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SOUFRE

verses périodes du terrain tertiaire. D'après des recherches récentes dues à M. S. Mottnra, ingénieur des mines, on doit le considérer comme miocène. Ce qui paraît certain, c'est qu'il repose sur le calcaire à hippurites de la craie et est recouvert en stratifications discordantes par des couches tertiaires très-récentes.

Le terrain soufrier de la Sicile se compose de grès bitumineux à grains fins et de marnes schisteuses noires bitumineuses, contenant des lits intcrstratiliés de calcaire compacte. Ces marnes, que l'on désigne dans le pays sous le nom de marnes azurims, constituent le véritable gisement du soufre.

Le soufre que l'on exploite dans les Romagnes appartient aussi au terrain miocène; et c'est à des couches à peu près contemporaines des précédents que l'on rapporte les gisements de Lorca et de Teruel, en Espagne.

Dans ces dernières localités, le soufre est associé à des marnes et à des calcaires qui contiennent des coquilles et des poissons dont l'étude a permis d'en préciser l'âge géologique.

La seule localité française où le soufre apparaisse avec quelque abondance est Tapets, près d'Apt (Vaucluse), qui présente des calcaires marneux tertiaires dont la teneur va de 20 h 25 pour 100.

En Egypte, le long du littoral de la mer Rouge, on trouve de temps en temps des amas de soufre, tous tertif^ires. Deux d'entre eux ont été récemment visités

par M. Petitgand, ingénieur des mines, qui y signale toutes les circonstances caractéristiques des autres gîtes du même âge.

Le terrain volcanique actuel renferme du soufre au dépôt duquel nous assistons chaque jour.

Enfin nous devons citer comme soufre moderne celui qui se dépose constamment des sources sulfureuses, soit sous forme de concrétions et de stalactites, soit sous forme de cristaux.

Quoi qu'il en soit de ces divers gisements, on peut, jusqu'à présent, considérer la Sicile comme le seul pays qui fournisse des masses de soufre au commerce.

Le nombre des mines qui y sont actuellement ouvertes est d'environ deux cents, et celui des exploitations qu'on pourrait découvrir encore dépasserait certainement ce chiffre.

La production annuelle de ces deux cents mines pourrait être facilement quintuplée en substituant aux moyens grossiers encore employés aujourd'hui, les perfectionnements en usage dans les contrées où les mômes exploitations sont plus avancées.

En Sicile, les mines de soufre sont en général à la profondeur de 50 à 400 mètres. On y pénètre par des galeries très-inclinées, en forme d'escaliers tortueux, taillées dans le sol, et c'est par cette voie qu'on extrait le minerai à dos d'enfants.

L'abattage du minerai se fait à la pointe du pic ou picon ; de là le nom de piconieri donné aux mineurs.

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Leur nombre, pour toute la Sicile, est estimé à 3,000 environ, et celui des enfants qui charrient le minerai est double.

La plupart des minerais de Sicile sont fort riches ; ils contiennent jusqu'à 80 pour 100 de soufre; mais leur richesse tombe quelquefois au-dessous de 10 p. 100.

On exploite par liquation ce qui atteint cette proportion, mais on rejette ce qui est inférieur.

BIBLIOGEAPHIE

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CHAPITEE XV

Évidemment, si on prend les choses au pied de la lettre, toutes les sources sont minérales, puisque toutes sortent de la terre. Aussi doit-on rappeler qu'on est convenu d'appliquer spécialement ce nom aux eaux qui contiennent à l'état de dissolution des principes minéraux non ordinairement contenus ou moins avec la môme abondance dans les eaux superficielles. Le plus souvent à ce caractère de composition s'en joint un autre, qui est de posséder une température indépendante de celle de l'air, au lieu considéré et d'être constante : c'est ce qu'on exprime en disant que les sources qui sont dans ce cas sont thermales. Il peut arriver que des sources quoique chaudes ne soient point minéralisées, on les dit alors indifférentes; ce sont proprement de l'eau chaude. D'autres contiennent des matières non en dissolution, mais en suspension, et sont terreuses. Enfin nous rappellerons d'un simple mot les sources boueuses et les sources bitumineuses, dont

EAUX SULFUBEUSES. 243

nous avons parlé et sur lesquelles il n'y a pas à revenir. Ces éliminations une fois faites, il nous reste à signaler rapidement un très-grand nombre d'eaux minérales recommendables par les applications qu'on en a faites à l'art deguérir. Pour plus de clarté, nous les répartirons en eaux sulfureuses, eaux salines et eaux ferrugineuses qui seront décrites successivement d'une manière sommaire.

i. — EAUX SULFUREUSES.

Il existe deux espèces d'eaux sulfureuses : les unes nafwre/^es, franchement suif urées ; les autres artificielles, sulfhydriques,

La première espèce d'eaux sulfureuses sourdent naturellement chargées de sulfure de sodium.

Ces eaux sont très-altérables à l'air; elles sont inodores, incolores et limpides avant leur contact avec ce dernier agent, et ce n'est que postérieurement et consécutivement à ce contact avec l'oxygène de l'air qu'elles répandent l'odeur caractéristique d'hydrogène sulfuré et qu'elles éprouvent un commencement de décomposition. C'est pour les mômes motifs que ces eaux, de limpides qu'elles étaient, deviennent opalines et louchissent.

Les eaux de cette classe sont, en général, très-thermales et leur richesse de minéralisation paraît êlre en raison de l'élévation de leur température, il faut noter

244 SOUECES MINEEALES ET THERMALES.

pourtant que leur degré de sulfuration a moins d'importance, au point de vue de leur activité thérapeutique, que leur degré de fixité. Ainsi les eaux facilement décomposables à l'air, celles que pour cette rapidité d'altération on nomme eaux dégénérées, ont une action assez faible.

Les e3i\ix sulfuré. s sodiques sont de beaucoup les plus précieuses parmi les sulfureuses ; ce sont elles qui représentent, sur notre sol, la plus importante de nos richesses hydrologiques. On les rencontre aux Pyrénées, répandues avec une incroyable profusion; on les retrouve encore, bien qu'en nombre infiniment moindre, dans les Alpes, à Challes, àMarlioz, à Bromines, dans le Dauphiné au Bachet, à Cardéac, et jusque dans le centre, à Saint-Honoré (Vienne).

Le nombre des sulfurées sodiques connues se chiffre par 53, et non-seulement la France en possède 38 pour son compte, mais encore toutes les plus renommées lui appartiennent. L'Allemagne ne possède en tout que deux sources sulfurées sodiques, Meinberg et Muigolslein, encore sont-elles fort pauvres.

Le second groupe des sulfureuses est celui des sulfureuses accidentelles ou sulfurées- calciques. On les a qualifiées d'accidentelles, parce que l'élément sulfureux ne préexiste pas dans ces eaux. Ce sont, à l'origine, des eaux sulfatées qui deviennent bien accidentcUtrnent sulfureuses, mais par suite de la réduction de leurs sulfates au contact des matières organiques du sol,

EAUX SULFUREUSES. 2i5

d'ordinaire des tourbes en décomposition ou en putréfaction. Ces eaux renferment à leur émergence de l'acide sulfhydrique libre; elles sont sulfhydriquées, et, par suite, odorantes dès leur sortie du sol.

Froides en général, — sur 54 sources françaises il n'y en a que 7 qui soient chaudes, — on ne les voit jamais atteindre, lorsqu'elles sont thermales, aux températures élevées des eaux sulfurées sodiques. Elles sont plus chargées en sel que leurs congénères à base de soude; elles contiennent toujours du chlorure de sodium et presque toujours un peu d'acide carbonique.

Les sulfhydriquées n'existent aux Pyrénées qu'en nombre relativement peu considérable, si on les compare à la profusion des sulfurées sodiques que l'on trouve en cette région. Pourtant Bagnères-de-Bigorre, Cambo, Visoo, Viscas (Hautes-Pyrénées), Barbazan, Sabès (Haute-Garonne), Castera-Verduzan (Gers), sont des représentants qui sont loin d'être sans intérêt.

En revanche, nous les voyons disséminées sur tout le territoire, abondantes surtout au sud-est, le long des Alpes et dans le bassin du Rhône, à AUevard, à Échaillon (Isère), à Ghampoléon, Saint-Bonnet, Trescléoux (Hautes-Alpes), à Digne, Gréoulx (Basses-Alpes),. à Brides, Chambéry, La Caille (Savoie), à Cauvalat, Euzet (Gard), à Camoins ou La Cambrette (Bouches-du- Rhône). Nous avons déjà signalé la source sulfureuse de Montmirail (Vaucluse).

Nous les retrouvons plus à l'est à Guillon (Doubs), à

Neuville (Haute-Saône), et tout au nord à Pierrefonds, à EngMen, à Mortefontaine (Oise) ; enfin elles sont représentées à Paris môme par cinq sources : Batignolles, Belleville, les Ternes, pont d'Austerlitz, rue de Vendôme.

Les eaux minérales dites salines doivent leurs vertus à la présence de sels divers qu'elles contiennent en dissolution plus ou moins étendue. Ces seb sont trèsnombreux. Cependant, en ayant égard à ceux qui prédominent, on arrive aisément à répartir les eaux minérales en trois grandes classes que l'on peut désigner sous les noms suivants :

l'^ Eaux chlorurées ;

2° Eaux bicarbonatées ;

3° Eaux sulfatées.

Eaux chlorurées. — Les eaux chlorurées sont minéralisées avant tout par le chlorure de sodium ou sel commun qui s'y rencontre en proportion très-variable suivant les localités.

Au point de vue des applications médicales, on les subdivise en eaux chlorurées sodiques, fortes^ moyennes et failles, et chacune de ces sortes est propre au traitement d'afîections spéciales.

Le groupe des eaux chlorurées sodiques fortes de France comprend à lui seul vingt-sept stations parmi

lesquelles on peut citer : Salies de Béarn, Hamman- Mélonane, Salins (Jura), Salins (Savoie), Balaruc, Lamotte, Bourbonne-les-Bains. Les différentes sources qui composent ce groupe présentent, non pas seulement sous le rapport de la nature de leur minéralisation, mais surtout sous celui du poids total de leurs principes minéralisateurs, une variété très-grande. La somme de ceux-ci peut varier pour un litre de 255 grammes (Salies de Béarn) à 4 ou o grammes.

Les traitements par les chlorurées sodiques fortes a surtout recours aux applications externes ; le bain et les agents balnéothérapiques en forment le fond et ils en sont même les représentants exclusifs auprès de certaines sources. Ces bains chlorurés sodiques sont par eux-mêmes excitants, mais avec cette remarque importante à noter, que leurs effets aboutissent toujours à une action tonique, lorsque l'administration des eaux est régulièrement conduite. Il faudra donc tenir grand compte dans leur administration de la température et de leur composition.

Le bain frais est beaucoup plus excitant et plus tonique que le bain chaud ou très-chaud, ce dernier ayant surtout une action sédative.

Mais, d'autre part, il ne faut pas oublier non plus que l'action des bains sur la peau paraît être dans un rapport à peu près régulier avec leur degré de minéralisation. Température, degré de minéralisation, voilà

donc deux termes qu'il ne faut pas perdre de vue pour instituer un traitement thermal.

A l'intérieur, les eaux chlorurées fortes sont moins généralement employées que sous les modes externes. La présence de l'acide carbonique libre en grande abondance dans leur constitution chimique devient alors une excellente condition pour les administrer en boisson. En France, on en est venu à charger artificiellement certaines eaux trop pauvres en acide carbonique, et c'est là une pratique qu'il y aurait grand intérêt à étendre.

A l'intérieur, les eaux chlorurées fortes déterminent une action purgative, sans que toutefois cette action ait rien de bien constant ni de bien régulier. La môme eau bue froide produit plus sûrement des efTets laxatifs que si on la prend chaude.

Les eaux chlorurées sodiques moyennes se présentent en France, à Bourbon-l'Archambault, Ghatelguyon, Prechacq, Saubuse, Tercis; ce sont elles qu'on cherche à Baden-Baden et à Seltz. Elles sont surtout appliquées à l'extérieur; le bain et les agents balnéothérapiques en forment le fond, et ils en sont même les représentants presque exclusifs auprès de certaines sources. Ces bains chlorurés sodiques sont par eux-mêmes excitants, mais avec cette remarque importante à noter, que leurs effets aboutissent toujours à une action tonique, lorsque l'administration des eaux est régulièrement conduite.

Les indications principales de ces eaux fortes sont avant tout la scrofule, le lyniphatisme, l'anémie et la chlorose, lorsque celles-ci sont poussées fort loin, la débilité générale, enfin le rhumatisme chronique sous toutes les formes, lorsque la thermalité vient se joindre à la minéralisation élevée.

Les eaux chlorurées sodiques faibles existent à Luxeuil et à Bourbon-Lancy ; les célèbres sources algériennes de Hamman-Maskoutine appartiennent à la môme catégorie.

Les eaux dont il s'agit sont à peine minéralisées et cependant la médecine en tire un très-bon parti. Elles constituent une sorte d'hydrothérapie chaude peu tempérée, peu effective peut-être, mais salutaire à un grand nombre d'altérations de la santé. Elles empruntent môme à leur propre constitution ou à leurs modes d'application des qualités absolument ou relativement sédatives, d'autant plus précieuses qu'elles conservent généralement quelques-unes des propriétés reconstituantes des eaux plus minéralisées, et ne deviennent débilitantes que si l'on en pousse à l'excès les modes d'administration. C'est auprès des eaux minérales de ce genre que l'on trouve à traiter les affections douloureuses, à modifier les constitutions névropathiques. Ce sont elles qui permettent d'appliquer la médication thermale à des individus à qui cette circonstance de la santé ou de la constitution ne laisserait pas tolérer une médication plus active.

Dans la grande classe des eaux chlorurées sodiques, il convient de forme un groupe à part des eaux dans la composition desquelles le bicarbonate de soude vient occuper une place prédominante à peu près au môme titre que le chlorure de sodium. Ces eaux, que l'on connaît par exemple à Saint-Nectaire, à la Bourboule, à Vic-le-Comte, tous les trois dans le Puy-de-Dôme, forment en effet un groupe très-intéressant. Leur action thérapeutique se trouve participer à la fois de celle qui est propre aux chlorures et de celle qui appartient aux bicarbonates; par ces motifs; leurs propriétés et leurs applications se trouvent très-sensiblement étendues.

Dans les diverses sources de cet ordre, on voit presque toujours la prédominance quantitative rester au chlorure de sodium, d'où il suit que l'on peut dire, d'une façon générale, que les grandes indications thérapeutiques des eaux de ce groupe sont encore celles qui appartiennent plus spécialement aux chlorurées : le lymphatisme, la scrofule, le rachitisme, les rhumatismes, la chlorose, etc. Mais, à un autre point de vue, il faut reconnaître qu'elles conviennent mieux aux dérangements de l'appareil digestif, et qu'elles répondent mieux à quelques autres indications spéciales que celles où le chlorure de sodium domine exclusivement. De même, elles se prêtent peut-être davantage à l'usage interne, et quelques eaux faibles parmi elles, comme celle de la source allemande de Schwalheim,

sont presque exclusivement employées sous cette forme.

Un dernier groupe reste à examiner pour en finir avec les eaux chlorurées sodiques; il comprend les sources qui, comme à Uriage (Isère) et à Saint-Gervais (Savoie), contiennent à la fois le chlorure de sodium et des sulfures. Les eaux de cette espèce, dont l'action thérapeutique participe à la fois des propriétés appartenant à chacun des deux principes minéralisateurs prédominants, chlorure de sodium et soufre, se trouvent avoir une spécialisation assez nettement établie et par cela même présentent un grand intérêt pour le thérapeutiste.

Maintenant, si l'on tient pour exacte cette opinion établie en hydrologie : que les applications spéciales des eaux sulfurées, exigeant impérieusement la présence du soufre, sont la diathèse herpétique et les catarrhes de l'appareil respiratoire ; que les applications communes de ces mômes eaux sont le lymphatisme, le rhumatisme, la chlorose et la scrofule ; et enfin que les applications secondaires de ces sulfures, qui réussissent sans que le soufre y joue un rôle spécial, sont la métrite chronique, le catarrhe des voies urinaires et les maladies chirurgicales, on peut presque se rendre compte d'emblée des importantes applications thérapeutiques qui ressortissent plus spécialement à l'action d'eaux à la fois chlorurées sodiques et sulfurées.

Eaux bicarbonatées. — Encore nommées Eaux

acidulés, eaux acidulés alcalines, les eaux bicarbonatées tirent leur principal caractère, au point de vue de leur composition chimique, de la présence du gaz acide carbonique qu'elles contiennent, combiné ou libre, et môme parfois en quantité extrêmement considérable.

Un autre point à noter, au sujet de ces eaux, est la facilité avec laquelle elles abandonnent ce même acide carbonique libre dès qu'elles restent exposées au contact de l'air. Elles sont donc facilement altérables. Il en résulte que quelques-unes d'entre elles, principalement celles qui sont minéralisées par des sels à base de chaux et de magnésie, laissent précipiter, par suite de ce dégagement gazeux, des masses compactes et cristallines qui ont fait donner aux sources qui présentent cette propriété le nom à' eaux incrustantes (Saint-Nectaire, Saint- Allyre , en Auvergne). Pour les sources bicarbonatées et très-ferrugineuses, le dépôt formé est fortement teinté en rouge par l'oxyde de fer. .

D'ordinaire limpides, inodores et incolores, car quelques eaux se troublent très-vite à l'air et louchissent, ces eaux frappent d'abord par leur saveur aigrelette, déterminée par l'acide carbonique, mais qui ne tarde pas à devenir terreuse et alcaline.

La présence de l'acide carbonique constituant la caractéristique de détermination de cette classe, on a formé les sous-classes d'après les autres principes dominants qui se trouvent unis à cet acide. Ces principes

sont avant tout la soude, la chaux et la magnésie auxquelles on peut joindre, mais sur un plan très-secondaire, les bicarbonates de potasse, de sti'ontiane, de fer et de manganèse. En conséquence, on a admis trois divisions ou sous-classes d'eaux bicarbonatées : » 1» A base de soude, bicarbonatées sadiques ;

2° A bases terreuses, bicarbonatées calciques ;

3o A bases sans prédominance accentuée, bicarbonatées mixtes.

Une dernière remarque générale à noter concerne la température native des eaux bicarbonatées; un trèsgrand nombre d'entre elles sont froides, beaucoup sont tempérées, enfin la classe des bicarbonatées franchement thermales est la moins considérable des trois.

Les eaux bicarbonatées sodiques se rencontrent en Auvergne, dans les Pyrénées, les Alpes, etc. Les principales localités où les malades les consomment sont Vichy, Vais, Le Boulou qu'on a surnommé le Vichy des Pyrénées, Velleron, Soultzmalt, Châteauneuf, Vic-sur- Cère, Chaudes-Aiguës, Saint-Laurent.

Outre la soude, qui y domine, il est commun, nous l'avons dit, de rencontrer encore, mais en quantité bien moindre, de la potasse, de la chaux, de la magnésie, de la strontiane, du fer et de l'arsenic dans les eaux bicarbonatées sodiques. D'une façon générale, on est presque en droit d'avancer môme que toutes les eaux de cette classe renferment du fer et de l'arsenic, du moins dans une proportion quelconque. Quelques-

2oi SOÛECÈS MINEEALES ET THERMALES.

unes sont extrêmement ferrugineuses. Il n'en est pas de même de l'iode, qui ne s'y trouve que rarement et toujours à très-faible dose.

Il serait fort difficile de définir les manifestations physiologiques déterminées par les eaux bicarbonatées sodiques, tant elles sont peu caractérisées ; on pourrait presque les dire nulles. Lorsque le traitement est bien conduit, on ne trouve, en efTet, aucun phénomène appréciable à noter. Tout au plus signale-t-on parfois, par suite de dispositions tout individuelles, quelques modifications physiologiques de l'intestin et de l'appareil urinaire.

La spécialisation des eaux bicarbonatées sodiques s'adresse : aux maladies du foie, à la goutte, à la gravelle urique, aux engorgements des viscères abdominaux.

Leurs applications communes concernent : la dyspepsie, le diabète, le catarrhe des voies urinaires.

Leurs applications accidentelles : le rhumatisme, la mêtrite chronique, les maladies de la peau.

Les eaux bicarbonatées calciques comme celles de Pougues, Foncaude, IJssat, Aix (Bouches-du-Rhône), Alet, Foncii'que, Bondonneau, Saint- Galmier, Condillac, Ghateldon, n'ont pour la plupart qu'une action médicinale modérément tranchée. Elles appartiennent aux terrains secondaires et tertiaires. Beaucoup sont froides ou simplement tempérées; elles n'atteignent jamais une haute thermalitc. Parfois sursaturées d'à-

cide carbonique, elles l'abandonnent promptement à l'air pour laisser déposer du carbonate neutre de chaux en concrétions épaisses. Les phénomènes déterminés par ces eaux sont trop peu caractérisés pour qu'il soit aisé d'exposer leur action physiologique; d'autre part, l'examen de leur composition chimique ne permet guère de leur découvrir une spécialisation thérapeutique dominante.

Stimulantes et digestives, lorsqu'elles sont prises à l'intérieur, elles trouvent une partie de leurs indications dans les troubles de la digestion ; sédatives par leurs bases calciques, on les emploie contre certaines affections cateirrhales ou certains engorgements des appareils urinaires chez les deux sexes.

n est pourtant quelques-unes de ces sources, et nous les signalerons, qui paraissent avoir des propriétés thérapeutiques plus formelles.

Sous le nom de bicarbonatées mixtes, on réunit des eaux plus importantes que celles du groupe précédent» Les établissements du Mont-Dore, d'Évian, de Néris, de Royat, appartiennent à cette catégorie qui comprend aussi les sources moins célèbres de Renaison,Couzan, Sail-les-Bains, Saint- Alban, Celles , Forges-sur-Briis. Cependant, sous le double rapport des conditions chimiques et de la situation géographique, les analogies sont assez grandes entre les bicarbonatées mixtes et les bicarbonatées calciques : minéralisation faible et peu effective, action physiologique peu accusée, applica-

tions à la thérapeutique obtenues en mettant largement en usage les procédés balnéothérapiques, bien plus que par une véritable spécialisation d'action, c'est bien le même ensemble de faits.

On a vu la classe des bicarbonatées calciques abandonner un contingent assez élevé au groupe d'eaux froides gazeuses et digestives, que l'on appelle eaux de table. Le môme fait se reproduit pour les bicarbonatées mixtes, dont Gouzan, Saint-Alban et Renaison ne sont pas les représentants les moins intéressants.

Un grand nombre d'eaux bicarbonatées mixtes sont froides. Comme pour les bicarbonatées calciques, celles qui sont thermales n'ont pas d'ordinaire une température élevée. Cependant le Mont-Dore (50°), Royat (35") présentent une élévation de caloricité à laquelle n'atteint aucune des sources bicarbonatées calciques.

Eaux sulfatées. — Comme les eaux des autres groupes, les sulfatées ont été divisées en sous-classes d'après la prédominance de leurs bases. On a ainsi formé quatre classes :

lo Sulfatées sodigues. — Elles sont assez peu nombreuses chez nous et modérément intéressantes, à l'exception de Plombières et de Miers, qui présentent les qualités laxatives habituelles aux eaux sulfatées sodiques, toutes les fois qu'il y a une certaine abondance de sels.

2" Sulfatées calciques. — Ce groupe, qui est plus in-

téressant sous le rapport médical, est très-bien représenté en France : Aulus, Capvéry, Cransac, Encausse, Contrexéville, Vitel, Martigny, en font partie. A rencontre des autres classes, le degré de minéralisation de ces eaux parait d'autant plus élevé que leur température est plus basse. Elles reçoivent les deux usages, externe et interne. Lorsqu'elles sont peu minéralisées, le principal effet de leur emploi externe parait être la sédation : on les utilise alors dans les différentes affections qui se compliquent d'état nerveux : maladies des femmes, névralgies, névroses, catarrhes urinaires, dyspepsie, gastralgie, etc. Chaudes et mises en œuvre par les procédés hydrothérapiques, elles rendent de grands services dans le rhumatisme nerveux. Enfin, beaucoup d'eaux de ce groupe présentent des qualités ferrugineuses, ce qui est une considération à noter pour leur usage interne.

Quelques autres sources de la même classe font plutôt sentir leur action sur les voies respiratoires, mais ces eaux sont peu nombreuses et on ne cite guère que Brides (Savoie) et Weissembourg (Suisse), encore la source de Brides est-elle rangée parmi les sulfatées mixtes ;

3o Sulfatées mixtes. — Elles sont formées principalement par les sulfates de soude et de chaux. Il y a entre ces eaux et celles des eaux de la classe qui précède une très-grande analogie. Les sulfatées mixtes sont, d'ailleurs, très-peu nombreuses chez nous,

4° Sulfatées magnésiques. — Elles ne tiennent qu'une faible place dans la thérapeutique normale. Lorsque leur minéralisation est peu élevée, elles sont recherchées pour leurs effets laxatifs : c'est ce qui a lieu en France, par exemple, pour l'eau de Montmirail, et en Bohême, pour les eaux sulfatées magnéaiques de Sedlitz, ou sulfatées mixtes de PuUna, Saidschutz, et de Friedrichshall.

Une dernière remarque à signaler au sujet de la constitution chimique des eaux sulfatées concerne les gaz contenus. Il est commun de trouver dans ces eaux de l'acide carbonique, il n'est pas rare non plus d'y voir des traces plus ou moins abondantes d'hydrogène sulfuré. Celui-ci y est toujours de formation secondaire; il prend naissance par la décomposition des sulfates des eaux au contact des matières organiques.

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