PROSCRIPTION DL' CLERGE
Mais les meneurs re'volutionnaires, tous affidés au club des Jacobins, n'eurent pas de peine à leur faire comprendre qu'un pareil clioix était nul aux yeux de la loi qui exigeait de tout candidat aux fonctions ecclésiastiques la prestation préalable du serment. Or, Mgr Amelot non-seulement s'était soustrait à 1 obligation du serment, mais plusieurs prêtres de son diocèse, subissant son influence, avait rétracté celui qu'ils avaient cru pouvoir prêter au premier moment. A un nouveau tour de scrutin, le choix des électeurs se porta sur M. Julien Guégan, recteur de Pontivy et l'un des vingt-quatre députés du clergé breton aux états généraux de 1789.
L'influence de Grégoire l'avait entraîné à participer aux premiers actes révolutionnaires de l'Assemblée. A l'exemple du fougueux curé, il avait prêté serment à la Constitution civile, le 3 janvier 171*1. Ce serment le désigna au choix des électeurs du Morbihan; mais au moment de se précipiter définitivement dans le schisme, M. Guégan hésita et consulta Rome avant de franchir le pas décisif. La réponse du Saint-.Siége ne laissait place à aucune équivoque. Elle renfermait une condamnation plus explicite encore de la Constitution civile du clergé que toutes celles qui avaient paru jusqu'alors, et exhortait le nouvel élu à ne pas souiller sa conscience d'un acte sacrilège en s'asseyant sur un siège possédé encore par son légitime évéqiie. La conscience du curé de Pontivv ne fut pas sourde à ces conseils de la souveraine sagesse. 11 refusa le dangereux honneur que les électeurs du Morbihan venait de lui offrir et persévéra désormais dans sa résistance aux entreprises révolutionnaires. Il subit l'année suivante la loi de la déportation.
La rétractation de M. l'abbé Guégan parvint à l'administration départementale le 8 mars, deux jours après réieclion. (jrande fut alors la colère des autorités. Le président réunit de nouveau les électeurs et leur annonce que celui qu'ils avaient élu l'avant-veille au milieu des applaudissements et des plus synipatbi(|ues démonstrations n'était plus qu'un ingrat réfraclaire à la loi, sur le front duquel la couronne civique s'était instantanénient flétrie. Afin de donner un successeur à l'abbé