CHAPITRE XV
LK 18 BRVMAIIIE.
Le 18 brumaire vint arrêter le cours des succès, pour ainsi J dire sans revers, que les insurgés morbihanais obtinrent pendant celte glorieuse campagne de 1799 qui raffermit toutes les espérances et frappa de stupeur leurs ennemis. Une suspension d'armes avait été fixée entre Hédouviile et les cliefs de la rive gaucbe de la Loire. Ce fut un coup de foudre pour le cbef du Morbiban qui avait en son pouvoir toutes les campagnes et toutes les côtes, et qui ne demandait qu'à achever dans de nouveaux combals ce tpi'il avait si bien commencé'.
Le bon sens de Georges lui avait fait prévoir cette crise qu'il redoutait connue le coup le ])Ius fatal à sa cause. Il pressentait que cet amoindiisscment du pouvoir civil par le pouvoir militaire, en transformant la révolution, allait lui donner une force et un élan nouveau. C'est dans ce but qu'il avait adresse d'incessants appels au comte d'Artois pour le supplier de venir en France, où il esj)érait le voirenq)orler de haute lutte le pouvoir qui échappait aux mains débiles du Directoire. Malheureusement ces appels n'avaient pas été écoutés, et après le 18 brumaire, l'homme qui remplaçait un pouvoir discrédite n'était pas d'humeur à céder facilement le prix de sa victoire^.
' La su3|iciisioii d'anncs .-ivait clé conclue tout d'aliord dès le 28 novcmbie entre MM. d'Aiilicli!ini|i, de Cliàtlllon et de ISuiiiinnnt et le (■éni'i;d llédouïlllc. M. de 1.1 l'révaliiye et les ulti.leis d'Ille-et-Vilaine y soiisriiviioiU le 1" iléceinhre. l,a Irève était eoiirliie jiiM|ii'.m 21 janvier.
» iNmis tmnvons en 179!) dans le iliillie de M. dr la Glia|.elle celui par IctjucI était dé»i(jné lo {jénéral Ucur|;c8, c'était : OitS.
I,a diicliesne d'AnguulOine était icjnésentéc jiar : 0101 ; et le duc de niclulicu |>ar : 088.
Nutei dei Pa/iicn Je mon oitcle, de M. (iuMaye Bonn.)
LE IS BRLMAir.E. 211
L'annonce de la trêve ne fut pas accueillie avec plus de faveur
par Mercier, qui écrivait à Bourmont, à la date du 9 décembre :
K Nous fumes déconcertés de cette nouvelle et nous nous
I plaignîmes de la fortune, qui semble ne nous favoriser quel-
" quefois que pour nous porter des coups trop rudes. Cette
i suspension d'armes est un coup mortel porté à la famille des
lîourbons; nous attendons avec impatience le résultat de
la réunion de Pouancé. Rappelez-vous que nous avons dit
souvent que notre reprise d'armes était le dernier effort en
. laveur de la maison royale. C'en est fait si l'on signe la paix.
« Je ne dissimule pas dans ma lettre à M. de Chatillon quelle
«est notre manière de voir dans la crise où nous sommes.
« Georges agira pour nous deux; nous ne voulons point de
« paix. »
.Pouancé fut encore le lieu cboisi pour les conférences auxquelles étaient représentés les cbefs de la rive droite et de la rive gauche de la Loire. Georges Cadoudal s'était fait suppléer à ces conférences par Mercier. Pour lui il s'était dérobé ajirès avoir transmis à ses camarades son intention formelle de ne point traiter de la paix. Il s'était rendu à une courte distance du lieu où les conférences se tenaient pour être à portée du premicrappel que lui adresserait son fidèle compagnon; il était dans la famille de son ami, oii l'attirait une jeune fille qui avait inspiré le sentiment le plus passionné. Née le K! juillet 1776, Lucrèce Mercier joignait à la beauté la plus éclatante ces fortes vertus qui caractérisent les filles des familles bourgeoises de l'Ouest, élevées sous l'a'il vigilant de leurs mères. Elle était sœur du général Mercier, et telle fut sans doute la cause de l'amour de Georges pour elle. Cet amour qui s'était emparé de Vhnmme de granit était puissant et fort comme lui. Georges avait demandé et obtenu la main de Lucrèce, et la célébration du mariage devait avoir lieu après le prochain rétablissement du lloi, dont ils ne doutaient ni l'un ni l'autre, lui attendant, ils avaient les rapports de deux fiancés chrétiens, et quand une tréve-était offerte aux graves soucis de Georges, il en protitait pour se rendre au Lion d'Angers et
GEORGES CADOCDAL.
goûter dans la compagnie de Lucrèce les chastes délices de l'amour pur.:
Georges était là depuis quelques jours lorsqu'il fut appelé à Pouancé par la lettre suivante du frère de sa fiancée, qui lui exposait le véritable état des choses aux conférences :
" Je suis chaque jour témoin, mon cher Georges, d'un spec- « tacle très-désolant. Les royalistes sont divisés en deux K camps; Chatillon, d'Autichamp et Suzannet veulent traiter à K toutes forces. Les deux derniers n'ont pas eu de succès dans « le Bocage; l'un vient de se marier, le second ne connaît pas « encore parfaitement l'esprit du pays; et ils ont gagné à leur « cause ^L de Chatillon, que, d'un autre côté, Hédouville a n ensorcelé. La paix nous vient du pays qui a si héroïquement B levé l'étendard; ses chefs vont même jusqu'à dire que malgré « tout elle se fera. Si j'y voyais des avantages réels pour nos « provinces de l'Ouest , si j'avais foi en la parole de Bonaparte, « qui nous souflle à l'oreille qu'il ressucitera le « Monk » an- 11 glais, malgré mes vives répugnances j'accepterais les con- « ditions proposées. Mais d'Autichamp et Suzannet disent Il tout haut qu'ils n'ont plus de munitions, plus de cartouches 11 même pour charger les fusils des sentinelles, et, vraie ou 11 non, cette assertion parvient au quartier général des bleus; Il cependant on traite avec ces messieurs sur le pied de l'éga- II lité, on les regarde comme des ennemis puissants. Il faut « donc que la république soit bien lasse ou que l'on cherclie à Il nous abuser. Il y a deux mois, nous prenions les armes d'un Il commun accord; était-ce donc pour parler de paix? Quand Il je fais cette question, elle embarrasse. On me répond que la Il mnjoritc décidera; et ce diable d'abbé licrnier, qui dans tout « cela veut retirer une niilre d'évéqiic commi^ une épingle du Il jeu, a pris ses mesures pour avoir la majorité; les pacifica- « teurs l'auront, car ils ont fait décider (|ue les ofticiers venus « avec leurs chefs ani aient voix au chapitre, cl, dans cette Il pr(;vi>ion, ils ont aminé tnnt ce qu'ils ont pu trouver. Frotté Il et Bourmont sont pour nous. Ce sont des hommes bien ha- « biles, Ilnurniont burlonl, qu'on dir:iit dans son élément. A
LE 18 BRrMAir.E. 213
n nous trois nous formons l'armée agissante, mais on ne nous « consulte que pour la forme, tout est réglé d'avance, toujours 11 dans le sens de In majorité.
(1 Cliatillon ne serait pas si pressé d'en finir comme d'Auti- 11 champ et Suzannet; mais il a auprès de lui, en qualité de 11 confident, un certain M. Mac-Curtin, royaliste constitutionn nel, qui a été le secrétaire du convenlionnel Ruelle, qui a
coopéré à la pais de la Jaunaye, du temps de M. de Gharette, « et qui espère arriver à ses fins en trompant la loyauté de Cha- 11 tillon. Il se fait appeler de Kainlis. Ce Mac-Gurtin est au- 11 jourd'hui un personnage; il correspond avec Hédouville et « est au mieux avec tous les révolutionnaires. C'est le Gorma- 11 tin de la rive gauche, moins l'importance. Si l'on persévère « dans l'opinion d'aller aux voix, de voter la paix comme les H Anglais font leurs lois, nous sommes vaincus par les pa- 11 eificateurs. Que ferons-nous en Bretagne? Le comte d'Artois Il nous a trop souvent promis de venir parmi nous pour qu'on « puisse compter sur sa personne. On le garrotte là-bas comme « on veut nous lier ici. Je résiste à tous les arguments. Un con- « seiller au Parlement, M. d'Andigné de Mayneuf, et le capi- « tatne de vaisseau de la Roche-Saint-André, sont encore de Il notre bord. Ce sont des hommes graves et sensés; ils pensent n que la présence du général des chouans peut seule faire di- « version. Ghatiilon te désire comme une àme en peine, car il « sent qu'il est mal enferré. Il t'écrit par le même courrier. « C'est une victoire à remporter sur des ennemis bien difficiles « à vaincre dans le champ de la ruse. Arrive, mon cher Georjes, « et que Dieu nous soit en aide. >>
Georges ne pouvait que répondre à un tel appel, il accourt à Pouancé, accompagné de M. le Loureux, commissaire du Roi. Sous ses yeux, deux partis se dessinaient nettement aux conférences : celui de la paix et celui de la guerre. Le parti de la paix était représenté par d'Autichamp, Suzannet, la Prévalaye', et par les officiers qu'ils avaient amenés avec eux; le
' I,.i l'iévalnyc cl>crcl>c.'i s'cndisculi)!?!- J.uM une leltLC du 20 mus 1821. M.iij
parti de la guerre, par Frotté, Bourniont et Mercier. Georges obtient tout d'abord que le droit de séance et de vote sera restreint aux seuls officiers généraux. Il prêche la guerre; on lui objecte le défaut d'armes et de munitions : " J'en ai, moi ! « s'écrie-!-il, « et si vous voulez encore de la guerre, je vous « fournirai des fusils, de la poudre et de l'argent. Nous parla- « gérons et nous combattrons en frères. " Cette offre appuyée par Bourmont et par Frotté est acceptée par la conférence, seulement dans riivpotbèje où l'on n'obtiendrait pas du premier consul les avantages promis par ses négociateurs. Uni à Frotté et à Mercier, il fait nommer plénipotentiaire des insurgés auprès du général Hédouville le général de Bourmont, auquel on adjoint d'Andigné de Mayneuf et la Roche-Saint-André. Bourmont était chargé de traîner les choses en longueur, de gagner du temps afin d'attendre le retour du chevalier de Brusiard, que les chefs avaient envoyé à Londres pour connaître la décision du comte d'Artois, les instructions du conseil des princes et celles du cabinet britannique. Bourmont se prêta avec une merveilleuse souplesse aux négociations qu'il prenait à tâche d'embrouiller. Pendant ce temps le chevalier d'Andigné fut envoyé h Paris pour sonder les dispositions de Bonaparte, et Georges repartit de Pouancé pour le Morbihan, accompagné du commissaire du Roi, M. le Loureux.
C'est à celte époque que se place la lettre suivante écrite à Bourmont par Georges, et qui peint son âme rebelle à tout compromis :
« 23 ilcco.nbio 179".».
■1 Mon cher généhai,,
«Je vous prie de rappeler ;^ Hédouville (|uc je lui ai écrit i< une lettre et que j'attends sans faute une réponse de lui avant " de partir pour le Morbihan. Ecrivez-moi donc un peu en « détail où en sont nos affaires. Voyez-vous quelcpie chose de
l'crLiiiiirH inox.iclltiiili's ilc cpllr Icltir i|iic l'un Iniiivcr.i iKins la Jieviie de In néi'iiliilioii ilo ni.ii ISKH })i'oiivriit iju'll ii'.'(.ili pu (Diijniiis.-iiix conrércnccs.
LE IS BRIMATRE. 215
■ clair dans toute celte ncgocialion? Comment en sortirons- ' nous? Comliien de temps peut-elle encore traîner? La faciliié " avec larjuelie les Lleus accordent me fait trembler, ils sont
décidés à ne rien tenir. Je pars dans deux ou trois jours ' au plus tard. J'attends avant de me mettre en route une lettre
détaillée de votre paît.
'1 Peut-être ne nous verrons-nous plus avant que le canon '> ;;ronde. Dans tous les cas comptez sur moi; mais, encore « une fois, la guerre seule peut nous conduire à notre but.
«Hélas! que je vous plains dans votre mission! Ali! que « vous êtes mal accompagné !
Il Vous auriez bien fait de demander des pouvoirs à Hédou- « ville.
« La suspension d'armes n'ayant pas eu lieu aux frontières, «je ne sais plus comment nous pouvons songer à la paix. Ceci pendant, quelque répugnance que j'aie à y consentir, je ne " séparerai pas ma cause de celle de mes camarades, persuadé " que tout ce qu'ils font ne se fait que dans la vue de parvenir 11 plus sûrement au rétablissement du trône. Cependant les • principes de Kainliset les mots lancés par le... d'Andigné, (sic) (1 que : Il Si sous deux ou trois mois u:i prince paraissait', nous Il en serions bien embarrassés », me font faire de tristes ré- II flexions. Je termine ma supplique. Je n'ose me basarder h ■i vous donner mon avis sur la conduite à tenir. De tous côtés Il je ne vois que des écueils.
Il Votre ami
II Georges, Il Général Bourmonf. «
Il entrait alors dans la politique de Bonaparte de montrer à l'égard des cbouans une impartialité qui était parfois poussée jusqu'à la bienveillance. Ce n'étaient plus des brigands, des voleurs de grand cbemin, arrêtant les diligences, dépouillant les voyageurs. On leur reconnaissait la qualité de belligérants, et il suffit de parcourir les journaux officiels de l'an VIII, pour
voir combien la politique du {jouvernement s'était moilifiée h leur égard.
Cependant, à la date du 8 nivôse, le premier consul adressa aux départements de l'Ouest une proclauiation violemment injurieuse pour les princes auxquels l'Ouest avait tout sacrifié. Malgré les nombreuses concessions de cette proclamation, elle n'eut pas les résultats qu'il se croyait en droit d'en attendre. En la lisant, Georges s'écria : « Il veut nous faire conclure la « paix malgré nous; il n'y a plus de conférences possibles. Ren prenons les armes. « L'avis de Georges prévalut. Les chefs étaient d'autant plus disposés à agir que M. de Suzannet père 1 rentrait d'Angleterre, porteur d'instructions de Monsieur pour prévenir les insurgés contre les embûcbes de la trêve et pour leur recommander à tous « d'avoir toujours la même marche, de ne jamais faire de traités particuliers, d'être toujours en communication entre eux, avec Son Altesse Royaii', et les personnes chargées de ses ordres et de sa confiance « . Quelques jours après, le comte de la Chaussée, au nom du conseil des princes, écrivait dans les mêmes termes à M. le Loureux, commissaire du Roi près des armées de l'Ouest.
Le 22 décembre, Monsieur écrivait lui-même au comte de Cbatillon ' : «,1'ai reçu, Monsieur, voire lettre du 0 novembre; « et, jiresque en même temps, j'ai élé informé par le chevalier « de IJrulard que des circonstances aussi impérieuses qu'affli- « géantes vous avaient obligés, ainsi que MM. d'Autichami), de
I Rourmont et de Frotté, à consentir un arrangement momen- « tané avec les tyrans de notre patrie. Vivement frajipé de tous H les inconvénients qui pourraient résulter pour les intérêts du
II Roi d'un tel état de choses, j'ai réussi à en pénétrer les nii- « nistres britanniques; et les instructions que j'adresse aujour- " d'bui au comte le Loureux, dont vous recevrez une copie en » même lem]>s que cette lettre, vous prouveront que mes « efforts n'ont point été inutiles. Non-seulement les fidèles
' Viiir i'|;.ili'iiiriu nux Piici's jusiilii Miivi's des Ictlirs rriilcs à Oc<>i(;cs les 22 <'l 25 di-i:ciiilirc, .linsi r|ue les luUirs ailicssécs .iti iiirine piMicr.il |i,m- WiiiHli.im en date dr< 1" et S novembre et 30 décembre 17!tn.
LE 18 BliUMAIRE. 211
«royalistes recevront des secours considérables en argent, « armes et munitions, mais j'espère, avec l'aide de Dieu, leur .. en porter moi-même de plus efficaces, et j'ai la ferme con- 11 fiance qu'en attendant ce moment si heureux pour moi, qui
ne peut plus être éloigné, les vrais Français, fidèles à leur i Dieu et à leur Roi, se mettront en position d'assurer, de pré- « parer le succès de la grande cause que je défendrai à leur <- tète. >•
Malgré les termes si positifs de ces instructions, q>ii prescrivaient une prise d'armes immédiate, et de cette lettre annonçant une fois de plus la prochaine arrivée du prince au milieu de >es fidèles, Georges consentit à revenir en Anjou, et à se rendre h Candé le 13 janvier, jour auquel les négociations devaient être reprises. Hédouville montra beaucoup de modération dans ces conférences, où il peignit avec vivacité les maux inséparables de la guerre civile, en conjurant les chefs royalistes d'v mettre un terme. On lui répondit que la rupture des conférences provenait non des insurgés, mais du gouvernement français; que la république serait seule responsable de la prolongation d'une guerre dont les officiers royalistes étaient innocents; que la proclamation du premier consul en date du 21 nivôse (10 janvier), ainsi que l'arrélé des trois consuls qui l'accompagnait, conçu en termes dignes des plus mauvais jours de la révolution, n'était pas fait pour rapprocher les esprits, hier encore si profondément divisés; qu'enfin les insurgés ne concluaient rien sans de puissantes garanties.
Hédouville promit que ces garanties seraient données et que les royalistes conserveraient même leurs armes. Toutefois, comme formalité pour sauvegarder la dignité de la république, on exigeait qu'une vingtaine de fusils fussent ostensiblement remis dans chaque chef-lieu de département.
Cette condition fut jugée inacceptable, même par les chefs qui s'étaient montrés le |)lus disposés à la paix. D'Autichamp déclara que ni lui ni son armée ne subiraient jamais Ihuniiliation d'un pareil article. Hédouville fut atterré de cette opposition qu'il attendait de frAulicbamp moins que de tout autre;
218 GEOnCES CADOLD.VL.
il ne dissimula pas combien il en éprouvait de regrets ; il proposa aux généraux royalistes d'envoyer un de ses aides de camp à Paris avec le chevalier d'Andigné, pour soumettre la difficulté au premier consul. Rii aitendanf, la trêve serait prolongée jusqu'au 22 janvier.
Cette proposition Fut agréée, mais Dernier avait des engagements avec le gouvernement consulaire ; il fit jouer les ressorts de sa basse diplomatie. Il intervint près de d'Aulichamp et des chefs de la rive gauche; il parvint à les détacher de la rive droite, à signer une pacification séparée. Sur la rive droite ce travail de désagrégation trouva aussi des partisans '.
Cependant dans sa propre armée toutes les âmes n'étaient pas à la hauteur de celle du général breton. Nous verrons bientôt de Sol de Grisolles refuser de prendre part à l'aclion ! D'autres firent plus encore.
Un ^icien membre du conseil, Lemercier, dont nous avons cité le nom déjà dans le cours de cet ouvrage et dont la signature se trouve apposée au bas de bien des lettres adressées au général Mériage (en 1794-95)*, s'était mis en rapport avec le général Harty et avait consenti à jouer le rôle de ti.iitre et d'espion. 11 avait pour intermédiaire auprès du général une femme du bourg de Grandcliainp, la nommée le Goff, qui portait les lettres dans lesquelles Lemercier annonçait tous les mouvements de Georges, ses positions et ses forces à la veille du combat. Mohu en parle dans ses Mémoires : " J(î pas- «sais au bourg de Grandchamp, où Lemercier, l'ancien mem- « bre du conseil, se tenait sur la voie publique, nous comptant, " et il écrivait aussitôt au général commandant à Vannes que i< Roliu avait passé par là avec environ deux mille hommes. i< Cette lettre fut envoyée à Georges par le général qui Ini Il disait : « Vous voyez que vos propres partisans vous aban-
' r.iMi- i-vciisiT li-iir cimiliiili-, l.i |.lii|i.ii 1 lies clicis <{iii li .ilci'-ii'iil so |.lii(;iiiriMit |jLMii('CMi|> cli; eu f|ue G(Mii(|cs iic Il'ui' avail fait passi i- aiunii socoiiis t-l de ce rjn'il avail loiit (jardé puur lui. " l'uiin|iioi à rut éj'aiil, éciivail llyiie du ■> Nviiville, ne pas <'ial>lir une adniinistraliun telle i|n'ancnne plainte no puisse • dcsoruiais *lrc faili'? •
•Voir Pièces juDtilicativeH.