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sa naissance, il fut élevé dans les principes de la religion chrétienne et le respect pour les devoirs qu’elle enseigne. Cette présomption se trouve confirmée par les manuscrits de Washington, qui contiennent des articles ct des extraits transcrits par lui pendant son enfance, et prouvent que ses pensées avaient alors une tendance religieuse, Une de ces pièces, composée pour le jour de Noël, commence ainsi :
Muse, inspire nos chants sur le jour fortuné Où, pour racheter l'homme, un Sauveur nous est né.
Dès ses premières campagnes, au milieu mème des scènes si vives des Grandes-Prairies, Washington attachait beaucoup d'importance à maintenir dans le camp l'exactitude du service religieux. Pe idant la guerre avec la l'rance, le gouvernement ayant négligé dans l’armée le service des chapelains, il s’éleva contre un pareil oubli cet renouvela ses réclamations jusqu'à ce qu'on y eût satisfait, Il relevait sévèrement et condamnait les habitudes vicieuses et les jurements profanes des soldats. On en jugera par cette citation tirée de ses ordres du jour :
« Le colonel Washington a remarqué que les hommes de son régiment sont très-irréligieux et relâchés dans leurs mœurs. Il saisit cette occasion pour leur faire connaitre le profond déplaisir que lui font éprouver de pareilles habitudes, et les assurer que, s'ils ne s’en départent pas, leur punition sera sévère. Les officiers sont invités, s'ils entendent un soldat jurer ou employer un terme d’extcration, à condamner le coupable à recevoir immédiatement vingt-cinq coups de fouet, sans qu'il soit nécessaire pour cela de convoquer une cour martiale. Si la faute se renouvelle, elle sera châtiée encore avec plus de rigucur, »
Après la guerre avec la France, pendant son séjour à
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Mount Vernon, si l’on consulte son journal, on voit qu'il allait à l’église réguliérement tous les dimanches. Quand il ne s'y rendait point, c’est qu'il en était empêché par le mauvais temps, ou parce que les routes étaient impraticables, l’église la plus proche se trouvant à sept milles de sa résidence. Il s’intéressait vivement aux affaires de la paroisse de Truro, à laquelle appartenait Mount Vernon, et fut à différentes époques membre du conscil de fabrique.
Une femme qui a vécu vingt ans dans la famille de Washington, sa fille adoptive, donne sur cette partie intime de la vie de notre héros des détails pleins d'intérêt, dans une lettre datée de Wooldlam, 26 février 1833 :
« Le dimanche, tous les visiteurs étaient exclus de Mount Vernon. Personne dans l’église n’apportait au service plus de gravité et de recueillement que Washington. Ma grand'mère, qui était éminemment pieuse, ne se départit Jamais de ses habitudes d'enfance, Elle s'agenouillit toujours. Le général, suivant sa coutume d'alors, restait debout pendant qu'on célébrait le service, Les dimanches où l’on communiait, il quittait l’église avec moi après la bénédiction et retournait au logis. Nous renvoyions ensuite la voiture pour prendre ma grand’mère. .…. Je n'ai jamais élé lémoin de ses dévotions particulières, et je ne m'en suis jamais enquise. J'aurais regardé comme la plus grande hérésie le moindre doute sur sa ferme croyance au christianisme. Sa vie, ses écrits, tout prouve qu’il était bon chrétien. Ce n’était pas non plus un de ces hommes qui agissent ou prient pour ctre vus, C'est en secret qu’il communiait avec Dieu, »
En résumé l'on peut dire que Washington avait des habitudes religieuses, qu'il croyait profondément en la divine Providence, mais que dans aucune occasion il ne {it connaitre son opinion dogmatique ni les principes de
sa foi. Élevé dans le sein de l’église épiscopale, à laquelle il demeura toujours attaché, il conserva dans son cœur les doctrines du christianisme, telles que les enseigne cette église et telles qu’il les comprenait, sans y mêler jamais la moindre idée d'intolérance ou de mépris pour les croyances et les rites adoptés par les chrétiens des autres communions.
L'heure a sonné où la nation américaine va confier à Washington ses destinées, et, à chacune des étapes de sa laborieuse carrière, c’est à la Providence toute-puissante qu'il demandera des consolations dans les revers, comme aussi il attribuera à son influence favorable tous les événements heureux, tous les succès de ses efforts personnels !.
Dieu el mon pays! voilà la devise du héros de l'Indcpendance ct du père de la l’atrie américaine,
1. Voici, sur ce sujet, quelques citations tirées de sa Correspondance :
« Nous avons, a-t-il dit, à soutenir une sorte de lutte marquée par la Providence pour éprouver la patience et le courage des hommes, Aussi quiconque est engagé dans cette voie ne doit pas se montrer un instant abattu par les difficultés ou découragé par les épreuves, »
« La Providence a si souvent pris soin de nous relever, lorsque nous avons perdu toute espérance, que j’ose croire que nous ne succomberons jamais. »
« Nous abandonnons le reste à cette sage Providence, qui nous a si évidemment soutenus dans le cours de toutes les traverses, »
« Nous avons de fortes raisons de remercier la Providence de la protection qu’elle nous a accordée. C’esten elle seule que j’ai placé aurefois toute ma confiance, car toutes nos autres ressources semblaient nous avoir manqué.
«Nos aliires ont été amenées à une crisc terrible ponr que la main de Dieu fût visib!é cans notre Gélivrance. Telle est ma conviction. »
FPE ES