‹ Georges 3. Léon GozlanChapitre 29 sur 41 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Les deux femmes se voyaient pour la première fois. Mistress Fitz-Herbert était debout à la gauche du roi, enseveli dans les profondeurs ouatées d’un vaste fauteuil. La princesse Caroline s’assit à la droite de Georges III. Après avoir joué avec trois chiens dont l’histoire ne dit pas l’espèce, agaçant l’un, tirant l’oreille aux autres, le roi leva la tête du côté de la princesse de Galles et lui demanda avec beaucoup de cordialité si elle se plaisait à Londres? C’était là sa question ordinaire.

— Beaucoup, répliqua la princesse, beaucoup, Majesté. Caroline ne cessait d’avoir les yeux fixés sur mistress

Fitz-Herbert, qui les tenait baissés avec modestie.

— Je vais faire construire deux ponts.

— On me l’a dit. Majesté.

— Vous n’êtes pas un courtisan habile, dit le roi. Vous

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auriez dû vous écrier : — Vraiment, sire! — deux ponts! mais c’est merveilleux... Je vais le publier partout... Au lieu de montrer cette surprise et cet enthousiasme, vous . me répondez : — On me l’a dit, Majesté.

— C’est que je suis préoccupée...

— Il ne faut pas vous défendre de votre bonne franchise allemande, ma chère Caroline... mais quelle est donc cette préoccupation ?

La princesse, après avoir regardé Georges III et mistress Fitz-Herbert, comme pour faire entendre au roi qu’elle ne pourrait guère parler à son aise en présence d’une personne étrangère, s’approcha un peu plus du feu.

— Il fait donc bien froid, ce matin?

— Très-froid, Majesté, très-froid.

— Cependant il me semble que le soleil brille en ce moment sur Windsor.

— Oui, à Windsor, mais à Londres...

— Y aurait-il deux soleils maintenant en Angleterre? Voyons votre préoccupation, ma dcar Caroline : elle doit être bien forte, si j’en juge par le soleil.

La princesse, une seconde fois, fit comprendre au roi que, devant une femme qu’elle ne connaissait pas, elle ne pouvait pas s’exprimer en liberté.

Georges 111 avait enfin compris; se tournant vers mistress Fitz-Herbert, toujours debout.

— Qui êtes-vous, madame?

— Une de vos plus humbles sujettes.

— Votre nom, vos qualités, vos titres?

— Je n’ai ni titres ni qualités, Majesté.

— Mais alors!... Enfin, votre nom?

Mistress Fitz-Herbert, qui n’avait pas compté rencontrer à Windsor la princesse de Galles, ne répondit pas à la question du roi. Se nommer devant la femme du prince !

— Vous no m’avez pas répondu, reprit le roi, qui, comme Louis XVI, se laissait aller parfois à la brusquerie des honnêtes gens. Votre nom, madame?

Caroline tisonnait, la tète presque entièrement cachée sous le manteau gothique de la cheminée.

Cette seconde question du roi ne fut encore suivie d’aucune réponse de mistress Fitz-Herbert.

— Puisque madame est muette!... dit Georges impapatienté.

— Non, madame est timide, reprit Caroline; il y a même des jours où l’on est plus timide que d’autres.

— Ce n’est pas la timidité seule qui m’arrête, dit pourtant avec une touchante hésitation dans la voix mistress Fitz-Herbert... puisque, après avoir été assez hardie pour oser demander une audience à Sa Majesté, je le suis encore davantage en ce moment en la priant de vouloir me permettre de me retirer sans avoir eu l’honneur d’exposer le motif de ma présence à Windsor.

— Vous en aller! — dit le roi.

— Oui, sire.

— Sans que je vous aie entendue ?

— Oui, sire.

— Voilà une belle résolution ! — Mais non, je n’y consens pas ! — on dirait que je n’ai pas voulu vous rendre justice. — Pourquoi ne parleriez-vous pas?... Vous venez de Londres pour me parler... Est-ce que c’est la présence de la princesse de Galles qui vous gêne ?... .

— Ah! sire...

Mais c’était là précisément ce qui la gênait.

— En deux mots, dites-moi, madame, ce que vous désirez, ce que vous attendez de moi. Et revenons d’abord à votre nom. 11 est important...

La princesse Caroline avait recommencé k tourmenter les tisons.

— Je me nomme...

— Vous avez donc un nom bien terrible, que vous craignez tant...

— Je m’appelle mistress Fitz-Herbert.

La pâleur subite qui courut et se fixa sur les joues de mistress Fitz -Herbert indiquait assez combien elle redoutait de dire son nom, d’abord au roi et ensuite devant la princesse de Galles.

Ni le roi ni la princesse de Galles ne manifestèrent la moindre émotion.

— Fitz-Herbert, dit le roi ; très-bien ! Je ne devine pas pourquoi vous ne vouliez pas dire votre nom. Fitz-Herbert...

— 11 ne me connaît pas ! pensa avec étonnement l’épouse de la main gauche ; mais la princesse de Galles?...

La princesse de Galles ne quitta pas le manteau de la cheminée.

— Avez- vous, mistress Fitz-Herbert, quelque grâce à me demander?

L’ignorance où était le roi du nom que venait de lui dire celle qui le portait, rendait presque impossible pour elle l’audience demandée. Elle avait compté sur l’effet de son nom pour être complètement dispensée d’un aveu sans lequel tout devenait énigmatique pour Georges 111. Car, ce nom restant sans signification, comment pouvait-il savoir qu’il avait devant lui la femme de son fils?

.Mistress Fitz-Herbert n’avait pas répondu k la question du roi.

— Je vous demande encore, lui dit-il, si vous avez quelque grâce k solliciter de nous.

— Non et oui, sire.

— Au temps du grand roi Salomon, dit Georges 111 avec quelque humeur, ces réponses plaisaient aux souverains; mais de nos jours où ils ont peu de loisir à donner à ces divertissements d’esprit...

— Eh bien ! sire, reprit mistress Fitz-Herbert enhardie par la rudesse même du roi, rudesse loyale, mais anguleuse... eh bien ! sire, ce n’est pas de moi que j’ai à vous parler, mais de votre fils.

Leroi regarda mistress Fitz-Herbert, avec une expression qui, certainement, voulait dire :• Depuis une demiheure vous me jetez vraiment dans une suite d’étrangetés...

— Vous avez à me parler de mon fils... et duquel?

— Du prince de Galles, sire.

L’immobilité de la princesse ne se trahit pas.

— Ah ! s’écria le roi, je vois d’ici ce qui vous amène... mon fils vous aura promis... il promettait beaucoup avant d’être marié... il vous a promis... quoi?... une pension? un château?... et vous venez me demander... Oh ! l’argent ! l’argent !...

— Ce n’est pas cela, sire, répondit avec beaucoup de dignité mistress Fitz-Herbert... je ne suis pas une des maltresses du prince.

— Soit, dit Georges : qu’avez-vous alors à me dire de lui ?

Le coup porté à la fierté de mistress Fitz-Herbert lui avait arraché des larmes qui l’empêchaient de parler; l’émotion l’oppressait... et le respect, l’étiquette, l’obligeant à se tenir toujours debout devant le roi... elle était sur le point de s’évanouir...

— A quoi bon le cacher? reprit le roi, interprétant de travers le découragement et l’embarras extrême de mistress Fitz-Herbert, qui semblait, à défaut d’un siège, chercher

autour d’elle un appui, un angle de meuble. A quoi bon le cacher ? Puisque vous ne voulez p3s me dire ce que vous êtes, madame, c’est que vous êtes réellement...

Les sanglots partirent nombreux et pressés de la bouche de la belle Irlandaise : elle allait tomber en défaillance sur le tapis.

— Asseyez-vous, madame, s’écria la princesse Caroline, en poussant un fauteuil e’t y faisant asseoir mistress Fitz-IIerbert.

— Vous la faites asseoir !

— Oui, mon père.

— Devant vous, devant moi !

Mistress Fitz-Herbert essaya de se lever.

— Restez, madame, lui dit la princesse de Galles.

— Mais, songez !... dit encore le roi, cette femme...

— Cette femme, interrompit la princesse, qui ne put se dominer, apportant elle -même à Windsor toute l’impétuosité d’une colère ; cette femme; répéta-t-elle, est la femme de votre fils !

L’étonnement surhumain du roi brisa tout à coup sa voix. Ce fut à lui à balbutier, à s’émouvoir :

— Ah ! oui, dit-il languissamment, celle qu’il épousa secrètement... une catholique.

— Oui, sire, c’est moi.

— Une catholique! répéta-t-il, comme si la faute de son fils fût devenue un crime de ce qu’il s’était uni à une catholique. Mais vous devez être malheureuse, et vous devenez alors de ma religion, ajouta-t-il avec sa bonne humanité bourgeoise. Madame, continua-t-il, vous ignorez sans doute que vous avez devant vous celle qui a seule le droit de s’appeler la femme de mon fils ?

— Non, sire, je ne l’ignore pas; et si j’avais prévu en venant à Windsor, d’y rencontrer Son Altesse...

— Puisque la Providence nous a réunies un instant, le ' seul peut-être où nous nous serons vues, dit la princesse

de Galles...

— Le seul, madame !

— Ne craignez pas de parler, dit encore la princesse de Galles avec bonté.

— Je ne le ferai pas sans un ordre de vous, madame.

— Je l’exige, dit alors, nfais toujours avec beaucoup de douceur, la princesse de Galles.

— Sire, reprit mistress Fitz-Herbert, votre fils, qui n’a aucun secret pour moi... Elle s’arrêta.

Le roi baissa la tète.

— N’ètes-vous pas aussi sa femme? dit la princesse encourageant elle-même mistress Fitz-Herbert à continuer sur cet étrange ton, après cet étrange début.

— Votre fils, poursuivit- elle, a osé me confier que sa femme, la princesse de Galles, avait odieusement souillé la pureté des devoirs conjugaux avant et depuis son mariage.

— Il en a menti! s’écria la princesse en se levant de toute sa hauteur.

— Oui, il en a menti ! dit à son tour mistress Fitz-Herbert.

Le roi frémit et quitta à demi son fauteuil, et y retomba en gémissant.

— Mon fils a dit!...

— Je ne répéterai pas, sire !

— Non, il n’a pu dire...

— Vous vpus trompez, sire, dit la princesse de Galles ; il a pu le dire et il l’a dit : car je suis venue, je viens exprès à Windsor.

— Votre triste confidence est-elle achevée? poursuivit

le malheureux Georges III, sans avoir même la force de tourner la tète du côté de mistress Fitz-Herbert.

— Pas encore, sire... Cette atroce calomnie n’eût pas suffi pour m’attirer à Windsor, pour troubler l’auguste repos de Votre Majesté.

— Je vous écoute, dit le roi.

— Puis-je achever, madame? demanda encore mistress Fitz-Herbert, qui regardait la princesse de Galles.

— Oui, madame, je vous en prie.

— Le prince de Galles, continua mistress Fitz-Herbert, veut se séparer de la princesse.

— Une séparation !...

— Oui, sire.

— Un pareil scandale! Vous vous trompez, madame! vous vous trompez, madame!... Mon fils... mais il ne serait pas mon fils... s’il voulait... s’il pensait seulement... Une séparation !

— Elle a eu lieu, dit froidement la princesse de Galles. La séparation est faite.

— Qu’avez-vous dit?

— La vérité, sire.

— Vous êtes séparés!....

— Depuis deux jours.

— Oh! mon Dieu! Ma couronne, mon honneur! ma vieillesse!

— C’est lui qui a voulu, qui a exigé cette séparation.

— Lui?

— Oui, sire.

— Et le motif?... La cause?... la cause?...

— Madame vous l’a dite.

— Ah ! éternel déshonneur de ma race et de mon royaume!... Une séparation !... Mais vous ne m’aviez rien dit...

— Je venais tout vous élire , mais la confidence de madame...

— Ce n’est pas tout, reprit mistress Fitz-Herbert.

— Ah ! je ne sais plus rien, dit avec une trivialité des plus dramatiques la princesse de Galles.

— Le secret que m’a confié le prince, le secret que je ne lui demandais pas... • •

— Ce secret, madame, ce secret 1

Le roi avait enfoncé son visage dans l’épaisseur du velours de son fauteuil, et il pleurait comme un enfant; c’étaient des pleurs et des étouffements.

— Pardon, sire, pour cette grande douleur.

— Achevez ! bégayait le roi désolé, épouvanté, anéanti.

— Mais j’ai cru qu’il fallait vous révéler...

— Oui... oui... oui...

— Parlez, je vous en conjure, disait la princesse de Galles.

— Le prince m’a dit qu’il avait l’intention de faire déclarer illégitime l’enfant que vous portez...

— C’est infâme ! cria la princesse de Galles. Ah ! ceci est infâme.

— Afin que la pureté de la ligne monarchique anglaise ne fût pas altérée.

• — Oh ! c’est mille fois infâme ! cria de nouveau la print cesse de Galles; mais c’est... Les pleurs coupèrent la voix indignée de Caroline qui, enlaçant de ses bras le pauvre Georges III, confondit ses larmes de femme avec celles du père et du souverain outragé.

Mistress Fitz-Herbert, partageant toutes les douleurs qu’elle venait de causer, était tombée 'a genoux aux pieds du roi et de la princesse.

— Mes filles, dit au bout d’une demi-heure d’angoisse Georges III en pressant sur lui les deux femmes qui l’en-

touraient, mes filles, nous ne sommes pas heureux! et votre malheur et le mien n’ont ni consolations ni remèdes sur la terre., car, sur la terre, nous autres rois, nous n’avons de bonheur que celui que donne la famille. L’ambition est satisfaite. Si le cœur est vide ou malade... nous tombons au dernier rang des hommes. Cet enfant m’a brisé le cœur de toutes les manières, à tous les âges de sa vie, à toutes les phases de son existence... Le peuple ne l’aime pas, mes ministres le fuient, sa femme...

— Sa femme l’aime toujours, sire, interrompit la princesse de Galles.

Mistress Fitz-Herbert s’était éloignée du fauteuil et marchait vers la porte.

Le roi la rappela.

— Madame, lui dit-il... — Il la regarda avec une tendresse peifteuse et comme honteux de lui exprimer sa reconnaissance devant la princesse de Galles... — Madame, votre confidence est noble... un grand cœur seul était capable, dans votre position, d’avertir un père... 11 ajouta tout bas: — Vous l’aimez, vous aussi?

— Oui, sire... Oh ! oui, sire?

La princesse de Galles, à son tour , s’était éloignée de quelques pas pendant ce dialogue délicat entre le roi et mistress Fitz-Herbert.

— Vous connaissez mon fils?

L’Irlandaise leva les yeux au ciel.

— Vous connaissez aussi la princesse?

— Oui, sire...

— La vérité, madame... dites-moi la vérité.

— La vérité, sire?...

— Oui! mon fils Georges...

— Votre fils Georges...

— Est-il coupable... ou bien ?...

ÜEOKGKS III

— Lui seul, sire, est coupable.

— .Et la princesse de Galles?

— Est adorée de ceux qui l’entourent.

— Et respectée?

— Oui, sire, respectée.

— Ainsi, il est faux' qu’elle ait jamais donné prétexte...

— Très-faux !

— Madame, avez-vous à me demander un service, une grâce ?

— Rien, sire... que...

— Que?... Parlez, madame... parlez.

Votre pardon... pour ma faute.

— Qu’il descende du ciel sur vous ! — Ma fille ! dit ensuite le roi à la princesse de Galles, elle est bonne, elle aussi...

La princesse s’avança et tendit la main à mistress Fitz- Herbert.

Le roi profita de ce mouvement qui les rapprochait pour les ramener toutes les deux sur son cœur.

— Mes filles! mes filles ! mes filles ! dit-il en gémissant. Je ne veux pas savoir pourquoi, non ! je ne veux pas savoir pourquoi je vous appelle toutes les deux du même nom ; mais vous êtes mes filles... parce que vous m’aimez et parce que vous venez vers moi avec votre cœur pour soulager le mien. 11 les embrassait ensuite tendrement et les pressait encore contre lui. J’ai besoin de votre amour... de votre raison... on frappe tant sur ma pauvre raison! Et puis ils s’en vont dire : Le roi est fou!... Mais quel roi, quel homme ne deviendrait pas fou?... J’ai l’Amérique, j’ai l’Irlande... j’ai mon fils!... j’ai la guerre! j’ai la République française qui me menace... je n’y vois presque plus... on me laisse seul... je cause avec mes chiens... ils font plus cas de moi que mes ministres... Mes ministres!...

ils ne font que me dire du matin au soir : Signez ceci, signez cela; signez plus haut, signez plus bas!... Mais qui donc ne deviendrait pas fou? - — Allons ! adieu, madame, dit-il ensuite à mistress Fitz-Herbert en l’accompagnant jusqu’à la porte, adieu!... t

— Sire, votre humble et dévouée servante.

— Nous ne nous verrons plus ?

— Non, sire...

— Caroline, dit le roi à sa belle-fille, en lui montrant mistress Fitz-Herbert, qui s’éloignait dans la profondeur des antichambres, comme cette femme a dù souffrir ! — Être moins que la femme et plus que la maîtresse de mon fils ! — Quant à vous, dit le roi avec une vigueur qu’il puisait dans sa conscience, sa dernière raison, quant à vous, ma chère Caroline, voici le conseil que je vous donne : Vous avez été femme jusqu’ici avec mon fils, vous avez été résignée, bonne, humble, discrète ; et vous avez été méprisée, maltraitée par lui. Changez de rôle : soyez princesse de Galles ; ne cédez pas à l’injustice, au caprice, à la malveillance. 11 vous brave, bravez-le ! Il va à Brighton, allez à Brighton; il retourne à Londres, retournez à Londres ; il a sa loge au théâtre, ayez la vôtre ; il a ses salons, ouvrez vos salons; il a ses amis, ses courtisans, ayez les vôtres; s’il vient à la cour, venez à la cour. A son droit opposez fermement votre droit. Le jour où on le proclamera régent, vous serez régente ; le jour où il sera roi, vous serez reine.

— Vous me protégez donc, sire?

— Toujours!

— Donnez-moi de la force, mon père !

— Et vous, donnez-moi de la raison, ma fille !

— Je suivrai vos avis.

— Écoutez, Caroline. Dans huit jours il y aura grande chasse à Windsor.

— Oui, sire.

— Venez prendre place dans votre voiture, à côté des voitures de mes enfants.

„ — Mais, sire, vos enfants ne semblent pas m’aimer autant que vous.

— Je ne veux pas le savoir. Venez toujours,

— Y serez-vous, sire ?

— J’y serai.

— A huit jours donc! sire.

— A huit jours !

A près avoir embrassé une dernière fois la princesse de Galles, le roi siffla ses chiens qui accoururent se grouper à ses pieds.

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