‹ Georges 3. Léon GozlanChapitre 23 sur 41 · G KO KG ES · texte numérisé non relu

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trois mois, trois mois d’un hiver allemand ! ayerman muter, dans son voyage. A la vérité, continue le véridique historien, ce voyage fut pour elle un échantillon de l’inclémence de notre climat : les brouillards, les ouragans, les tempêtes, l’attendaient sur les bords de l’Angleterre. »

Le yacht royal, tout d’ébène, de velours et d’or, que montaient la future princesse de Galles et ses dames d’honneur, en tête desquelles brillait lady Jersey, était commandé par le capitaine Pôle, jeune officier de marine d’une grande distinction, protégé à la cour, bien noté à l’amirauté.

On sait avec quelle prudence, quel soin, quel tact délicat cette administration sait choisir les marins appelés à l’insigne honneur de conduire les vaisseaux officiels qui vont chercher au delà des mers les filles des rois pour en faire des reines, et les promener plus tard de golfe en golfe, d’ile en île, dans les loisirs dorés de la belle saison.

Brave, éclairé par de longs voyages, homme à la fois de guerre, de science et de courtoisie, marin d’élite, main de fer s’assouplissant sous un gant blanc, le jeune capitaine Pôle joignait à ces qualités, si rarement associées, une figure charmante, une. taille comme jamais Brummel, cet autre ami du prince de Galles, n’en eut une pour porter un habit à la mode ou un costume militaire. Ses yeux bleus sous de vivaces cheveux blonds, ses belles dents à travers lesquelles les paroles de commandement, les expressions nobles et les reparties délicates se croisaient sans cesse ; sa philosophie mélancolique, celle qui est assez particulière aux gens de mer, si habitués aux péripéties de la destinée, ne manquèrent pas d’attirer l’attention de la princesse; et l’attention de la princesse, à son tour, ne manqua pas d’attirer celle de lady Jersey.

Par un trait de caractère, distinct chez Caroline comme chez un très-grand nombre de femmes, la jeune princesse se plaisait beaucoup plus dans la société des hommes que dans celle des personnes de son sexe. Elle aimait à s’instruire, au milieu de ces conversations qui remplissent les vides de l’existence, si nombreux dans le rang élevé où elle était née. Un peintre, un sculpteur, un écrivain illustre, un savant la trouvaient toujours ravie de les entendre, toujours heureuse de les accueillir dans sa familiarité.

Que de charmantes heures, les meilleures de sa vie peut-être, elle passait sur le yacht royal à écouter, assise et émerveillée, les récits du jeune capitaine qu’elle avait, peu à peu, pris en si bonne et si franche affection ! Il disait simplement, avec le naturel familier aux marins, ses longues traversées, ses souffrances dans les pays qui tuent, les uns avec la chaleur, les autres avec les fruits, les autres avec leurs nuits trop fraîches.

Lady Jersey aussi écoutait toujours.

Une fois le capitaine Pôle décrivait le mal du pays, ce mal doux et terrible, qui commence par vous arracher une larme, qui vous arrache ensuite un soupir, puis la vie. il disait ce qu’on éprouve de douleur dans tout ce qu’on n’a plus, dans tout ce qu’on a laissé là-bas, là-bas sous cette étoile, derrière ce nuage, au delà de ces rideaux de montagnes. Le cœur se gonfle, les yeux se mouillent, les lèvres palpitent au toucher d’une fleur qui rappelle une fleur du pays; au son d’une voix qui vous frappe l’oreille et qui vous rappelle une voix du pays; à l’éclair fugitif d’un regard qui vous rappelle un regard laissé au pays... mais tout vous rappelle le pays loin du pays !

La princesse porta rapidement son mouchoir à ses yeux, se leva, voulut marcher un instant sur le pont. Lady Jersey se leva en même temps pour offrir l’appui de son

bras à la princesse. Elle avait déjà pris celui du capitaine Pôle.

Lady Jersey déchira le bout de ses gants avec ses dents; mais la morsure se termina par un sourire de résignation.

Lady Jersey commençait à comprendre que ce caractère si noble et si bon avait son influence sur les hommes, qui tous n’aiment pas autant que les femmes le croient la supériorité de l’intelligence, même lorsque la supériorité de la beauté la rehausse.

La flère comtesse craignait cet ascendant de douceur sur le prince, qui n’en avait pas encore fait l’épreuve même avec mistiess Fitz-Herbert, car la bonté chez. cette épouse de la main gauche était pour ainsi dire une condition forcée : sa bonté était le fait naturel de l’humilité de sa naissance. Mais dans la princesse de Galles, dans l’égale du prince, une pareille perle cessait d’être un ornement pour être un attribut; là cette bonté, ce diamant au front ne disaitqu’une bourgeoise au bal; ici, il voulait dire, au milieu d’une couronne : je serai, je suis la reine.

Ainsi, forte et puissante contre la raillerie, contre l’esprit, contre la beauté, contre la coquetterie, contre tout, lady Jersey sentait sourdement qu’elle était impuissante contre la bonté. Elle se révoltait d’avance contre cette souveraineté dont elle n’avait eu jusqu’alors aucune idée; souveraineté sans armée, sans glaive, sans bouclier ; souveraineté des anges, qui n’ont qu’à se montrer pour renverser de leur foudroyante placidité les légions de démons.

Ce sont ces entretiens à l’ombre des voiles et au bruit des vagues qui abrégeaient pour la princesse les longues nuits d’une traversée, qui menaçait de n’avoir pas de fin par la contrariété des vents, la multiplicité des relâches et les obstacles d’une saison rigoureuse.

— Si nous naufragions ! s’écria un jour la princesse; car les princesses peuvent naufrager comme de simples bourgeoises, n’est-ce pas, capitaine?

— Absolument comme de simples bourgeoises, madame.

— Que dirait-on à Londres?

— Que dirait-on partout, madame ? répondit la comtesse de Jersey.

— Ce serait nouveau, continua la princesse.

— Trop nouveau, ajouta le capitaine Pôle, trop nouveau, madame.

— Voyez-vous, poursuivit la princesse; on nous attend un mois, deux mois, un an... Nous attendrait-on un an ? Enfin admettons; on nous attend un an, rien... On parcourt les golfes, les baies, l’entrée des fleuves. Enfin un jour, en ouvrant un turbot, on trouve...

— Permettez, interrompit la comtesse, il n’y a pas de turbot assez grand pour contenir une princesse allemande , si svelte qu’elle soit.

La princesse, qui n’était pas svelte, et elle le savait, sourit doucement et continua ainsi sa phrase coupée au passage par le tranchant de la langue de lady .Jersey.

— Enfin, un jour, en ouvrant un turbot, on trouve ce portrait du prince de Galles, ce portrait gracieux qu’il m’a lui-même envoyé, et qu’un turbot pourrait fort bien avaler, quoiqu’il soit enrichi de perles et de diamants.

La princesse approcha d’un fallût, qui éclairait la dunette du yacht royal, un riche médaillon qu’elle remit dans son corsage après l’avoir fait admirer au capitaine Pôle.

La comtesse contint sa jalousie, et, changeant de propos :

— Mon Dieu ! dit-elle, on ne naufrage pas tous les jours, mais on est souvent pris par les corsaires.

— La perspective n’est guère plus riante, repartit la

princesse : de vilains pirates qui ont les mains sales, qui vous prennent, qui vous vendent...

— Mais c’est romanesque, dit la comtesse : on a du moins une fois dans sa vie l’occasion réelle de savoir ce qu’on vaut en argent.

— Je voudrais bien savoir combien on me vendrait, dit naïvement la princesse.

Le capitaine Pôle allait probablement dire un prix fabu- . leux...

La princesse l’arrêta,

— Je fais une réflexion, dit-elle vivement, c’est que si l’accident arrivait, si nous étions pris par des corsaires turcs, je serais vendue infiniment plus cher que vous, chère comtesse.

■ — Mais, madame, dans tous les pays du monde vous seriez vendue à un prix plus élevé que moi.

— Parce que je suis princesse?

— Non, madame, parce que vous êtes plus belle.

-- Eh bien ! vous vous trompez, comtesse : c’est parce que je suis plus grosse que vous. De tous temps les Turcs ont préféré l’embonpoint. Oh ! vous n’allez pas me disputer cet avantage; si j’admets avec vous qu’un turbot n’ait pas assez de capacité pour me contenir, admettez avec moi, du moins, que je suis plus grosse que vous.

Ce coup d’éventail donné par la modestie à là comtesse de Jersey effleura la joue de la mordante dame d’honneur.

— Capitaine, reprit la princesse, avez- vous jamais été capturé par les corsaires ?

— J’ai cru l’être une fois.

— Comment! vous avez cru l’être ?... dites-nous bien vite...

— La nui t est fort avancée, fit remarquer la comtesse

de Jersey ; Votre Altesse ne désire— t— elle pas aller se reposer ?

— Oh ! non ; j'ai le désir d’entendre le capitaine Pôle, s il veut bien toutefois nous raconter...

— Nous revenions de Bombay, où nous avions porté des troupes pour remplacer celles qui avaient été tuées...

— Par la guerre?

. — Non, Altesse, par l’eau-de-vie et le rhum. Nous longions le golfe d’Oman. J’étais de quart. .

— Pardon, capitaine...

— Être de quart veut dire veiller.

— Ainsi, capitaine, je suis de quart en ce moment?

— Vous êtes de quart, Altesse.

— Merci, et continuez.

— Quoique la nuit ne fût pas au^si sombre que celle-ci, j’y voyais à peine à quelques brasses autour du navire. Les effets de lune trop ardents, sur la mer des Indes, produisent une fumée obscure qui équivaut presque à l’obscurité plus réelle de nos mers froides. Je veillais et je sommeillais, comme il arrive toujours aux officiers quand la manœuvre ne demande pas une trop grande vigilance. Mais je crus rêver tout à fait, lorsque je vis trois longues voiles raser les flancs de notre vaisseau, trois voiles attachées à de' longues antennes de bambous, à la façon des barques malaises. Immédiatement et avant de pouvoir jeter un seul cri, ces antennes s’abaissèrent pa'r leur pointe comme des lignes de pèche, et le long de cette escarpolette descendirent cinquante fantômes vêtus de blanc.

— Ah ! mon Dieu! qu’était-ce donc? s’écria la princesse. Cinquante fantômes !

— Ils avaient l’air de descendre de la lune.

— Ils se jettent sur vous, vous font prisonnier, égorgent l'équipage?...

GEORGES Ul

■ — Non, madame ; ils passent devant moi en silence, me regardent avec leur teint bistre et leurs yeux...

— Terribles?

— Non, madame, fort mélancoliques au contraire...

— C’est effrayant ! c’était peut-être l’àme des gens qui ont naufragé dans le golfe Persique ?

— Non, madame la princesse.

— Et que vous dirent-ils ensuite, car ils durent finir par parler? demanda lady Jersey.

— Ils ne me parlèrent pas, car ils avaient tous la langue coupée. J’appelle le capitaine...

— J’aurais appelé au secours! dit la princesse.

— Tout l’équipage entoure mes fantômes, et l’un d’eux qui avait été employé dans quelque factorerie anglaise à Aden, parvient à écrire sur une feuille de papier que lui et ses compagnons sont des criminels échappés de Mascate, condamnés à périr d’abandon sur les flots, après avoir eu la langue coupée.

— Les malheureux !

— Le vent, quelque tempête, les avait poussés, jetés sur nous à vingt lieues de la côte, et nous étions libres, ajouta le fantôme, de les tuer...

— Ce que vous ne fîtes pas, j’espère ?

— Nous les débarquâmes au Cap, où des sociétés de bienfaisance se chargèrent d’en prendre soin. Voilà la seule fois... Ah! mais j’oublie de vous dire, s’interrompit le capitaine Pôle avant d’achever, un incident de cette rencontre des corsaires-fantômes. Me croyant perdu, j’avais vite envoyé chercher par un matelot deux bouteilles que je tenais toujours prêtes pour les cas périlleux.

— Deux bouteilles!

— L’une était pleine de vieux rhum’; l’autre, qui était vide, renfermait sur une feuille de papier mes adieux à ce

que j’avais de plus cher au inonde. J’allais jeter les deux bouteilles à la mer...

— Je ne comprends pas pourquoi vous aviez lié une bouteille de rhum...

— Pour engager celui qui trouverait aussi l’autre à boire cette bouteille de rhum en récompense du soin qu’il mettrait à porter mes adieux h leur adresse...

— Qui étaient adressés, dit en souriant la princesse, à

votre mère?...

— Non, madame la princesse.

— A votre sœur ? ajouta lady Jersey.

— Non, madame, à mon meilleur ami, à mon camarade d’étude, à un officier comme moi, au capitaine Manby.

— Au capitaine Manby!

La princesse s’était trahie par cette exclamation.

— Vous le connaissez?... vous connaissez ?...

— Si maintenant Votre Altesse allait prendre du repos, dit lady Jersey en offrant son bras à la princesse.

— Oui... venez, comtesse, venez.

— Ah ! le capitaine Manby et le capitaine Pôle, murmura lady Jersey en saluant de la tète le jeune commandant du yacht royal... deux capitaines.,., c’est bien.

« La princesse, nous apprend Croly, mit pied à terre à Greenwich, après une courte station «dans la maison du gouverneur, sir Hugh Palliser. Elle arriva à Londres, accompagnée de ses dames d’honneur. Les routes étaient couvertes de peuple qui faisait retentir l’air de ses acclamations, et ce cortège triomphal l’accompagna jusqu’à ses appartements de Saint-James. »

Le prince de Galles, toujours fidèle à la courtoisie, l’attendait avec toute l’impatience d’une ardeur amoureuse. A son arrivée, il la complimenta sur son intelligence de la

langue anglaise et lui demanda la permission de dîner avec elle. Le soir même, la famille royale se présenta, et le roi lui fitseschaudes félicitations. On ne se retira qu’à minuit.

Son Altesse Royale n’eut que" trois jours pour faire sa cour à la princesse, et même le troisième il fut appelé à Saint-James... pour se marier!

La fiancée se montra littéralement cachée sous les diamants, une petite couronne au front, et accompagnée de quatre demoiselles nobles : lady Mary Osborne, lady Charlotte Spencer, lady Caroline Villiers et lady Charlotte Legge. Le prince vint, avec l’ordre de la Jarretière, suivi de ducs non mariés, Bedford et Roxburg. Quand l’archevêque adressa au roi la question d’usage: Veux-tu donner celte femme à cet homme? Sa, Majesté courut à la princesse, la prit affectueusement par les deux mains, et la remit à son mari.

Mais voici un cérémonial d’une nature moins gaie :

Le prince avait consenti à se marier sur la promesse expresse et formelle qu’il serait déchargé de ses dettes.

L’état de ses dettes fut mis sur la table de la chambre des communes..

Croly, épouvanté du chiffre, s’écrie : « 11 était formidable ! Il iras formidable ! »

„ Détins do diverses natures avec leurs intérêts, 500,571 1. ÎO s. 1 d.

Billots de commerce non payés, 89,745 » »

Autres liillets de commerce et frais d'inslallnl ion depuis le 10 octobre 1794 jusqu’au 5 avril 1705, 52,575 » 5

042,880 10 fi

En français, seize millions cent soixante et douze mille deux cent cinquante francs. Nous négligeons les centimes.

L’excuse à cette dette colossale était en ceci que Son Altesse Royale n’avait pas la conscience de ses dépenses, et n’en avait pas probablement plus profité que le premier gentilhomme venu qui avait dépensé dix fois moins.

Il fut assailli par une foule d’individus qui le pillèrent, et dans son rang, il ne pouvait guère se rendre compte du brigandage dont il était victime. Citons un seul exemple de cette magnifique spoliation :

Le mémoire seul de son maréchal-ferrant, de ce fameux maréchal, l’auteur de la conspiration des créanciers, l’homme de Drury-Lane et de la cavalcade au Parc, son mémoire pour soins donnés aux chevaux et ferrements, s’élevait — aucune postérité ne le croira — il s’élevait à l \ 0 mille livres, — en français : un million. La phrase anglaise est d’un comique admirable dans Croly, et vaut la somme r « for horse medicine — pour médecine des chevaux î

Ce n’est pas tout. Le roi fut encore obligé d’envoyer un messager aux chambres pour les prier de lui faciliter les moyens de former l’établissement des nouveaux mariés, ajoutant cependant que le point essentiel était de dégager d’abord le prince de l’embarras de ses dettes.

Malheureusement les temps n’avaient jamais été plus difficiles pour une pareille demande.

On était en guerre avec la France; on avait sur les bras la charge des Bourbons; les mauvaises doctrines, portées, répandues par le souffle triomphant des armées de la République, s’insinuaient dans le corps social anglais.

Aussi les débats furent-ils pleins d’acrimonie au parlement.

Le duc de Clarence, qui n’avait pris jusqu’alors qu’une faible part aux questions politiques, s’écria avec beaucoup

de noblesse que cette publicité, ces contestations étaient chose déplorable ; qu’elles exposaient une femme digne du plus grand intérêt (la princesse de Galles) à demander de retourner dans sa famille : — «Que doit-elle penser d’être reçue au milieu de pareilles circonstances, quand elle avait droit à ce que tout, autour d’elle, fût grand comme sa position en Allemagne et celle qu’on l’appelait à occuper en Angleterre ? »

La princesse elle-même, peu faite à une pareille conduite envers les cours souveraines, déclara qu’elle aimerait mieux vivre de pain et d’eau, dans une chaumière, que de subir le sort de là famille royale, et particulièrement celui qu’on faisait à son mari.

Enfin le prince de Galles lui-même intervint, et par l’organe du solliciteur général il déclara qu’il acquiesçait à quelque arrangement que ce fût, qui concilierait ses intérêts avec l’estime qu’il se devait à lui-même. Du reste il était entièrement disposé à faire dans sa maison toutes les économies nécessaires.

On paya : on prit neuf ans pour arriver à une complète liquidation. Mais enfin on paya.

Ce laborieux mariage est donc fait ! ce mariage, dernière ancre de salut d’un peuple de créanciers ; ce mariage, désespoir de vingt ministres; ce mariage qui a coûté la raison ou le reste de la raison à un père; ce mariage, éternelle causerie des femmes anglaises, vieilles, jeunes, belles, laides, obscures, illustres, honnêtes ou dépravées; ce mariage qui, dans quelques mois, dans quelques jours, dans quelques heures, va devenir le scandale de l’histoire et la honte indélébile de la famille régnante!

— Quarante-sept voitures se dirigaient vers Carlton- House à la suite de celle du prince.

Dans la première étaient le prince et la princesse de Galles.

Dans la seconde, lady Jersey, dame d’honneur de la jeune mariée.

Dans la troisième, triste, modeste et obscure, était mistress Fitz- Herbert, la vraie, la légitime femme du prince. On pleurait dans cette voiture.

Dans la quatrième était mistress Robinson, la belle actrice de Drury-Lane. On raillait et l’on riait dans cette voiture.

Puis dans quarante-trois voitures de place venaient processionnellement tous les créanciers du prince, le maréchal ferrant en tête, et qui, tous, n’ayant pas encore été payés, voulaient, sous prétexte de faire un cortège d’honneur au prince, bien et dûment se convaincre qu’il allait couronner l’acte de mariage.

Ils avaient leur quittance à la main.

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