I.'AIIMÉE liOUGK
« préparer le pays à se joindre à Tinténiac, au retour des Côtes- « du-Nord.
Il Ce plan n'exigeait pas plus d'un mois pour sa pleine Il exécution, et les officiers du génie garantissaient la pres-
* qu'ile pour six semaines à compter du 3 juillet, que l'armée «royale y était entrée. Aussi il fut unanimement arrêté qu'à Il l'instant même on se disposerait à réaliser ce phin dans toutes « ses parties.
Il Cet arrêté fut pris le 9 juillet, et, dès le 10 au soir, ^I. de « Tinténiac mit à la voile pour débarquer le 11 sur la côte
• de Sarzeiiu.
Il MM. de Lantivy et Jean Jan durent descendre dans la nuit ■1 du 12 au 13 il l'entrée de la rivière de Pont-Aven. Ces deux '< messieurs réussirent complètement dans leur mission.
Il L'infortuné Tinténiac n'eut pas le même bonheur dans la 11 sienne. »
Ces lignes sont copiées sur le manuscrit même que l'abbé Guillevic écrivait sous la dictée de son cbef. Au point de vue militaire, ce plan est certainement plus juste que celui développé dans les mémoires de M. de Puisaye, et il répondait admirablement au caractère du pays et aux besoins du moment.
Reprenons le récit des événements et suivons l'Armée rouge dans sa marche vers le nord.
Après la mort de Tinténiac, Pontbellaiiger convoqua un conseil |)Our élire un général, ou plutôt, ainsi que le remarque Puisaye, « pour donnera l'usurpation (|u'il fit du commande- B ment la forme d'une élection » , car, de tous les chefs insurgés, il n'admit à ce conseil que les chefs de division Georges, Mercier et d'AlIcgre, à qui il adjoi;jni4 les officiers émigrés qui avaient suivi Tinténiac, ce qui lui assurait une majorité de neuf voix contre trois. Les chouans, informés de ce qui se passait, demandèrent que le généralat fut confié à Georges, Mercier ou d'Allègre, et prièrent ce dernier de le demander au conseil en leur nom.
D'Allègre pru[)0sa Georges Cadoudal, le seul des trois qui fût né dans le Morbihan, qui parlât la langue du pays, et qui
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venait de prouver à Goëllogon qu'il possédait, avec l'art d'entraitier les hommes, assez de connaissances militaires pour faire face à toutes les exigences de la situation.
Cet avis conforme à la politique fut rejeté par le nombre. Georges et ISIercier, trop jeunes encore pour montrer du courage ailleurs que sur les champs de bataille, cédèrent facilement à la représentation qui leur fut faite, que Ponlbellanger était plus ancien colonel qu'eux.
Ponlbellanger fut donc acclamé, au grand mécontentement de tous les insurgés, parmi lesquels la désertion se mit aussitôt qu'ils eurent appris l'élection. Ceux qui avaient rejoint Tinléniac dans sa marche, et qui n'étaient pas du Mor- Iiihan, se dispersaient dans les campagnes et rentraient chez eux.
Le premier usage que fit le nouveau général de son autorité fut de donner l'ordre de se porter vers la baie de Saint- Brieuc, où il espérait un débarquement des émigrés cantonnés à Jersey. La colonne royaliste laissa Loudéac à sa gauche, et arriva le 20 au bourg de Pl'œuc, d'où elle chassa un cantonnement républicain, PIreuc est un gros bourg situé au versant méridional des montagnes d'Arrée, à une courte distance des forêts de Lorgcs. L'Armée rouge arriva le même jour au château de ce nom, où elle fit une halte de f|aelques heures. Puis elle se dirigea à travers d'affreux chemins, et sous une pluie battante, vers Quintin, ville close et riche, qui avait au levant un fort, où se tenait la garnison.
L'armée s'arrêta sur la grande route, où elle se forma en colonne par sections, et elle arriva au bas du fort, au moment où les bleus l'abandonnaient. Klle fut accueillie par quelques coups de fusil, qui ne produisirent aucun effet. Les chouans poursuivirent l'ennemi jusqu'à la sortie de In ville, par la porte du couchant. Pendant ce temps, le reste de l'armée avançait par la (Îrande-Rue, en colonne, par le flanc, un rang de chaque côlé des niaismn, |)()ur éviter les balles, qui, de cette! porte, enfilaient la rin; <laii' tonte sa longueur. M. de la Marclie venait d'être blessé aux pieds, (piand (îeorges, arrivant