‹ Géologie pratique de la LouisianeChapitre 51 sur 60 · DÂGOUVERTE DES MANUSCRITS DE DE LA SALLE · texte numérisé non relu

DÂGOUVERTE DES MANUSCRITS DE DE LA SALLE

Une mauvaise classification de pièces a prévenu jusqu^ici la découverte des mémoires si long-temps cherchés du célèbre De la Salle. Je suis heureux de les avoir enfin trouvés, et non moins heureux de remercier ici le Directeur des cartes et plans du Ministère de la marine, M. Tamiral Mathieu, de m'avoir secondé et encouragé dans toutes mes recherches.

Nous tenons donc à présent les relations que je désirais tant pour ma Géologie pratique de la Louisiane, mais qui intéresse le Nouveau-Monde sous bien d'autres rapports 1

On les trouve dans les Archives scientifiques de la marine, dans un cahier où ils sont en quelque sorte cachés par le titre de la première pièce. Les voici dans l'ordre où ils sont dans le carton C. 67-, NM5 :

(c 1® Lettre du sieur Baron, 1729, sur la longitude et latitude de la Louisiane el » les bois de construction qu'on y trouve en abondance ;

» ^° Relation du voyage de De la Salle à la rivière du Mississipi , 1698;

» 3o Relation du voyage de De la Salle à la rivière du Mississipi, 1680;

y> 4» Relation de la découverte de l'embouchure du Mississipi , faite par De la Salle, »en 1682. »

Puis , on y lit en note :

a La première pièce détermine la latitude de la Nouvelle-Orléans ,' à 29o 57^

» La deuxième est historique el relative au commerce que l'on peut faire par le » Mississipi.

D La troisième est une pièce historique, géographique et critique contre Jolliet et D le Père d'Aloès , jésuites.

9 La quatrième et dernière est historique el géographique seulement. »

Seulement mérite d'être ici souligné 1 1

Car telle est l'appréciation qui a peut-être contribué au long oubli des Mémoires de Robert De la Salle. C'étaient , en effet , de singulières recommandations pour les faire chercher, surtout le Mémoire au comte de Frontenac, du 9 novembre 4680, et la relation plus importante encore de 1682 que nous avons publiée ci*dessu8 (p. 17).

Une autre cause d'oubli a pu être l'antériorité donnée par le classificaleur h la Relation de 1698 par un De la Salle, qui n'était pas notre voyageur. Ce nom pourtant devait exciter la curiosité, mais pour bientôt l'amortir à la lecture d'un récit trop au-dessous de ce grand nom. C'est ainsi que les chercheurs ont dû s'arrêter à ce N» 2 , et négliger les suivants, où étaient les relations si désirées.

Quant au second voyage durant lequel De la Salle s'égara et périt si malheureusement au Texas, les pièces les plus intéressantes restent également à publier. Ce sont :

1* La lettre où De la Salle fait la description de ce qu'il nommait l'embouchure occidentale du Mississipi , 1685 ;

2' La lettre du sieur Tonti sur son voyage jusqu'à la rivière du Mississipi, avec un procès-verbal de sa route, le 24 août 1686 — en Canada. [Voir C. 67^ NM, Arch. scientif. de la marine,)

C'est faute de connaître ou d'avoir consulté ces divers documents , que la plupart de ceux qui ont parlé de notre voyageur l'ont tour-à-tour amoindri ou défiguré aux yeux de l'histoire. Voyez , entre autres , l'esquisse de ses voyages dans la Biographie universelle : les erreurs de date , de faits et de lieux y abondent. £lle n'est d'ailleurs composée, quant à la première partie de sa vie active, que sur les souvenirs et les préventions de ses ennemi^, ou tout au moins de ses jaloux; le Père Charlevoix , avant tous , ne saurait être rangé que dans l'une ou l'autre de ces deux catégories.

Lié avec les Jésuites au début de sa carrière, et puis s'étant pour jamais séparé d'eux , De la Salle ne pouvait manquer, après sa mort comme pendant sa vie, de les avoir pour adversaires. Au début de ses voyages de découvertes , il s'est particulièrement trouvé en divergence et en opposition avec Jolliet et le Père d'Allouez. Or, ce qu'il raconte des assertions de ce voyageur et de la conduite de ce missionnaire, comme les réflexions judicieuses dont il accompagne ses propres récits, prouve bien qu'il n'avait point tout-à-fait tort.

Ce qu'il y'a de plus regrettable enfin , c'est que des écrivains américains se soient faits de nos jours les échos des calomnies qui n'arrêtèrent point De la Salle dans sa grande entreprise de découverte. C'e.«t ainsi qu'ils l'auraient sacrifié à Jolliet, dont le principal mérite, après la découverte des Illinois, semble d'avoir été l'élève des Pères Jésuites et de leur être toujours resté dévoué.

La biographie du célèbre De la Salle reste donc toute entière à écrire ; et c'est après avoir publié les cartes et les documents relatifs à sa fatale et dernière expédition , que nous l'entreprendrons avec tous les soins réclamés par un tel sujet.

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