LEVER DES PL AXS
faire connaître quelques moyens qui facilitent l’opération et la rendent plus exacte. Supposons donc que vous ayez à lever le plan de toute une commune , d’un terrain occupé par un village, des champs, des haies, des bois, des chemins et un ruisseau ou uiiè rivière.
Croquis. Vous ferez d’abord le croquis : , c’est-à-dire le dessin k vue de tout le terrain (P. IV, F. 8) , et vous y placerez les objets, aussi exactement que vous le pourrez , dans les positions qu’ils occupent réellement les uns par rapport aux autres. Ce croquis doit être fait sur une page d’un grand cahier , afin qu’on puisse l'exécuter aisément , en tenant le papier d’une main. Vous y tracerez d’abord le polygone cibcrlefghi que forment les points remarquables situés aux limites ou près des limites du terrain , puis successivement les quadrilatères et les triangles qui remplissent l’intérieur de ce polygone , en allant toujours des plus grands aux plus petits. On éprouve d’abord quelque peine à faire d’une manière un peu nette , un semblable dessin ; mais on y parvient bientôt. D’ailleurs, il n’est pas indispensable qu’il soit bien dessiné ; on ne s’en sert que pour inscrire les mesures, ce qu’on appelle coter , et pour écrire les noms des parties du terrain.
Mesurages. Après avoir terminé le croquis vous commencerez les mesurages horizontaux , à la chaîne (72), par , celui d’un côté ab du grand polygone , ayant soin de prendre les distances du point a aux points où des ali— gnemens importans viennent rencontrer ce côté. Ainsi , vous coterez ak , pour marquer l'intersection k de ab et de l’aliguement d’une partie droite de la rivière ; puis vous mesurerez et vous coterez kb. Mesurez ensuite , kl. Ira , distance donnée par un autre alignement bm du bord de la rivière , puis le reste ma du chemin la. \ ous aurez tout ce qu’il faut pour construire , plus tard , à l’échelle, le triangle abl , les deux triangles qu’il renferme et la partie bl du cours de la rivière. L’arrondissement se fait à vue ; mais vous pouvez aussi prendre la distance du coude au point où se coupent bm et kl.
Mesurez la largeur de la rivière , soit au point / , soit ailleurs, si elle est à-peu-près la même partout. Dans le cas contraire, on la mesure à tous les points où elle varie sensiblement, et il en est de même des chemins de voiture , si l’échelle permet de tenir compte de leur largeur. Quant aux sentiers qui se représentent par deux
traits fort rapproches et quelquefois par un seul , il est inutile d’en prendre la largeur. Les cotes de largeur s’inscrivent comme celles que vous voyez au chemin Le , sur la grande hase d’un trapèze , quand la petite u’est pas suffisamment longue.
Mesurez li et ia , , pour avoir les trois côtés du triangle ali et pouvoir placer le point i du bois. L’embranchement des deux chemins se fait à vue , ainsi que la partie du chemin qui va de i au cadre. Pour l’ordinaire, on ne détermine rigoureusement que les points situés sur le contour du grand polygone ou dans l’intérieur ; voilà pourquoi il est prescrit de prendre ce polygone de manière à renfermer tout le terrain dont on veut le plan exact.
Mesurez la largeur du pont et cotez-la , comme celle du chemin Le ; mesurez ensuite ip donnée par l’alignement Ip tangent à la rivière ; mesurez aussi pl , ph , ho , lin , on et oi. V ous pourrez faire le renfoncement du bois, quoique in ne soit pas mesurable, et le triangle ilh , bien qu’on ne puisse cheminer selon Ui.
Remarquez qu’en parcourant ainsi le terrain pour mesurer , vous trouvez les moyens de corriger les erreurs du croquis. Si , par exemple , l’alignement Ih ne passe pas en réalité par la rencontre q de la rivière et de la haie tq , vous changez convenablement la direction de cette haie.
Mesurez Ir et rh , en prenant les distances rs , si; prenez aussi tq. Si la rivière est trop large pour que th soit mesuré à la chaîne , vous emploierez le procédé du n° 74.
Mesurez tu,uli,w, vx, vy } t/y, tj' x yz, za' ,a’y, a't, et continuez de décomposer ainsi en triangles , les diverses figures du terrain , observant toujours de mesurer les moindres rampes horizontalement et d’employer pour former tout nouveau triangle , un côté de triangle déjà connu. La figure montre au reste comment doit être faite la décomposition , et quelles sont les intersections d’alignemens qu’il faut coter.
Les maisons se figurent par masses , et les angles saillans ou rentrant de ces masses sont faits droits , à moins qu’ils ne soient très-sensiblement aigus ou obtus. Dans ces derniers cas , on prolonge leurs côtés pour former un triangle symétrique A, tout-à-fait égal à celui qu’il faudrait faire à l’intérieur, pour lever l’angle du bâtiment par le procédé du n° 102, et quand on met le plan au net, on copie ce triangle à l’envers. Observez toutefois que vous pouvez vous dispenser de des opérations , en cotant les points
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où les alignomens des murs vont rencontrer chacun les deux haies du jardin.
Les mêmes moyens servent à lever le contour d’un Lois ou d'une vigne et en général de toute figure dont on ne peut mesurer, les diagonales. Ainsi , la largeur de la route et sa direction BC déterminée, parles triangles» feront connaître les points U, K , d ,* le point c sera marqué sur l’alignement Bù , à la distance Bc de B ; le point F de l'alignement GE sera aisément connu ; vous pourrez donc tracer les chemins droits De, EG. De même , les points H, g détermineront le sentier^/; vous aurez le point f, par la distance \f ; vous pourrez dpnc marquer le point K où la direction rlf est rencontrée par le sentier Le, et tracer ce chemin dont vous connaîtrez déjà le point L. Le point c sera fourni par la distance Ke. Ainsi , vous serez en état de dessiner les contours et les divisions du terrain couvert de vignes , sans avoir mesuré une seule de ses diagonales.
Au reste , le lever réel d’une petite partie des alentours d'un village, achèvera de vous faire comprendre toute cette manière d’opérer , et vous trouverez de vousmêmes , en y pensant un peu , les moyens de vous tirer des cas extraordinaires qui pourront se présenter. Mais il convient de copier auparavant la figure 8 , en doublant les côtés des triangles et procédant de proche én proche , à partir du côté ab , conune il a été prescrit ci-dessus. Cet exercice vous fera bien voir le but de toutes les opérations et vous rendra capables de les appliquer sur le terrain.
OniRjrrATioN. Il en est une dont nous n’avons pas encore parlé ; c’est celle qu'il faut faire pour orienter le plan , c’està-dire, pour y marquer les quatre points cardinaux : nord, sud , est , ouest. Plantez verticalement un jalon en un point M de l’alignement ab , par exemple ; marquez sur le sol l’extrémité de l’ombre de ce jalon , vers 1 O 1 ' du matin, et avec la longueur de cette ombre, décrivez un arc d’environ 180° dont M soit le centre. De 10 tl à midi, l’ombre diminuera et quittera la circonférence ; mais son extrémité y reviendra après midi , vers 2’’ . Marquez le point où se trouvera cette extrémité à ce moment , et divisez en deux parties égale», l’arc PQ qui séparera les deux positions extrêmes de l’ombre (65).- La droite de division MN sera dirigée du sud au nord ; vous pourrez la tracer sur le plan, si vous mesurez Mô , 3N3 , MIN ; une ligne droite perpendiculaire à celle-là indiquera l’est à droite et l’ouest à gauche.
Conventions. Quelques mots maintenant sur les conventions laites pour représenter, dans le dessin au net , les diverses parties du terrain et les objets qui s’y trouvent. IjOS ebamps restent en blanc. Les bois se font comme vous le voyez en O. De petits ronds dentelés représentent des arbres isolés : vous en trouvez de tels sur le bord de la rivière, vers le point b. Une ligne droite dentelée par de petits zéros, figure une baie. Les masses des maisons sont couvertes de traits, fins qu’on trace à la plume , sans règle , à peu près parallèlement ; on les appelle hachures. Une église a ses hachures parallèles à ses longs côtés; tout autre bâtiment public est couvert «le hachures croisées , comme le montre le rectangle situé à gauche de l’église : il contient, par exemple , le presbytère , la maison commune , l’école et le logis du pâtre. Les murs sont figurés par de simples traits plus gros que ceux des chemins. Une rivière un peu large est couverte de lignes courbes qui suivent les contours des bords ; celles du milieu sont plus écartées que les autres ; une flèche indique la direction du courant. Cette flèche mise près des bords , suffit pour distinguer un ruisseau d'un chemin courbe. La figure 1 (P. III) montre comment se fait une prairie ; la figure 2 montre une vigne ; la figure 3 montre un étang ; la figure U indique; un marais ; La figure 5 indique un petit jardin ou un carreau «le grand jardin , car lorsque les jardins sont glands, on doit en tracer les allées.
Nivellement. On a besoin, dans certain ras , de connaître les hantéhr» relatives de ditférens points d’un terrain dont on lève le plan. Il peut être utile , par exemple , de savoir combien le point h de la rivière (P. IV, F. 8) s’élève audessus du point b , ou quelle est la pente totale de h en b. C’est au moyen d’un niveau d’eau que vous la trouverez (44). Placez cet instrument en un point quelconque d’où vous puissiez voir b et h ; plantez verticalement un jalon en b et mesurez la distance de b au point b' où le jalon est rencontré par l’horizontale du niveau A (P. III, F. 6); vous aurez l'élévation bb' de l’horizontale au-dessus de b. Faites la même opération pour le point h ; vous aurez l’élévation hh' de la même horizontale au-dessus de ce point, si le pied de l’instrument n’a pas varié. Retranchant donc lu plus petite hauteur hh' de la grande bb', vous connaîtrez , par la différence bb" ou hh", de combien de mètres le point h est élevé au-dessus de b. Ce nombre «le mètres est ce qu’on appelé la cote verticale du point h • celle de b est zéro.