‹ Georges Cadoudal et la chouannerieChapitre 40 sur 99 · BATAILLE D L" POM-DU-LOC · texte numérisé non relu

BATAILLE D L" POM-DU-LOC

Inexacte en ce qui concernait l'âge at la famille de Georges, :etle note l'était plus encore quant aux paroles et intentions ju'elle lui prétait. Bonaparte espérait engager Georges et le :ompromettre vis-à-vis des royalistes.

A Paris, Georges se mit bientôt en rapport avec les membres du comité royaliste. Il vit Hyde de Neuville, Royer-Collard, etc. II eut plusieurs conférences avec Glarke, ministre de la guerre; puis il eut deux entrevues avec le premier consul.

La première s'écoula sans que rien de positif eût été conclu de part et d'autre. Elle eut lieu le 15 ventôse an YIII 5 mars 1800). A en juger par les termes de la correspondance du premier consul, il est à croire qu'il n'avait pas encore renoncé à gagner l'opmiàtre Breton.

■' J ai vu ce matin Georges, il m'a paru un gros Breton dont « peut-être il est possible de tirei- parti pour les intérêts « mêmes de la patrie. "

Dans la seconde entrevue, le premier consul déploya toutes ses séductions personnelles pour s'attacher Georges et l'enlever à la cause des Bourbons; il fit en vain retentir à ses oreilles les mots de gloire et de patrie. Ces mots n'avaient pas le même sens pour les deux interlocuteuis. Aussi le premier consul ne fut-il pas compris du chef breton, et il vil bien, en regardant son impassible visage, qu'il n'avait pas réussi.

« J ai besoin, lui dil-il, d'hommes énergiques comme vous. « Je vous offre le grade de général de division dans l'armée du « général Moreau. »

Servir régulièrement dans une année qu'il estimait si haut, dont il avait tant de fois apprécié la valeur, certes, l'offre était tentante; elle n'était pas au-dessus du caractère de (Jeorges Cadoudal.

H n'hésite pas une seconde. Deux chemins s'ouvraient devant lui : d'un côté les honneurs et la gloire; de l'autre, les persécutions, les revers, la mort. Il refusa le premier et s'engagea avec résolution dans le second, celui que lui désignait sa conscience.

Sur le refus de (Georges, le premier consul lui propose c<;nt

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mille livres de renie, à. la condiiion de vivre tranquille en dehors de toute politique. L'argent n'était rien pour Georges; on comprend qu'après le refus du grade de général de division, il n'eut pas de peine à repousser des avantages purement pécuniaires '.

A peine Georges fut-il sorti du cabinet du premier consul, que des avis officieux, émanés des bureaux de la préfecture de police, où il avait plusieurs affidés, vinrent lui apprendre que son arrestation était ordonnée. Il n'eut rien de plus pressé que de déjouer dès lors la surveillance dont il était l'objet.

11 entre chez un restaurateur où il commande et paye ostensiblement un diner de vingt couverts pour le soir même, puis il monte dans une voiture de place qui est bientôt filée par les agents de police. Cette voiture s'arrête à l'entrée d'un passage à l'exlrémilé duquel est une autre voilure dans laquelle Georges ])rend place en compagnie d'Tlydede Neuville et d'un troisième royaliste, M. de la Carrière-Méricourt.

Au même moment, trois afiidés courent la poste sur la route d'Orléans, pendant que d'autres avaient soin de répandre dans Paris que Georges était un des trois voyageurs. La police fut dupe de cette ruse.

Pendant ce temps, Georges et ses compagnons se dirigeaient sur Boulogne, et ils s'embarquaient sur un bateau pécheur pour l'Angleterre, où ils arrivaient sains et saufs.

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