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Feu l’Hon. Elséar Gérin, né à Yamachiche le 14 novembre 1843, fit ses études au Séminaire de Nicolet, et entra de bonne heure duns le journalisme, d’abord au “Journal de Québec ” sous l' Hon. M. Cauchon, puis à “La Minerve” qui l’envoya comme son correspondant, suivre les débats du parlement anglais lors de l’établisse. ment de la confédération. Fonda en 1866 « Le Canada ” organe du gouvernement conservateur à Ottawa.
Puis en 1867 et 68 on le vit à Paris attaché à la Rédac. tion du “ Journal de Paris ” Pour toutes les questions se rattachant à l'Amérique du Nord. Revenu au pays en 1868, candidat malheureux dans le Comté de St-Maurice, il se fixa aux Trois-Rivières où il rédigea le “ Constitutionnel ” pendant quelques années, Admis au barreau en 1871 et élu député de St-Maurice pour Québec, il abandonna le journalisme. Il fut nommé conseiller législatif en 1888, et décéda en 1887.
Edmond Lareau dans son histoire de“ La littérature canadienne ” le met au rang de nos meilleurs écrivains. II publia différents opuscules entre autres “ L'histoire de la Gazette de Québec ” et “Un voyage sur le St-Maurice. Ses articles et chroniques publiés dans “ La Revue Canadienne” ont été particulièrement remagrqués. II avait une plume alerte, franche, incisive et toujours bien française. II était frère de feu Antoine Gérin-Lajoie,
auteur de “Jean Rivard”, et de Monseigneur Gérin, Prélat Apostolique, Curé de St - Justin.
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Né le 6 septembre 1814, Sir George est mort le 20 mai 1878, ayant atteint l’âge peu avancé de 58 ans, 8 mois et 14 jours. Cette vie a été courte, mais qu’elle a été bien remplie ! Depuis plus de trente ans, son nom remplit notre histoire et sa mémoire est gravée en traits ineffaçables dans nos annales parlementaires et dans nos livres de législation. Il était déjà un de nos vétérans politiques à l’Age où les autres entrent à peine dans la carrière. Le deuil universel que la mort de M. Cartier, a créé dans le pays montre suffisamment que ce n’est pas une existence ordinaire qui vient de s’éteindre sur les plages brumeuses de la Tamise. Sir John A. Macdonald 4 versé des larmes en lisant à la Chambre des Communes la dépêche qui lui
. annonçait la nouvelle fatale; tous les députés ont parti-
cipé à cette douleur amère et à ces sincères regrets. Imitant l’exemple des nations qui ont laissé des noms illustres à la postérité, notre pays se charge des funérailles de celui qui a été sa gloire et son honneur, et par-dessus tout son fidèle et dévoué serviteur.
A ces témoignages éclatants, nous voulons joindre notre faible tribut en retraçant à la hâte, la carrière accidentée de celui que nous pleurons comme un grand citoyen, comme un grand homme d'Etat et comme un grand chef de parti.
C’est sur les bords poétiques de la rivière Chambly, que George-Etienne Cartier a vu le jour. Son père, eul tivateur, négociant, et colonel de milice, se nommait Jacques Cartier, sa mère portait le nom de Marguerite Paradis, D’après quelques biographies ce Jacques Cartier, de St-Antoine, était un arrière neveu du célèbre navigateur de St- Malo. Quoi qu’il en soit de l’authencité
de cette origine illustre, il est certain que la famille Cartier a toujours été tenue en haute estime et considération dans la rivière Chambly et les environs.
Tout jeune encore, George-Etienne montra une rare
érance à l’étude et au travail ; au séminaire de &tulpice où il fut envoyé de bonne heure, il montra tout de suite ses qualité précieuses qui ont ensuite fait sa force et sa position. Il avait pour camarade de classe, un frère d’une intelligence beaucoup plus vive et Fu précoce, mais à force de constance et d’assiduité, George parvenait toujours à prendre le dessus. Dans l’écolier, on entrevoyait là qu’il voulait à tout prix faire son chemin et ne reculer devant aucun obstacle. Aussi, ce frère doué d’une intelligence remarquable, qui, au collège, apprenait avec la plus grande facilité tout ce qu’il voulait, est resté dans l’obscurité, tandis que l'élève doué d’une intelligence plus ingrate, mais laborieuse, assidu, persévérant, est arrivé à la plus haute position que puisse ambitionner un citoyen de notre pays.
Le jeune Cartier avait hâte d’être dans le monde et d’y jouer un rôle. L’écho des luttes politiques l'avait fait tressaillir plus d’une fois sur les bancs de l’école, et les murailles du Séminaire ne le séparaient pas tellement des patriotes que son cœur ne put battre à l’unisson des leurs. C’est à l'époque du réveil des luttes constitutionnelles. Lafontaine, Morin, Elz. Bédard, Duval, Caron, viennent d’être élus à la Chambre de l’Assemblée pour y donner à Papineau l’appui de leurs talents naissants et
de leur activité dévorante. Depuis la révolution de juillet 1830, les idées de réforme se répandent de plus en plus dans la province ; les journaux canadiens étaient remplis des cris de Liberté ! liberté ! qui se faisaient alors eutendre par toute l’Europe, particulièrement en France et en Angleterre, La jeunesse était enthousiasmée et voulait à ‘tout prix hâter l’aurore du jour neuveau qu’elle entrevoyait dans le triomphe des idées libérales. Il est digne de remarque d’ailleurs, que chaque fois qu’une grande commotion se fait sentir dans le monde, nous en éprouvons le contre-coup d’une manière plus ou moins violente, Lorsque les treize colonies anglaises s’insur-
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gent contre leur métropole et mettent toute l'Amérique en émoi, l'Angleterre nous jette pour nous calmer, l’Acte de 1774. La e révolution de 1789 nous vaut l’'Acte de 1791. En 1830, la lutte fut plus longue et et c'est incontestablement au réveil des esprits qui se produisit alors, que nous devons le me constitutionnelle et responsable qui nous fut accordé après 1840. C’est au début de cette période brillante et périlleuse que George Cartier, étant Agé de 17 ans, tomba dans le tourbillon politique. II s’y jeta de toute la force de son ame. Trop inexpérimenté pour raisonner sur les différents systèmes politiques, il n'entendit que le bruit de la bataille et prit place dans les rangs des patriotes. On ne voyait alors d'autre alternative que de marcher à la suite de Papineau, ou de se faire le docile instrument de Poligarchie exécrable qui étreignait le pays. Dès ce moment, Cartier fut de toutes les assemblées, de toutes les organisations. Pendant que Sicotte, commis chez LaRocque, Bernard & Cie, s’essayait dans des correspondances compromettantes qu’il écrivait pour LA MINERVE, Cartier finissait son droit et faisait des chansons patriotiques. La première fois que la St-Jean- Baptiste fut célébrée en 1835, dans le jardin de M. Macdonald, à Montréal, George Cartier était présent, et à la fin du banquet, il chanta comme chant de circonstance : à
Comme le dit un vieil adage:
Rien n’est si beau
Vallons, côteaux, De tant d'objets est-il n'aimerait tes lacs aux eaux lim ?
Canada! mon pays! mes amours
Chaque pays vante ses belles :
Je crois Eis que l'on ne ment pas ; Mais nos Canadiennes comme elles
net, pourtant an pe plaire,
a! mon pays! mes amours
O mon pays! de la nature 2 tu fus l'enfant chéri;
Au mois de novembre de la même année, 1885, le jeune barde était admis au Barreau, ayant à peine dépassé la vingtaine. Il apporta dans l'exercice de sa prôfession la même fougue, et la même âpreté au travail qu'il avait déployé dans le reste. Tout de même, la politique et les muses l’entraînalent souvent hors de son cabinet d’avocat.
Ceux qui ont entendu les discours politiques de Sir Georges dans la dernière et la plus importante periode
de sa vie seront sans doute étonnés d'apprendre qu'il avait dans sa jeunesse, courtisé les muses avec une cer: taine asaiduité, sinon avec un remarquable succès, A la tote de la St-Jean-Baptiste de 189 lorsque déjà grondait l'orage on le retrouve faisant en » entendre à ses amis un chant patriotique de son cru :
UN SOUVENIR DE 1997 Amn Combien j'ai douce souvenanes,
Br re n qu Fr, „ Je vis captif en proie à la tristesse, En tremble je voie l'avenir enr,
ps ma dou" patrie Pleurait sous les fers asservie; Et, désireux de la voir affranchie, Du combat — l'instant mont.
Mais advint l'heure d'espérance Où j'entrevoyais délivrance ; Eh! mon pays, en surcroit de souffrance, Mars contraria tes vaiilants Enfants.
mol, victime infortunée te fatale journée, Le léopard np irritée Sans * t mains et pieds
La reverrai-je cette amie N qui charmalt ma vie, Souvent en moi son image chérie Fait soupirer dans sa douleur Mon cœur.
Un jou
ets
Au mois de mal 1887, il avait été % 1vee le pauvre et infortuné de Lorimier, secrétatre dt Uomnit” :ntral et permanent des patriotes de Mon tut Lagit tion “tait terrible dans la province, 1% 4 en triomphateur, sollleitant le: où les voquant à une résistance déter:u; Empa par ke og rant ulaire ou dominé pur l'ascomunt du wap tri dun, les principaux homme suis: 4 ne «ut l contrecarrer. Le parlement s'ouvre le 14 out ; les debate sont plus animés que jamais ; io J (0: 14 découragé, proroge les Chambres sans pouvoir s hende e Papineau, Le 27 octobre vint l'assembi:: ++ six comtés où l'on parle ouvertement d'Insurreetic de resistance
LE VINDIOATOR invite les soldats de l’armée régulière à déserter le service et Papineau sent en ce moment tout le poids de la responsabilité qu’il a prise, mais il est trop tard ; les six comtés se forment en confédération et ne veulent plus reconuaître le gouvernement, et le 17 novembre, entre Longueuil et Chambly, un détachement de cavalerie qui accompagne les connétable: qai venaient d'arrêter à St-Jean, Desmarais et le Dr Davi- — mis en déroute et les prisonniers sont mis en
Lafontaine et Leslie descendent à Québec pour demander à lord Gosford de convoquer les Chambres promettant que le de Papineau sera plus traitable, mals Debartzch, qui avait été menacé dans sa résidence à St-Denis par les patriotes fait prévaloir les conseils de la
eur et le gouvernement ordonne de sévir contre les
Îles. Tels so les débuts de cette insurrection funeste, Les patriotes sans armes, sans expérience se réunissent pour la résistance et l’on sait le résultat de St - Denis, St-Charles, St-Eustache et St-Benoit. Cartier dont la tête avait été mise à prix, était avec les insurgés, de St-Denis, sous le commandement de Wolfred Nelson. On a plus d'une fois attaqué Cartier pour sa conduite à St -· Denis. II a été bien constaté que si Cartier s’est séparé de la petite troupe de Nelson, c'était sur les instructions du Commandant lui-même qui l’envoyait en mission non moins périlleuse à &t-Antoine, Du reste tous ceux qui
ont connu l’homme savent qu’il n’était pas d'un caractère à reculer d’une semelle devant le danger. Après un premier succès, Nelson apprenant que le Colonel Gore marchait sur St-Denis avec 1100 hommes, prit le parti de renoncer à la lutte, remerciant ceux qui lui étaient restés fidèles, et tous se dispersèrent, si bien, qu’il ne resta que 4 hommes au village lorsque Gore y entra. Peu après Wolfred Nelson fut arrêté dans la Vallée de Stukely, et amené à la prison de Montréal. La police faisait d’actives recherches pour trouver les autres. LE CANA- DIEN du 27 décembre dit: “la nouvelle que le jeune George Cartier a été trouvé gelé dans les bois est conflrmé. C'était un jeune homme doué à plusieurs points des qualités du cœur et de l’esprit, et devant lequel s’ouvrait une des plus brillantes carrières.” Ce n’est que longtemps après, que cette triste nouvelle fut démentie par les quelques lignes suivantes que publia LE VERGENNES VERMONTEER : (Cartier, patriote de quelque distine · tion, qu’on supposait être mort de froid dans les bois du Canada est maintenant dans un village du Vermont. ” C’est après cette échauffourée que revenu au calme et à la réflexion les patriotes les plus intelligents comprirent la généreuse témérité de leurs efforts et l’impuissance d’une insurrection. Pour Cartier, dont les principes politiques ne pouvaient être mûris, c'était une escapade de jeunesse. Quant à son courage personnel, il ne saurait être mis en doute. Homme de parti avant tout, Cartier a rencontré des adversaires qui ne lui ont épargné aucune accusation, mais celle-là est tombée dans le néant depuis longtemps. En 1848, lors des discussions entre Papineau et Wolfred Nelson sur les troubles de 1837, L'AVENIR publia des correspondances très injurieuses contre M. Cartier. Ces correspondances signées : CAM- PAGNARD, TUQUE BLEUE, etc., étaient attribuées communément à M. Dessaulles et disaient que Cartier avait fui à St-Denis. Poussé par ces attaques contre son honneur personnel, M. Cartier alla un jour au bureau de L'AVENIR et demanda à se battre en duel avec le meil leur de tous les rédacteurs et rollaborateurs de ce journal. On se rappelle que LAVENIR était alors rédigé par