CONSTRUCTION DES ROUTES
core et les précautions à prendre beaucoup plus minutieuses; aussi les connaissances géologiques sontelles d'autant plus nécessaires.
Pour ce qui concerne les enrochements et les ponts, il faut bien étudier la constitution géologique du sol qui doit supporter ces travaux, car on pourrait sans cela arriver à des mécomptes graves. Les terrains tourbeux et argileux, par exemple, peuvent céder sous le poids qu'on leur donne à porter et amener la destruction de tout l'ouvrage. On en a eu un exemple remarquable aux portes mômes de Paris lors de la construction du chemin de fer de Versailles. Le grand pont du Val-Fleury à Meudon, reposant sur des couches d'argile plastique, les matériaux apportés ont amené un refoulement de cette dernière qui, se soulevant dans un point voisin, a déterminé la chute de plusieurs maisons.
Enfin, relativement aux matériaux propres à ferrer la route, il va de soi qu'il importe de les trouver le moins loin possible du point où on les utilise. Pour cela, il faut souvent se livrer à une vraie exploration géologique du pays et savoir apprécier les qualités des diverses roches qu'on rencontre. Suivant les points des calcaires durs, des grès, des silex, des quartzites, des porphyres, des granités, pourront être utilisés ; souvent on arrive à des résultats satisfaisants en mélangeant plusieurs roches. Dans beaucoup de régions des environs de Paris on emploie concurremnient le silex
pyromaque et la meulière, et certains calcaires compacts ordinairement d'eau douce. '