GEORGES PRISONNIER A BREST
Tintérét de la cause royaliste, d'Allègre de Saint-Tronc, feudiste provençal, dont une série d'aventures dramatiques avait fait leur compagnon de captivité.
Né à Marseille, de parents alliés à plusieurs familles distinguées de la Provence, d'Allègre était alors âgé de trente-cinq ans; possédant beaucoup d'esprit naturel, il avait reçu une éducation des plus distinguées; de bonne heure il avait formé le projet de devenir l'artisan de sa propre fortune. Dans ce but il s'embarqua pour Saint-Domingue, où sa bonne conduite et ses travaux lui procurèrent, en peu de temps, une propriété indépendante et un mariage avantageux'.
Juste et humain envers ses esclaves, entouré de leur affection, il n'en fut pas moins contraint de fuir devant la révolte que la Déclaration des droits de l'homme avait suscitée à Saint- Domingue, comme dans toutes les colonies françaises. Il partit avec sa femme, ses enfants, un domestique fidèle et un enfant en très-bas âge adopté par lui, mademoiselle Billaudeau, fille d'un de ses amis égorgé par les noirs. A peine arrivé en Fi'ance, d'Allègre prit une part active au mouvement départemental organisé contre la Convention. Marseille avait succombé, il chercha un refuge à Toulon, qui ouvrit ses portes aux Marseillais fugitifs. A Toulon, il fut membre du comité qui fit proclamer dans celte ville la royauté de f>ouis XVII. Il fut aussi un des députés qui se rendirent à bord de l'amiral Hoode, aussitôt que la flotte anglaise se montra en vue du port. Echappé au désastre de Toulon, sans protection, sans argent, sans amis, il parvint à se réfugier à Turin. Là, il s'adressa au marquis de .Marignan, beau-père de Mirabeau, qui s'y disait le représentant des princes français. « Vous êtes émigré, lui répondit « celui-ci. Plaisant émigré ! Émigré de Toulon'! »
L'envoyé d'Angleterre auprès du roi de Sardaigne le dédommagea de cet accueil en lui donnant des lettres de recommandation auprès de son gouvernement. A Londres, où il se rendit en quittant Turin, d'Allègre trouve des ressources en engageant
' De Pi'rsAVE, it, 540.
* De PiisiïE, n, 547.
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à un banquier ses espérances sur sou liabilation de Saint-Domingue.
Inquiet du sort de sa famille, qui avait eu cependant le bonheur d'échapper à tous ces périls, il en repartit dans l'hiver de 171t4- à bord d'une frégate anglaise qui tomba entre les mains d'un corsaire jacobin. La prise fut conduite à Brest; un décret de la Convention l'avait mis hors la loi; un ordre du tribunal révolutionnaire le jeta , pour attendre son exécution , dans le même cachot où étaient Georges et Mercier.
Les liaisons sont promptes dans le malheur. Les deux jeunes amis devinrent aussitôt ceux de d'Allègre, qui avait sur eux le privilège de l'âge et de l'expérience.
Après avoir échangé leursconfidences, ils mirent en commun leurs résolutions, leurs espérances et leurs courages, et ne songèrent plus qu'à briser leurs fers. Mais, avant de mettre ce dernier projet à exécution, Georges devait être cruellement éprouvé dans ses affections domestiques. .Sa mère, accabléededouleur, mourut dans sa prison en donnant le jour à un dernier enfant, qui, privé des soins maternels, ne vécut pas. Son oncle Denis succomba également à l'excès de ses souffrances, avant d'avoir pu recouvrer la liberté. Homrne de sens et de droiture, loyal et l)on chrétien, il avait pénétré l'àme de son neveu qu'il sentait prédestiné aux grandes choses. Il avait pour lui des bontés particulières et voulait en faire son héritier. Ru attendant, il lui avait indiqué pendant leur captivité l'endroit où était déposée une somme de ',1,000 francs, trésor bien |)récieux on ces temps de malheur, (|iii fut lolaiement consacrée ;\ la cause royale '.
' Oeorpes éirlvii ilrii\ fois pour rjiic l'on mil en lilieitr si f\riiillc. Pi'nis entre le 27 Fructidor h l'hopit.il de Brest, y mcuirnt li- (linixirnie |.hm- ioin|ilt'trii'iitaire de l'an II.
I.a mère de Georges entra .à l'hOpita! le 27 veiidémi.iire an III, .iceoiulia le I"' hrninaire et mourut le 12 brumaire. L'enfant était mort le 3.
Le père de(îeor(;es sortit de prison le Ifi mars, mais Julien ipii n'avait (pie leiie ans y fut maintenu encore (|nelipie temps, et le n est ipie sur les instantes pctitionn de son père qu'il fut délivré par ordre des représentanis ilu penpir Tiiiiiient, l'alasne Cliampeau, Colomb, le V (jerminal (3 avril).
{Hii'ur </cM piaviiiifi i/e l'Oiicxl. 0" année, p. 77 et suivantes.)
Les diiiv lettres de Georges an représentant Trélioiiarl soni ilaiee, ile~ 2H «.pleudu t 3 ortobre 1794.
GEORGES PRlSONMKIi A BREST. 57
Refoulant sa douleur, Georges se voua tout entier avec d'Allègre et Mercier à l'œuvre tle leur commune délivrance. Après la mort de Robespierre, la Convention feignit d'adopter des mesures de modération. Le régime intérieur des prisons se ressentit de ces nouvelles dispositions de l'autorité révolutionnaire. Il devint moins sévère et moins dur. Les prisonniers obtinrent de prendre l'air à certaines beures du jour. Georges en profita pour se promener souvent sur les glacis des fortifications. Un soir, il engagea la conversation avec un fourrier d'artillerie de marine nommé Brècbe, jeune homme d'une pbysionomie intelligente, qui, de son côté, se sentait attiré vers le jeune Breton, par son aspect ouvert et martial. Le jeune fourrier conserva le plus vif souvenir de cette rencontre, et, quelques années plus tard, étant en garnison à Lorient, il déserta son corps, avec plusieurs de ses camarades, pour venir rejoindre le chef breton, auquel il voua une sorte de culte.
Cependant d'Allègre mit à profit les facilités qui lui étaient accordées pour lever le plan intérieur de la prison qu'il fit passer à quelques amis du dehors. Ceux-ci lui promirent des costumes de marin et des moyens d'évasion. Les trois amis Georges, d'Allègre et Mercier s'écl)a]ipèrent pendant la nuit, et, avant la pointe du jour, ils avaient laissé bien loin d'eux la ville de Brest et leurs bourreaux '.
En chemin ils passèrent non loin du Pont-de-Buis, poudrerie fameuse que Georges nota dans ses souvenirs et qui devait un jour être, de la part des chouans, l'objet d'une audacieuse tentative.
En arrivant à Kerléano, Georges n'eut rien de plus |)ressé que dt^ se rendre à l'endroit où se trouvaient déposés les '.t,0()0 fr., que lui avait désignés son oncle. Il les trouva intacts. Ils servirent à l'orjjanisation des forces royalistes. Cette organis.Ttion était déj;'» accomplie sur beaucoup de points en dehors de son initiative.
Le 8 octobre 17!t3, un détachement de bleus sortis de Jos-
' PUISIVK, II, .').)'*.
58 GEORGES CADOinAL.
selin se présenta au presbytère de Saint-Jean-Brévelay pour arrêter le curé de la paroisse, l'abbé Lecierc, coupable d'avoir refusé le serment schismatique imposé à la conscience du clergé français. Fait prisonnier, le vénérable prêtre fut dirigé vers la ville, où l'écbafaud devait le punir de son dévouement à lÉglise et de sa fidélité à Dieu.
11 était accompagné d'une escorte de quatre-vingts soldats.
A la hauteur du bois de Gollédo, situé sur la route de Saint- Jean-Brévelay à Josseiin, trente hommes paraissent, se précipitent sur la troupe républicaine, la mettent en fuite etdélivrent le prêtre '.
Rassemblés à la hâte et armés de quelques mauvais fusils, ils étaient commandés par Pierre Guillemot, dont ce coup daudace révéla le caractère et l'esprit de décision.
Guillemot, à cette date, avait trente-cin(| ans. Marié et père de famille, il cultivait au village de Kerdall, en Bignan, un petit domaine dont il était propriétaire. C'était un homme de force et de courage, d'un esprit éclairé, et qui avait reçu de solides principes au collège de Vannes, où il avait poursuivi jusqu'en quatrième ses études classiques. Chargé de famille, il n'hésita pas un moment à sacrifier ses plus chers intérêts à une cause deux fois sacrée.
Après le coup de main du bois de Collédo, il n'y avait plus pour lui de sécurité <|ue dans la guerre de Fossés et de broussailles. Il s'y voua corps et àme. Son bien fut pillé, puis saisi au nom de la République, et vendu. Sa femme et ses enfants se viiciit réduits à errer à travers champs et de chaumière en chaumière. Quant à lui, il ne laissait guère passer de jours sans attaquer les détachements républicains. Malheur aux garnisons des villes et des gros bourgs qui se hasardaient en pleine campagne! Les chouans du canton de Bignan, de plus en plus aguerris sous la sévère discipline de leur chef, les avaient bientôt décimés et refoulés dans leurs cantonnements.
De noinlirciix f:lil^ ii':irnics, survenus dans le courant di-
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l'année 1794, établirent bientiM la renommée des soldats de Guillemot.
Au mois d'avril, les bleus, s'étant portés en force au bourg de Guéhenno, mirent le feu à l'église, brisèrent le Calvaire, et s'emparèrent d'objets précieux. Ils se disposaient à emporter triomphalement les produits de leur vol, lorsque parurent les hommes de Bignan et de Pleugriffet, ceux des paroisses de Billio et de Cruguel. Attaquer les pillards qui osaient porter une main sacrilège sur la maison de Dieu, en tuer une partie, dissiper le reste, fut pour ces braves l'affaire d'un instant.
A quelques jours d'intervalle, de nouveaux engagements, toujours heureux pour les chouan-;, avaient lieu au Resto, au bourg même de Bignan, de Guéhenno, à Colpo, etc.
Dans toutes ces affaires, Guillemot faisait preuve d'un rare courage et d'un remarquable sang-froid. Les républicains qui avaient maintes fois éprouvé les effets de sa puissance, n'en parlaient qu'avec une terreur respectueuse. D'une voix unanime, ils l'appelèrent le roi de Bignan.
Dans le même temps Tinsurrection ouvertement encouragée par le clergé fidèle, c'est-à-dire par la presque unanimité des piètres du diocèse, s'étendait avec rapidité sur beaucoup de points du Morbihan '.
Chaque jour surgissaient de nouvelles bandes qui se groupaient autour d'un chef, sans autre but que de défendre contre le pillage leurs églises et leurs chaumières, ou d'arracher des proscrits aux bourreaux.
Jean Jan commandait à Baiid et à Melrand, du Chélas et Debar à Gourin.
A la ïrinité-l'orhoët, plusieurs paroisses s'étaient ralliées autour de Boulainviliiers, de Troussier et de Gandin.
César et Louis du Bouays avaient formé la division de Ploèrmel.
' I.e rinisti'ie ('{[alement doiinnlt des craintes, témoin la letlre de Dubois- Crancé au ministre de la (jnerrc (|iie l'on trouvera au\^ l'Iicet juslijHiilivts. De même pour les Côtes-du-Nord, on le verra par l'extrait du registre des dénonriations et interrogatoires de Laniballe inséré é|;alenient aux Pièces jiislijicatives.
60 GEOUGRS CAnolDAI,.
Rochefort et Malestroit obéissaient à M. de Silz ; Sarzeau, au comte de Francheville.
Enfin, les paroisses situées le long de la Vilaine, depuis Redon jusqu'à la mer, reconnaissaient pour chefs le chevalier de Cacqueray et de Sol de Grisolles '.
Mal armés pour la plupart, pauvrement vêtus, lirandissant le pen-bas et rejelant leurs longs cheveux en arrière, ces premiers insurgés morbihanais rappelaient, à dix-huit siècles d'intervalle, ces terribles Celtes, leurs ancêtres, dont Suidas a dit : « Hi simt illi qui Thor i hcn (Casse sa tête) vocitm vobis
« in prœlio emittant et comas jactant. « «Voilà ceux qui
Il dans la mêlée vous jettent le cri de « Thor i ben » en 1' secouant leurs chevelures. »
Certes, il v avait là tous le> éléments dune véritable armée, capable de tenir tête à des forces considérables, de vaincre les ennemis du dedans et du dehors et de soustraire tout un pavs au joug de la Révolution. Mais la plupart des divisions, livrées à elles-mêmes, combattaient isolément sans plan général, sans méthode de guerre. L'unité d'impulsion et d'action leur manquait. En vain la Rouerie et après lui Puisave essayèrent-ils de réunir toutes ces forces éparses, de les soumettre à un chef et à une même discipline. Leurs efforts vinrent échouer devant l'esprit de clan, qui est par essence celui de la race bretonne et qui se retrouve à toutes les dates de son histoire, depuis les invasions des cinquième et sixième siècles jusqu'aux guerres de la Ligue et de la chouannerie.
Georges n'ignorait pas qu'en Bretagne l'influence des ecclésiastiques, qui. en masse, avaient refusé le serment à la conslitulion civile du clergé, était sans bornes. Ils la devaient à un zèle et à une charité pastorale qui ne le cédaient en rien à ceux des premiers apôtres. Déguisés, ils parcouraient les cam- |)agi!es pour y exercer les actes du saint ministère, profilant des ombres de la nuit pour réunir les fidèles; ils célébraient, à
I Aii\ l'icves Jiuiificalifft un Iroiivui-.i iiiii- drc Lili;iii r.inseinlilé en conneil de pin'i. i-, Ir iI(imIii];iiirniii|i.ieneii, Icn pinilmintioiiK dr Sh.lll. i , i ,-,ll,. ,lii
Il cnlis.'ll <lll M,.i' [I' n'iiaiiilii il.ni'i Ir I .!<■ ni<.-(.i,;i<r.
GEORGES PRISOSMEU A BREST. 61
l'exemple des premiers chrétiens, la messe dans des granges, et recevaient au coin d'un champ l'aveu des fautes.
On conçoit facilement que de tels pasteurs ne pouvaient s'adresser à une population essentiellement religieuïC sans en être écoutés. C'était le temps de leurs triomphes : on était malheureux. Aussi, plus la persécution augmentail, et plus se fortifiaient l'amour de la religion et l'attachement au trône.
Ce fut à ce clergés que George s'adressa. Tous les prêtres de sou pays avaient refusé le serment, et n'avaient pas voulu abandonner leurs ouailles. Beaucoup étaient restés dans la contrée, et leur action sur l'esprit public était sans bornes. MM. le Bodo, recteur de Mendon ; Allano, de Locoal ; le Marec, d'Erdeven; Philippe, de Locmariaker; le Guennec, de Crach ; Lomenech, de Plœmel; Auffret, de Quiberon; Mahéo, de •Pluvigner; Guillemot, de Merlevenez ; Kerneur et Stephan, de Plouhinec; le Formai, de Riantec; Yary, de Nostang; le Leslé, de Kervignac; le Caivé, de Languidic; le Glohaëc, de Carnac, secondèrent les efforts de Georges au delà de ses espérances. Grâce à eux, l'impulsion qu'il voulut donner aux esprits se propagea d'une manière terribie.
George-i était un jour en conférence avec le recteur de Plœmel, l'abbé Lomenech; on vint leur annoncer l'approche des bleus. L'abbé Lomenech désigna à Georges un réduit secret où il avait souvent, en pareille occasion, trouvé un asile inaccessible à toutes les recherches. Le chef breton refusa d'en profiter, mais l'abbé insista tellement qu'il finit par se rendre et par accepter le sacrifice du vénérable prêtre, qui fut aussitôt saisi, conduit à Auray et de là à Lorient pour y être guillotiné. Mais à un embranchement de la route, l'escorte r|ui le conduisait est assaillie [)ar un détachement qui la met en fuile et délivre le prêtre. C était Georges qui n'avait accepté le sacrifice de l'abbé Lomenech que pour larracher à ses bourreaux. « Vous êtes trop bon, général », lui dit l'abbé Lomenech, quand il eut recouvré la liberté, «je n'ai fait que n mon devoir, il ne fallait pas vous ex[)oser pour moi. «
62 GKOllGES CADOIDAL.
La guillotine était le lot inévitable de tous les prêtres fidèles qui tombaient entre les mains des révolutionnaires '.
Dans le courant de cette même année 1794, un reli{;ieux, appartenant au monastère de Chartreux d'Auray, s'était dérobé aux poursuites en se réfugiant à l'étage supérieur d'une petite chapelle voisine, connue sous le nom de chapelle de Saint- Guérin. Il ne sortait guère de sa cachette que pour prendre l'air. Il se trouvait un jour dans un champ voisin de la chapelle et situé près de la grande route de Pluvigner à Auray, quand il fut aperçu et reconnu par deux patriotes de cette dernière ville qui passaient à cheval sur la route. Appréhendé par eux, il fut incarcéré à Lorient. Il était réfi'actaire, son procès ne fut pas long. Conduit à l'échafaud, il demanda à parler à la foule qui se pressait sur le lieu du supplice.
<i Bénie soit la République ", dit-il, « qui m'ouvre aujourd'hui la porte du ciel ! » Et il se livra à l'exécuteur.
Georges était aidé dans son organisation par Joseph Botberel, de Kermillard en Brandivy; Joachim Kerniorvant et le Prado, de Brecb ; jTburiau le (jlohanic et Jean le Bourdiec, de Crach ; André Guillemot, de Baden ; Pierre Ezano et Joseph Eveno , de Laiidaul; le Biorck, de Pluvigner; Joseph le Cran et Jean-Marie Hermely, de Locmariaker.
Tout en donnant ses soins à la divisionde Vannes, dont les différents bataillons faisaient isolément la guerre, Mercier portait son attention sur les autres parties de l'armée du Morbihan. Il parcourait particulièrement les divisions du district de Ponlivy, et s'cffoirait de leur donnei- l'unilé d'action qui leur manquait. Ce fut grâce à son initiative que fut prise, le 28 janvier 1795, la ville de Guémenéc, malgié la plus vive résistance de la part de la garnison, parmi laquelle se trouvaient trois cents jjrenadiers,quised<'-Fen<lirenl vaillamment. I.a divisiondcM. du Cbélas et (flic (If .Ican Jan vinrent rejoindre les soldats de Mercier,
' Voir a\i\ l'Ièccx jiislijiciilii'is uue unie iil.it.iiit l.i Icliii' ilf llriii' an siijiM (Ica iiiS'<Ha(;rc( de Vaiinc».
I.a li'llre ii'lal.'iiu r('ial)liiis(!i t d'un trilxinal rcvolutionnaire it (ïuéraiide,
rt c(.-llc du aiviii' Puuisiii, |iali'iiilu (:iii|>ri»uiiiiv avec li'S iuyalis(C!i à Vannes.
GEORGES PRlSONMEn A BREST. 0:t
et, grâce à ces forces, la ville tut prise, et la garnison, mise en déroute, se dispersa dans la campagne et s'enfuit jusqu'à Pontivy. Mercierfaillit payer cet avantage de la vie, en luttant corps ù corps contre un des grenadiers qui avait saisi le canon de son fusil. Heureusement pour lui qu'un de ses braves donna une si rude secousse au grenadier que celui-ci, obligé de lâcher prise, fut culbuté et qu'il alla augmenter le nombre des prisonniers faits par les royalistes.
Jean Jan fut moins heureux : il reçut deux, coups de feu qui le blessèrent grièvement, l'un à la jambe gauche et l'autre au jiied.
Deux pièces de canon restèrent aux mains des vainqueurs.
Le lendemain, l'armée royaliste se dirigea vers le Faouët où ils tentèrent un coup de main, semblable à celui qui avait livré la ville de Guémenée. Mais la garnison du Faouët, renforcée des habitants républicains de celte ville, lui opposa une invincible résistance et lui fit même des prisonniers. L'un d'eux était un garçon de ferme de Pluméliau, Calan, surnommé Salomon, parce qu'il parlait avec sagesse et passait dans le pays pour être doué de facultés prophétiques.
Cette crovance lui avait assuré une grande popularité dans son canton.
Arrêté le lendemain de l'affaire du Faouët, au château de Kerdréau, commune de Plouay, il était nanti de plusieurs objets qui le firent prendre pour un chef important. C'est ainsi qu'il est représenté dans une lettre du conventionnel Bruë, en date du 2(> pluviôse an 111, qui rend compte à ses collègues du Comité de salut public d'une attaque dont fut l'objet l'escorte qui accompagnait les prisonniers faits au Faouët.
Ces prisonnier^ furent amenés à Quimperlé, d'où le conventionnel Bruc se chargea de les conduire à Vannes. Près de trois cents hommes coinpos. lient l'escorte, qui protégeait en outre un transport de cartouches et d'effets miliiaires. Le 13 février vers midi cette escorte fut attaquée en deçà de Landévant par les chouans des paroisses de Saint-Hélène et de Nostang commandés par François le Gouriff, leur capitaine. Calau fut
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délivré. Il était chargé de chaînes, et le Gouriff le conduisait à Landaul, où il comptait trouver un forgeron pour l'en débarrasser, quand les chouans furent poursuivis par quelques escadrons de cavalerie qui accompagnaient le représentant Bruë. Ils se virent forcés d'abandonner le pauvre Salomoii, qui fut massacré et ensuite pendu à un arbre, sur le lieu même, par ordre de Bruë '.
' Pour justifier le làclie assassinai de Calan, Bruë dit qu'il était convenu avec ses collègues Guesno et Guermeur d'agir ainsi en cas d'attaque; il se sentait d'ailleurs placé dans un mauvais cas, même visrà-visdela Convention, car son rapport n'est qu'un long factuin où il étale complaisainmeûl ses sentiments d'humanité. (Voir aux Pièces /u^iti/icativen ce rapport.)