‹ Georges Cadoudal et la chouannerieChapitre 4 sur 99 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

intestines, et pour cela on ne voulait pas la ruine complète du parti royaliste, mais on eiit été désolé de sa victoire'.

Aussi voyons-nous toujours refuser à Louis XVIII un asile, de peur que ce monarque généreux et entreprenant ne parvînt à déjouer la surveillance et h se jeter dans l'ouest de la France; aussi voyons-nous ces mêmes ministres abuser de la bonté et de l'hésitation du comte d'Artois, pour l'entourer de conseillers qui constamment lui disent qu'il ne serait pas politique de se rendre aux vœux des chefs de l'insurrection ; et lorsque le cœur de ce prince le porte, malgré son entourage, à vouloir rejoindre ses partisans, les ministres anglais cherchent à circonvenir les généraux bretons ou vendéens, pour qu'ils l'empêchent de venir à eux. Ils vont plus loin, et, sciemment, ils laissent arriver près de lui comme conseillers intimes des suppôts de l'oucher comme les Montgaillard et les Méhée de la Touche.

Cette duplicité faillit trouver en elle-même sa punition, et sans l'amiral Villeneuve, Bonaparte serait devenu le châtiment de l'Angleterre, le vengeur de la cause royale trompée par elle. La Providence ne l'a pas voulu ; en soixante-dix années Albion, aidée par les événements, est arrivée au but poursuivi avec constance depuis des siècles; la pauvre France anémiée, sans commerce, sans industrie, est devenue la proie des étrangers.

Que l'on ne s'attende pas cependant ii trouver dans ce livre une histoire générale de celle époque. Loin de nous celle pensée. Ouel(|ues-uiis s'étonneront de ne pas voir y ligiu'crun scid mot d(; la coiispiralion i]c la iloueiie; (îeorges (•lait li'op |(Mine poiu- avoir pu y élri; mole, aussi nous .sonuiics-nous abslcnn d'iMi parler. Il en est i\c même île la {;ucrre <le Vendée, ou il a joué ini rôle fort efliu'é. I''nfin,

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INTRODUCTION. xi

dans la terrible catastrophe de Quiberon, nous n'avons parlé (les émigrés qu'en tant qu'ils se sont trouvés en contact a\ec les chouans.

Le seul mérite de l'œuvre vient des documents originaux (|ui lui servent de bases et qui ont été recueillis pendant deux générations. L'auteur a lentement rassemblé pendant sa carrière les matériaux de cette histoire. Son père et son oncle, les frères de Georges l'y ont d'abord aidé ; puis le fils du roi lie Dignan, l'intrépide Guillemot ; les papiers de l'abbé Guillevic, chef de la correspondance de l'armée du Morbihan; les mémoires inédits de Rohu, lieutenant-colonel de la légion d'Auray; les notes de Rio, l'auteur de la Petite Chouannerie; celles de Le Louer, etc., etc.; et enfin les archives tant publiques que [larticulières, même celles du British Muséum.

Longtemps les passions politiques ont fait passer Georges Cadoudal pour un vulgaire assassin. La calomnie créée pour les besoins de la cause, sortie de la plume de M. Tliiers sans être étayée d'aucune justification, avait fait son chemin, et il a fallu à l'histoire une gestation de près de (juatre-vingts ans pour que la vérité se fit jour. Depuis quelques années, tant des rangs des écrivains républicains que des autres, surgissent d'éclatants témoignages confondant les premières assertions.

A la suite de tous, nous venons aussi a[)porter notre appoint à l'histoire de la Révolution, et nous le faisons avec Il confiance (|uc donne laiitlienticitt' des sources.

Ki'i'lr'.ino, 188.~>.

GEORGES CADOLDAL

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