CHAPITRE XIX
L’ascendant de M 11 * Fitz-Herbert l’emporta ; tant de dévouement, tant d’abnégation touchèrent le prince de Galles, qui n’opposa plus qu’une résistance de plus en plus faible au projet d’alliance arrêté par sa mère.
On payerait ses dettes, on augmenterait sa pension, et il épouserait la princesse Caroline de Brunswick. « Aussi, dit l’historien du prince de Galles, le révérend Georges Croly, avant le jour pour lequel M. Newnliam avait promis sa redoutable motion, M. Pitt annonça, par ordre du roi, au prince de Galles, que si cette motion était retirée, tout s’arrangerait à la satisfaction de Son Altesse. Le prince y a\ant consenti, les deux chambres reçurent, le 21 mai, un message du roi, qui leur apprenait que Sa Majesté avait statué qu’il serait pris annuellement dix mille livres sur la liste civile, pour les ajouter au revenu du prince, qui,
de son côté, avait donné les assurances les plus positives de ne pas dépenser à l’avenir au delà de son revenu. Le roi ordonna de mettre sous les yeux du parlement un état des dettes du prince, auxquelles il espérait que ses fidèles communes pourvoiraient. Lés communes votèrent, en effet, une adresse au roi pour le prier de faire payer*, pour le compte du prince, sur les fonds de la liste civile, la somme de 781,000 livres sterling (1,052,500 francs), qu’elles promettaient (le rembourser, »
Voilà donc le prince de Galles soulagé du poids de ses éternelles dettes au prix d’un demi-scandale et de sa liberté ; car l’acceptation des termes du traité dressé par la cour lui'imposait irrévocablement l’obligation d’épouser la princesse Caroline de Brunswick, fille de ce fameux duc de Bruns\vick-Wolfenbüttel,quiajouéunrôle si marquant au commencement de notre révolution française. On sait que ce trop fameux duc, qui passait pour le capitaine le plus expérimenté de son siècle, obtint en 1792 de l’empereur François II et du roi de Prusse le commandement des forces réunies par la coalition formée contre la France. On sait aussi qu’il avait déjà franchi nos frontières, son trop célèbre manifeste à la main, lorsqu’il fut obligé par la fortune des armes de congédier ses troupes, de brûler son manifeste et de rentrer bien vite chez lui.