‹ George Washington d'après ses mémoires et sa correspondance [microforme]Chapitre 8 sur 48 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

Entrons dans la grande salle de réception, dont la corniche épaisse et le vaste plafond sont richement ornementés de reliefs en stuc où courent des feuillages délicats. Ici plusieurs morceaux de sculpture ajoutent à l’embellissement du décor; là s'élève une magnifique cheminée, dont la grille contiendrait plusieurs boisseaux de charbons. Ce chef-d'œuvre, originaire d'Italie, fait de marbres de Syène et de Paros, fut offert en 1785 à Washington, par Samuel Vaughan, riche Anglais, son admirateur. Les troispanneaux de la frise, sous le manteau, sculptés dans le marbre blanc, et en très-haut relief, représentent de jolies scènes familières de la vie rustique. Sur la tablette, les vases bleu-foncé, couverts de fleurs peintes, et, aux deux extrémités, les candélabres de bronze, sont encore aux places qu'ils occupaient autrefois.

Nous terminerons notre pélerinage à cette chambre vide, d’une simplicité extrême, restée inctate depuis le 14 décembre 1799, où mourut, avec une simplicité enfantine et un calme héroïque, l’un des hommes les plus grands et les meilleurs qui aient jamais existé. Les murs sont nus; rien qui ait appartenu à Washington : et pourtant en aucun endroit du logis on ne le sent mieux vivre; l'on dirait que son âme n’a pas quitté ce sanctuaire, et, suivant la belle expression de M®° de Staël : « On tremble de respirer de « peur qu'un souffle n’enlève cette poussière où les « nobles idées sont peut-être encore empreintes !. »

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