ce qui indique la provenance des uns
et des autres , et les diverses révolutions qui ont coopéré à la formation de cette partie da sol Loaisianais.
Vers le nord-ouest de Tile et au pied de la dernière butte, est une source que Ton crut d'abord sulfureuse , mais que le docteur Brashear a jugée arsenicale, en raison de Todeur d ail répandue par la vapeur de cette eau , quand on en jette au feu. Cette source sort d^une formation souterraine de calcaire grossier, dont Tétat atteste une complète perturbation. «En avez -vous «remarqué la stratification , demandai-je au docteur ? — Il n'y a aucune stratification visible , me répondit-il ; la roche calcaire y semble mise en pièces (crumbled to pièces) * . »
Cette dislocation du sous-sol se trahit encore tout à lenteur de Belle-Ile, et ^ dans les marécages qui Tavoisinent. On y rencontre, en effet, plusieurs sources calcaro-sulfureuses qui déposent des concrétions sur leurs bords , comme les White Sulphur gprings de la Virginie , et dont la boisson parait avoir des effets très-salutaires. D'autres filtrations y déposent de Voxyde de fer. Or, les unes et les autres ne peuvent ramener de pareils éléments à la surface , qu'à la faveur des fissures et crevasses du sous-sol résultant du soulèvement volcanique. La réalité de ce phénomène serait encore démontrée par la multitude de ces sources, qui toutes sont plus ou moins minérales. C'est ce qui prive Belle- Ile de sources d'eau douce , l'oblige de recourir à l'eau de citerne , et la distingue à cet égard des autres positions insulaires , qui sont , au contraire , favorisées sous le rapport des eaux potables.
Côte-Blanche est dans ce cas général , quoiqu'elle n'ait point de lacs intérieurs; et d'abord je regrette vivement de n'avoir ' encore pu la visiter. On la rencontre en quittant Belle-Ile , et suivant le littoral vers l'ouest. Le point culminant en est de 140 pieds au-dessus du golfe, et son massif insulaire comprend environ 1,600 acres, livrés presque entièrement à la culture de la canne à sucre. La surface en est généralement argileuse; mais le sous-sol, dit-on , n'est guère qu'un fond de craie mêlé de débris siliceux. Comme Belle-Ile,
1 Un dernier détail qui D*ett pas indifférent, c*esi que dans les diverses excavations faites à Be//eile , le docteur Brashear trouva une boule de i pouces de diamètre , dont l'intérieur était, disait-il , poreux comme de la pierre-ponce. II la prit alors pour un aérolithe; mais sans doute aujourd'hui la considèrera-t-OA plus volontiers comme le produit d*ane éruption volcanique.
Cdie-Blancbe est eniourée de terres basses , que recouvrent les marées extra* ordinaires, où dominent les argiles remaniées par la mer, et que lexcès de salure rend pour le moment incultivables. Son escarpement sur le golfe du Mexique est le plus abrupte de tous, et atteste la violence du soulèvement ou de Vérosion qui l'a produite. D'un autre côté, la blancheur de ses sables, qui sont identiques à ceux des hauteurs de la Sabine, et où n'apparaît aucune trace des terrains de la Rivière Rouge ni de ceux du Mississtpi , ne laisse guère douter qu elle ne fût primitivement un éperon des hauteurs en question, et selon toute apparence, le point géologiquement le plus ancien de ces côtes. Elle y fut remarquée par les premiers navigateurs, et désignée par les cartographes espagnols sous le nom de Cap Blanc et Cote-Blanche.
Grand'-Cote, qu'on rencontre en continuant à suivre le rivage d'est en ouest, est aussi nommée WeeUs Island du nom de son propriétaire. Elle contient 2,200 acres, et c'est la plus étendue des lies qui nous occupent. L'excursion que j'y fis , de la Nouvelle-Ibérie , se partagea en 9 milles par terre et 9 milles par eau . La première partie de la route traverse des prairies , dont le sol raffermi n'est guère qu'un détritus d'herbes marécageuses. C'est une tourbe mêlée d'argile couleur chocolat et très -sensible à la sécheresse, laquelle y occasionne, en été, des crevasses et fissures de plusieurs pieds de profondeur. L'aspect de cette région est celui d'une vaste savane livrée au pâturage. Quelques points isolés , vrais oasis couverts de bouquets d'arbres , y sont seuls livrés à U culture. Quoique le manque d'eau y fasse parfois périr le bétail, la nature y supplée par l'abondance des mares, dont elle a pourvu ces basses terres. La presque totalité de ces mares sont circulaires, quelques-unes ovales, mais toutes offrent des formes géométriques qui frappent singulièrement l'observateur.
Plus tard , dans la direction de la Nouvelle-Ibérie au Vermillion , en passant au sud du Lac Espagnol , je remarquai une autre série de petits lacs , également circulaires, et que leur ressemblance de famille fait désigner sous le nom de lacs ronds. Entre M. Zenon Olivier et Grand' -Cote se trouvent enfin des Ilots entourés de prairies tremblantes, couverts de bois, et la plupart encore circulaires. Les uns sont élevés de quatre à cinq pieds au-dessus du niveau général de la savane; les autres, quoique plus bas de deux ou trois pieds que ce niveau, sont néanmoins d'un sol ferme, cultivable et très- If
distinct des prairies tremblantes qui les entourent. Ces rands-pointê boiêéê, aussi bien que les lacê ronds, sont trop singuliers pour que nous ny revenions pas ci-après. N'oublions pas non plus, sur notre route, la nature du sous-sol indiquée par le puits de M. Zenon Olivier K
Mon abordage à GrantC-Côte se fit à un mille de la mer, sur un banc de coquilles de 100 mètres de long, 10 à 12 de large et 3 d'épaisseur. Ce banc, composé de petites palourdes (gnathodons) et bâti par les Indiens, est tout recouvert de chênes séculaires , témoins de son antiquité. La surface de Ttle me parut un mélange des sables de la Rivière Rouge et du Mississipi , gris-rouge , avec certaines places argileuses et quelques grès ferrugineux provenant d'anciennes sources locales. J'aperçus dans une excavation des stratifications de sable, concentriques et irrégulières comme celles des Mvdlumpê: autre preuve de l'action d'anciennes sources. Celles qui coulent encore sont nombreuses et ali< mentent de petits lacs, dont trois, beaucoup plus étendus et intarissables , forment les sommets d'un triangle central. Deux de ces trois lacs pourraient être des cratères d'eiïondrement qui auraient accompagné le soulèvement insulaire. Pour le troisième , qui est le plus méridional , et dont les contours parfaitement circulaires sont en fond de cuve , il est sûrement l'orifice d'où les forces hydro-thermales ont fait leur principale irruption. Tout le sol environnant ce dernier lac est d'un rouge-pâle', sauf au sud , où il est blanc et crayeux comme celui de Côte-Blanche.
Une autre intéressante remarque de mou excursion fut celle de la zone , appelée sur les anciennes cartes Mauvais Bois. C'est une forêt de chênes et de palmiers décrivant, à 5 milles de Grand'-Côte , un arc de cercle de 10 à 15 milles d'étendue, et joignant les marais de Cyprès mort à Petite Anse. Du haut de Grand'-Côte , qui en occupe presque le centre, l'œil en suit les contours et observe déjà la singularité de cette forêt , qui s'élève , sur un mille et demi de large, entre deux zones profondément marécageuses. En la traver-
1 ir« Couche : argile tourbeuse et couleur chocolat, ayant de deux et demi à trois pieds d'épaisseur.
2«« Couche : sable jaune, cinq à six pieds.
3n>« Couche : sable d*uu rouge de plus en plus fopcé, jusqu'à vingt-cinq pieds de profondeur où l'arrête le puits en question. Des cailloux de diverse grosseur, silex et grès, se trouvent aussi dans cette dernière couche, qui est entièrement étrangère aux alluvious du Mississipi.
sant une seconde fois en canot , je fus encore plus frappé de trouver ces boi$ francê qui ne poussent jamais qu'à pied sec, enfoncés à demi dans Teau. Leur situation actuelle n'a pu résulter évidemment que d'un aiïaissement du sol. Le soulèvement de Grande-Côte (160 pieds) a dû produire autour de son massif des affaissements semblables ; mais je crois celui-ci beaucoup plus moderne et sans rapport avec le phénomène originaire de l'ile. Il témoigne, en tous cas, des nombreuses commotions du sol , qui n'ont cessé d'agiter le sud-ouest de la Basse-Louisiane.
Les rondS'poiniê boisés, remarqués en allant à Gramt-Côte, filèrent d'autant plus nàon attention au retour, qu'ils m'offraient alors un contraste complet avec \e Mauvais Bois dont il vient d'être parlé. Leur sol est des plus consistants, au milieu des prairies basses et tremblantes qui les entourent ; et sous ce rapport , aussi bien que par leur aspect circulaire , ils me rappelèrent les Jftidlumps des bouches du Mississipi , dont le terrain est essentiellement distinct des atterrissements fluviatiles de la surface. La végétation arborescente, qui leur est propre au milieu des herbes marécageuses , raviva le même souvenir. Ne sont-cedonc pas là à' mciens Mufhlumps , remontant à l'époque où le fleuve débouchait vers ces parages , ou plutôt datant de la commotion qui disloqua le sous-sol et en fit jaillir des eaux boueuses ?
Les lacs ronds, dont je revis bientôt après la parfaite régularité géométrique, n'étaient -ils pas eux-mêmes le produit d'explosions gazeuses, qui accompagnent si fréquemment les tremblements de terre? On pourrait sans doute les considérer comme des effondrements, résultant des cours d'eau souterrains. Mais la première de ces deux origines est plus vraisemblable, puisqu'elle s'est vérifiée à la Nouvelle-Madrid. Ces lacs sont d'ailleurs proportionnés aux soulèvements du sol. Sur les basses terres, ils ne sont guère que des mares; mais sur les principaux gradins et le plateau de la Côte gelée ^ par exemple, ce sont de vrais lacs, ayant jusqu'à 1/4 de mille de diamètre, et 8 à 10 pieds de profondeur 1 . Or, ces derniers , d'autant moins susceptibles de s'alimenter des
^ Prêt de VermillionTÎUe , M. A. E. Mouton m'en a montré un pareil devant sa plantation , où sa trouvent, me ditait-il, des millions de petites crevettes, cmstacées propres aux eaux du Mississipi. Ce lac est intarissable et reste à peu près toujours plein , quoique aucun fossé d'écoulement n*exi^ pour 7 conduire les eaux de pluie. Le fond en est de sable , mais assez consistant.
eaui pluviales qu ils sont plus élevés et plus isolés y sont précisément ceui oh les eaux abondent et se conservent le plus souvent intarissables. Ce fait est très-positif, et ferait supposer que les nappes alimentaires, dont le niveau est nécessairement supérieur au leur^ partent des hauteurs voisines de la Sabine , à moins quelles ne dérivent des fonctions absorbantes du Mississipi.
Les coteaux , dont ces lacs occupent les diflérents étages , nous dévoilent à leur tour la nature filtrante du sous-sol, car ils paraissent d'autant plus sableux qu'ils sont plus élevés. Ils rappellent d'ailleurs , sur une échelle infiniment supérieure , les côtes de sables qui jaillirent des crevasses du tremblement de terre de la Nouvelle-Madrid. Des affaissements du sol accompagnent la plupart de ces formations. Ainsi, le lac Espagnol, nommé aussi lac Tasse, à cause de sa forme ovale , offre tous les caractères d'une dépression en rapport avec la Côte gelée dont il est limitrophe. Des eaux calcarifères , attestées par d'innombrables concrétions, jaillirent alors de ce lac. En même temps , le sol de cette région se plissait et se boursoufflait dans la direction du nord jusqu'à Flini" Bluff", sur la rive gauche de la Rivière Rouge , où cet écor servira de transition aux phénomènes analogues que nous trouverons dans la Haute-Louisiane. Plissements , dépressions et soulèvements de diverses portions de ce territoire : telles sont les preuves que son relief actuel est dû à quelque catastrophe soudaine, et bien plus formidable que celle de la Nouvelle-Madrid.
Quant h l'époque de cet événement , elle est déterminée par la végétation et le détritus marécageux qui recouvrent, au sud, les gradins delà Côte gelée. Ce fond de marais, couronnant ces hauteurs, et qu'on voit parfaitement identique à celui des basses terres environnantes, ne remonte guère qu'à quelques siècles, sinon à quelques générations. Or, comme il est évidemment antérieur au soulèvement du plateau , il en fixe par là même la date parmi les plus récentes de la période actuelle. Les résultats de cette révolution locale furent des plus heureux pour le relief du sol. Ils y produisirent la Côte gelée, le Grand coteau des Opelousas , la Grande et la Petite prairie des Àvoyelles : enfilade de collines aux pentes adoucies , et aussi riches en sources d'eau vive et en salubrité qu'en produits agricoles de tout genre.
Ces phénomènes prouvent enfin que les frontières occidentales de l'œstuaire s'appuient aux collines du Vermillion , pour de là rejoindre la Rivière
Rouge. Quant au bayou Tèche , cette rivière dut le creuser par une irruption dans les alluvions primitives du delta , et elle en forma les bords de ses propres alluvions, sur un fond déposé par le Mississipi. Ce fond se reconnaît , sur la rive gauche du bayou , aui cyprès enfouis et à la terre végétale identique à celle des atterrissements fluviatiles les plus récents. Sur la rive droite , les alluvions du Mississipi et celles de la Rivière Rouge alternent , se superposent et ondulent tout ensemble, comme des vagues sédimentaires formées par de puissantes inondations. Le canal , récemment entrepris pour dessécher le lac Espagnol dans le bayou de Tèche , offre une section du sol très-curieuse à cet égard. C'est donc plus loin versTouest, quil faut chercher les limites précises de l'œstuaire, et les terrains diluviens ou quaternaires qui les 6xent. Une autre preuve en est dans la qualité des eaux, qui ne sont jamais salubres dans le bassin du Tèche , et tout au contraire d'une bonté parfaite dans les puits du Vermillion. Les eaux ne trompent guère sur la nature du sous-sol, et leur degré si différent de pureté indiquerait ici que les mauvaises proviennent des formations alluviales.
L'encadrement du delta se forme donc, en cette région sud-ouest , par le littoral' du golfe et la série de buttes et coteaux qui , du Vermillion , nous conduit à la Rivière Rouge. Descendant ensuite le cours de cette rivière et passant sur la rive gauche du Mississipi , on achève de se rendre compte des contours nord-est du grand delta. La Rocl^e à Davion, et surtout les écors blancs i^Htulson Porl, au-dessous de la Pointe coupée, ensuite les hauteurs de Bâdon-Rouge , toute cette rive nous montre le Oeuve courant aux pieds des terrains tertiaires, pour ne plus les abandonner jusqu'à la mer. Il les côtoie , en effet , par son ancien cours du bayou Manchac et par les lacs que celui-ci traversait, avant d'en être séparé par des mains imprudentes.
Les belles nappes d'eau des lacs Maurepas, Pontchartrain et Borgne, seraient maintenant, de ce côté de l'œstuaire , le vrai champ d'étude à cultiver ; car elles n'importent pas moins à la géologie du sud- est, que les buttes volcaniques des Attakapas ou les côtes soulevées des Opelousas à la géologie du sudouest. Mais il faut nous limiter , et considérer seulement ces lacs comme ligne de séparation entre les terres alluviales du Mississipi et les formations tertiaires de leur rive opposée. Ces dernières frappent le regard par un relief
continu de côtes sableuses , couronnées partout de pinières , et s'élevant seulement de quelques pieds par mille , à mesure qu elles s'éloignent du liltoraf. Le fond des lacs ne fait que continuer la pente de ces plateaux; et là où il n'est point recouvert ni altéré par les sédiments du Mississipi , les sables ressembleraient généralement à ceux des pinières , si ceux-ci ne différaient des autres par leur extrême ténuité.
Des alluvions modernes se sont aussi déposées sur la côte-nord, où elles ont couvert le littoral d'un liseré marécageux. Par exemple, au nord du lac Pontchartrain , si l'on excepte les positions de Louisbourg et Mandeville , où les sables tertiaires s'avancent en pleine eau , tout ce bord se compose d'une bande de cyprières ou marais tremblants d'une largeur moyenne d'un mille. Çà et là les sédiments fluviatiles s'aperçoivent plus avant dans l'intérieur. De leur côté, les sables des pinières, relevés sur la crête de certains coteaux, arrivent parfois jusqu'au lac et y forment des points exceptionnels, où poussent des chênes , des magnolias , des copals : ce que les anciens colons nommaient bois forts ou bois francs, c'est-à-dire des arbres tout différents de ceux appartenant à la famille des conifères. Les détritus de ces bois n'y produisent un sol végétal que de quelques pouces d'épaisseur ; mais d'excellentes terres existent , en réserve pour l'avenir, dans les cyprières à dessécher. Tel est le caractère général des rives-nord des lacs, jusqu'au delta de la Rivière aux Perles, région de prairies tremblantes, au-delà de laquelle reparaissent les terres hautes et sablonneuses qui n'appartiennent plus à la Louisiane >. — C'est dire qu'il est temps de revenir sur nos pas , et reprendre l'étude du fleuve où nous l'avons laissée.
1 Ces terrains tertiaires se modifient d'ailleurs sous des influences locales en cours de développement, entre autres, par Taction des eaux souterraines. Ainsi, les sources ferrugineuses y doivent faire des grès rouges et autres roches inaperçues sous les sables mouvants de la surface. Dans la pinière qui est à Tarrière de Mandeville , et à quatre milles dans Tintérieur, on me signala un bayou où la terre rouge apparaît, comme si c'était un gisement de la Rivière Rouge eUe-méme. Ailleurs , sur les bords du lac et à six ou sept milles à Test de Mandeville , une source formerait aussi des dépôts rouges. A Covington, la source d*Abita déposerait , à son tour, des sédiments ferrugineux.