‹ George SandChapitre 13 sur 41 · I. Histoire de ma vie · texte numérisé non relu

I. Histoire de ma vie

entrait en elle, et c'était l'âme romantique. Avec cette magnifique puissance de réceptivité qui est en elle, George Sand accueille tous les souffles qui lui viennent des quatre coins du romantisme. Elle les répercute avec une ampleur, une profondeur de sonorité, une richesse d'orchestration inouïes. Désormais à toutes les voix masculines qui s'étaient élevées pour maudire la vie, une voix de femme s'ajoutait — et elle les dominait !

Dans l'évolution psychologique de George Sand Lélia est cela même : c'est le début de l'envahissement de cette âme par le romantisme. Individualité d'emprunt, sans doute, mais qu'on ne saurait prendre ou rejeter à son gré, comme un masque. Elle adhère à la peau. George Sand avait beau dire à Sainte- Beuve : « Ne confondez pas trop l'homme avec la souffrance... Et ne croyez pas trop à tous mes airs sataniques : je vous jure que c'est un genre que je me donne»'. Sainte-Beuve ne s'alarmait pas à tort. C'était lui, le confes-

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