‹ Georges Cadoudal et la chouannerieChapitre 17 sur 99 · LE COMTE JOSEPH DE PCISAYE · texte numérisé non relu

LE COMTE JOSEPH DE PCISAYE

Georges en était là de son organisation, quand la rumeur publique lui apprit que sur la lisière du Morbihan et de l'Illeet-Vilaine, un chef avait paru qui se chargeait d'organiser la défense des campagnes, et qui, à la tète d'un petit corps permanent, très-mobile, se portait avec une étonnante i-apidité dans les cantons où l'on était disposé à un soulèvement. Il se faisait nommer le comte Joseph. Doué d'une intelligence fort pénétrante, il comprit bientôt que la Bretagne pouvait offrir à la cause royaliste des ressources non moins importantes que celles de la Vendée. En parcourant la province dans tous les sens, il ne tarda pas à reconnaitre qu'elle renfermait (rois éléments de résistance, qu'on pouvait facilement mettre en cause : les paysans catholiques, les habitants royalistes des châteaux, enfin les contrebandiers réfractaires et autres proscrits, qui commençaient à faire parler d'eux en prenant le nom de chouans.

Malheureusement, le comte Joseph de Puisaye n'était pas Breton, et il ne fut pas tout d'abord royaliste. Député aux états généraux comme représentant de la noblesse du Perciie, il avait commencé à figurer parmi les partisans des réformes. En outre, son extrême finesse pouvait passer pour dujdicité dans un pays où l'extrême franchise était surtout estimée et appréciée'. Tout ceci explique les défiances, les animosités qui le poursuivirent sans relâche dans le parti auquel il s'attacha dérmitivemeiit. Son discrédit au|)rès (les princes, et après

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Quiberon les accusations injustes dirigées contre lui, en furent aussi la conséquence.

Georges députa vers Puisaye son ami Mercier et Julien Berihelot, un des trois camarades qui l'avaient accompagné en Vendée. Ils étaient chargés de lui exposer les ressources que pouvait offrir à la résistance le parti armé de l'intérieur.

Ces ressources étaient considérables. Quatorze divisions armées tenaient la campagne et ne demandaient que des secours réguliers pour prendre plus d'extension. Par leur position sur la côte, les divisions de Georges, de Mercier et de d Allègre étaient en mesure de protégt-r les débarquements d'hommes, d'argent, d'armes et de munitions. Tous les cœurs étaient au Roi, et il suffisait à un prince de se présenter, appuyé d'une force, pour les rallier tous.

Tout était possible avec une telle unanimité de dévouement; Puisaye eut la gloire de le comprendre. On peut dire que l'expédition de Quiberon était en germe dans cette conférence.

Puisaye était alors sur le point de partir pour l'Angleterre. Espérant décider le gouvernement britannique à un débarquement dans l'Ouest, il désirait resserrer dans des conférences personnelles ses rapports avec lui. Mais avant de s'éloigner, il voulut laisser un homme tout à lui pour le suppléer. Un nouveau personnage arrivé depuis quelque temps en Bretagne avait gagné toute sa confiance : cet homme était Pierre-^Iarie- Félicité Désoteux, ])lus connu sous le nom de baron de Cormatin.

Fils d'un chirurgien bourguignon, nommé Désoteux, Cormatin avait fait la guerre d'Amérique, attaché à MM. de Laineth. Revenu en France, il se maria et prit le nom de Cormatin, (|ui était celui d'une proj)riétéde sa femme. En 1780, il suivit la ligne politique de ses patrons. Cependant, employé à l'état-major du comte de Bouille, lors du malheureux voyage de Varennes, il émigra. Rentré en France, il fut lieutenant dans la garde constitutionnelle de Louis XVI. A la suite du 10 août, il émigra df nouveau; il ne s enrôla pas dans les b:i(aill<iris de réniigralion, mais dans sa diplomatie subalterne; il »e jeta <laiis la sphère de ce» missions secrètes qui aux mains

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