I. Correspondance, au citoyen Thoré, a8 mai
avril à Lamartine pour lui reprocher son modérantisme et exciter sa verve révolutionnaire. Et ce qu'elle regrettera plus tard, elle qui pourtant n'est pas d'humeur fort guerrière, c est qu'on n'ait pas, à l'exemple des grands ancêtres de 93, cimenté la Révolution à l'intérieur par la guerre aux nations. « Si au lieu de suivre la fade et sotte politique de Lamartine, nous avions jeté le gant aux monarchies absolues, nous aurions la guerre au dehors, l'union au dedans, et la force par conséquent au dedans et au dehors »*. Toujours comme les grands ancêtres, elle déclare que l'idée révolutionnaire n'est ni celle d'une secte, ni celle d'un parti : « C'est une religion que nous voulons proclamer. » Ce zèle, cette passion, cette intransigeance, venant d'une femme, ne m'étonne pas. Mais vous avouerai-je, après cela, qu'un certain genre d'inspiration en politique ne me dit rien qui vaille ?
Si j'y insiste, c'est que j'y suis bien forcé. George Sand en effet ne s'est pas contentée