‹ George-Etienne CartierChapitre 4 sur 35 · LE TRANSFORMATEUR D'UNE RACE · texte numérisé non relu

LE TRANSFORMATEUR D'UNE RACE

Comment »e fait-il que quarante années après sa mort, alors que sa génération est complètement disparue, il semble que nous allons tous assister, dans le Centenaire de Cartier, là la glorification d'un compatriote parti d'hier seulement ? Ils se font de plus en plus rares les survivants de cette époque qui Font connu dans leur jeunesse, presque tous superficiellement et rien que de vue, la plupart, peut-être, comme ses adversaires d'alors. Une poignée d'hommes éparpillés n'ont pu créer cette commotion qui électrise les foules, émeut les hommes politiques d'aujourd'hui quand on prononce son nom. Sa mémoire a résisté à la destruction si suprême du temps, et plane sur tout le Canada comme le souffle même de notre nationalité. (S'il n'avait pas cet élément suprême de la gloire humaine qui permet à un orateur de prendre le chemin des oreilles pour arriver au cœur des foules, il avait le don de l'action, et quelle action ! Ses œuvres travaillent encore.

Quelle avait été la vie du Canada jusqu'à l'époque où Cartier prit la direction de nos destinées ? En passant de la France à la Grande-Bretagne, nous n'avions fait que changer de tutelle, sans changer d'âme. Et si nous songeons bien sérieusement à la nature de l'existence menée par nos ancêtres, il est impossible de ne pas comparer le tout petit peuple à l'enfant qui a besoin d'être conduit par la main. Le clergé, la seule force qui restait, dut lui improviser une vie nationale.

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