LA CORRESPONDANCE AVEC FLAUBERT LES DERNIERS ROMANS
Avec cet instinct de maternité qui était en elle, George Sand n'avait jamais pu se passer d'avoir dans son voisinage un enfant à gronder, diriger, morigéner. Celui à qui elle va consacrer les dix dernières années de sa vie, et qui plus qu'aucun autre avait besoin de sa bienfaisante affection, se trouva être une espèce de géant, à la chevelure rejetée en arrière, aux épaisses moustaches de Normand des temps héroïques et tel qu'on imagine les pirates à l'avant des barques du duc Rollon. Né dans une époque pacifique, ce descendant des Vikings s'occupait exclusivenjent à tâcher de faire des
phrases harmonieuses en évitant les assonances.
Je ne crois pas qu'il y ait eu deux êtres plus différents que Gustave Flaubert et George Sand. Lui était artiste ; elle, par bien des côtés, était bourgeoise. Il voyait toutes choses en pire; elle les voyait en plus beau. Flaubert lui écrivait avec étonnement : « Malgré vos grands yeux de sphinx, vous avez vu le monde à travers une couleur d'or. » Elle aimait le peuple ; il le jugeait haïssable et qualifiait le suffrage universel d'être la « honte de l'esprit humain ». Elle prêchait la concorde, l'union des classes; il déclarait : « Je crois que les pauvres haïssent les riches et que les riches ont peur des pauvres. Cela sera éternellement. » Et ainsi de suite. Sur tout sujet, quelle que fût l'opinion de l'un, on pouvait être assuré que l'opinion de l'autre était aux antipodes. C'est ce qui les avait attirés l'un vers l'autre. George Sand disait : « Je ne m'intéresserais pas à moi, si j'avais l'honneur de me rencontrer . » Elle s'intéressa à Flaubert, parce qu'elle avait deviné en lui l'anti-
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thèse d'elle-même. « Ce monsieur qui passe est charmant, dit Fantasio. Il y a en lui toute sorte d'idées qui me sont tout à fait étrangères. » Elle fut curieuse de s'initier à ces idées qui lui étaient si étrangères. Elle admira Flaubert pour toute sorte de mérites qui lui manquaient à elle si complètement. Et elle l'aima, parce qu'elle le sentait malheureux.
Elle était allée le voir dans l'été de 1866. Ils avaient couru ensemble Rouen, ses vieux quartiers, ses ruelles historiques ; elle était ravie et surprise ; elle n'en croyait pas ses yeux ; elle ne se doutait pas que ça existât, et si près de Paris! Elle séjourna dans cette maison de Croisset où s'est encadrée toute la vie de Flaubert, la maison aux larges fenêtres, d'où la vue s'étendait sur la Seine, où montait le bruit monotone et rauque de la chaîne remorquant les lourds chalands. Flaubert y vivait avec sa mère et sa nièce ; il sembla à George Sand que tout y respirait le calme et le bienêtre : pourtant elle en emporta une impression de tristesse. Elle l'attribua à ce voisinagre de la
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Seine allant et venant sous le coup du mascaret : « Les saules des îles sont toujours baignés et débaignés : c'est triste et froid d'aspect'. » Mais elle n'était pas dupe de cette explication. Car, elle le savait bien, ce qui fait les maisons tristes ou gaies, chaudes ou glaciales, ce n'est pas le reflet du paysage qui les entoure, c'est l'âme de ceux qui les habitent et -qui les ont façonnées à leur image. Et elle venait d'habiter la maison du misanthrope.
Le misanthrope ! Lorsque Molière jadis en mettait à la scène la figure ravagée, il avait réuni par avance quelques-uns des traits de la ressemblance de Flaubert. Comme il suffisait pour jeter Alceste en courroux des événements les plus ordinaires et les moins tragiques, une complaisance de Philinte, une coquetterie de Célimène, de même il suffit, pour échauffer la bile de Flaubert, des spectacles coutumiers dont notre philosophie a cessé de s'indigner. Mais cesser de s'indigner, ce serait pour lui cesser de respirer. Il se fâche
t. Correspondance : à Maurice Sand, lo août 1866.
et il veut se fâcher. Il s'irrite contre tout et contre tous, et il cultive son irritation. Il se maintient à l'état d'exaspération : c'est son état normal. Il se peint dans ses lettres « harassé par l'existence » et « dégoûté de tout », « toujours agité, toujours indigné. » Et il orthographie hhhindigné avec plusieurs h aspirées. Il signe ses lettres : le R. P. Cruchard des Barnabites, directeur des Dames de la Désillusion. Au surplus, et s'il y a quand même dans son affaii^e un peu d'attitude et de pose, il est sincère. Il « rugit » dans son cabinet, même lorsqu'il est seul, et qu'il n'y a personne auprès de lui pour être terrorisé par ses rugissements. Car il est remarquablement organisé pour souffrir. A la fois réaliste et romantique, observateur pénétrant et homme d'imagination, il emprunte à la réalité quelques-uns de ses traits les plus désolants et il les recompose en une vision de cauchemar. Qu'il y ait dans la vie de l'injustice et de la bêtise, nous le concéderons volontiers à Flaubert. Mais il fait, lui, de la Bêtise, la bête à sept têtes et à dix cornes de FApocalypse. Elle le hante, elle l'obsède, elle
bouche à ses regards toutes les avenues, elle lui cache les beautés sublimes de la création et la splendeur de l'esprit humain.
A ces déclamations enragées de son « vieux », avec quelle sagesse souriante répond George Sand, avec quel bon sens en garde contre la duperie des mots ! De quoi se plaint-il, en effet, ce grand enfant trop naïf ou trop exigeant? Quelle infortune extraordinaire lui a fait une exceptionnelle destinée de malheur? Il a une petite aisance et un grand talent. Combien sommes-nous qui l'envierions ! Ce dont il se plaint, c'est de la vie telle qu'elle est pour tout le monde, et des conditions mêmes de cette vie qui n'a jamais été meilleure pour personne et dans aucun temps. Mais à quoi sert de s'irriter contre la vie, quand aussi bien nous ne souhaitons pas la mort? L'humanité lui paraît méprisable et il la hait. Cette humanité, n'en fait-il pas partie' lui-même? Et les hommes, nos frères, au lieu de les maudire pour un tas d'imperfections inhérentes à leur nature, ne serait-il pas plus juste de les en plaindre? Quant à la bêtise, si elle l'of-
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fusque tellement, pourquoi û'en détourne-t-il pas ses regards, au lieu de les y ramener avec tant d'insistance? D'ailleurs chacun de nous n'a-t-il pas un peu plus de motifs qu'il ne croit pour être indulgent à la bêtise ? « Pauvre chère bêtise, s'écrie George Sand, que je ne hais pas et que je regarde avec des yeux maternels ! » Car le genre humaiti est absurde, sans doute ; mais il faut bien nous dire que nous avons part à son absurdité.
Il y a quelque chose de morbide daiis le cas de Flaubert : George Saiid llii indique avec une égale clairvoyance la cause de son mal et le remède. Son mal vient avant tout de son isolement et de ce qu'il a éoupé tous les liens qui le rattachaient au reste de l'univers. Malheur à celui qui est seul ! Le remède ? N'y a-t-il pas quelque part au monde une femme qu'il pourrait aimer et qui le ferait souffrir? N'y a-t-il pas un enfant dont il pourrait se croire le père, et à qui il se dévouerait ? Telle est, en effet, la loi de l'existence : intolérable tant que nous lui demandons seulement des satisfactions pour nous-mêmes, elle nous devient chère du jour
OÙ nous avons su en faire présent à autrui. Même antagonisme dans les opinions littéraires. Flaubert, qui est un pur artiste, est le théoricien de la doctrine de Tart pour l'art, telle que la comprenaient vers la même époque Théophile Gautier, les Goncourt et les Parnassiens. Il est singulièrement intéressant de l'entendre en formuler à mesure chacun des articles, et de recueillir en réponse l'ardente protestation de George Sand. Flaubert est d'avis qu'on ne doit pas se mettre soi-même dans son œuvre, qu'on ne doit pas faire ses livres avec son cœur. Et George Sand de répliquer : « Je ne comprends plus du tout, oh ! mais plus du tout. » Car avec quoi peut-on bien faire des livres sinon avec ses sentiments et ses émotions, et serait-ce par hasard avec le cœur des autres ? Flaubert prétend qu'on ne doit écrire que pour vingt personnes, à moins toutefois qu'on n'écrive pour soi tout seul, « comme un bourpfeois tourne des ronds de serviette dans son grenier. » George Sand est d'avis qu'il faut écrire « pour tous ceux qui ont soif de lire et qui peuvent profiter d'une bonne lec-
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ture. » Flaubert confesse que, s'il faut tenir compte de la vieille distinction entre le fond et la forme, c'est à la forme qu'il attache le plus d'importance : il a en elle une foi mystique. Il croit qu'il y a dans la précision des assemblages, dans la rareté des éléments, le poli de la surface, l'harmonie de l'ensemble, une vertu intrinsèque, une espèce de force divine. « Enfin, conclut-il, je tâche de bien penser pour bien écrire. Mais c'est bien écrire qui est mon but, je ne le cache pas. » De là ce travail du style poussé à la manie et tourné en supplice. On sait les journées d'angoisse que passait Flaubert à la poursuite d'un mot qui le fuyait, les semaines consacrées à arrondir une de ces périodes qu'il ne consentait à jeter sur le papier qu'après se les être déclamées à lui-même et, comme il disait, les avoir fait passer par son gueuloir. Il n'admettait pas qu'on mît dans une même phrase deux compléments ; un jour qu'ayant ouvert un de ses livres, il y lut ces mots : « Une couronne de fleurs ii'oranger », il en fit une maladie. « Vous ne savez pas, vous, ce que c'est que de rester toute une jour-
née la tête dans ses deux mains à pressurer sa malheureuse cervelle pour trouver un mot. L'idée coule chez vous largement, incessamment, comme un fleuve. Chez moi, c'est un mince filet d'eau. Il me faut de grands travaux d'art avant d'obtenir une cascade. Ah ! je les ai connues, les affres du style ! » Non vraiment George Sand ne les connaissait pas, et même elle n'arrivait à s'en faire aucune espèced'idée. Ce travail pénible l'étonnait, elle qui laissait le vent jouer de sa « vieille harpe », comme il lui plaisait d'en jouer.
Pour tout dire, il lui semblait que son ami était dupe d'une erreur irréductible. Il prenait la littérature pour l'essentiel ; mais il y a quelque chose qui prime la littérature, c'est la vie. « La sacro-sainte littérature, comme tu l'appelles, n'est que secondaire pour moi dans la vie. J'ai toujours aimé quelqu'un plus qu'elle, et ma famille plus que ce quelqu'un. » Tel est le forld même du débat. George Sand croyait, et nous croyons avec elle, que la vie n'est pas seulement un prétexte à littérature, mais qu'au contraire la littérature doit sans cesse se réfé-
rer à la vie, et se régler sur elle comme sur un modèle qui la précède et qui la dépasse.
La sérénité, tel est l'état d'esprit que traduisent les lettres de George Sand à Flaubert : c'est aussi bien le caractère de son œuvre dans la dernière période de sa vie. Cette « dernière manière » , c'était déjà celle de Jean de la Roche (1860). Un jeune gentilhomme, Jean de la Roche, s'éprend de l'exquise Love Butler, qui l'aime pareillement. Mais la jalousie maladive d'un petit frère les force de se séparer. Pour se rapprocher de celle qu'il aime, Jean de la Roche imagine de se costumer en guide, et d'accompagner à ce titre toute la famille dans une exc*Ursion au milieu des montagnes d'Auvergne. Un guide qui est un jeune gentilhomme, cela n'est pas ordinaire. Mais l'amour est coutumier de maints travestissements. Les amoureux de Marivaux se costumaient très bien en valets. Et ne sait-on pas que c'était jadis chose qui n'étonnait personne, de rencontrer par les chemins des princes déguisés ?
Le chef-d'œuvre du genre est sans doute le
Marquis de Villemer (1861). Un château de province, une vieille aristocrate sceptique et indulgente, deux frères capables d'être rivaux sans cesser d'être amis, une jeune fille noble et pauvre, instruite et belle, la calomnie intervenant tout juste pour être confondue, de merveilleuses pages descriptives, des conversations élégantes et sinueuses, c'est proprement un charme. La jeune fille pauvre, au dénouement, épouse le marquis. C'est encore un retour aux usages de l'ancien temps, de ce temps où l'on voyait des rois épouser des bergères. Telle est, en effet, la nuance de plaisir que nous apporte la lecture de ces romans romanesques : c'est assez bien celui que nous trouvions naguère aux contes de fées.
Si Peau d'Ane m'était conté, J'y prendrais un plaisir extrême,
avouait La Fontaine : nous aurions mauvaise grâce à nous montrer plus difficiles que lui et à faire davantage les renchéris. Nous avons besoin, grands enfants que nous sommes, de récits qui donnent à notre imagination, déçue
par le réel, un aliment. Et qui sait si ce n'est pas l'objet même du roman? Le romanesque n'est pas nécessairement une aspiration démesurée à la chimère. Il est autre chose. Il est la révolte de l'âme opprimée par le joug de la nature. Il est l'expression de cette tendance qui est en nous à un affranchissement impossible, mais toujours rêvé. Car une loi d'airain préside à notre destinée. Hors de nous ou en nous, la série des causes et des effets déroule son enchaînemenic rigoureux : pas un de nos actes qui ne se continue par des conséquences qui vont à l'infini, pas une faute qui n'entraîne son châtiment, pas une défaillance qui n'ait sa rançon, pas une minute d'oubli, pas un instant où nous puissions cesser d'être sur nos gardes. L'illusion romanesque est cela même : un essai pour échapper, au moins en esprit, à la tyrannie de l'ordre universel.
Il m'est bien impossible de parcourir avec vous ces œuvres souvent charmantes mais qui se prolongent en série un peu monotone. Toutefois, il est un roman de cette époque, que je dois vous signaler, parce qu'il éclate ici comme
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un coup de tonnerre dans un ciel serein et parce qu'il nous révèle un aspect des idées de George Sand qui n'est pas négligeable. C'est un livre qui, le seul sans doute dans toute l'œuvre de George Sand, fut écrit dans l'emportement de la colère : Af '^ la Quintinie. Octave Feuillet venait de publier V Histoire de Sibylle. Ce livre révolta George Sand. Nous avons un peu de peine à comprendre cette grande colère. Le roman de Feuillet est infiniment gracieux et si inoffensif! Sibylle est une petite personne chimérique qui, dès l'enfance, rêve de l'impossible. Elle voudrait que son grand-père lui décrochât une étoile, et une autre fois qu'il lui laissât chevaucher le cygne sur l'étang. L'âge venu de la première communion, elle conçoit des doutes sur la vérité de la religion chrétienne; mais, un soir de gros temps, le curé de l'endroit s'étantjetéen barque sur la mer démontée pour sauver des marins en péril, toutes les difficultés d'exégèse qui l'arrêtaient lui semblent soudain éclaircies. Un jeune homme s'est épris d'elle : s'étant aperçue qu'il n'est pas croyant, elle s'efforce de le convertir et entreprenp
avec lui le soir un cycle de promenades au clair de la lune. Les rayons de la lune sont perfides aux jeunes filles : celle-ci, au retour d'une de ces promenades sentimentales et théologiques, succombe à un mal mystérieux... Pour comprendre la tempête que provoqua chez George Sand la lecture de ce roman dévot, mondain et anodin, il faut savoir quel était alors l'état de son esprit sur une question, à vrai dire, essentielle : la question religieuse.
Notons d'abord que George Sand n'est pas hostile à toute idée religieuse. Elle a une religion. Il y a une religion de George Sand. Les dogmes en sont peu nombreux et le credo peu chargé. George Sand croit fermement à l'existence de Dieu. Sans la notion de Dieu, rien ne s'explique et rien ne se résout. Ce Dieu n'est d'ailleurs pas seulement la « cause première » : c'est un Dieu personnel et conscient dont la fonction essentielle, si ce n'est l'unique fonction, consiste à pardonner — à tout le monde. « Le dogme de l'enfer est une monstruosité, une imposture, une barbarie... C'est une impiété de douter de la miséricorde
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infinie de Dieu et de croire qu'il ne pardonne pas toujours, même aux plus grands coupables... Voilà bien l'application la plus complète qu'on ait jamais faite du droit de grâce. Ce Dieu n'est sûrement ni celui de Jacob, ni celui de Pascal, ni même celui de Voltaire. Ce n'est tout de même pas un Dieu inconnu : nous retrouvons en lui le Dieu de Béranger, le Dieu des bonnes gens. Enfin George Sand croit fermement à l'immortalité de l'âme. Vient-elle à perdre un des siens, c'est sa consolation que cette certitude de l'aller rejoindre quelque jour : « Je vois la vie future et éternelle devant moi comme une certitude, comme une lumière dans l'éclat de laquelle les choses sont insaisissables ; mais la lumière y est : c'est tout ce qu'il me faut. » Existence de Dieu, bonté de la Providence, immortalité del'âme — George Sand est une adepte de la religion naturelle.
Mais elle n'accepte aucune religion révélée ; et il y en a une qu'elle va jusqu'à exécrer, c'est la religion catholique. Sa correspondance à ce sujet, pendant toute la période du second Empire, est des plus significatives. Elle est
pour l'Église une ennemie personnelle et parle des Jésuites comme une abonnée du Siècle. Elle craint pour Napoléon III leur poignard et désirerait pourtant qu'il y eût de leur part une tentative avortée qui lui ouvrît les yeux. Le grand danger des temps modernes est, d'après elle, le développement de l'esprit clérical. Ne la tenez pas pour une avocate de la liberté d'enseignement! «On a encouragé l'esprit prêtre, écrit-elle, on a laissé les couvents envahir la France et les sales ignorantins s'emparer de l'éducation » '. Partout où l'Église a été maîtresse, on le constate à des marques qui ne trompent pas : sottise et abrutissement. Voyez la Bretagne : « Il n'y a rien là où règne le prêtre et où le vandalisme catholique a passé, rasant les monuments du vieux monde et semant les poux de l'avenir.^» Il n'y a pas à nous le dissimuler : c'est l'anticléricalisme dans toute sa violence. N'est-il pas curieux de constater que cette passion, dès qu'elle s'empare d'esprits même distingués, leur fait perdre